mardi 14 avril 2020

Crise du coronavirus : Applaudissements, hommages de circonstance : quand le monde bourgeois voit la classe ouvrière quand ça l’arrange


Sans le monde du travail, ils ne sont rien



Remerciements, applaudissements, hommages, de tous les côtés du monde de la bourgeoisie et de ses serviteurs, les applaudissements pleuvent en direction du monde du travail. Certes, ils se cantonnent le plus souvent au personnel soignant, comme si, ne serait-ce que les hôpitaux, ils ne pouvaient pas fonctionner sans les travailleuses dédiées au ménage, aux cuisiniers, aux ouvriers d’entretien, aux ambulanciers, aux livreurs de toutes sortes qui amènent jour après jours toute la gamme des produits nécessaires au fonctionnement des établissements hospitaliers… Quant à nous, nous pensons à tous les travailleurs. Ce monde bourgeois qui ne découvre et qui n’évoque les travailleurs que lorsqu’il en a besoin de toute urgence, et que lui-même peut ne pas échapper aux ravages de la maladie, même si c’est pour lui dans des conditions toujours plus favorables qu’il la subit…
         À Argenteuil, le maire d’Argenteuil joue aussi cette partition, avec la réserve qui le caractérise, sur ce plan des hommages et des remerciements. C’est le site d’information numérique municipal lui-même qui appelle à applaudir à 20 heures le personnel de soin…
         Oui, il faut vraiment que la situation soit difficile pour que ce monde découvre le monde du travail, et que, sans lui, rien ne se ferait et fonctionnerait dans la société.
         Alors, oui, à 20 heures, se retrouver avec des voisins avec lesquels on fraternise c’est bien d’applaudir, en criant bien haut « bravo à tous les travailleurs ! ». Mais que ce monde bourgeois sache que cette fraternité peut déboucher sur la réflexion et la conscience que sa domination devra demain, tôt ou tard, laisser la place.

Il paraît que Macron a décalé son intervention hier soir à 20 heures 02 pour laisser la population applaudir les soignants avant. Eh bien, ce soir, nous, on applaudit à 20 heures 02.

Du capitalisme au communisme : le rôle de la classe qui « œuvre », la classe des producteurs, la classe ouvrière


Le monde que les ouvriers du monde ont à gagner



Nous sommes aujourd’hui dans un monde complètement mondialisé. Cette mondialisation s’est accélérée ces dernières décennies, et est marquée par la nature capitaliste de la domination de la classe dominante, la recherche effrénée du profit, l’anarchie de la production, et l’énorme gâchis des ressources, gâchis matériel, et social qui en découle. Comme nous l’évoquons dans le dernier numéro de notre revue Lutte de classe. Et la pandémie actuelle révèle l’impasse de la mondialisation capitaliste. Mais des deux termes, le plus dangereux, celui qui menace l’humanité, c’est pour nous, le capitalisme plutôt que la mondialisation. Plus que jamais, il est nécessaire d’aller vers la planification de la production, aux différentes échelles selon la nécessité, que nous évoquions hier. C’est pourquoi le communisme ne peut se réaliser que dans le cadre des états-unis socialistes du monde, par la prise du pouvoir des producteurs, d’abord dans un pays, puis la révolution s’étendant aux autres.
         J’ai utilisé le terme de producteurs, au même titre que les termes de monde du travail, ou de prolétariat, ou de classe ouvrière (cette classe qui « œuvre ») ce terme qui fait tellement peur à la bourgeoisie et derrière laquelle elle fait semblant de voir uniquement le monde des travailleurs de l’industrie.
         C’est seulement la classe ouvrière mondiale qui peut être l’artisan de la transformation du monde aboutissant aux états-unis socialistes du monde, au communisme.
         Nous aborderons demain les bases de notre conviction dans le rôle historique que peut jouer cette classe ouvrière pour être le fossoyeur de la domination bourgeoise et du capitalisme.


Ouvrières du textile en grève au Bangladesh (ph. Le Monde)

lundi 13 avril 2020

Ehpad, Maisons dites de retraite : Les vieux qu’on abandonne, cela juge cette société


Écœurés, scandalisés, indignés, nous sommes



Près de 5200 victimes à la date d'hier au soir dans les Ehpad et Maisons de retraite du pays ! Il y a de quoi être profondément écœurés, scandalisés, indignés, par la catastrophe qui se passe dans les Ehpad et les Maisons de retraite depuis des semaines, Comme si le drame n’avait pas été annoncé, comme s’il n’y avait pas dans un pays parmi les plus riche du monde de quoi assurer aux anciens des dernières décennies ou années de fin de vie confortables, chaleureuses, et entourées. Mais ainsi va la société capitaliste que la vieillesse n’est pas une valeur, sauf celle d’une industrie marchandes parmi les plus rentables. (Voir ci-dessous)
         Lorsque j’étais adolescent, la chanson de Jacques Brel « Les vieux » a été un élément qui m’a amené à réfléchir sur le sens de la vie. Pourtant, elle n’en restait qu’au problème du vieillissement. Mais dans ce qui se passe actuellement, qui n’est que le prolongement d’une situation qui perdure depuis longtemps, c’est la question d’un abandon pur et simple qui est posée.
         Quelques mots d’une de nos lectrices : « Ils meurent. La meilleure des générations est en train de mourir. Celle et ceux qui sans études, ont éduqué leurs enfants. Celle et ceux qui sans ressources les ont aidés pendant la crise financière. Ils sont en train de mourir. Celles et ceux qui ont le plus souffert. Celles et ceux qui ont travaillé comme des bêtes. Celles et ceux qui sont les plus vulnérables que quiconque. Celles et ceux qui ont traversé tant de difficultés meurent. Celles et ceux qui ont soulevé le pays. Celles et ceux qui souhaitaient maintenant seulement profiter de leurs petits-enfants. Ils meurent seuls et effrayés. Ils s'en vont sans déranger, celles et ceux qui dérangent le moins, ils partent sans adieu… ».
         Sur ce plan, là aussi il y a de quoi réfléchir pour que nous soyons capables de tout changer. Et cette situation des anciens mérite que nous nous donnions réellement les moyens de supprimer demain une situation actuelle inqualifiable. DM

« Ehpad : les actionnaires ne se font pas des cheveux blancs. » Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine.


Ehpad : les actionnaires ne se font pas des cheveux blancs

08 Avril 2020

Parmi les 500 plus grandes fortunes du pays figuraient, en 2017, cinq fondateurs de réseaux de maisons de retraites. Le business des maisons de retraite, car c’en est un, attire les capitaux.
Ainsi, le groupe Korian, mis en cause à Mougins et à Clamart, a vu son bénéfice augmenter de 400 % en deux ans. En 2016, la marge bénéficiaire était de 15,5 %, ce qui avait permis non pas d’embaucher du personnel, mais de doubler en cinq ans le dividende versé aux actionnaires.
Le fondateur du groupe Orpea, le docteur Jean-Claude Marian, était il y a peu 197e fortune de France. Il vient de se retirer mais le groupe s’est internationalisé. Il est aujourd’hui implanté dans 14 pays et possède près de 100 000 lits répartis dans 950 établissements. Orpea a comme actionnaire de gros financiers, dont la famille Peugeot, Natixis, un fonds d’investissement canadien etc., dont le souci n’est pas de prendre soin des anciens mais de faire du cash. Et il en fait ! Le bénéfice d’Orpea a augmenté de 70 % entre 2015 et 2016.
La seule logique qui a prévalu pour l’hébergement des personnes âgées dépendantes a été la loi du profit. Les pensionnaires en meurent aujourd’hui et le personnel se démène pour faire face avec les moyens du bord, pendant que les groupes financiers bénéficient de l’argent public pour ne pas souffrir de la crise.
                                 Étienne HOURDIN (Lutte ouvrière n°2697)

Argenteuil, Ehpad « Les Pensées », petit rappel lorsque les salariés firent un mois de grève pour davantage de moyens humains en particulier


Les moyens nécessaires plutôt que les profits !





Au bout de dix jours de grève, les grévistes diffusèrent la lettre ouverte suivante. Cette grève qui eut lieu il y a près de trois ans se termina par la victoire partielle des salariés de cet Ehpad privé. Sur leurs quatre revendications, quatre concernaient le manque de personnel...

Le 26/05/2017

Depuis le 17 Mai 2017 le personnel de l’E.H.P.A.D les Pensées appartenant au groupe DOMIDEP est en grève, notamment pour protester contre les conditions de travail, et le manque d’écoute qui dure depuis deux ans.

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes le personnel de la résidence les pensées à Argenteuil, située 102 rue Antonin George Belin 95100 Argenteuil.
Nous sommes le personnel d’un établissement hôtelier pour personnes âgées dépendantes (médicalisé) accueillant 88 résidents et disposant aussi d’un accueil de jour qui reçoit dix personnes. Nous appartenons au groupe DOMIDEP qui brasse 177 millions de chiffre d’affaire annuel.
Depuis deux ans nous essayons de communiquer avec la direction mais nous ne sommes pas entendus.  Le 17 Mai, Il y a 10 jours maintenant nous sommes entrés en grève afin de faire entendre nos voix.
Nos revendications :
-          L’embauche de personnel : 2 aides soignant, 1 infirmière, 1 lingère.
-          Le comblement de l’ensemble des positions de travail vacantes
-          La remise à plats des positions de travail pour éviter les surcharges
-          Réévaluation des salaires

 Dix jours se sont écoulés, mais aucun accord sérieux n’a pu être trouvé : on nous a proposé des groupes de travail, ainsi qu’une prime d’intéressement annuel de + ou – 200 euros net.
Nous nous occupons de nos aînés avec passion. Nous désirons travailler dans de bonnes conditions. Et surtout que nos aînés ne soient pas considérés comme des marchandises qui rapportent des millions aux actionnaires.
Un grand mouvement a déjà eu lieu le 25/05 devant l’EHPAD dans lequel nous travaillons.
Nous sommes déterminés, nous sommes des mères, des pères, pour certaines, des familles monoparentales, chaque jour de grève nous coûte   car nous touchons le smic pour certaines et à peine à un peu plus pour les soignantes diplômées. Nous ne savons pas comment nous paierons nos prochaines factures mais nous ne lâcherons rien. Nous avons le droit avec nous et nos résidents ont droit au respect et à la dignité humaine !!!!
Nous avons besoin de votre soutien pour faire entendre nos voix !!!

Crise du coronavirus : quand la question du logement aggrave la situation


La question du logement encore plus cruciale



2,8 millions d’habitants se retrouvent enfermés dans des logements insalubres ou exigus depuis le début du confinement.
         Cette situation est la conséquence du choix des gouvernements de ne pas investir pour construire le nombre de logements sociaux nécessaire et du peu de moyens mis à la lutte contre les marchands de sommeil, mais aussi des revenus des salariés trop faibles sans parler de ceux qui sont privés de travail.
         Entre pénurie de logements et prix des loyers dopés par les lois du marché, une fraction des classes populaires et leurs enfants sont piégés.
         Pour faire en sorte que tous puissent disposer d’un toit décent, il faudra lutter contre le système qui en est la cause.

Ces jours derniers, le maire d’Argenteuil se plaignait d’un relâchement du confinement dans certains quartiers populaires de la Ville. Certes, il faut se confiner, mais la situation évoquée ci-dessus comme ce qui se passe dans bien d’autre villes populaires avec des conséquences dramatiques comme on le voit en Seine-Saint-Denis en particulier, illustre ce que nous disons dans cette brève.

Lutte ouvrière : des militants du communisme


Le communisme, un objectif nécessaire pour l’humanité



Le fondement du capitalisme est la propriété privée des moyens de production. Cela signifie que disposant de capitaux, le capitaliste peut investir dans n’importe lequel domaine, industriel, financier, de service, utile ou pas. Il peut également spéculer avec ses capitaux sur n’importe lequel produit, réel ou virtuel. D’une façon ou d’une autre, à travers ce mouvement des capitaux, il y a au bout l’exploitation de travailleurs et la réalisation de profits qui sont une partie de la valeur produite par ces travailleurs, partie qui propriété du capitaliste. L’autre partie qui leur revient est le salaire.
         Mais le capitalisme n’est pas seulement ce système d’exploitation. Il crée une anarchie générale de la production à l’échelle planétaire. Cette anarchie n’est pas seulement un gigantesque facteur de désordres et de crises, mais également une source d’énormes gâchis de productions, de forces productives, de ressources et de déséquilibres écologiques.
         La suppression de la propriété privée des moyens de production à l’échelle du monde liquiderait ces données fondamentales qui mènent aussi à une concurrence stérile et aux guerres. Elle permettrait de mettre sur pied une organisation rationnelle de l’utilisation des forces productives à l’échelle de la planète, pour la satisfaction des besoins et des projets dans la limite de ce que décideraient de produire ou pas, de projeter ou pas, les habitants de la terre.
         La planification remplaçant l’anarchie capitaliste permettrait de produire avec certainement bien moins de moyens tout en développant sans commune mesure avec aujourd’hui les besoins essentiels de l’humanité, sur le plan de l’alimentation, de la santé, de l’éducation et de la culture.
         Cette planification s’établirait aux différentes échelles selon les productions et les objectifs visés. Pour certains, à l’échelle continentale ; pour d’autres aux échelles, continentale, nationale, locale, voire micro-locale.

dimanche 12 avril 2020

Medef : De Bézieux annonce la marche à suivre pour le grand patronat


C’est clair !



De Bézieux, , le président du Médef, vient de donner un entretien au journal Le Figaro. Avec lui, les choses sont claires. Pour la galerie, s’il évoque la sécurité des travailleurs, le fond de sa pensée et sur quoi il insiste est que la production doit reprendre le plus vite possible. De très nombreuses entreprises non utiles dans les circonstances actuelles n’ont pas attendu son souhait, alors que le développement de la pandémie est toujours d’actualité, pour avoir repris leur activité, avec les risques encourus par les salariés. Les comptes des victimes parmi les travailleurs seront à faire.
         Et de Bézieux voit plus loin, pour rattraper les profits perdus et les accroître, il le dit sans ambages : « Ensuite, il faudra bien se poser la question tôt ou tard, du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise, et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire. »
         Les choses sont claires. Voilà les objectifs « d’Après » du Capital. Nous sommes prévenus, à nous de nous préparer pour nous y opposer.