dimanche 19 avril 2020

Macron à l’hôpital de Bicêtre ::vidéo tronquée sur sa visite à l’hôpital, et réalité


Hôpital de Bicêtre : les revendications applaudies, pas Macron !
15 Avril 2020

Une vidéo tronquée par l’Élysée a circulé, montrant Macron et les soignants de l’hôpital de Bicêtre, dans le Val-de-Marne, applaudissant à l’unisson, lors de la visite de celui-ci le 9 avril. Le trucage a rapidement été démystifié.


En fait, c’est à l’appel d’une salariée syndiquée CGT que les présents ont applaudi, après que leur rancœur et leurs revendications ont été exprimées de vive voix.
Macron avait accompli un tour de piste dans le hall du bâtiment Barré-Sinoussi et ceux qui avaient réussi à arriver à temps pour le spectacle le racontèrent aux autres. Il avait l’air si petit, ce président, vu des balcons des étages qui surplombent le hall. Pour une fois, c’était à leur tour de le prendre de haut.
La réduction des capacités d’accueil, en lits et en effectifs de personnel, dénoncée sans relâche depuis deux ans, en psychiatrie puis aux Urgences notamment, par des manifestations d’hospitaliers, met l’hôpital en situation d’échec face à l’épidémie de Covid-19. À Bicêtre, quasiment tous les lits sont occupés et par exemple, l’installation de lits de réanimation supplémentaires dans la salle de réveil (SSPI) du bâtiment Broca, dans des espaces mal adaptés et encombrés, avec le renfort de collègues ne pratiquant pas d’habitude cette spécialité, crée une situation anxiogène et périlleuse.
Ce sentiment d’impuissance insupportable a donc été exprimé haut et fort, le 9 avril, par une infirmière : « On aime les gens, on aime l’hôpital public. Les soignants, on est des pauvres, et demain, on peut se retrouver dans les lits, nous aussi. Et ce qu’on aimerait pour nous, on aimerait pouvoir le faire pour autrui. Et avec des manques d’effectifs, avec des manques de personnel, on n’y arrive pas. Et nous, on rentre chez nous avec ça ». Macron a essayé de brouiller ce discours en lui coupant la parole : « C’est vrai qu’on n’a pas rattrapé quinze années de baisse du tarif hospitalier, vous avez raison […] mais je ne prendrai pas les responsabilités pour tout ce qui a été fait avant. »
Quand une soignante a pris Macron à partie au sujet des salaires, certains médecins présents lui ont demandé, en vain, de se taire. Ce n’était pas le moment, d’après eux. Mais c’est précisément au moment où les possédants profitent de la situation pour soutirer à l’État tous les milliards possibles que les soignants doivent se faire entendre, eux aussi !

                                                                        Correspondant LO

Priorité au coronavirus aujourd’hui, mais après…


La catastrophe sanitaire qui va suivre…



Tous les professionnels de santé s’alarment du fait que la présence des patients autres que ceux atteints du Covid-19 diminue dans les hôpitaux. On peut donc s’attendre à la multiplication des complications après la crise sanitaire du Covid-19.
     C’est une conséquence de plus du manque de moyens dans le secteur de la santé car pour faire face à l’épidémie, les hôpitaux ont dû réduire fortement leur activité autre que celle dédiée au virus. Du coup, beaucoup de patients, inquiets, ont préféré remettre à plus tard leurs examens ou la poursuite de leurs soins.
     Pour cette catastrophe sanitaire à venir, Macron et son gouvernement auront aussi à rendre des comptes !

Ehpad, un témoignage du blog de nos camarades de Bezons (« lo bezons »)


Travailler dans un EHPAD témoignage d'une de nos camarades de la ville.

Une de nos camarades travaille dans une Ehpad de la région. La situation là-bas ressemble malheureusement à celle de beaucoup d'autres maisons de retraite. Les personnes âgées y meurent en grand nombre… Pas de médecins, de kiné, pas de visites …les derniers instants des mourants sont particulièrement difficiles à supporter. Et puis, quelques cas de covid-19 avérés posent le problème de l'origine de la contamination…Le personnel est impuissant face à ces morts…Mais ce qui est encore plus dur, c'est qu'il en est rendu indirectement responsable !
Vendredi dernier, la direction a enfin décidé de faire tester le personnel. Ceux qui sont porteurs du virus iront travailler avec les résidents positifs… alors qu'ils devraient être tout simplement confinées !
Quant aux autres qui ne seraient pas porteurs, ils s'occuperont des autres. Mais ils vont, en rentrant chez eux, devoir vivre dans la crainte de se contaminer et de ramener le virus en revenant travailler à l'Ehpad … Car pour être efficaces, ces tests devraient être quotidiens.
Mais pour des raisons de coût, il n'en est pas question…A l'angoisse, s'ajoute la fatigue. A cause des absences, le personnel doit travailler une heure de plus chaque jour. Soit 12h par jour (avec juste une pause d'1h), 3 à 4 jours consécutifs … !
Fatigue physique, fatigue morale, les travailleurs et les travailleuses des Ehpad sont pourtant là, au boulot parce que, sans eux, rien ne tourne…
Voilà un chose dont il faudra se souvenir quand le confinement s'arrêtera, et qu'il sera l'heure de demander des comptes : sans les travailleurs, rien ne tourne !

Cantine scolaire aux temps du confinement, une brève et une lettre de notre camarade Michel Campagnac, conseiller municipal de Bezons (Val d’Oise)





Il n'y a pas de conseil municipal dans cette période difficile. Pour autant j'ai posé cette question au sujet des repas de la cantine des écoles par mail à tous les élus du conseil municipal :

« Plusieurs habitants de la ville m’ont fait part de leurs problèmes et parmi ceux-là, je voudrais poser la question du fonctionnement de la cantine scolaire. Qui apparaît comme un vrai besoin.
En temps ordinaires, bien des familles n’arrivent pas à faire face aux difficultés financières. Quand l’école fonctionne, il existe des dispositifs pour aider les familles à payer la cantine. C’est souvent un vrai repas sur lequel les familles peuvent compter. Avec l’arrêt de l’école, ces dispositifs ne fonctionnent plus. Mais cela veut-il dire que les famille n’en n’ont plus besoin ? Entre le chômage partiel, l’arrêt des missions d’intérims, de nombreuses familles connaissent des baisses de revenus et pour certains c’est même l’arrêt brutal.
Dans quel mesure la municipalité pourrait-elle maintenir ce service ?
Je me doute que cela pose de nombreux problèmes d’organisation mais je crois qu’il s’agit d’un effort nécessaire dans la période. Il participe à la mobilisation pour affronter l’épidémie et ses conséquences. Et les problèmes doivent sans doute trouver des solutions. La cuisine centrale fonctionne encore pour assurer les repas aux anciens et au personnel. Le service Petite Enfance ou la Caisse des Écoles peuvent sans doute assez simplement rentrer en contact avec les personnes qui ont besoin d’un tel service. Il y a fort à parier qu’il doit être possible de compter sur des agents volontaires ou un renfort de bénévoles volontaires pour participer à cet effort.
                                        Bien cordialement,
                                                           Michel Campagnac »

Commune de Paris. Pour le communisme, pour les luttes et les espoirs des travailleurs du monde, la Commune de Paris de 1871, une référence majeure.


« Tout cela n’empêche pas Nicolas que la commune n’est pas morte… » (Elle n’est pas morte, chant sur la Commune)

 
                                                                                                        Hérodote.net

Un peu plus de 20 ans après la défaite ouvrière de Juin 1848, un nouvel épisode révolutionnaire eut lieu à Paris. Du 18 mars au 27 mai 1871, le peuple de Paris, dont le cœur de la lutte était les quartiers ouvriers, prit le pouvoir.
         La colère n’avait pas cessé de monter durant les dernières années du règne de Napoléon III. Elle avait encore grandi durant la guerre avec la Prusse qui avait éclaté en juillet 1870. Elle avait culminé lors du siège dramatique que la population de Paris subit durant plus de quatre mois et qui s’acheva fin janvier 1871. Cela déboucha dans la capitale sur une situation prérévolutionnaire. Le 18 mars, le gouvernement de Thiers prit la fuite à Versailles, avec l’armée, les possédants et les soi-disant élites.
         Isolés du reste du monde ouvrier du pays, réduits à une Ville, certes la capitale, les Communards durent assumer durant plus de deux mois la continuité de la vie sociale. Ils firent l’apprentissage de la démocratie directe. Ils imposèrent des réformes qui eurent valeur de symboles, telle la séparation de l’Église et de l’État, la mise en place d’une école pour tous, l’interdiction des amendes sur les salaires et le travail de nuit des boulangers…
         Face à la contre-offensive des troupes de Versailles, les Communards résistèrent. Les combats s’achevèrent durant la Semaine sanglante qui vit leur territoire se réduire de plus en plus. Le dimanche 28 mai 1871, les derniers combattants furent tués sur les hauteurs de Belleville et dans le cimetière du Père-Lachaise.
         La vengeance des classes dominantes se donna libre-cours. 50 000 partisans de la Commune auraient été tués dans les combats, en particulier durant la dernière semaine. De nombreuses condamnations à mort, de peine d’emprisonnement et de déportation furent prononcées.
             La bourgeoisie avait eu très peur.
        Quant aux travailleurs du monde ils doivent faire leur le dernier paragraphe d’un texte fameux de Marx (La guerre civile en France) écrit quelques jours seulement après la fin de la Commune où il lui rend un vibrant hommage :
         « Le Parti ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d’une société nouvelle. Le souvenir de ses martyrs est conservé pieusement dans le grand cœur de la classe ouvrière. Ses exterminateurs, l’histoire les a déjà cloués à un pilori éternel, et toutes les prières de leurs prêtres n’arriveront pas à les en libérer. »

samedi 18 avril 2020

Prime aux soignants : ça n’éteindra pas la colère !


Ce n’est pas une prime qui éteindra la colère !



Manifestation du personnel de l’hôpital de Tourcoing le 2 avril

Le gouvernement a décidé d’octroyer une prime à une petite partie du personnel soignant en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. Dans les départements les plus touchés par l’épidémie, ils pourront toucher jusqu’à 1 500 euros nets. Dans les autres départements, elle ne sera plus que de 500 euros. Les heures supplémentaires seront majorées de 50 %. Quant aux employés des Ehpad et les aides à domicile, elles aussi très confrontées à la maladie, la prime sera négociée ultérieurement…
         On est très loin du compte. Déjà avant la pandémie, l’augmentation des salaires était une des revendications principales de l’ensemble du personnel soignant. Et ce n’est pas une prime exceptionnelle et chichement distribuée qui mettra fin à la colère de celles et ceux qui ont dû gérer l’incurie du gouvernement

Agriculture : les raisins de la colère


Parce que l’on a besoin d’argent et que l’on est d’ailleurs, on ne mérite pas la même protection au virus ?



Récolte d'asperges

L'Allemagne, et peut-être d'autres pays, envisage d’ouvrir ses frontières aux travailleurs d'Europe de l'Est, pour pouvoir assurer les récoltes. En effet, ces travailleurs, payés une misère, taillables et corvéables à merci, sont indispensables à l'agriculture allemande, comme aux autres agricultures des pays exportateurs d’Europe. Ils sont des centaines de milliers à traverser l'Europe au gré des saisons et des cultures. Malgré le virus, ils sont donc prêts à aller récolter les asperges, les fraises...
         Dans cette période où les autorités, dans tous les pays, nous affirment que « rester chez soi, c'est sauver des vies », elles s'apprêtent à organiser le déplacement de milliers de travailleurs à bas prix.
         À traiter les ouvriers agricoles avec un tel mépris, ils récolteront la colère.

Crise du coronavirus : écho des établissements de santé et des entreprises




La ministre du travail s’attaque à l’inspection du travail : Anthony Smith, inspecteur du travail dans la Marne suspendu ! Un communiqué de Lutte ouvrière

Soutien à Anthony Smith, inspecteur du travail suspendu par Pénicaud
Communiqué

17/04/2020
La ministre du travail a décidé de suspendre un inspecteur du travail dans la Marne, Anthony Smith, pour son action concernant la protection des travailleurs en activité. Il avait en particulier mis en garde une entreprise de service à la personne qui envoyait des aides à domicile sans les protections indispensables chez des personnes âgées.
Anthony Smith, par ailleurs militant syndical et responsable national de la CGT, ne faisait que remplir son rôle. Mais dans le contexte actuel, celui-ci va à l’encontre de la politique de Macron qui veut imposer dès le 11 mai le déconfinement et la reprise travail à tous les salariés quitte à leur faire prendre le risque d’y laisser leur peau.
Non seulement c’est irresponsable mais c’est un scandale. En s’attaquant à Anthony Smith, Pénicaud veut faire un exemple pour intimider tous les inspecteurs du travail qui voudraient faire respecter des règles élémentaires de protection.
Voici un exemple du « monde d’après » dont parlait Macron, où la bourgeoisie, sous prétexte de crise économique, voudra imposer des semaines de travail à rallonge, la perte de congés ou de jours fériés, nous faire crever au boulot avec des masques de troisième catégorie ou pas de masques du tout !
C’est dans ce contexte d’attaques qui se préparent contre le monde du travail, qu’il faut interpréter la sanction contre cet inspecteur du travail.
Lutte ouvrière exprime sa solidarité complète avec Anthony Smith et nul doute que de nombreux travailleurs partagent cette indignation.
                                                                                Lutte ouvrière

Ehpad Villa-Victoria – Noisy-le-Grand
Les résidents décimés

À Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, l’épidémie de Covid-19 ravage les rangs des résidents de l’Ehpad Villa-Victoria, qui appartient au richissime groupe Korian.
Le 2 avril, dans un tweet, un habitant situé en face de la maison de retraite a indiqué avoir vu passer douze corbillards dans la même journée, information non démentie par la direction de l’établissement. L’opacité sur la situation réelle dans l’établissement est totale. Mardi 14 avril, Korian a fini par avouer que 21 résidents sur 102, soit un sur cinq, sont morts du Covid. D'autres résidents sont malades, ainsi que plusieurs soignants.
Sans pitié pour les familles qui vivent dans l’angoisse et sans nouvelles de leurs proches, le groupe Korian continue de donner le minimum d’information.

La collecte des déchets sans masque

140 travailleurs assurent la collecte des déchets pour Rennes Métropole, un marché confié à Suez.
Suite à une suspicion de Covid 19, une vingtaine de travailleurs s’étaient mis en droit de retrait le premier jour du confinement. Un droit de retrait que la direction a contesté et qui l’a conduit à leur retirer un jour de paye !
Pourtant, ces travailleurs étaient en droit d’être inquiets. En effet, s’ils disposaient de masques avant le confinement, depuis le début de cette période, soit le 17 mars, ils n’en avaient plus !
Il a fallu attendre le 14 avril pour qu’un stock de 500 masques soit fourni, une quantité insuffisante. De ce fait, seuls les ripeurs en sont équipés, et non les chauffeurs, et ce stock devrait durer une semaine.
Voilà la réalité que vivent ces travailleurs indispensables à la vie collective ! 
 

Hôpital Saint-Antoine - Paris :  Cherchez l'erreur

Écho d'entreprise
17/04/2020
Le 2 avril, le Conseil d’État a rejeté la possibilité de réquisitionner l’industrie pour produire équipements et médicaments indispensables, car selon lui, il n’ y a pas de « démonstration de pénurie ».
À Saint-Antoine, le manque d’Hypnovel est tel, que les collègues de la Pharmacie sont obligés de faire le tour des services pour récolter des ampoules à droite et à gauche. En pleine crise de Covid 19, on se retrouve à faire de la récup’.
Cherchez l’erreur.

Associations d’aide à domicile (Denain) :  Pénurie, bêtise et mépris
Écho d'entreprise
16/04/2020

Dans le Denaisis, comme ailleurs, dans les associations d’aide à domicile, une partie des personnes qui travaillent chez les personnes âgées ou malades ne sont pas salariées de l’association, mais sont « mandataires » : c’est l’association qui fait leurs fiches de paie et qui organise leur remplacement si besoin. Mais elles sont payées directement par la personne âgée.
Déjà, pour les salariées de ces associations, dites « prestataires », il est compliqué d’avoir des masques en quantité suffisante : souvent seulement deux masques par jour fourni par l’association, qui doivent être complétés (parce qu’évidemment ce n’est pas assez vu le nombre de personnes chez qui les aides interviennent !) en allant quémander des masques dans les pharmacies… qui sont plus ou moins compréhensives.
Mais pour ces aides à domiciles « mandataires », les associations qui organisent leur travail ont estimé que ce sont leurs « employeurs » qui doivent leur fournir des masques… c’est-à-dire les personnes chez qui elles interviennent ! Comme si ces personnes âgées dépendantes ou ces malades pouvaient tranquillement sortir, et encore plus trouver des masques et des gants à acheter pour leur aide à domicile. On marche sur la tête !
Certes, la pénurie générale de masques n’est pas de la responsabilité de ces associations, mais leurs directions ne sont pas obligées d’en rajouter dans la bêtise et le mépris, au risque de mettre en danger la santé de ces travailleuses et celle des personnes âgées.