lundi 4 février 2019

Editorial des bulletins Lutte ouvrière du dimanche 3 février 2019


La mascarade du grand débat et les intérêts des travailleurs



Pour que le « grand débat national » se substitue, dans les médias, au mouvement des gilets jaunes, Macron et ses ministres en font des tonnes. La mise en scène est soignée, avec des débats de plusieurs heures, où, en bras de chemise, ils écoutent patiemment et prennent des notes… Le tout, retransmis en direct à la télévision.
Le cinéma tourne parfois court, comme lors de cette réunion avec des maires d’outre-mer où Macron s’est exaspéré des trop nombreuses interventions de ceux qu’il appelle avec condescendance « les enfants »… Mais pour le pouvoir, ces petites contrariétés valent toujours mieux que la colère des gilets jaunes.
Cette colère populaire continue de s’exprimer, tous les samedis. Elle est alimentée par l’hypocrisie du gouvernement qui prétend redonner la parole au peuple mais qui limite de plus en plus le droit de manifester. Que ce soit en usant des violences policières pour mettre fin aux rassemblements ou avec sa loi prétendument anticasseurs, mais qui cible en réalité la liberté de manifester.
Pour mettre fin à la contestation, Macron aurait décidé de jeter un nouvel os à ronger : un référendum. Celui-ci viendrait conclure le grand débat et serait la preuve de la bonne foi du gouvernement : les citoyens auraient non seulement la parole mais aussi le pouvoir de décider. Après la mascarade du grand débat, le leurre du référendum !
Avec des questions multiples du genre : « Doit-on réduire le nombre de parlementaires ? », « Faut-il limiter le cumul des mandats dans le temps ? », Macron veut entretenir la fiction démocratique à bon compte puisque tous ces changements étaient prévus dans la prochaine réforme des institutions.
Peut-être pourra-t-il aussi introduire des questions touchant à la répartition des impôts. Tant qu’il s’agit de répartir les efforts au sein des classes populaires, Macron peut bien accepter quelques variations. 
Mais il y a une chose que Macron n’acceptera jamais et sur laquelle il ne demandera pas notre avis, c’est de faire payer la grande bourgeoisie. C’est tout le problème car la condition ouvrière ne peut progresser sans toucher aux profits et au pouvoir de cette classe.
Au nom de la compétitivité, toutes les entreprises suppriment les emplois, font pression sur les salaires, aggravent les cadences et la flexibilité. Et cela vaut aussi pour les services publics, pour la poste, les hôpitaux que l’État ne peut plus financer correctement parce qu’il consacre de plus en plus d’argent à soutenir le grand capital. Autrement dit, le monde du travail est écrasé par le rouleau compresseur du grand capital. Et ce n’est pas la révision des institutions qui changera cela !
Pour faire valoir leurs revendications, les travailleurs ont intérêt à compter sur leurs propres moyens d’expression et d’action.
Au 1er février, la grande distribution a augmenté les prix alimentaires de 6,3 % en moyenne au prétexte qu’ainsi, les agriculteurs seront mieux rémunérés. On peut douter que l’argent aille dans leur poche, toujours est-il qu’il faudra payer plus pour acheter du fromage ou du lait. Les sociétés autoroutières augmentent leur racket de 1,9 %. Et c’est sans compter la hausse des loyers et autres charges incompressibles que sont le gaz et l’électricité. Eh bien, puisque les prix augmentent, les salaires et les pensions doivent suivre !
Six millions de femmes et d’hommes n’ont même pas le droit de travailler pour gagner leur vie. Et les fermetures d’usines se poursuivent, y compris dans des firmes richissimes ! Il faut un emploi pour chacun. Et s’il n’y a pas assez d’emplois, il faut répartir le travail entre tous.
Mais pour imposer ces revendications, il faudra se battre. Et cela ne peut se faire que si les travailleurs des grandes entreprises se lancent dans le combat en faisant grève. Cela ne se décrète pas et n’est pas chose facile. Mais les travailleurs ne feront pas l’économie d’un tel combat.
Mardi 5 février, la CGT appelle à faire grève et à manifester. Cet appel arrive après la bataille, car quand le mouvement des gilets jaunes était à son pic, la CGT comme les autres confédérations syndicales refusaient de s’y associer.
Alors, sans être dupes, les travailleurs ne doivent pas baisser les bras. Ils doivent se saisir de cette journée du 5 février. En répondant présent, ils affirmeront leur conviction que seule la grève peut toucher le grand capital en plein cœur et le faire reculer.

Josette AUDIN, elle vient de nous quitter


Une grande dame



Josette AUDIN vient de nous quitter ce samedi à l’âge de 87 ans.
Elle aura eu la satisfaction morale d’entendre il y a quelques mois Macron admettre la responsabilité de l’Etat et de l’armée française dans l’assassinat de son mari, Maurice AUDIN, membre du Parti Communiste Algérien, militant anticolonialiste, partisan de l’indépendance algérienne, mort à 25 ans.
         Chacun peut imaginer très bien que la vie de Josette AUDIN s’est largement arrêtée en ce mois de juin 1957 quand le 11 juin, Maurice, son époux, qu’elle ne reverra pas, est arrêté par les parachutistes.
         Mais élevant ses trois enfants, Josette AUDIN ne cessera jamais son combat pour la vérité sur la mort de Maurice.
         Dans les années 1980, j’avais fait la connaissance de Louis, le deuxième de leurs trois enfants, décédé il y a quelques années, et qui était alors instituteur spécialisé à Argenteuil. Ce n’est que plus tard que je fis le rapprochement avec cette « affaire AUDIN » que je découvris en m’intéressant de plus près à la guerre d’Algérie.
         J’appris alors que la famille AUDIN était revenue d’Algérie à la suite du coup d’État de Boumediene de juin 1965, qu’elle s’était installée à Argenteuil, sur la « dalle » du Val-Nord, et que Josette AUDIN avait enseigné les mathématiques jusqu’à sa retraite au lycée Romain Rolland.
          Lorsque celui-ci fut reconstruit, il me parut évident qu’il devait être dédié à la famille AUDIN. Je le proposai au maire d’Argenteuil d’alors, Philippe Doucet, la municipalité ayant voie au chapitre à propos de cette dédicace.
         La direction du lycée Romain Rolland et la majorité du corps enseignant refusa cette proposition. Il ne fallait pas « stigmatiser les élèves de ce lycée » ! Un autre nom fut choisi pour le lycée reconstruit. Mais les choses étant ainsi, Philippe Doucet proposa d’appeler Maurice AUDIN le parc du Val-Nord qui inclut aujourd’hui non seulement des équipements sportifs, la halle des sports Roger OUVRARD, mais aussi le nouveau lycée et le collège Lucie Aubrac.
         Pour ma part, cette dédicace fut une grande satisfaction personnelle, ainsi que le fait d’avoir rédigé le texte de la stèle qui figure à l’entrée du parc près de la gare du Val.
         De mon contact direct à cette occasion avec Josette AUDIN, je garde à son égard une grande affection, pour son courage, pour son combat auquel il faut lier le nom de Pierre VIDAL-NAQUET, pour son obstination indestructible de toute une vie. Oui, salut et fraternité.

                                                                        Dominique MARIETTE

Hôpitaux : partout le droit à la santé pour tous mis de plus en plus en péril


Plein le dos !

Un exemple parmi tant d’autres


Les files de patients s’allongent aux urgences du CHU d’Angers. Il n’y a plus assez de lits pour accueillir les malades suites aux fermetures successives de lits d’hospitalisation. Qu’à cela ne tienne, dans le même temps, la direction du CHU a annoncé la fermeture d’une unité de 20 lits au Département de soins de suite à Saint-Barthélemy-d’Anjou.
Mais la direction – que rien n’arrête – a décidé d’aller faire la galette dans ce secteur mercredi 30 janvier. C’est la contagion Macron : croire qu’avec de beaux discours, en étant « expert » en communication, on peut faire avaler toutes les pilules, même les plus indigestes ! C’est ce que la directrice du CHU a cru et elle s’est retrouvée devant des dizaines de dos en blouses blanches.
Comme le disent les collègues : la direction tourne le dos face à la détresse des soignants et des patients. C’est donc un juste retour et cela ne met personne en danger... contrairement à l’attitude de la direction.

Le capitalisme, ce grand animal malade


La soif de profits n’a pas de frontières



À propos de l'affaire des viandes d'animaux malades de Pologne, des commentateurs ont déclaré que si l'on mangeait des produits français cela ne se produirait pas. Ah bon ? Et les lasagnes au cheval de Spanghero ou les poudres Lactalis, ce n'étaient pas des produits français ?
En réalité, que l'on soit un « petit » fraudeur ou un gros capitaliste, la même soif du profit fait négliger Ia santé. C'est ça, la maladie du capitalisme.

Argenteuil Lutte ouvrière : trente ans de fête à Argenteuil, et toujours la même volonté


Une soirée pour le bonheur de tous

Pour résumer la réussite et l’ambiance de notre évènement de samedi, notre fête de Lutte ouvrière à Argenteuil du 2 février, rien de mieux que le message ci-dessous, et les nouvelles photos que nous devons à Daniel Hommeau.
« Très belle fête hier soir.
Nous sommes très loin des clichés qu'on aimerait nous faire croire.
Comme d'habitude des gens sympas, intelligents, une organisation de ouf ! Des moments pour tous, on oublie pas les enfants ..un super orchestre en prime . J'ai passé une excellente soirée. Bon voilà, Lo est vraiment d'utilité publique. J'ai l'impression de revivre les très grandes heures du grand syndicalisme, celui qui en plus de ses missions avait l'ambition de tirer tout le monde vers le haut. »








dimanche 3 février 2019

Editorial des bulletins Lutte ouvrière de ce dimanche 3 février 2019


La mascarade du grand débat et les intérêts des travailleurs

Pour que le « grand débat national » se substitue, dans les médias, au mouvement des gilets jaunes, Macron et ses ministres en font des tonnes. La mise en scène est soignée, avec des débats de plusieurs heures, où, en bras de chemise, ils écoutent patiemment et prennent des notes… Le tout, retransmis en direct à la télévision.

Le cinéma tourne parfois court, comme lors de cette réunion avec des maires d’outre-mer où Macron s’est exaspéré des trop nombreuses interventions de ceux qu’il appelle avec condescendance « les enfants »… Mais pour le pouvoir, ces petites contrariétés valent toujours mieux que la colère des gilets jaunes.

Cette colère populaire continue de s’exprimer, tous les samedis. Elle est alimentée par l’hypocrisie du gouvernement qui prétend redonner la parole au peuple mais qui limite de plus en plus le droit de manifester. Que ce soit en usant des violences policières pour mettre fin aux rassemblements ou avec sa loi prétendument anticasseurs, mais qui cible en réalité la liberté de manifester.

Pour mettre fin à la contestation, Macron aurait décidé de jeter un nouvel os à ronger : un référendum. Celui-ci viendrait conclure le grand débat et serait la preuve de la bonne foi du gouvernement : les citoyens auraient non seulement la parole mais aussi le pouvoir de décider. Après la mascarade du grand débat, le leurre du référendum !

Avec des questions multiples du genre : « Doit-on réduire le nombre de parlementaires ? », « Faut-il limiter le cumul des mandats dans le temps ? », Macron veut entretenir la fiction démocratique à bon compte puisque tous ces changements étaient prévus dans la prochaine réforme des institutions.

Peut-être pourra-t-il aussi introduire des questions touchant à la répartition des impôts. Tant qu’il s’agit de répartir les efforts au sein des classes populaires, Macron peut bien accepter quelques variations.  

Mais il y a une chose que Macron n’acceptera jamais et sur laquelle il ne demandera pas notre avis, c’est de faire payer la grande bourgeoisie. C’est tout le problème car la condition ouvrière ne peut progresser sans toucher aux profits et au pouvoir de cette classe.

Au nom de la compétitivité, toutes les entreprises suppriment les emplois, font pression sur les salaires, aggravent les cadences et la flexibilité. Et cela vaut aussi pour les services publics, pour la poste, les hôpitaux que l’État ne peut plus financer correctement parce qu’il consacre de plus en plus d’argent à soutenir le grand capital. Autrement dit, le monde du travail est écrasé par le rouleau compresseur du grand capital. Et ce n’est pas la révision des institutions qui changera cela !

Pour faire valoir leurs revendications, les travailleurs ont intérêt à compter sur leurs propres moyens d’expression et d’action.

Au 1er février, la grande distribution a augmenté les prix alimentaires de 6,3 % en moyenne au prétexte qu’ainsi, les agriculteurs seront mieux rémunérés. On peut douter que l’argent aille dans leur poche, toujours est-il qu’il faudra payer plus pour acheter du fromage ou du lait. Les sociétés autoroutières augmentent leur racket de 1,9 %. Et c’est sans compter la hausse des loyers et autres charges incompressibles que sont le gaz et l’électricité. Eh bien, puisque les prix augmentent, les salaires et les pensions doivent suivre !

Six millions de femmes et d’hommes n’ont même pas le droit de travailler pour gagner leur vie. Et les fermetures d’usines se poursuivent, y compris dans des firmes richissimes ! Il faut un emploi pour chacun. Et s’il n’y a pas assez d’emplois, il faut répartir le travail entre tous.

Mais pour imposer ces revendications, il faudra se battre. Et cela ne peut se faire que si les travailleurs des grandes entreprises se lancent dans le combat en faisant grève. Cela ne se décrète pas et n’est pas chose facile. Mais les travailleurs ne feront pas l’économie d’un tel combat.

Mardi 5 février, la CGT appelle à faire grève et à manifester. Cet appel arrive après la bataille, car quand le mouvement des gilets jaunes était à son pic, la CGT comme les autres confédérations syndicales refusaient de s’y associer.

Alors, sans être dupes, les travailleurs ne doivent pas baisser les bras. Ils doivent se saisir de cette journée du 5 février. En répondant présent, ils affirmeront leur conviction que seule la grève peut toucher le grand capital en plein cœur et le faire reculer

Fête de Lutte ouvrière hier à Argenteuil


Un succès qui ne se dément pas

Avant le meeting





Nous reviendrons dans les jours qui viennent sur notre fête de Lutte ouvrière à Argenteuil hier au soir. Malgré bien des aléas locaux, elle a connu le même succès que les années précédentes.

         Le côté festif a enchanté les près de 500 participants, musique classique avec un pianiste de grande qualité, soirée dansante avec le groupe des Moonlignt Swampers. L’apéro copieux et le repas ont permis la satisfaction de tous les participants.
         Mais surtout, ils ont bien apprécié de pouvoir dialoguer directement avec Nathalie ARTHAUD pendant une heure. L’expérience est à renouveler.
         Quant au meeting, il a connu un succès équivalent que lors des éditions précédentes, sous le signe du message inscrit sur la banderole « Lutte ouvrière, contre le grand capital, le camp des travailleurs.
         Pour notre part merci à tous, et je crois que chacun hier au soir a été payé de retour. (à suivre)

Gilets jaunes et élections européennes : le point de vue de Nathalie ARTHAUD