lundi 23 mars 2020

Épidémie : non au travail salarié lorsque ce n’est pas socialement nécessaire


ISS Naval (Saint-Nazaire) :  Les travailleurs imposent l'arrêt du travail

Echo d'entreprise

22/03/2020

Aux Chantiers navals de Saint Nazaire, les travailleuses et travailleurs de la société ISS font depuis longtemps le nettoyage des navires en cours de construction. Mardi 17 mars, ils ont fait partie de la grande masse de travailleurs, Chantiers de l'Atlantique ou sous-traitants qui ont refusé le travail à l'embauche après l'annonce du patron du Chantier qu'il ne fermerait pas le site, malgré le danger lié au coronavirus.
Devant le nombre et la détermination, le patron du chantier a préféré reculer et a annoncé l'arrêt de beaucoup de secteurs de la production, renvoyant de fait une grosse partie des salariés chez eux. Les patrons des entreprises sous-traitantes, eux, étaient libres de faire ce qu'ils voulaient ! Le patron d'ISS n'a pas voulu en démordre, pour lui le travail devait continuer. Le lendemain donc, dès l'embauche, c'est l'ensemble des travailleurs d'ISS, soit une cinquantaine d'embauchés et intérimaires, qui se sont de nouveau regroupés, pour refuser le travail.
Le directeur d'agence venu sur place pour les remettre au boulot a échoué et chacun a pu repartir, heureux de cette première victoire de pouvoir s'occuper de sa santé et celle de ses proches en restant à la maison... Première victoire, car reste le combat de ne pas avoir à payer la facture sur les congés et un salaire amoindri par la suite.

Épidémie et production d’avions ? Aucune utilité sociale dans la conjoncture actuelle



Toulouse :  Airbus : La colère monte d’un cran

Echo d'entreprise

22/03/2020

L’inquiétude des salariés est grande dans les usines de Toulouse où l’activité est arrêtée depuis une semaine, car il est question de reprendre le travail à partir de mardi 24. La direction assure que les outils, tablettes, machines ont été désinfectés pendant l’arrêt. Mais personne ne sait quelle société a fait ce travail ni dans quelle condition. Elle affirme aussi que cette désinfection sera également réalisée entre les deux nouveaux horaires (6h-12h et 15h-21h), c’est à dire pendant les trois heures d’intervalle, dès mardi prochain. Mais comment croire cela ? Elle affirme également qu’elle a 20 000 masques pour les salariés, alors qu’il en manque dans les hôpitaux et les EPHAD, les aides à domicile, et les caissières de supermarché. Mais manifestement Airbus passe avant.
Bref, en plus de l’inquiétude, c’est la colère qui monte. A la fois elle se veut rassurante en disant aux ouvriers que s’ils ont une amende en venant travailler mardi, c’est Airbus qui règlerait la note. Et dans le même temps, elle fait un chantage aux salaires et aux heures sups : elle annonce que les heures non faites après la reprise de mardi seront rattrapables en heures sups, et cela jusqu’en décembre. Quant aux congés payés et à la banque de temps, ils ne sont plus intouchables. Par ailleurs, pour les ouvriers qui font valoir leur droit à garder leurs mômes, il arrive qu’Airbus oublie d’avertir la CPAM.
La direction demande à ses chefs de créer des groupes Whatsapp sur leur secteur. Officiellement c’est pour rassurer les ouvriers, en réalité c’est pour les convaincre de venir travailler un point c’est tout, et souvent en mentant effrontément. Par contre dans les groupes Whatsapp que des ouvriers ont créé entre eux, c’est un vrai dégoût qui s’exprime contre cette irresponsabilité patronale. Si c’était pour venir fabriquer des respirateurs ou des masques ou du gel, des volontaires il y en aurait. Mais pour faire du montage d’avions, qui pour l’instant ne volent plus vraiment, où est l’intérêt en dehors de convaincre qu’un ouvrier ça travaille quelle que soit les conditions, et ça se tait.
Au final, sur Saint Martin où la reprise de mardi devrait se faire au volontariat, les volontaires sont rares. A l’usine de Saint Eloi, c’est aussi soi-disant au volontariat, mais « il faut venir » disent les chefs : il y a une liste d’ouvriers requis. Mais là aussi, il y a fort à parier que les machines ne feront pas beaucoup de bruit ce mardi.

Argenteuil, le drame de l’ascenseur du centre commercial, selon le Parisien, des conclusions d’expertise accablantes


Des négligences graves et la mort d’un bambin

 
Il faut une sécurité 100%

Selon l’édition du Parisien de samedi, les experts diligentés par le juge d’instruction après le décès dramatique d’un bambin dans l’ascenseur du centre commercial Côté Seine d’Argenteuil en juin 2018, ont rendu des conclusions sans appel. La responsabilité de plusieurs entreprises d’ascenseur, d’entretien et de contrôle serait, selon les rapports d’expertises, directement engagée. Rapports où il est, selon Le Parisien, question d’entretiens, de vérifications et de contrôles non effectués, et pas seulement en date de cette année 2018. Il est également question de sous-traitance.
         On imagine très bien que chacune des entreprises concernées renverra la responsabilité sur les autres, et qu’il n’est pas proche le jour où les responsables seront jugés.
         Mais ce bilan d’expertise évoquant une suite de négligences en dit déjà long sur le fonctionnement de certaines entreprises, dans un domaine de service à la population extrêmement dangereux où la sécurité devrait être assurée à 100%.

Militants hônnêtes, dans quelle direction devons-nous travailler ?


Militer plus que jamais pour la renaissance du parti ouvrier révolutionnaire

 
Réimplanter les idées communistes dans les entreprises et les quartiers

Malgré la période, il arrive que l’on me demande encore, comme ce matin au marché Héloïse, les raisons qui nous ont amené à présenter notre propre liste aux élections municipales de la commune, alors qu’une liste de « gauche unie » pure jus était présente.
         Nous laisserons de côté aujourd’hui pourquoi nous considérons que ce concept de gauche est dévalorisé et qu’il indique seulement, même à l’échelle locale, les perspectives de la prochaine alternance gouvernementale à laquelle les partis composant cette liste se préparent.
         Et la situation actuelle avec les risques d’une aggravation drastique de la crise nous renforce dans la conviction que plus que jamais l’activité des communistes révolutionnaire doit se concentrer sur le développement de la conscience et de l’organisation, dans les entreprises et les quartiers, de la classe de la société qui peut lui donner une issue, la classe des travailleurs.
         C’est en nous concentrant sur ces objectifs que nous avons milité dans 240 villes en présentant les listes « Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs ». Et ce sont eux que nous avons répétés dans le communiqué au soir des élections, dont nous extrayons les passages suivants :
« Le seul moyen d’empêcher le capitalisme en crise d’entraîner toute la société dans sa faillite est que renaisse le mouvement ouvrier révolutionnaire, pour combattre jusqu’au bout le pouvoir de la grande bourgeoisie et de son État. La société ne peut pas éviter la plongée dans la barbarie en continuant à être guidée par la course au profit des plus riches, qui s’oppose aux intérêts les plus élémentaires de la collectivité.
L’épidémie de coronavirus elle-même, que les hommes finiront par maîtriser, met en lumière les ravages de l’organisation capitaliste de la société. En France comme dans de nombreux pays, la course à la rentabilité et aux économies affaiblit depuis de longues années le système hospitalier au point de l’asphyxier. Il est de moins en moins à même de faire face à ses tâches ordinaires et, à plus forte raison, à l’imprévu…
…La crise boursière découlant de l’agitation spéculative des groupes financiers est une menace plus grave encore que le coronavirus. Elle est l’expression de la faillite du système économique et social actuel.
La renaissance d’un mouvement ouvrier révolutionnaire, indispensable pour combattre et vaincre la dictature du capital, n’est pas une affaire électorale. Elle exige l’irruption des exploités sur la scène politique. »

         C’est de tout cela qui est la priorité urgente pour nous que nous aimerions discuter.

dimanche 22 mars 2020

Épidémie de coronavirus et travail salarié hors de propos : une vidéo de Jean-Pierre MERCIER : contre les patrons qui obligent les ouvriers à travailler et contre le gouvernement incapable de donner des moyens aux personnels de santé !

Macron : les travailleurs d’un côté, le grand patronat de l’autre, un langage bien différent vis-à-vis des uns et des autres


La santé des travailleurs avant les profits !



Tout en insistant sur la nécessité de respecter strictement le confinement, Macron et ses ministres n’ont qu’une chose à dire aux salariés : il faut aller travailler. Vis-à-vis du patronat, le ton n’est pas le même… Le gouvernement se limite à évoquer un « code de bonne conduite » et aucune sanction n’est annoncée alors qu’il y a mise en danger de la vie des travailleurs ! Le ministre de l’Économie invite respectueusement les « entreprises qui le peuvent » à verser une prime de 1 000 euros à ceux qui viennent travailler. Tout est au bon vouloir des employeurs !
         Mais ce que veulent les travailleurs, ce n’est pas cette minable et facultative « prime de risque », c’est que leur santé et celle des leurs passe avant les profits. Et cela, il faudra l’imposer !

Argenteuil, agents territoriaux, pour le travail nécessaire, un gros travail réalisé


Oui à tout le travail nécessaire face à la situation. Le reste peut attendre.



Un membre de la hiérarchie de la mairie d’Argenteuil nous a manifesté son dépit à la lecture de la brève où nous avons évoqué sur notre blog, dans la situation actuelle, l’appel à des jardiniers de la commune pour repiquer des fleurs dans des plates-bandes, appel qui apparemment a été annulé depuis. Il nous reprochait de ne voir qu’un aspect marginal et d’oublier l’engagement profond de tous ceux qui à la mairie d’Argenteuil, à tous les échelons, permettent que les services essentiels à la continuité du service public relevant de la commune puissent continuer à fonctionner.
         Bien évidemment pour nous c’est une évidence que sans le dévouement du monde du travail, quelle que soit sa position hiérarchique, rien ne pourrait être assuré, à la mairie d’Argenteuil, comme à tous les échelons de la vie sociale. Et bravo à ceux qui vont au travail pour cela, qui vont effectuer ce travail nécessaire répétons-le, et nous ne sommes pas les derniers à nous préoccuper de la façon dont cela se fait et de l’œuvre accomplie.
         Mais pour autant, quelle raison il y a-t-il à nous reprocher de dire ce qui ne va pas, lorsque cela ne va pas ? Que toute tâche exigée par la situation doit être faite, et faite dans les conditions sanitaires optimum. Mais qu’en revanche, toute tâche qui ne relève pas de cela doit attendre.
         Et dans la période actuelle, la liberté de le dire est essentielle.

Manque de masques : l’irresponsabilité criminelle de ceux qui nous gouvernent


Le résultat d’une politique criminelle



Le personnel des hôpitaux et des Ehpad, les médecins, les salariés en contact avec le public, tous dénoncent l’absence quasi-totale de masques capables de protéger de la contamination et d’en limiter la propagation. Interrogé à ce sujet le 19 mars à l'Assemblée nationale, le ministre de la Santé Olivier Véran a expliqué : « Nous disposons d’un stock d’Etat d’environ 150 millions de masques chirurgicaux et d'aucun stock de masques FFP2. Il avait été décidé, suite aux crises sanitaires précédentes – je remonte pour cela à 2011 et 2013 – qu’il n’y avait plus lieu de conserver des stocks massifs de masques dans le territoire. »
         C’est une façon de se dédouaner sur ses prédécesseurs mais le gouvernement auquel il appartient a eu la même politique, pour la même raison : faire des économies pour verser des milliards aux plus grandes entreprises. On voit aujourd’hui à quel point cette politique était criminelle !

Hospices civils de Lyon :  La bataille pour les masques

Echo d'entreprise

20/03/2020

Au Groupement Hospitalier Est, c’est la croix et la bannière pour avoir des masques. Ils sont lâchés au compte-goutte : il faut tousser pour en obtenir.  Dans un service, pendant qu’un collègue discutait avec le cadre, un autre a dû se glisser dans son bureau pour récupérer de quoi travailler en sécurité. Ailleurs, certains ont refusé de travailler tant qu’ils n’en avaient pas, voire ont dû aller se servir dans d’autres services. La direction ne fait que promettre et encore, un seul masque par jour pour ceux qui ne sont pas dans les services qui s’occupent des malades du Covid-19. Un masque, ça tient 4 heures maximum.
         Macron affirme qu’on est en guerre, mais en temps de guerre, les gouvernements se montrent capables de réquisitionner des entreprises et adapter leur production à la production d’armes ou d’uniformes. Le gouvernement aurait pu en faire autant pour la production de masques ou de gel hydro-alcoolique, si son mépris de classe pour les travailleurs n’avait d’égal que sa soumission aux profits des entreprises.

Budget de la Recherche : paroles, paroles...


Effectivement, cela nous rappelle son caractère vital…



En visite à l'institut Pasteur, Macron a annoncé une hausse de 5 milliards d'euros sur 10 ans du budget de la Recherche. « La crise du COVID-19 nous rappelle le caractère vital de la recherche scientifique et la nécessité d’investir massivement pour le long terme » a déclaré le président. En septembre dernier, lors de l'annonce du budget 2019, le secrétaire général du syndicat des chercheurs rappelait que le CNRS avait perdu 1 500 postes ces dernières années.
         Au-delà des discours grandiloquents et des effets de manche, la recherche fondamentale a le tort de n'être pas rentable immédiatement, dans cette société où le profit est roi. Quitte à mettre des centaines de milliers de vie en jeu.