samedi 16 février 2019

Argenteuil, Salon du Livre et des Lecteurs organisé par l’association « Sous les couvertures »


Un évènement exceptionnel



L’Association Sous les couvertures, dont je suis un des membres parmi bien d’autres, tous d’avis et de sensibilités bien différents, mène un travail d’éducation populaire à Argenteuil remarquable. Demain a lieu son 7ème Salon du Livre et des Lecteurs à la salle des fêtes communale Jean Vilar, près du marché Héloîse. C’est demain, de 10 heures à 19 heures. L’entrée est libre. Voilà le programme de cet évènement culturel et fraternel… en somme exceptionnel.

http://souslescouvertures.org/

vendredi 15 février 2019

Benalla : une affaire pourrie comme le système. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine. Soutenez la presse révolutionnaire en l’achetant, à nos militants, lors des ventes publiques, en kiosque (A Argenteuil à la librairie du « Presse-papier »)


Benalla : une affaire pourrie comme le système

Dimanche 10 février sur France Inter, le ministre de l’Intérieur, Castaner, a déclaré à propos des derniers rebondissements du feuilleton Benalla : « Ce n’est pas une affaire d’État, c’est l’affaire d’un bonhomme qui a fait n’importe quoi et continue à faire n’importe quoi. » Le gouvernement aimerait bien circonscrire l’incendie en présentant Benalla comme une brebis galeuse.

Mais ce n’est pas si simple, avec les derniers enregistrements sonores de la rencontre entre Benalla et Vincent Crase, les deux faux flics du 1er mai. Diffusés par Médiapart, ils ont eu l’effet d’une grenade de désencerclement qui a atteint la commissaire divisionnaire chargée de la protection du Premier ministre. Elle a été obligée de démissionner, ainsi que son compagnon, un sous-officier présenté comme membre des forces spéciales, et Ismaël Émelien, qui a annoncé qu’il prenait sa retraite de conseiller spécial de l’Élysée, officiellement parce qu’il sort un livre.

On entend dans ces enregistrements Benalla demander à Crase s’il a bien effacé les sms évoquant le contrat passé par leur société de sécurité avec un oligarque russe, de réputation mafieuse – ce qui est un pléonasme –, contrat mis en chantier quand Benalla occupait encore sa place à l’Élysée. Le parquet national financier ouvre donc une enquête préliminaire pour corruption, d’autant que, devant la commission du Sénat, Benalla avait affirmé ne pas connaître le milliardaire russe.

L’ensemble des enregistrements sent le soufre, car ils mêlent tout ce petit monde à un niveau ou à un autre de proximité, voire de complicité, sans oublier Emmanuel Macron, dont Benalla se vante auprès de Crase d’avoir reçu des sms de soutien après son limogeage officiel de l’Élysée.

De révélation en révélation, l’affaire Benalla devient tentaculaire et jette une lumière crue sur le fonctionnement de l’État et du personnel qui le compose, en particulier dans les services liés à la sécurité ou à l’armée. Ce n’est évidemment ni une révélation ni une surprise.

Pour la galerie, pour le bon peuple, les gouvernants parlent de République, de démocratie, d’une police et d’une armée qui veillent à la sécurité et aux libertés en toute transparence. Mais au fond, les affaires Benalla, puisque désormais on ne sait plus très bien combien il y en a, rappellent que l’État entretient des bataillons de baroudeurs, d’aventuriers et d’hommes de main. Avec ou sans uniforme, officiels ou officieux, ils sont à l’image de la classe bourgeoise qu’ils défendent : sans scrupules ni états d’âme. Alors, Benalla est peut-être une pomme pourrie, mais la sève qui l’a nourri était déjà bien empoisonnée.

                                                  Boris SAVIN (Lutte ouvrière n°2637)

Taxe carbone : le retour


À qui veulent-ils faire avaler ça ?



Des députés de la majorité, viennent de signer une tribune parue dans la presse et réclamant... le retour de la taxe carbone ! On ne peut pas dire qu’ils aient un sens de l’à-propos surdéveloppé ! Ils affirment que cette taxe n’aurait rien à voir avec celle qui fut la goutte d’eau de trop, à l’origine du mouvement des gilets jaunes. Cette nouvelle version permettrait, selon eux, de reverser l’argent de la taxe aux plus modestes qui pourraient ainsi changer de voiture.
À qui veulent-ils faire avaler ça ? On ne compte plus les taxes qui sont censées améliorer la vie des plus modestes et qui se retrouvent au final... dans la poche du grand patronat, par un biais ou par un autre. Alors à lui de les payer !
Devant l’inopportunité d’une telle proposition, plus prudent, Macron s’en est démarqué. Mais l’attitude de ses députés-grouillots montre qu’ils sont démangés par l’envie de remettre en question les faibles engagements de leur patron.

Haïti : l’explosion sociale. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Haïti : l’explosion sociale

Depuis le 7 février, des manifestations se succèdent en Haïti. Elles avaient commencé avec la journée de protestation organisée par l’opposition pour réclamer la démission du président, Jovenel Moïse, à l’occasion de ses deux ans au pouvoir.

Même si ceux qui sont à l’origine de la manifestation sont les interlocuteurs habituels du gouvernement, sénateurs ou anciens sénateurs, anciens ou futurs ministres, le mouvement de colère qui s’y est exprimé lui donne une tout autre ampleur. Les jours suivants, les manifestations se sont multipliées, touchant les villes principales, se transformant en véritables émeutes, avec des revendications sociales. Des barricades dans les rues, des blocages routiers paralysent le pays, une grande partie des écoles, des commerces et des administrations ont été fermés.

La police a tiré, tuant au moins six personnes. Des scènes de pillage se sont déroulées, car les manifestations sont aussi des émeutes de la faim. Un petit commerçant dont le stock de boissons a été pillé en témoignait au micro de RFI : « C’est pas leur faute, c’est parce qu’ils ont faim. Ce qu’ils ont pris, ils l’ont bu ou vont le vendre et avoir de quoi un peu soulager leur famille. Je n’ai rien contre eux, c’est parce qu’on n’a pas de bons dirigeants. Si tout le monde avait du travail, ça n’arriverait pas. C’est à cause de ce président de mascarade que toutes ces dérives se produisent en Haïti. »

La première revendication des classes pauvres en Haïti est de manger à sa faim. Parmi les 11 millions d’habitants, 59 % vivent sous le seuil de pauvreté, soit 2,41 dollars par jour. Plus de 2,5 millions, soit 24 % des Haïtiens, sont sous le seuil de l’extrême pauvreté fixé à 1,23 dollar par jour.

Les preuves de la corruption de ceux qui dirigent, ministres ou grands patrons, n’ont fait qu’ajouter à la colère. La Cour supérieure des comptes a rendu le 31 janvier son rapport sur la gestion du fonds Petrocaribe, créé avec les 3,8 milliards de dollars prêtés par le Venezuela en 2008 pour financer des projets sociaux. Le rapport est accablant : gestion incontrôlée et opaque, manquements en tout genre, soupçons de fraude, favoritisme, contrats sans aucun détail et sans échéancier. Des projets ont vu leurs budgets doublés ou triplés. Les justificatifs sont manquants, et les violations des lois sur la passation des marchés publics quasi systématiques.

Une quinzaine d’anciens ministres, de tous les gouvernements de cette période, sont épinglés. De nombreux grands patrons le sont également, en particulier l’actuel président Jovenel Moïse, qui dirigeait à l’époque la société Agritans. Cette compagnie bananière avait été chargée de… construire une route. La Cour des comptes pointe l’absence de contrat signé et parle, sans doute ironiquement, de « confusion » de devises entre les gourdes haïtiennes et les dollars américains.

Pour les classes riches d’Haïti, ce vol organisé à grande échelle, sur le dos de l’immense majorité de la population, est depuis longtemps une manière de vivre, de très bien vivre.

Les institutions internationales se contentent de jouer les bons offices. Les Nations unies, l’Union européenne et les ambassades occidentales appellent au dialogue et à « prendre des mesures pour améliorer les conditions de vie de la population ».

Comme d’habitude, les incendiaires occidentaux se permettent de donner des bons conseils, tout en laissant se perpétuer le pillage en règle d’Haïti.

                                         Bertrand GORDES (Lutte ouvrière n°2637)

Macron, Georges Mothron, Argenteuil, et phrase totalement incongrue


Leur radicalisation… contre le monde du travail

 
Mars 2016

De nombreux habitants d’Argenteuil ont été choqués par une des phrases de l’interpellation du maire d’Argenteuil lors de sa rencontre lundi 4 février avec Macron pour défendre le maintien de l’entreprise Dassault à Argenteuil : « Comment pouvez-vous abandonner ce territoire si enclin à la radicalisation ? » 
         Qu’est-ce que cela avait à voir avec le sujet Dassault ? Et comme si cela correspondait à la réalité.
         Il y a près de trois ans, Georges Mothron polémiquant avec un membre de son parti déclarait : « « Argenteuil n’est pas Molenbeek ». Molenbeek, une commune de la banlieue de Bruxelles marquée par la présence de fondamentalistes religieux.
         Bien des éléments militent à Argenteuil pour qu’il n’en soit pas ainsi. D’où les réactions indignées sur les propos tenus lors de la soirée avec Macron, dans cette ville marquée par les deux rives de la Méditerranée. Réactions que nous partageons. DM

Gilets jaunes, la police, et le cinéma


Décors planté pour impressionner



Nous avons évoqué la mobilisation des forces de police hier à l’occasion de la manifestation initiée après la blessure très grave subie par un habitant d’Argenteuil à l’occasion de l’acte XIII des Gilets jaunes samedi dernier.
         Non seulement le dispositif policier était impressionnant, mais la mairie et son parc avaient été fermés dès 17 heures. En même temps, le fonctionnement des bus RATP et TVO était suspendu à la gare d’Argenteuil. Dans la journée, les commerçants de l’avenue Gabriel Péri avaient été invités à fermer leur étal en soirée….
         A partir de là, on peut imaginer ce qu’ont connu depuis novembre un certain nombre de centres villes ou de villes transformées en forts Chabrol à l’annonce de manifestations de Gilets jaunes ou de la présence de Macron dans leurs murs… toutes choses qui n’ont servi qu’à scandaliser un peu plus les habitants.

jeudi 14 février 2019

Gilets jaunes Argenteuil –manifestation pour Sébastien : une belle réussite


Gilets jaunes, militants ouvriers, le camp des travailleurs




Il est toujours bon de savoir où vont nos impôts. Nous avons pu en avoir une nouvelle fois une petite idée hier soir à l’occasion de la manifestation de solidarité avec Sébastien, un habitant d’Argenteuil blessé grièvement samedi dernier par l’explosion d’une grenade policière. Ils ne vont pas comme nous le savions déjà pour l’essentiel ni pour la santé de tous ni pour l’éducation, mais à la police pour laquelle l’Etat réserve des moyens de choix.
         Hier au soir, la présence policière était disproportionnée. Des dizaines et des dizaines de véhicules disséminés dans le centre de la Ville, sans doute plusieurs centaines de policiers en civil ou casqués, des motards en nombre, bref des moyens disproportionnés.
         En tout cas, une manifestation préparée rapidement qui a rassemblé au moins un demi-milliers de manifestants, ce qui est important pour un soir de semaine et à Argenteuil.
         Cette manifestation aura surtout donné l’occasion pour de nombreux participants d’une première jonction entre des militants ouvriers, de la CGT en particulier, des différentes tendances politiques de « gauche » et des « gilets jaunes » qui étaient présents en nombre significatif.



         Cela est de bonne augure. Ce que les gilets jaunes, même si c’est dans une grande diversité, dénoncent, c’est la situation faite aux classes populaires par un gouvernement tout attentif aux intérêts des riches mais dur avec les travailleurs en activité, les retraités, les chômeurs. Oui, cette première jonction à Argenteuil entre les uns et les autres en appelle bien d’autres.


Indécent


Parmi les manifestants, si si, il y avait l’ex-député Philippe Doucet PS du cru, le défenseur il y a peu de temps de la loi sur l’état d’urgence, du projet de « déchéance de la nationalité », de la loi El Khomry. Ce défenseur sans état d’âme d’un gouvernement qui lors de la mobilisation contre cette loi mit tous les obstacles pour rendre très difficile le fait de manifester, bloquant les rues, et allant même jusqu’à organiser le cirque du tour du bassin de l’Arsenal à Paris un jour de manifestation.

         Ce monsieur prêt à tout, à manifester, à lever le poing et à ânonner l’Internationale si cela peut lui être utile, fait partie de ces politiciens dont les travailleurs et les masses du monde du travail doivent sans cesse se remémorer les forfaits à leur égard.

Le statut Auto-Entrepreneurs : un recul imposé aux travailleurs


Un mirage



« Créez votre entreprise, devenez votre employeur » tel était le mirage proposé par Sarkozy et son gouvernement en 2009 aux travailleurs, aux chômeurs, à la recherche d’un emploi.
En quelques clics il était possible de créer sa micro entreprise, mais la crise est passée par là. Le patronat en a largement profité notamment Peugeot en utilisant ce système pour réduire ses effectifs à moindre cout, avec une prime concédée.
Une enquête de L’URSSAF franche comté révèle que neufs auto-entrepreneurs sur dix ont un revenu inferieur au SMIG et seulement 7% ont un revenu supérieur au SMIG. (1498.47 € brut)
Cette « nouvelle catégorie » dispersée, crée de toute pièce, sombre dans la précarité. Elle montre le recul général des conditions d’existence des travailleurs précaire et la guerre sociale que mène la bourgeoisie à la classe ouvrière.