jeudi 18 avril 2019

RN : Après le ravalement de la boutique, le changement de camelote


En bonne démagogue et comme une girouette

Pour forger son image de parti de gouvernement, rassurer les patrons petits et grands et tous ceux qui possèdent un peu de biens, le RN de Marine Le Pen, vient de revoir toutes ses positions sur l'Europe.
        Finie l'exigence de la sortie de l'euro que refuse le patronat et qui inquiète la petite bourgeoisie possédante. Plus question de quitter l'Union européenne ni même de supprimer la Commission européenne, qu'elle vilipendait pourtant. Alors que les lepénistes parlaient d'imposer une « préférence nationale » pour les commandes publiques, ils parlent maintenant « d'incitations fiscales » et de "réformer les institutions".  Bref, comme tous les autres partis bourgeois...
En bonne démagogue, Le Pen et ses amis font la girouette, le temps d'une élection.

Associations, édiles, des rapports ambigus


Ne pas être, ou être seulement avec ses moyens propres



Le réseau associatif est une forme essentielle de l’activité et de l’action collective dans la société. Il l’est particulièrement au niveau local.
         Mais s’il est facile de créer une association, il est bien plus difficile de la faire vivre et agir. Pour cela, seuls l’engagement militant et le dévouement le permettent, sous l’appellation quelque peu réductrice de « bénévolat ».
         L’indépendance de l’association est la condition fondamentale de son fonctionnement. Mais même lorsque, comme on le constate à Argenteuil, des associations qui font un énorme travail, en particulier dans le domaine de la culture, revendiquent cette indépendance, elles dépendent en particulier de la décision municipale de leur prêter, gracieusement ou pas, des locaux pour leurs évènements.
         Mais il y a des associations plus ou moins indépendantes qui dépendent directement des collectivités, en particulier de la collectivité locale communale, pour exister, par l’attribution de subventions, de locaux, mais aussi sur le plan de bien d’autres choses.
         En soi, il n’y a rien à y redire. La vie associative est de l’intérêt de la collectivité. Les membres sont des contribuables.
         Mais pour survivre, des associations arrivent à ne dépendre pour l’essentiel seulement de la pérennisation de subventions qui peuvent atteindre des sommes très importantes, ou de l’utilisation d’équipements, etc.
         C’est là où le clientélisme intervient, en tout cas sous une forme particulière, de la part des édiles.
         Les associations sont un facteur d’influence très important, au point que les partis sont à l’origine de nombreuses associations qui directement ou indirectement peuvent contribuer à leur rayonnement.
         Maîtres du subventionnement et intéressés « en proximité » par l’action des associations, les édiles ont le moyen de les influencer d’une toute autre façon. Pour résumer : si l’association est de leur côté, ou si elle est ou paraît être hors de leur camp, elle ne sera pas traitée de la même façon. Elle peut même être profondément maltraitée. D’un extrême à l’autre, de la bienveillance à la maltraitance, toute la palette peut se retrouver au niveau des rapports entre les associations et les édiles.
         Ce que nous évoquons d’un point de vue général ci-dessus peut s’illustrer localement, et Argenteuil a une histoire toute particulière dans ce domaine, comme des évènements récents l’ont montré une nouvelle fois.
         Nous parlions de maltraitance, il suffit de rappeler en la matière celle qu’a subie sous le maire précédent l’association Conjugue qui avait eu le malheur de déplaire à ce dernier, son directeur s’étant présenté à des élections face à lui. Il y eut également l’affaire de la vente du Temple protestant qu’une association voulait racheter alors que l’édile avait d’autres projets. Sa réaction fut claire et net : couper le subventionnement.
         Le maire actuel d’Argenteuil n’est pas en reste sur ce plan. En nous limitant malheureusement à une seule affaire de son ressort, nous rappellerons ici simplement les misères qu’il a opérées à l’encontre de la MJC d’Argenteuil dès son retour en 2014, en diminuant radicalement les subventions municipales et en réduisant considérablement ses locaux.
         Cela est révélateur des liens et de la loi que nombre d’édiles voudraient imposer au monde associatif. Une situation inadmissible.
         Ces associations jouent un rôle social majeur. Sans conditions, exprimées, virtuelles, ou d’autocensure, elles devraient bénéficier du soutien maximum de ceux qui sont justement censés s’intéresser à améliorer l’état de la société au niveau de leur commune.

(Demain : Lidl, le rétropédalage de la municipalité)

"Rouge, art et utopie au pays des Soviets " une exposition bien décevante


Une explosion artistique portée par la Révolution russe

 
Monument à la IIIème Internationale de Tatline (Wikipédia)

Une lectrice nous a transmis son appréciation de l’exposition « Rouge, art et utopie au pays des Soviets » qui s’est ouverte dernièrement au Grand palais et que nous avons vue également. Une appréciation que nous partageons largement. C’est donc bien volontiers que nous la publions aujourd’hui.

« "Rouge, art et utopie au pays des Soviets " au Grand Palais est une expo réactionnaire, voire négationniste : il n'y a pas eu de révolution russe, ni une avant-garde extraordinaire, mais "un coup d'état bolchevik "...  Pour l'avant-garde, elle se résume à une maquette de Tatline, une affiche de Maïakovski … ! En matière d'utopie, l'expo réduit le projet constructiviste à un banal utilitarisme.  Très peu de contextualisation POLITIQUE, pas d’analyse des étapes de la normalisation dans les différentes branches artistiques qui n'ont pas toutes été frappées en même temps. A l'étage s'étale en grands formats la célébration du Petit Père des Peuples. Iconographie du culte de la personnalité, on remplace mentalement la tête de Staline par celle de Poutine.
 Le commissaire de l’exposition, Nicolas LIUCCI-GOUTNIKOV déclare au Figaro (25/03/2019) : « L’exposition de Londres était celle du centenaire de la révolution d’octobre 1917 et se concentrait sur les chefs-d’œuvre des avant-gardes russes, de Kandinsky à Chagall et Malévitch. J’ai voulu dépasser cette stricte période et montrer les formes artistiques très particulières qu’a engendrées le projet communiste. »
Et de présenter « le réalisme socialiste » comme un choix libre (?) d’une nouvelle esthétique diamétralement opposée à celle de l’avant-garde, sans rapport avec l’élimination des révolutionnaires de 1917 par Staline ! Ainsi cette expo CACHE, OCCULTE, DISSIMULE que l'imposition du réalisme socialiste s'est faite sur la persécution, et même sur l'élimination PHYSIQUE des artistes d'avant-garde dès la fin des années vingt. 
Ce n’est pas la première fois qu’une exposition sur un courant artistique est présentée en dehors de tout contexte historique et de toute référence à la lutte de classes, ce fut le cas de l’exposition sur le surréalisme à Beaubourg (2013/2014), les surréalistes y étaient montrés comme d’inventifs bricoleurs s’amusant, hors du temps historique. C’était entre 1917 et 1933, et les discussions étaient vives autour des positions de Trotsky ! »

mercredi 17 avril 2019

Notre-Dame de Paris et l’unité nationale


Monument millénaire, oui ! Union nationale, non !








L'incendie de Notre-Dame, monument millénaire et bijou architectural, suscite une émotion légitime.
Mais cette émotion a été immédiatement instrumentalisée afin de créer une unité nationale et nous faire serrer les rangs. De Le Pen à Mélenchon, ces dirigeants politiques déplorent avec les mêmes mots la destruction d'un « symbole de la France ». Mélenchon réclame une trêve des élections. Macron faute de mieux, se pose en reconstructeur de l'édifice... pour les décennies à venir. Le milliardaire Pinault annonce un chèque d'au moins 100 millions d'euros. Ce qui n'écornera guère sa fortune.
Les travailleurs et la population laborieuse n'ont rien de commun avec toutes ces génuflexions de circonstances, et avec ceux qui voudraient que tout le monde communie autour d'un même drapeau tricolore. N'oublions pas que leurs ancêtres politiques n'ont pas hésité à mettre Paris à feu et à sang, pour écraser la Commune en 1871.

Hôpitaux, urgences et autres services : la catastrophe


Il y a urgence à arrêter le massacre


Plusieurs services d'urgences des hôpitaux publics parisiens (AP-HP) sont en grève depuis lundi 15 avril. Le personnel des urgences n'en peut plus. Il y a de quoi : la fréquentation des urgences a bondi, du fait du manque de généralistes en ville, du fait aussi de la précarité sociale qui explose.
Mais le gouvernement continue de supprimer des postes de titulaires et des centaines de lits, aux urgences comme dans les autres services.
En plus d'une prime de pénibilité de 300 euros, les grévistes réclament des postes supplémentaires, la titularisation des CDD. Il y a urgence à leur donner satisfaction !

La mobilisation pour le maintien des services de l'hôpital de Beaumont visés par l’ARS

Amiante, goudron, benzène, poussières de bois… explosion du nombre de cancers





Selon une étude de l’Assurance maladie, avec près de 2 000 cas par an, le nombre de cancers professionnels reconnus a plus que triplé en 20 ans. Et ce nombre est sous-évalué d’après l’étude elle-même, car bien des cancers liés au travail ne sont pas reconnus comme tels
Ils sont dus dans 80 % des cas à l’exposition à l’amiante, mais de plus en plus, d’autres produits comme le benzène, les goudrons, les poussières de bois déclenchent ces maladies.
Dans bien des cas, les travailleurs doivent se battre pour se faire reconnaître en maladie professionnelle, comme pour les victimes de l’amiante dont la lutte contre l’État et les patrons dure depuis des dizaines d’années et doit encore se poursuivre.

La Réunion : Migrants Sri-Lankais : toujours rejetés


Résultat pourtant du chaos planétaire

 
Bon... pour les touristes (Bernard Gagnon — Travail personnel, CC BY-SA wikimedia.org)

Vendredi dernier un nouveau bateau de migrants venant du Sri-Lanka, avec à son bord 120 personnes environ dont 16 femmes et 13 enfants, a accosté à Sainte-Rose.
C’est la sixième embarcation qui arrive sur l’île depuis mars 2018.
Une fois arrivés sur les côtes françaises de l’Océan Indien, tous subissent le même sort : mise en centre de rétention avant leur passage en justice et leur expulsion de La Réunion.
Les autorités ne veulent pas de migrants qui fuient la misère, la répression ethnique et politique.
Les pays impérialistes dont la France sèment la guerre et le chaos sur la planète mais ne veulent pas que leurs victimes viennent frapper à leur porte.

Argenteuil : Élections municipales bientôt de retour


Le fléau du « clientélisme »

 
Pour certains, une mairie vaut bien quelque manque de principes

Les prochaines élections municipales sont maintenant dans moins d’un an, mais les écuries électorales sont déjà en action, certaines depuis des mois. C’est dans ce cadre que l’agitation pour remobiliser des anciennes ou des nouvelles clientèles est en marche, avec éventuellement des cartes rebattues entre les différents camps, si l’opportunité s’en présente. Les contacts se nouent, se dénouent, se renouent.
         On doute que de quelconques convictions soient la plupart du temps à l’origine de cette nouvelle floraison d’activité "militante".
         Le fait de rejoindre des écuries électorales à la veille d’élections avec l’espoir d’en obtenir un poste de petit notable ou au moins d’en tirer un petit avantage matériel, emploi, poste, logement, n’est ni une nouveauté, ni propre à Argenteuil, et ce phénomène existe à tous les étages des collectivités locales et des écuries gouvernementales.
         Mais ce clientélisme est aux antipodes de l’engagement militant. En revanche, il pourrit la vie politique, et il est un élément délétère qui n’aide pas à la conscience et à l’union du monde du travail.
         Les plus à blâmer ne sont pas les individus qui pensent que c’est comme cela que l’on améliore sa situation et que l’on avance dans la vie. Les plus coupables sont ceux qui utilisent ces méthodes pour leur misérable et dérisoire carrière politique.
         Le pourrissement de la société se traduit aussi sans doute pas une hausse du clientélisme parallèle à celle de l’individualisme qui ronge la société.
         Il est certes au cœur de la société bourgeoise depuis toujours. Mais, pour ce qui est en premier lieu du PS qui, il y a bien longtemps, fut un parti révolutionnaire, s’être fourvoyé dans l’électoralisme et son pendant, le clientélisme, a largement accompagné sinon contribué à sa dégénérescence.

(Demain, écuries électorales et associations)