vendredi 24 avril 2020

Misère, pauvreté, gêne, aggravées par le confinement


Le confinement ventre vide



Les témoignages s'accumulent de familles qui ne parviennent plus à se nourrir correctement faute d'argent. Quand, par exemple, la cantine scolaire coûtait 100 euros par mois pour une famille de trois enfants, la fermeture des écoles fait exploser le budget alimentaire. La même famille se retrouve à débourser aujourd'hui 500 euros pour s'alimenter un demi mois. C'est que les prix en grande surface augmentent. À cela s'ajoutent les loyers et les factures diverses. C'est souvent la seule solidarité de voisinage qui permet de surnager.
         D'un côté Macron a promis une prime aux plus démunis qui n'arrive pas. De l'autre côté pour les patrons, grands, moyens ou petits, il a sans délai gelé, parfois supprimé, les charges sociales et fiscales et suspendu provisoirement les loyers des magasins.
         Les largesses de l'État sont réservées au capital.

Banlieues : le mépris et la matraque


Comme l’impunité est un principe quasi inébranlable…



Samedi 18 avril, un motard a été blessé après avoir percuté une voiture de police à Villeneuve-la-Garenne. Cet accident a provoqué des échauffourées dans plusieurs banlieues des grandes villes. Les jeunes accusent la police d'avoir volontairement provoqué l'accident tandis que celle-ci présente le motard comme un délinquant multirécidiviste.
         Cette situation n'a rien d'originale dans des quartiers où l'impunité policière face aux jeunes est un principe quasi inébranlable. Mais le confinement transforme ces cités en cocotes minute explosives. Pour les jeunes, c'est le désœuvrement aggravé par la fermeture des écoles. Quant à leurs parents, beaucoup font partie de ces « héros du quotidien » qui doivent continuer à prendre les transports et à travailler malgré le confinement, dans les supermarchés, pour s'occuper des personnes, faire les ménages ou ramasser les ordures, le tout pour un salaire de misère.
         La matraque et le mépris, les seules réponses du pouvoir, ne feront pas baisser la température.

Mouvement ouvrier : d’où venons-nous ? La social-démocratie russe


La fraction « bolchévique » : une organisation rigoureuse, disciplinée, unie par un programme partagé par tous

 
Députés du soviet de Petrograd en 1905 (merci Wikipédia)

Les idées socialistes se répandirent à la fin du XIXème siècle également dans un des plus grands pays développés du monde d’alors, la Russie.
         Le premier groupe socialiste russe fut fondé par une poignée de militants que les conditions de la dictature policière tsariste avait conduit à émigrer. Ces marxistes affirmaient que malgré son petit nombre dans le pays, mais œuvrant dans les centres névralgiques de cet immense Russie, le prolétariat des villes serait au cœur des évènements révolutionnaires, et non les gigantesques masses de paysans. En quelques années, cette jeune classe ouvrière ne tarda pas effectivement à montrer sa combativité. Et c’est en Russie, en 1905, qu’éclata la première révolution ouvrière à l’échelle d’un pays.
         C’est à ce moment-là qu’apparurent pour la première fois les conseils ouvriers, les soviets (conseil se dit « soviet » en russe), organes de la démocratie directe des travailleurs en lutte, embryon d’un futur pouvoir des travailleurs, et s’opposant de fait au pouvoir des autorités officielles.
         Cette révolution fut vaincue, mais c’est au travers elle que se forgea le parti bolchevique qui devait, par la suite, être le premier parti ouvrier révolutionnaire capable de conduire le prolétariat au pouvoir.
         Le courant bolchévique était apparu deux ans plus tôt, en 1903, au sein du parti social-démocrate de Russie, lui-même très récent. Le terme de « bolchevik » vient du mot russe « majoritaire » et fait référence au congrès où cette fraction fut constituée.
         Les militants révolutionnaires qui, autour de la personne de Lénine, constituèrent cette fraction, avaient directement été formés dans l’émigration au contact des partis du mouvement socialiste international dont nous avons parlé les jours précédents, dont ils purent acquérir un capital d’expériences politiques variées et s’imprégner de ce que ces partis avaient de meilleur : les idées du socialisme scientifique, du communisme.
         Ce parti bolchevik considérait qu’en Russie la bourgeoisie était incapable de révolutionner la société comme l’avaient fait en leur temps les bourgeoisies française, anglaise, etc. ils affirmaient la nécessite que la classe ouvrière soit au premier rang pour renverser la dictature tsariste et créer un régime démocratique.
         L’originalité des bolcheviks par rapport aux partis socialistes de l’époque était la conviction que, pour que le prolétariat puisse réaliser ce programme, il lui fallait une organisation rigoureuse, disciplinée, unie par un programme partagé par tous, capable d’organiser les travailleurs dans les conditions du régime policier tsariste, et en même temps très liée aux travailleurs et à leurs combats quotidiens, avec des militants totalement engagés.DM

Argenteuil, petits commerçants, artisans, cafetiers, restaurateurs en difficulté, dans la suite de nos informations


« Le bout du bar » propose un service de vente à emporter

La crise actuelle touche et touchera l’ensemble du monde du travail, travailleurs de l’informel, salariés mis en chômage partiel, salariés, mais aussi petits commerçants, artisans, cafetiers, restaurateurs… C’est pour cela que nous avons fait régulièrement des articles aussi sur ces derniers en donnant toutes les informations utiles pour aider ceux qui continuaient leur activité, d’une façon ou d’une autre. En conséquence, voilà ce que j’ai  posté avant-hier sur mon fil Facebook, et que je reproduis bien volontiers ici :

« Bonsoir les amis, j'essaie chaque jour sur notre blog de faire partager les inquiétudes de l'ensemble du monde du travail. Les petits commerçants et les artisans font partie de ce monde, notre monde. Ils sont en difficulté. C'est pourquoi, sur le blog "lo argenteuil" je transmets les infos concernant ceux qui tentent de récupérer des moyens financiers pour que leur affaire survive malgré le confinement. Le "Bout du bar", un des rares lieux d'Argenteuil où l'on peut se retrouver propose un service de vente à emporter. Il faut leur envoyer un SMS au 06 28 46 48 19 en laissant son nom et sa commande en indiquant l'heure à laquelle on souhaite récupérer les plats. (Entre 18h30 et 20h30) et ils se chargeront de préparer toute la commande.
En photo la carte de la vente à emporter. Alors, les habitués et les autres, tous confinés, on leur donne un coup de main ? Salut et fraternité,  Dominique »

jeudi 23 avril 2020

Travailleurs et crise du coronavirus : Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise actuelle, ils n'ont pas à en faire les frais ! une vidéo de Nathalie Arthaud

« héros en blouse blanche » de Macron et réalité des conditions de protection de ces « héros ».


À l’hôpital Saint-Antoine de Paris : Coup de blouse !

Échos

Collection printemps-été
En Unité Covid, on teste de nouvelles surblouses qui sont en fait de grands sacs poubelle, avec des manches en plastiques assorties.
Mettre les « héros de la nation » à la poubelle, quand même, fallait oser.

Collection automne hiver
En Unité Covid, on nous demande de ne plus jeter les surblouses. La direction a prévu de les relaver pour les réutiliser.
Bizarrement, on ne les a pas vues revenir... mais on n'est pas pressés de voir si ça marche ou pas.

Fashion Week
En Réa Chir et en Neuro, faute de surblouses en nombre suffisant, celles-ci ont été remplacées par des kimonos jetables. Les manches étant trop courtes, il faut rajouter des manchons sur les bras pour être recouvert entièrement.

À quand les maillots de bain et les habits de Père Noël ?

Banques et assurances : les imposer davantage ? Ça va pas la tête !


Pas touche au grisbi



En séance à l'Assemblée nationale un groupe de députés LREM avait proposé des amendements visant à imposer davantage les banques et sociétés d'assurance, afin d'augmenter leur contribution au financement de la crise économique. Ces amendements ont été rejetés.
         Car pour les représentants des privilégiés, aucune contrainte ne doit s'exercer sur les banques et assurances. Celles-ci ont fait des promesses de contribution exceptionnelle, et cela leur suffit.
         Les contraintes, les augmentations de taxes, c'est pour les salariés, les chômeurs, les retraités. Une raison de plus de voir rouge.

Étudiants, pauvreté et confinement


Pour de nombreux étudiants, une survie très difficile

 
Quand on ne peut plus aller au Resto U

Pour information, des nouvelles d’un enseignant de la fac Paris 1 :

« J'ai reçu dernièrement des mails d'étudiants faisant état de difficultés matérielles et morales importantes. Certains ont perdu l'emploi qui leur permettait de poursuivre leurs études à Paris, ou sont en chômage partiel, mais jusqu'à fin avril seulement, et sans l'intégralité de leur salaire. La fac a proposé une "aide sociale d'urgence", mais elle est bien trop faible pour leur permettre de faire face : il s'agit de 150 euros pour le seul mois d'avril, suspendus à tous un tas de conditions très restrictives... à peine de quoi payer un tiers de loyer. Seuls les résidents des cités universitaires du CROUS qui ont pu quitter leur chambre pour retourner chez leurs parents pendant le confinement sont exemptés de loyer. En plus, les dépenses augmentent avec la fermeture des restaurants universitaires, qui permettaient jusque-là d'avoir un repas chaud et complet pour 3.50 euros. Enfin, celles et ceux qui sont dans des chambres de bonne n'ont pas toujours internet, et l'accès aux ressources en ligne de la fac est donc compliqué.
         On se souvient qu'en novembre dernier un étudiant lyonnais s'était immolé devant le CROUS pour dénoncer la précarité grandissante des étudiants, et qu'en temps normal 38% de la population étudiante est boursière et 20% des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, d'après les chiffres de l’Insee. Depuis le début du confinement, tout cela s'est donc encore largement aggravé.
         Comble de l'affaire, le président de la fac vient de décider, contre l'avis de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU) constituées d'étudiants, que des partiels du second semestre se tiendraient quand même (on se demande bien comment et sous quelle forme !). Va-t-il demander à ce que les étudiants soient surveillés par leur webcam comme c'est le cas pour les concours des écoles de commerce ? Alors même que la décence l'inviterait à valider le semestre de tous les étudiants, il s'obstine à vouloir les évaluer, et surtout à les trier, pour sauver la fameuse "valeur du diplôme". En faisant cela, il ajoute de l'angoisse à toutes les sources de stress liées aux difficultés matérielles rencontrées par les étudiants en ce moment. Cela a donné lieu à une campagne sur Twitter pour dénoncer cette décision : #HonteUnivP1 »