lundi 4 mai 2020

Aides de l’État : perfusion… d’argent public pour les profits, aux dépens des moyens hospitaliers et autres services publics essentiels pour la population. L’exemple e la Verrerie Arc (Arques - 62)


Sauver l’emploi ? Non, les profits des patrons. Exemple-type.



Face à la crise économique accélérée par l’épidémie, le ministre Bruno Lemaire a annoncé une aide directe de l’État, de 31 millions d’euros, au groupe Arc. Le ministre de l’économie se cache derrière les milliers d’emplois qui risqueraient de disparaître si cette aide directe n’était pas versée aux actionnaires de ce groupe mondial. Cette nouvelle aide de l’État ne devrait être qu’un début puisque l’agglomération de Saint-Omer (Capso) a annoncé dès le début de la crise qu’elle ferait elle aussi un geste, tout comme la région Hauts-de-France.
         Mais pour les travailleurs, pas de quoi être rassurés par cette annonce. L’an dernier, lors du dernier « plan d’aide » de l’État de plusieurs dizaines de millions d’euros, les patrons d’Arc annonçaient en même temps un plan de suppression de 700 postes.
        Cela fait des années que les patrons de ce groupe mondial serinent la même vieille rengaine de l’entreprise qui va mal. Mais depuis toutes ces années, l’entreprise est toujours « leader mondial des arts de la table ».
          Les propriétaires du groupe Arc continuent de s’enrichir sur l’exploitation des travailleurs qui ne cesse de s’aggraver et grâce à l’argent public qui leur est versé depuis des années. Difficile d’en faire le total, mais en quelques années, c’est plusieurs centaines de millions d’euros que le groupe a perçu grâce aux aides publiques.
         Si, aujourd’hui, les hôpitaux manquent cruellement de moyens pour pour faire face efficacement à l’épidémie de covid-19, c’est parce que les grandes entreprises capitalistes, comme Arc, vivent sous perfusion massive d’argent public depuis des dizaines années.

Argenteuil comme ailleurs, dentiste, cancer les sombres aventures pour se faire soigner


Une priorité d’une société humaine serait de répondre pour tous à tous les besoins sanitaires ! (Suite)




La catastrophe des services hospitaliers révélée par la crise du Covid19 a entraîné de graves dommages collatéraux pour de très nombreux autres patients gravement malades ou ayant besoin de soins d’urgence. Ci-dessous, deux exemples concernant des proches d’Argenteuil.

         Le premier concerne une ancienne malmenée par un cancer. Deux séances de chimiothérapie ont été annulées ces derniers temps. Jeudi dernier, l’hôpital la joint à 10 heures en lui indiquant, chance, qu’une séance aura enfin lieu le 4 mai, mais qu’il faut qu’elle vienne de toute urgence à 11 heures pour effectuer un scanner…
         De plus, les soucis de cette malade ont réduit gravement son audition. En conséquence, un spécialiste devait l’appareiller d’un système auditif, mais voilà qu’avec la pandémie les magasins spécialisés ont fermé leurs portes…

         Le second concerne une jeune qui a de graves problèmes dentaires. Elle doit depuis plusieurs mois se faire arracher deux dents de sagesse très douloureuses. Covid19 oblige, la séance d’extraction qui devait avoir lieu en hôpital a été annulée. Et rien pendant des semaines. Et puis, cela devait se faire samedi dernier, et puis non, l’intervention a été reportée. C’est prévue jusqu’à nouvel ordre samedi prochain, dans une clinique privée. Heureusement qu’elle a pu trouver un dentiste pour faire le point, car le sien habituel est aux abonnés absents.
         En attendant, elle a dû prendre de très nombreux sédatifs pour calmer la douleur et pouvoir dormir…

Éducation, déconfinement à partir du 11 mai ? Journal d’un parent d’élève inquiet (3) – le 4 mai 2020



Une gigantesque usine à gaz

On entend aussi dire que tous les élèves d’une classe n’iront pas au collège, mais que certains continueront la classe à distance : on ne voit pas bien comment un professeur fera cours aux élèves présents pendant qu’un autre professeur fera cours aux élèves à distance.
         D’autant plus que certains professeurs ne seront pas du tout disponibles, et donc que feront les élèves présents au collège pendant ces « heures de permanence » ? Où seront-ils ? Qui les surveillera ? Le remplacement des profs absents a toujours été un problème, mais l’ampleur de ce problème sera bien plus grande.
         Beaucoup de questions, et là non plus, pas de réponses concrètes. Une première réponse pourtant serait de recruter massivement des adultes pour renforcer les équipes sur place.

Les « protocoles » officiels : en partie secrets, en partie inapplicables. L’état veut-il rejeter la faute des futures contaminations sur les directions d’écoles ?

Les autorités ont commencé à définir des « protocoles sanitaires » pour la réouverture des établissements. En tant que « projet », ils font plusieurs dizaines de pages (63 pages pour les écoles, 53 pages pour les collèges et lycées), avec plein de fiches thématiques (accueil des élèves, récréations, cantine…).
         Ce qui surprend tout d’abord, c’est que ces protocoles ne sont pas largement communiqués aux premiers intéressés, c’est-à-dire aux familles. Ils ont été envoyés aux collectivités territoriales (mairies par exemple) et aux directions d’écoles. Heureusement, certains ont décidé de leur propre chef de les mettre à disposition sur internet.
         Ce qui surprend ensuite, c’est le caractère parfois vague de ces protocoles : il y a parfois des règles très claires (par exemple : avant l’entrée en classe, ouvrir les fenêtres pour ventiler), mais parfois ce sont des recommandations totalement floues. Par exemple “Veiller à la cohérence des emplois du temps pour limiter le brassage dans les zones de circulation“. C’est à dire que quand il n’y a pas de solution, le protocole définit un principe, qui ne sera simplement pas appliqué, mais la faute en retombera sur les directions qui n’auront pas pu le faire.
         Mais même pour les recommandations claires, comme par exemple ouvrir les fenêtres pour aérer, est-il prévu du personnel supplémentaire pour le faire ? Sinon qui va le faire ? Un prof ? Un élève ? Aura-t-il une lingette désinfectante pour la poignée de fenêtre ? Y en aura-t-il assez ?

Pour trouver ces projets de protocole sur internet, tapez « protocole sanitaire réouverture PDF » dans votre moteur de recherche, et téléchargez le document au format PDF.

Argenteuil combat des femmes, cinéma : Papicha, une nouvelle initiative des cinémas du Figuier blanc, avec cette fois l’association Femmes solidaires. Un très-très bon film


Ceux qui le peuvent, participez à cette deuxième séance de « e » cinéma


Pour réserver :

https://www.25eheure.com/e-cinema-1/

Lutte ouvrière : profitons du confinement pour connaître davantage notre histoire


L’isolement de l’URSS en 1920


L’espoir des militants communistes au sortir de la Première guerre mondiale a été que ce qui s’était produit en octobre 1917 en Russie se reproduise dans d’autres pays, en particulier parmi les plus développés. Leurs espoirs portaient sur la puissance de la vague révolutionnaire qui bouscula l’Europe dans l’immédiat Après-guerre. Si rien n’était joué encore, l’isolement du pouvoir ouvrier était gros de dangers pour le premier État ouvrier.
Voilà ce que nous écrivions dans l’introduction de notre revue Lutte de Classe n°50 de novembre 1992 dans un article intitulé « URSS – le long règne de la bureaucratie » :

« Les bolcheviks n'ont pas pris le pouvoir en 1917 pour réaliser le "socialisme dans un seul pays". Ils savaient tout autant que les mencheviks que la Russie n'était pas "mûre" pour le communisme car aucun pays isolé de l'économie mondiale ne l'eût été, et sûrement pas un pays arriéré, avec son industrie peu développée et son immense masse paysanne. Mais ils ne raisonnaient pas à l'échelle de la seule Russie. Ils ont saisi l'opportunité de prendre le pouvoir avec la conviction qu'une Russie révolutionnaire, une Russie sous la direction politique du prolétariat, pouvait et devait être un formidable levier pour entraîner dans la révolution une Europe déjà travaillée par les ferments révolutionnaires, et en premier lieu l'Allemagne puissante et industrialisée possédant un prolétariat nombreux et, à l'époque, largement gagné aux idées socialistes.
Cela n'a pas été une vision utopique : témoin la vague révolutionnaire qui a secoué l'Europe en 1918 et 1919, sans aboutir, malheureusement pour l'humanité, à la prise de pouvoir par le prolétariat (sauf pour une courte période, restée sans lendemain, en Hongrie et en Bavière).
La vague révolutionnaire recula à partir de 1920, aussi bien à l'échelle internationale qu'en Russie même.
En Russie, les conditions de la guerre civile et des interventions étrangères ont fait que, dès 1918-1919, la fraction la plus consciente du prolétariat avait rejoint l'Armée Rouge, dont elle constitua l'âme et l'ossature. Le gouvernement bolchevik s'appuya pendant cette période bien plus sur cette fraction du prolétariat, en l'occurrence l'Armée Rouge, que sur les organes de la démocratie ouvrière des grandes villes russes, Moscou et Petrograd en premier lieu, dont le prolétariat se trouvait d'ailleurs brutalement réduit en nombre par la guerre civile elle-même et par ses effets sur l'économie. Le caractère ouvrier du pouvoir se manifesta plus par la volonté politique de la direction bolchevique que par la participation effective de la classe ouvrière. Et cette volonté politique était de préserver jusqu'à un nouvel essor révolutionnaire dans le reste de l'Europe, l'avancée de la Révolution russe. Elle était de défendre coûte que coûte l'État issu de la révolution prolétarienne, dans l'attente qu'il puisse servir ce nouvel essor révolutionnaire, y compris militairement.
Mais ce que les dirigeants bolcheviks espéraient n'être qu'une période transitoire entre deux vagues révolutionnaires se révéla durable. L'isolement durable du régime révolutionnaire qui s'ensuivit, dans un pays pauvre, conduisit à l'émergence d'une bureaucratie née de la révolution mais de plus en plus hostile aux perspectives révolutionnaires… »

(Demain la contre-révolution politique en URSS dans les années 1920)

dimanche 3 mai 2020

Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft : des affaires toujours plus florissantes


Crise, quelle crise ?



Alors que l'économie mondiale plonge dans une crise bien pire que celle de 2008, les géants Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft font des affaires plus florissantes que jamais. Leurs chiffres d'affaires sont en hausse de 15, 20, 25 % ; avec des parts de marché qui progressent, en éliminant du même coup leurs concurrents moins solides. Et les capitalisations en bourse pour Apple et Microsoft restent au-dessus de 1 000 milliards de dollars.
         Comme l'a déclaré sans fausse pudeur le patron de Facebook, Mark Zuckerberg : « En période de crise il faut investir ». Comme dans toutes les crises capitalistes, celle en cours est une occasion en or pour les plus gros requins de dévorer les moins gros.
         Ces parasites sociaux accumulent des milliards tandis que les systèmes de santé sont asphyxiés et que les travailleurs trinquent. Ces profits fantastiques et les fortunes non moins extravagantes de ces capitalistes permettraient à toute la société de faire face à l'épreuve qu'elle traverse actuellement. À condition d'exproprier les exploiteurs.

Afrique, Congo, ex-Katanga, société Commus, confinement… au travail


Des travailleurs sous clef à l'usine

  
2011 : mineurs au Katanga

Dans la région de l'ex-Katanga, au sud du Congo (RDC), au sous-sol est très riche, des entreprises du secteur minier confinent leurs travailleurs... au travail.
         Pour éviter que le coronavirus ait des répercussions sur l'activité, la société Commus - mines et usines de cuivre et de cobalt - a fait signer un contrat de trois mois aux ouvriers leur interdisant tout contact avec l'extérieur. Ils dorment dans des containers mal équipés où ils sont livrés en plats peu ragoûtants, mais n'ont pas le droit de communiquer sur leurs conditions de vie.
         Sous-traitante entre autres d'Apple, Microsoft, Alphabet - maison-mère de Google -, Dell et Tesla, cette entreprise traite les travailleurs en véritables prisonniers. Voilà la face arrière de la technologie capitaliste avancée.

Masques : d’un côté, Auchan, Carrefour et Cie : un produit d’appel et des mystères… De l’autre la solidarité sans masque


Masques et profits en grandes surfaces



À partir du lundi 4 mai, des dizaines de millions de masques dits chirurgicaux seront en vente dans les grandes surfaces. Voilà qui a indigné, à juste titre, les professionnels de la santé, alors que depuis des semaines de tels masques ne sont distribués qu'au compte-gouttes aux soignants et aux travailleurs « en première ligne ».
         Pour ajouter à la colère des soignants et de la population, ces masques seront vendus à un maximum de 95 centimes. Le gouvernement se flatte d'avoir fixé ce plafond. Sauf que c'est 10 fois le prix coûtant. Et comme il faut plusieurs masques par jour, cela pourrait porter à 200 voire 300 euros le budget masques des familles, alors même que salaires amputés et budget nourriture en hausse les mettent déjà dans le rouge. En plus de cela, certains protestent, à juste titre aussi, que cette vente dans les grandes surfaces serve de produit d'appel à Auchan, Carrefour et Cie.
         Il suffirait pourtant, pour que cette situation absurde et choquante cesse, de réquisitionner les masques pour les travailleurs qui en ont le plus besoin. Mais ce gouvernement se refuse d'égratigner, même un tout peu les ressources des plus riches. Même dans cette période d'urgence extrême.

Heureusement, aussi, multiple

La solidarité sans masque

Un de nos lecteurs soignant nous a envoyé le message sympathique suivant :

« Je vais vous raconter une histoire émouvante.
         Depuis deux mois je n'ai pas pu aller voir ma maman à Paris. J’ai décidé d'aller la voir hier. J’avais aussi une envie de manger indien…
         En rentrant dans son immeuble, j’ai remarqué une feuille avec écrit dessus : « Vous voulez des masques prévenez nous ! ». J’ai sonné à l’interphone indiqué. À la voie d’homme qui m’a répondu, j’ai expliqué que j’étais soignant et que je voulais bien six masques pour mon équipe ! La personne me répond que c’est d’accord et qu’elle allait descendre dans 10 minutes. Et voilà que les masques m’ont été offerts par la fille du monsieur, Emma. C’est elle avec sa maman, son papa, et une amie qui ont décidé de réaliser ces masques.
         Si vous pouviez mettre leur photo sur le blog « lo argenteuil », j’ai leur accord ! »