vendredi 23 août 2019

Retraites : mettre à la poubelle cette nouvelle attaque anti-ouvrière


Il paraît que Macron marche sur des œufs avant la rentrée, en cette nouvelle période électorale avec les élections municipales qui se profilent. Il parle ainsi d’une « concertation » au préalable. Mais il entend bien poursuivre ses attaques contre le monde du travail. Parmi elles, la réforme des Retraites qui vise tous les travailleurs.
         Le 24 septembre, la CGT a prévu une première journée d’action.
Voilà ce que nous écrivions sur le sujet, le 24 juillet dernier, dans notre Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise.

Retraites : une réforme qui ne mérite que la poubelle

Rendu prudent par le mouvement des gilets jaunes, dans lequel se sont engagés de nombreux retraités révoltés par le niveau de leur pension, Macron a repoussé à 2020 l’examen du projet de réforme des retraites. Il promet des mois de débat et de concertation à partir des propositions de Delevoye. Sans doute espère-t-il faire passer la pilule en la diluant.
Comme à chaque fois, le gouvernement justifie sa réforme par le fait qu’il faut financer de plus en plus de retraités avec de moins en moins d’actifs. Pourtant, la productivité du travail a augmenté et chaque actif crée plus de richesses. Mais, dans cette économie en crise, la part des travailleurs est sans cesse rognée afin d’augmenter les profits des capitalistes.
La réforme fera donc les poches de tous les travailleurs. Au nom de la justice, elle entend supprimer les 42 régimes spéciaux dont bénéficient encore certaines catégories, notamment dans la fonction publique. La « justice » à la sauce gouvernementale, c’est voler tous les travailleurs et leur imposer une même régression.
En remplaçant le calcul sur les 25 meilleures années ou les six derniers mois par des points accumulés tout au long de la vie professionnelle, ce projet frappe en particulier les plus précaires, contraints aux temps partiels, à l’intérim entrecoupé de chômage et aux salaires a minima. Il leur faudrait accepter des pensions encore plus basses, à cause du peu de points accumulés.
Les travailleuses, auxiliaires de vie, employées du ménage ou de la grande distribution, premières concernées par le temps partiel imposé et les interruptions pour raisons familiales, seront les premières victimes de ce que Macron ose qualifier de projet « plus juste et plus simple ».
La valeur des points, elle, pourrait évoluer en fonction de la situation économique et démographique, autant dire selon le bon vouloir du gouvernement et du grand patronat. Et, pour couronner le tout d’une couche d’hypocrisie, la réforme recule l’âge de départ tout en prétendant ne pas y toucher. Car partir à 62 ans signifiera accepter une pension amputée de 10 % !
La réforme envisagée par Macron poursuit et aggrave les politiques précédentes. En 1993, Balladur faisait passer de 37,5 à 40 le nombre d’annuités nécessaires et, en 2010, le gouvernement Sarkozy repoussait l’âge légal de départ à 62 ans. Quant à la gauche, indignée quand elle était dans l’opposition, elle s’est bien gardée, une fois au gouvernement, de remettre en cause ces réformes successives exigées par le grand patronat.
Avec cette réforme, les capitalistes pourront user au travail plus longtemps les travailleurs qu’ils jugeront utiles de garder. Quant à tous ceux qui se retrouvent sans emploi, au gré des licenciements, à 50, 55 ou 60 ans, c’est en tant que chômeurs, et bien souvent en tant que chômeurs en fin de droits, qu’ils arriveront à l’âge de la retraite, avec une pension de misère à la clé.
Delevoye prétend que son système à points « offre la possibilité à chacun de choisir son départ », en sortant du cadre collectif basé sur le nombre de trimestres cotisés et d’annuités travaillées. Si son projet de réforme individualise effectivement encore plus le système des retraites, il faut avoir les lunettes déformantes des valets des possédants pour y voir une liberté pour les travailleurs.
Toute la vie des travailleurs est prisonnière des contraintes imposées par l’exploitation : l’emploi qu’on trouve, le salaire qu’on obtient, les horaires et les cadences, l’endroit où l’on vit. La retraite n’y fait pas exception. Le grand patronat et le monde politique à son service aimeraient faire des travailleurs des individus confrontés à des choix personnels.
L’intérêt de toute la classe ouvrière est à l’opposé. Son travail fait tourner toute la société, de la production aux transports, de la construction aux échanges en passant par les soins aux malades et à l’éducation de la jeunesse. C’est cette place dans l’économie, au cœur de la production, qui fait sa force.
Salaires, emplois, retraites : les capitalistes mènent la guerre sur tous les fronts. C’est collectivement, en tant que classe sociale aux intérêts communs, que nous devons stopper cette descente vers l’abîme !
Des journées de mobilisation sont annoncées à la rentrée, dont celle de la CGT le 24 septembre. Ce sont des occasions à saisir pour commencer la mobilisation contre cette nouvelle attaque.
                                  Éditorial des bulletins d’entreprise du 22 juillet 2019


Industrie pharmaceutique, diabète : quand le profit n’est plus intéressé à fabriquer un produit pourtant extrêmement nécessaire pour les malades


Diabète : Medtronic se sucre


L’entreprise Medtronic, multinationale américaine géante de la technologie médicale, vient d’annoncer pour 2020 l’arrêt de la production des pompes à insuline implantées dans l’abdomen, dont elle détient le brevet.
La plupart des diabétiques utilisent des stylos à insuline ou des pompes à insuline externes, pour s’injecter l’insuline que leur pancréas ne fabrique plus. Mais d’autres, très peu nombreux, ont besoin d’une pompe implantée car, chez eux, l’administration d’insuline à travers la peau (stylo ou pompe externe) se fait de façon trop variable. Ils sont aujourd’hui 400 diabétiques dans le monde, dont 250 en France, qui utilisent la pompe Medtronic. Elle seule leur permet de mener une vie normale, en équilibrant leur taux de sucre et en limitant des complications et des hospitalisations fréquentes. Ces malades, dont les pompes actuelles ont une durée de vie de six à huit ans, sont donc extrêmement inquiets.
Mais ce n’est pas le cas de Medtronic, qui ne s’inquiète que pour ses profits. Cette pompe a beau être vendue à 35 000 euros, avec 400 patients, le marché est trop petit pour assurer une rentabilité jugée suffisante pour cette entreprise au chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars.
                            Frédéric GESROL (Lutte ouvrière n°2664)



Amiante, Total, Plate-forme chimique de Saint-Avold (Moselle) : la faute inexcusable de Total


15 années de procédure



La société Total Petrochemicals vient d’être condamnée pour faute inexcusable de l’employeur à l’encontre d’un salarié décédé d’un lymphome. Sa famille pourra toucher une indemnisation.
Il a fallu pas moins de cinq années à l’Association de défense des victimes de l’amiante et autres maladies professionnelles pour obtenir ce jugement. Auparavant dix ans de procédures et d’expertises avaient été nécessaires pour faire reconnaître comme maladie professionnelle le cancer du lymphome non hodgkinien…
Total a pu tranquillement accumuler des profits en empoisonnant ses salariés avant d’être enfin rattrapé par une justice décidément bien lente lorsqu’il s’agit de défendre les travailleurs.

SNCF, réseau ferré : réduction d’effectifs, dangerosité accrue


Derrière ce désastre, la profitabilité de la SNCF



Suite au récent rapport de l’Établissement public de sécurité ferroviaire pointant l’ampleur des manquements de la SNCF dans la maintenance du réseau ferré, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a souligné que c’était la « conséquence de décennies de sous-investissement » et de politique « tout TGV ».
Or elle a été directrice de la stratégie à la SNCF au début des années 2000 avant d’être directrice des concessions du géant du BTP Eiffage, grand bénéficiaire des chantiers du TGV. Elle est donc bien placée pour connaitre les raisons de la situation et qui en est responsable.
Mais pas question pour elle de dire qu’il y a derrière tout ça une course à la profitabilité de la SNCF qui s’est traduite par une politique de réduction par dizaines de milliers des effectifs cheminots !

Argenteuil, Petite chronique des élections municipales de mars 2020 (2)


L’affirmation de la nécessité d’un parti défendant les intérêts politiques du monde du travail



Nous avons largement évoqué en souriant la multiplication des listes en gestation dont l’intitulé central se réfère à Argenteuil, pour l’occasion très courtisée. Des intitulés, à ce jour, tous plus « bateau », les uns que les autres.
         Pourtant derrière elles, il y a des membres de partis politiques bien identifiés. Mais sur ce terrain-là, motus et bouche cousue, rien n'apparaît et n'est surtout pas mis en avant.
         Pour des militants soucieux de l’utilité de leur parti, logiquement, les campagnes électorales devraient servir à promouvoir celui-ci. Apparemment, cette préoccupation est bien loin de celles de nos futurs candidats en quête de petite notabilité,  pour qui cette référence à leurs partis et mouvements semble plutôt un handicap.
         Lutte ouvrière sera bien sûr présente dans ces prochaines élections, comme nous le sommes depuis 1983. Nous ne savons pas encore l’intitulé que nos listes porteront à l’échelle du pays. Mais une chose est sûre, notre présence sera bien identifiée, celle de militants de Lutte ouvrière fiers de leur appartenance, et à travers celle-ci, fiers du combat pour reconstruire un véritable parti communiste révolutionnaire des travailleurs défendant les intérêts politiques du monde du travail, dont ces élections seront l’occasion de défendre l’utilité et d'affirmer la nécessité urgente. DM

jeudi 22 août 2019

Chômage : l’art de bidonner les statistiques


Chômage : l’art de bidonner les statistiques

Le gouvernement s’est congratulé d’une baisse, pourtant dérisoire, de 0,2 %, du chômage au second trimestre 2019, alors que l’économie ne cesse de ralentir. Mais, à vrai dire, le décompte officiel du nombre de chômeurs est davantage destiné à masquer la réalité qu’à l’éclairer.



Et suivant les organismes, Insee ou Pôle emploi, on trouve, pour la même catégorie de chômeurs, des écarts… d’un million.
Pôle emploi répertorie les chômeurs en cinq catégories, de A à E. Le chiffre total d’inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues, y compris territoires d’outre-mer, est actuellement de 6,55 millions.
Les statistiques répertorient en catégories D et E les demandeurs d’emploi en formation, en maladie, ou en contrat aidé.
Les catégories A, B, C représentent les personnes tenues de rechercher un emploi et regroupent actuellement 5,8 millions de personnes. Mais comme les catégories B et C regroupent des chômeurs ayant eu une activité réduite, seule la catégorie A, les chômeurs sans aucune activité, est prise en compte pour mesurer le chômage officiel. Cela représente 3,6 millions de personnes, du moins selon Pôle emploi.
Car, pour l’Insee, de nombreux demandeurs d’emploi classés en catégorie A par Pôle emploi ne sont pas considérés comme chômeurs. L’écart entre les deux courbes était de 350 000 en 2013, il est aujourd’hui de plus d’un million.
Ainsi l’enquête Insee refuse de retenir comme chômeurs, par exemple, des seniors qui, à l’approche de la retraite, ont des difficultés à trouver un emploi et dont « la motivation peut décliner ».
D’autre part, bon nombre de chômeurs, en particulier des jeunes, ne sont même pas inscrits à Pôle emploi et ne sont recensés par aucun organisme. Le mensuel Alternatives économiques relève que la prétendue baisse du chômage n’est pas du tout une amélioration de la situation de l’emploi. En fait, « la part de ceux en âge de travailler qui sont totalement sortis du marché du travail (ils n’ont pas d’emploi et n’en cherchent pas) a augmenté cette année ».
La réalité, vécue par chaque famille ouvrière de ce pays, est que le cancer du chômage ne cesse de progresser, alimenté par les suppressions d’emplois et les licenciements dans les entreprises publiques et privées.
Priver d’emploi des millions de travailleurs est une atteinte à leurs ressources, à leur dignité, et représente un gâchis pour l’ensemble de la société.
Il faut imposer à la classe capitaliste la répartition du travail entre tous, sans baisse de salaire, en prenant sur les profits.

                                  Christian BERNAC (Lutte ouvrière n°2664)

Police des frontières : arrestations arbitraires


Police des frontières : arrestations arbitraires

Trois touristes d’Amérique du Sud, deux Colombiennes et une Vénézuélienne, ont été arrêtées fin juillet à l’aéroport de Roissy, puis détenues à Paris et à Oissel dans la banlieue rouennaise.



Elles étaient en transit en France, l’une pour la Suisse où elle allait voir son fils hospitalisé, les deux autres pour Madrid, mais la Police des frontières les a arrêtées, car l’une n’avait pas d’attestation d’hébergement pour la Suisse et les deux autres pas assez d’argent sur elles, selon la police, et pas de réservation dans un hôtel de Roissy dans l’attente de leur correspondance.
Devant leur refus de rentrer dans leurs pays, la Police des frontières les a placées en détention, où elles sont restées 12 jours, bien que la justice ait jugé les mesures policières disproportionnées. Mais la préfecture de Seine-Saint-Denis a fait appel de cette décision de justice. Les trois touristes n’ont été finalement libérées qu’après une seconde décision de justice. Elles font aujourd’hui l’objet d’une procédure d’éloignement du territoire français et ne peuvent poursuivre leur voyage.
« Nous avons été traitées comme des criminelles », dénonce l’une d’elle. C’est le moins qu’on puisse dire de cette affaire honteuse, dans laquelle la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui a fait preuve d’un zèle à la limite de l’acharnement, est aujourd’hui aux abonnés absents.

                                Cédric DUVAL (Lutte ouvrière n°2664)

Casino : toujours plus… pour les profits


Il y a à Argenteuil un supermarché Casino dans le centre commercial de centre-ville Côté Seine. A son ouverture, il y était prévu 400 emplois, mais ce nombre n’a jamais été atteint, très loin de là. Ses salariés actuels sont directement concernés par les méandres de la politique du groupe Casino, qui de nouvelles méthodes de vente en restructurations du groupe vise uniquement au maintien des profits des actionnaires.



Casino : toujours plus… pour les profits

Ouvrir sept jours sur sept, c’est le rêve de tous les patrons des hypermarchés et autres grandes surfaces, mais la loi les oblige à fermer le dimanche après-midi.
Alors, pour la contourner, le Géant Casino de la Roseraie d’Angers a décidé de faire appel, à compter du dimanche 25 août après-midi, à du personnel d’entreprises extérieures et en obligeant les clients à n’utiliser que les caisses automatiques.
Pour un hypermarché, c’est une première en France. Mais Casino a déjà ouvert, à Paris et à Lyon, fin 2018, des magasins 7 j/7 et 24 h/24, toujours avec des caisses automatiques, en prétendant répondre ainsi aux « nouvelles habitudes des consommateurs ».
Mais pour le groupe Casino qui a été placé fin mai en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce suite à son incapacité à rembourser les intérêts d’une dette de près de trois milliards d’euros, c’est aussi et surtout la possibilité de faire plus de profits. Et, dans le même temps où Casino allonge les plages horaires, il ferme d’autres hypermarchés jugés pas assez rentables et lance un plan de sauvegarde, dans un groupe dont les effectifs ont diminué de près de 15 000 salariés en cinq ans en France, pour n’être plus que 77 000.
Pendant toutes ces années, ce sont ces salariés, en France et dans le monde, 220 000 au total, qui ont fait les profits du groupe, de ses créanciers, et la fortune de son principal actionnaire, Jean-Charles Naouri. C’est à ces profiteurs qu’il faudra présenter la note.

                          Cédric DUVAL (Lutte ouvrière n°2664)