jeudi 22 août 2019

Police des frontières : arrestations arbitraires


Police des frontières : arrestations arbitraires

Trois touristes d’Amérique du Sud, deux Colombiennes et une Vénézuélienne, ont été arrêtées fin juillet à l’aéroport de Roissy, puis détenues à Paris et à Oissel dans la banlieue rouennaise.



Elles étaient en transit en France, l’une pour la Suisse où elle allait voir son fils hospitalisé, les deux autres pour Madrid, mais la Police des frontières les a arrêtées, car l’une n’avait pas d’attestation d’hébergement pour la Suisse et les deux autres pas assez d’argent sur elles, selon la police, et pas de réservation dans un hôtel de Roissy dans l’attente de leur correspondance.
Devant leur refus de rentrer dans leurs pays, la Police des frontières les a placées en détention, où elles sont restées 12 jours, bien que la justice ait jugé les mesures policières disproportionnées. Mais la préfecture de Seine-Saint-Denis a fait appel de cette décision de justice. Les trois touristes n’ont été finalement libérées qu’après une seconde décision de justice. Elles font aujourd’hui l’objet d’une procédure d’éloignement du territoire français et ne peuvent poursuivre leur voyage.
« Nous avons été traitées comme des criminelles », dénonce l’une d’elle. C’est le moins qu’on puisse dire de cette affaire honteuse, dans laquelle la préfecture de Seine-Saint-Denis, qui a fait preuve d’un zèle à la limite de l’acharnement, est aujourd’hui aux abonnés absents.

                                Cédric DUVAL (Lutte ouvrière n°2664)

Casino : toujours plus… pour les profits


Il y a à Argenteuil un supermarché Casino dans le centre commercial de centre-ville Côté Seine. A son ouverture, il y était prévu 400 emplois, mais ce nombre n’a jamais été atteint, très loin de là. Ses salariés actuels sont directement concernés par les méandres de la politique du groupe Casino, qui de nouvelles méthodes de vente en restructurations du groupe vise uniquement au maintien des profits des actionnaires.



Casino : toujours plus… pour les profits

Ouvrir sept jours sur sept, c’est le rêve de tous les patrons des hypermarchés et autres grandes surfaces, mais la loi les oblige à fermer le dimanche après-midi.
Alors, pour la contourner, le Géant Casino de la Roseraie d’Angers a décidé de faire appel, à compter du dimanche 25 août après-midi, à du personnel d’entreprises extérieures et en obligeant les clients à n’utiliser que les caisses automatiques.
Pour un hypermarché, c’est une première en France. Mais Casino a déjà ouvert, à Paris et à Lyon, fin 2018, des magasins 7 j/7 et 24 h/24, toujours avec des caisses automatiques, en prétendant répondre ainsi aux « nouvelles habitudes des consommateurs ».
Mais pour le groupe Casino qui a été placé fin mai en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce suite à son incapacité à rembourser les intérêts d’une dette de près de trois milliards d’euros, c’est aussi et surtout la possibilité de faire plus de profits. Et, dans le même temps où Casino allonge les plages horaires, il ferme d’autres hypermarchés jugés pas assez rentables et lance un plan de sauvegarde, dans un groupe dont les effectifs ont diminué de près de 15 000 salariés en cinq ans en France, pour n’être plus que 77 000.
Pendant toutes ces années, ce sont ces salariés, en France et dans le monde, 220 000 au total, qui ont fait les profits du groupe, de ses créanciers, et la fortune de son principal actionnaire, Jean-Charles Naouri. C’est à ces profiteurs qu’il faudra présenter la note.

                          Cédric DUVAL (Lutte ouvrière n°2664)

Urgences, loin de faiblir, le mouvement se développe


Depuis le début de l’été, le nombre de services d’urgence en mouvement à l’échelle du pays a doublé. Il atteint actuellement près de 220 services concernés. Les actions continuent donc. Ci- dessous, une manifestation du personnel à Thionville (Moselle) ces jours derniers.

« Urgences en souffrance, services surmenés, hôpital en danger ! »



Une vue de la manifestation

Lundi 19 août, à l’appel de la CGT, un nouveau débrayage a eu lieu à l’hôpital Bel-Air de Thionville, et 120 personnes ont manifesté aux cris de « Urgences en souffrance, services surmenés, hôpital en danger ! » : il y avait des infirmiers, des aides-soignants, des personnels du SAMU, du SMUR, des manipulateurs radios, soutenus par des militants de la CGT et des gilets jaunes.
       Le personnel des urgences de Thionville dénonce les conditions de travail et des temps d’attente des patients qui peuvent dépasser dix heures, il demande l’embauche d’infirmiers, d’aides-soignants et de médecins pour assurer une prise en charge correcte des patients. Les problèmes de l’hôpital dépassent largement le cadre des urgences, d’autres services comme la gériatrie, la cardiologie et la neurologie manquent de personnel, les agents subissant surcharge de travail, changements de plannings, rappels sur les congés…
       Cela fait maintenant sept semaines que les urgences de Thionville sont mobilisées, et le succès de cette manifestation en plein mois d’août montre que le personnel ne baisse pas la garde. En l’absence de réponse de la part de la direction et du gouvernement, le mouvement continue.

Argenteuil Chronique des élections municipales de mars 2020 (1)


Bluffland

 
Le PCF était certes déjà stalinisé, mais ses municipalités eurent pendant longtemps bien des caractères de municipalités ouvrières. Ici, à Bezons dans les années 1930

Certes, la débauche de moyens communaux de propagande utilisés par la municipalité d'Argenteuil à son profit a de quoi beaucoup agacer. En particulier l’utilisation de l’espace public des trottoirs du haut de l’avenue Gabriel Péri avec ses panneaux vantant l’action municipale.
         Mais à y regarder de plus près, on peut parier que loin d’améliorer l’image de la municipalité, cette initiative risque fort d’être complètement contreproductive pour elle.
Fort de cette conviction, nous conseillons à tous les habitants qui s’intéressent à la vie de la Ville d’aller lire l’ensemble de ces panneaux. Car alors ils ne pourront que constater que le bilan décrit ne correspond absolument pas à la réalité qu'ils connaissent, mais plus à une bluette où les édiles actuels arrangent celle-ci à leur « sauce ».
         Nous ne nous lancerons certainement pas dans l’étude de l’ensemble. Il y aurait trop à dire, et la meilleure chose est que chacun se fasse une opinion sur place. Le constat pour eux sera édifiant.
         Cela dit, il s’agit d’un potpourri mêlant des inaugurations d’initiatives prises par la municipalité précédente, de décisions sans contenu, de réalisations ou d’activités soit qui coulent de source pour une municipalité, soit qui sont dérisoires, d’intentions sans contenu, de chiffres invérifiables, de mensonges, d'omissions, etc, à côté de résultats réels, car il eût été bien étonnant tout de même que la municipalité se soit tournée les pouces pendant toutes ces années. 
         Édifiant dans le détail, mais surtout sur la méthode. Mais à chacun de se donner les moyens de vérifier tout cela.
         Pour les militants révolutionnaires, seule la vérité compte, car elle est éducatrice de la conscience de la force qu’ils espèrent mobiliser pour changer la société, celle de l’énorme majorité de la population, le monde du travail.
         A la tête d’une municipalité, ils auraient à cœur de dire la vérité, d’informer sur la situation réelle, de mettre l’accent sur l’information, les difficultés et les obstacles rencontrés, parfois insurmontables au vu des différentes forces, surdéterminantes y compris au niveau local, celles du capital et de son État. Des données qui ne peuvent que limiter considérablement l'action des municipalités, quelles qu'elles soient. DM

mercredi 21 août 2019

Dividendes : les parasites font la fête


Et Macron prétend ne pas savoir où trouver l’argent…



Chômage, bas salaires, précarité… la situation de la classe ouvrière s’aggrave partout dans le monde. Et pourtant, malgré le ralentissement général de l’économie, la masse des profits distribués aux actionnaires, elle, explose au niveau mondial.
Au second trimestre 2019, ils ont ainsi empoché 513,8 milliards de dollars provenant de l’exploitation de ceux qui n’ont pour vivre que leur force de travail.
L’étude qui publie ces chiffres note que la France est « le plus gros payeur de dividendes en Europe ». Et Macron prétend ne pas savoir où trouver l’argent…

Migrants en Méditerranée : dénouement heureux mais une nouvelle leçon d'hypocrisie des gouvernements


Un dénouement au bout de 19 jours


Il aura fallu 19 jours pour qu'un procureur italien décide d'autoriser le capitaine du bateau Open Arms de pouvoir débarquer à Lampedusa les migrants qu’il a sauvés et qui étaient encore à son bord. L’Italie avait recueilli 27 mineurs, mais tous les gouvernements européens sauf l’Espagne, trop lointaine dit le capitaine vu l’urgence, n'étaient pas pressés de les accueillir.
Ce nouvel épisode en dit une nouvelle fois long sur les préoccupations de ces gouvernements qui se disent huma­nitaires, mais qui ne vont pas jusqu’à sauver la vie des migrants naufragés en Méditerranée.

Médicaments : une pénurie criminelle


Santé et profit, deux données fondamentalement incompatibles



En publiant une tribune dans la presse ce week-end, un groupe de professeurs de médecine renommés a relancé l’alerte contre les pénuries de médicaments. L’an passé, c’est plus de 860 ruptures d’approvisionnement qui avaient été recensées dans les hôpitaux français. Antibiotiques, anticancéreux, vaccins, etc., au-delà de leur coût très variable, ils sont absolument essentiels.
Or de grands laboratoires ont cessé de produire des médicaments qu’ils jugent non rentables. Ils ont délocalisé la production de certains principes actifs, parfois dans un seul site mondial, et ils refusent de constituer des stocks par souci d’économie.
Les malades en subissent les conséquences, parfois très lourdes. Une preuve de plus que santé et profit sont incompatibles.

Pérou, Arequipa, eau convoitée par un grand groupe minier du cuivre aux dépens des agriculteurs


Population et paysans ne se laissent pas faire



                                       Photo People Dispatch

Les touristes venant pour l’essentiel des grands pays riches ont été confronté ces dernières semaines lors de leurs périples au Pérou par la situation qui oppose depuis des années dans la région d’Arequipa, la population, et des paysans en particulier, aux projets d’un puissant groupe minier mexicain.
         Pour l’extraction du cuivre sur une concession de 18 ans de 33 000 hectares, ce dernier prévoit d’utiliser à son profit l’eau d’une rivière qui bénéficie à une agriculture locale, particulièrement florissante dans cette vallée, malgré l’aridité ambiante.
         Population et paysans s’opposent depuis des années à ce projet. Leur protestation a déjà fait, à l’occasion de manifestations passées, plusieurs victimes dans leurs rangs.
         Le Pérou est confronté à de grandes affaires de corruption dans lesquels les derniers présidents sont tous mêlés. Ce projet d’Arequipa n’échappe pas à ce sujet.
         Les manifestations ont repris de plus belle en juillet dernier, au moment de la grande saison touristique, avec blocage complet de la principale route conduisant à la ville.
         Le gouvernement péruvien a été contraint il y a peu de décider un moratoire de 120 jours sur le projet. Une nouvelle victoire pour les opposants.