dimanche 3 novembre 2019

Macron, Lubrizol, coup de com !


Tout va très bien, madame la marquise !



Macron a fait une visite surprise à Rouen pour expliquer à la population de la ville qu’il n’y avait rien à craindre suite à l’incendie de Lubrizol. Et du même coup il s’est auto-félicité en rendant hommage aux services de l’Etat qui, selon lui, auraient géré impeccablement cette catastrophe. Bref, les inquiétudes de la population sur les émanations respirées ne seraient qu’un leurre. Selon lui, la population de la région rouennaise devrait faire toute confiance à l’État, donc à son grand chef.
Son coup de com’ est loin d’avoir marché et il a pu s‘en rendre compte quand il a été interpellé par des manifestants à la sortie de la mairie.

Argenteuil municipalité : il y aurait-il quartier et quartier pour elle ?


Moyens et sollicitude, les mêmes pour tous



Des habitants du quartier d’Orgemont tentent depuis plusieurs années de faire revivre le marché de la Colonie. Leur action n’est pas simple, d’autant plus que le marché a subi deux incendies à quelques mois d’intervalle. Quand des habitants s’activent dans le bon sens, cela ne peut qu’être positif pour tous.
         L’objet de cette brève est toute autre. Le voilà.
         On ne peut que constater que la municipalité d’Argenteuil bichonne leur tentative, et c’est tant mieux. Nous avons pu le constater une nouvelle fois hier matin.
         Des tentes municipales avaient été prêtées. Mais apparemment, en l’occurrence, plus question qu’elles s’envolent, alors que la météo n’était pas bonne, et le vent au rendez-vous des prévisions. Rappelons, que c’est la raison qui avait été avancée pour annuler (1) la fête concernant tout un quartier, celui d’Orgemont, fin septembre dernier, et qui devait avoir lieu dans le parc de la cité Joliot-Curie. Les services de la municipalité avaient justifié l’annulation deux jours avant qu’elle se tienne, en arguant que les toiles de tente ne pouvaient pas résister à des vents de 30 ou 40 km/heure.
         C’est super que le marché de la Colonie et ses associations bénéficient de la bienveillance de la municipalité. Seulement, tous les quartiers et leurs habitants doivent simplement sur ce plan être logés à la même enseigne. DM
(1. À ce jour, les associations n’ont toujours pas eu confirmation de la tenue en décembre de cette fête dont le report avait été annoncé)

Élections municipales : étendre l’influence et les réseaux du « camp des travailleurs ». Comment Jules Guesde, Paul Lafargue, et le Parti Ouvrier posait le problème en 1882


Jules Guesde, L’Égalité, 30 avril 1882


Victoire!

Le Parti ouvrier sort des dernières élections municipales complémentaires considérablement grandi et fortifié. 
Non pas que le succès ait partout couronné nos efforts.
À l’exception de Roanne, où la liste collectiviste révolutionnaire a passé tout entière; de Bessèges où lun des condamnés de la dernière grève, le citoyen Jourdan, a été jeté comme une bombe dans le conseil municipal bourgeois, et d’Alais [Alès (Gard)] où le programme du Havre, vaillamment arboré par le citoyen Lalauze, est sorti triomphant de terre avec plus de 1500 voix contre 900; partout, aussi bien à Rennes qu’à Roubaix, à Narbonne comme à Angers, nos candidats sont restés sur le carreau.
Mais pour ne pas voir autant de triomphes dans ces défaites matérielles – comme les appellent les bourgeois – il faudrait ne pas tenir compte du genre de résultats que cherche le socialisme révolutionnaire dans sa participation au scrutin communal.
Si nous voyions – si nous avions jamais pu voir – dans les municipalités des instruments de réforme ou de transformation sociale, il est certain que l’écart considérable entre les voix ouvrières et les voix bourgeoises devrait être inscrit à notre passif. Mais le Parti ouvrier n’est jamais tombé dans une pareille erreur.
Il sait que la solution de la question sociale, qui est tout entière dans la suppression du salariat, dans la propriété et la production sociales substituées à la propriété et à la production capitalistes, n’est pas du ressort des communes – surtout des communes aujourd’hui administrées par le pouvoir central, ou l’État, qui leur mesure non seulement la liberté mais l’existence.
Et il ne considère, il ne peut considérer la lutte politique engagée sur le terrain municipal, comme la lutte engagée sur le terrain de la grève, que comme un moyen de recruter des soldats, de constituer, de discipliner et d’aguerrir l’armée de la Révolution.
Dans ces conditions, du moment – qu’on me passe l’expression – où le mât de cocagne municipal est convaincu de ne mener à rien, peu importe que l’on décroche ou non une timbale nécessairement vide.
La seule chose dont nous ayons à nous occuper, c’est de l’esprit qui anime les combattants.
Est-ce bien l’expropriation de la bourgeoisie qu’ils poursuivent? Est-ce sur le prolétariat organisé en parti de classe quils comptent pour accomplir cette œuvre de salut non seulement ouvrier, mais humain? Est-ce un cri de guerre de guerre sociale qui a été poussé en allant aux urnes? Alors tout est bien.
Ainsi comprise et pratiquée, l’action électorale municipale est le commencement de la fin. Quel que soit le résultat numérique, elle porte ses fruits en elle-même. Nous avons passé la revue de notre armée; et viennent les événements, le bataillon sacré qui sest affirmé à coups de bulletins nous garantit la possession des grands centres ouvriers, Roubaix, Reims, Roanne, etc., qui auront à constituer la dictature révolutionnaire du prolétariat.
C’est dans ce sens – et avec cette conviction – que nous saluons les vaillantes minorités ouvrières qui dans plus de cinquante villes ont répondu présent à l’appel du Parti.
Grâce à elles, notre front de bataille vient d’être largement étendu. Le drapeau a été planté autour duquel se rallieront nécessairement, au fur et à mesure des déceptions qui les attendent, les travailleurs hésitants ou trompés par la phraséologie radicale.
Dans l’enclos municipal stérilisé à l’avance, il ne s’agit pas de vaincre, je le répète, la victoire devant laisser les prolétaires aussi prolétaires que devant. Il s’agit en groupant les hommes, et en affirmant la classe, son but expropriateur et son moyen révolutionnaire, de préparer la victoire, c’est-à-dire l’avènement au pouvoir du quatrième état ou prolétariat.



samedi 2 novembre 2019

Projet de fusion PSA - Fiat Chrysler : le Monopoly continue


Les seuls qui sont en doublon, ce sont les actionnaires



Les deux groupes ont annoncé officiellement qu’un projet de fusion était en discussion. Ce jeu de Monopoly pour capitalistes s’accompagne en général de plans de suppressions d'emplois car les patrons y voient une occasion de faire des économies d’échelle. « Il y aura des postes en doublon », entend-on déjà dire. Au ministère des Finances, on se déclare préoccupé par la défense de l’emploi... Les travailleurs de Ford, de Conforama, de General Electric à Belfort ont pu vérifier ce que valaient ces promesses de politiciens !
Il n’y a rien qui justifie qu’on prive des travailleurs de leur gagne-pain, en France, comme en Italie ou ailleurs. Les seuls qui sont de trop, ce sont les actionnaires de PSA et de Fiat Chrysler qui font doublon et s’enrichissent en parasite sur le dos des travailleurs !

Fusion PSA-Fiat Chrysler, Jean-Pierre Mercier sur Franceinfo avant-hier

BNP Paribas : supprimer les emplois pour augmenter leurs profits


Leur logique et la nôtre



BNP Paribas, première banque française, a annoncé des résultats en hausse au troisième trimestre et, pour l’année 2019, elle table sur 1,9 milliard d’euros de bénéfice. Mais elle a annoncé en même temps près de 1 000 suppressions de postes.
La logique capitaliste est toujours la même : détruire les emplois pour augmenter les profits. C’est une logique inverse qu’il faudra imposer dans l’intérêt de la collectivité : prendre sur les profits pour maintenir les emplois !

Argenteuil, les poubelles et Halloween (suite et fin)


Ni faire ni à faire, et en plus tellement hypocrite

 
En toute logique, une journée de congé supplémentaire n'aurait pas été de trop

C’est vrai nous insistons, au risque de paraître un peu lourd. Mais cet arrêté d’Halloween enjoignant de ne pas sortir les poubelles durant la nuit d’avant-hier à hier…
         Car si au moins les travailleurs d’Azur, ce syndicat intercommunal dont la municipalité d’Argenteuil est membre, avaient pu bénéficier, ils le méritent bien, d’un congé supplémentaire à l’occasion du férié d’hier ! Mais non, les nombreuses poubelles ont été ramassées hier matin. Et l’on imagine que l’ordre leur avait été donné de ne les ramasser qu’après six heures du matin. Non ?
         Si l’on est logique dans toute cette histoire qui ne l’est pas, les Argenteuillais devaient se lever avant six heures en ce jour férié pour sortir leurs poubelles ?
         C’est ce qu’a fait le maire d’Argenteuil pour donner l’exemple de son esprit civique ?
         Mais finalement, sort-il habituellement les poubelles ?
         Une nouvelle fois, l’illustration ci-dessous s’impose.



Argenteuil, les arbres, hier… et aujourd’hui


Il n’y a rien de nouveau sous le soleil



Dans la dernière « lettre de Monet » éditée par la société historique du Vieil Argenteuil, j’ai trouvé un passage qui immédiatement m’a évoqué le square Jean Vilar, avec ses veilles essences remarquables, qui serait emporté si jamais le projet « Cap Héloïse » se réalisait. Que l’on me permette de citer un extrait de cette lettre :
         « … En plantant ces arbres (il s’agit d’ormes. DM), nous ne pouvions espérer de les voir à l’état prospère où ils sont parvenus. Nos doutes à cet égard étaient d’autant plus fondés, que des vingt-trois membres du conseil qui ont voté cette plantation, trois seulement d’entre eux… ont survécu.
         Je vous le dirai franchement, mes chers concitoyens, j’étais heureux de pouvoir, après trente-cinq ans, contempler la beauté de ces boulevards, à la création desquels j’ai pris une si grande part, de ces boulevards qui, par la beauté des arbres, embellissaient notre commune, et procurait non seulement une promenade agréable aux habitants mais encore un certain revenu…
         Vous apprécierez la peine que j’ai pu éprouver à ces derniers moments de ma vie, en apprenant la destruction déjà faite d’une grande partie de cette œuvre, dont je me faisais gloire et bonheur, et cela sans aucune espèce de motif avouable…
         Par quelle fatalité donc M. … dont le devoir était de veiller à la conservation et à l’entretien de de cette sorte de monument public, qui faisait l’admiration des habitants et des étrangers, a-t-il pu, a-t-il osé, de son autorité privée, sans la participation du conseil municipal, ordonner une semblable destruction ?
         Peut-être qu’à l’apparition de cette note, M. le maire entreprendra de se disculper de cette faute monstrueuse. Mais quels que soient les moyens dont il est si habile à faire usage, ils échoueront contre l’évidence, contre la raison, contre le bon sens… En vain monsieur le maire allèguerait de la replantation en marronniers des boulevards où la destruction a été arrêtée ; ces marronniers dont l’avenir est plus qu’incertain, ne produiront en tout cas que de mauvais bois pour le chauffage comme pour l’industrie… »
         Certes ces mots ont été écrit en… 1851 et sont d’un ancien maire d’alors. Mais comme ils sont d’actualité, à un moment où la municipalité d’Argenteuil, le promoteur, et le préfet du Val d’Oise lui-même, affirment qu’il y a équivalence entre la destruction d’arbres plus que centenaires et les centaines de jeunes pousses que ces gens-là affirment vouloir planter dans ce qui ne sera que des jardinières. DM