lundi 5 novembre 2018

Editorial des bulletins d’entreprise Lutte ouvrière de ce lundi 5 novembre 2018


Contre la baisse du niveau de vie, il faut augmenter les salaires et les pensions et les indexer sur les hausses de prix

 « Je fais ça pour mon porte-monnaie », a expliqué à la radio une ouvrière de l’agro-alimentaire, à l’initiative d’une page Facebook de mobilisation contre la hausse des carburants. « Aller travailler devient un luxe, il faut se révolter ! », ajoutait, dans ce reportage, une factrice du même département d’Ille-et-Vilaine. Partout, la colère que suscite la hausse des carburants continue de s’exprimer, parmi les « professionnels de la route », patrons du transport ou du BTP, mais aussi parmi les travailleurs qui n’ont pas d’autre choix que de prendre la voiture. Et il y a de quoi être en colère !

Les vingt à trente euros qu’il faut rajouter pour le carburant, lorsqu’on a encore les moyens d’avoir une voiture, s’ajoutent au reste pour rendre les fins de mois impossibles. Fioul domestique, gaz, loyers, fruits et légumes : oui, tout augmente, sauf les salaires. Sauf les pensions de retraite, qui ont même baissé avec l’ajout de la CSG. Sauf les indemnités journalières des chômeurs, auxquels on explique pourtant qu’ils doivent être prêts à faire des dizaines de kilomètres pour retrouver du travail !

Face au mécontentement, Édouard Philippe a assuré que le gouvernement ne reculerait pas, affirmant que « c’est difficile, mais il n’y a pas le choix ». Les milliards supplémentaires prélevés iront soi-disant à la lutte contre la pollution. À l’heure des coupes claires dans les budgets de la Fonction publique, des économies dans tous les secteurs publics nécessaires à la vie de la population, le gouvernement veut nous faire croire qu’il prélève des milliards supplémentaires dans les poches du monde du travail pour le bien collectif ! Il faudrait non seulement supporter le rackett, mais aussi les mensonges qui l’accompagnent !

Dans cette période de crise, les seules poches qui ne se vident pas sont celles du grand patronat, arrosé de subventions et de cadeaux fiscaux. Cette grande bourgeoisie, servie par le gouvernement, règne sur l’économie et c’est vers elle que convergent les milliards. C’est elle qui tire les salaires vers le bas pour continuer à assurer ses profits malgré la crise de son économie. Et c’est elle aussi qui continue à fabriquer des chômeurs. Ford, Ascoval, Happy Chic : la menace du chômage pèse sur des milliers de travailleurs. Le trust General Electric, qui a racheté la branche énergie d’Alstom en 2015 en s’engageant à créer 1000 emplois, qui a distribué plus de huit milliards de dollars de dividendes à ses actionnaires en 2017, prétexte aujourd’hui des pertes pour justifier une prochaine saignée des emplois.

Les travailleurs n’ont aucune raison d’accepter de subir les bas salaires, le chômage, les retraites de misère. Aucune raison de voir leur niveau de vie amputé. Mais ils ne pourront s’opposer à ce recul qu’en défendant leurs propres intérêts, sans disparaître derrière d’autres catégories sociales qui protestent également contre la hausse des carburants. Les patrons des entreprises de BTP comme du transport routier expliquent déjà qu’ils seront contraints d’augmenter leurs prix, voire de baisser les salaires ou de licencier, si le gouvernement ne leur donne pas satisfaction. Ils défendent leurs intérêts. Mais qu’ils arrachent des concessions au gouvernement ou qu’ils jouent sur les prix ou les salaires, cela se fera au détriment du monde du travail.

Les travailleurs, eux, n’ont pas de possibilité de compenser les hausses de prix. Pour les salariés, les retraités, les chômeurs, la seule façon de s’opposer à la baisse continue de leur niveau de vie est d’exiger l’augmentation des salaires, des retraites et des allocations. Et pour que cette augmentation ne soit pas annulée ensuite, il faut que les revenus du monde du travail suivent automatiquement les hausses de prix et l’inflation. 


Pour ne pas se laisser appauvrir, il faut faire payer le patronat. Il faut contraindre les grands groupes à utiliser les milliards tirés de l’exploitation pour augmenter les salaires et garantir les emplois plutôt que pour gaver les actionnaires. Cela veut dire engager la lutte contre la classe riche, mais en nous battant sur notre terrain. En bloquant les entreprises par la grève, nous avons des moyens infiniment plus puissants de paralyser l’économie et de nous faire entendre.

Educations : Grève le 12 novembre ! Toutes les raisons d’en être


Dans l’éducation : le 12 novembre, tous en grève et dans la rue

Les principaux syndicats de l’éducation, SNES-FSU, CGT éducation, Sud, appellent à une journée de grève le 12 novembre contre les 2 500 suppressions de postes et les réformes prévues dans l’enseignement secondaire par le ministre de l’Éducation nationale Blanquer, qui visent à supprimer un grand nombre d’heures d’enseignement.


Concernant les lycées généraux, sous couvert de permettre aux jeunes de choisir leurs disciplines, Blanquer supprime certaines matières qui étaient communes à tous les lycéens. Ainsi, par exemple, les mathématiques pourraient disparaître de la formation de certains lycéens.
Pour les jeunes en lycée professionnel, les choses sont encore plus nettes. Dès 2019, pour les formations en Bac pro et CAP, il est envisagé moins de mathématiques, moins de français, moins d’histoire-géographie, et moins de langues vivantes. Le nombre de semaines de stage en entreprise augmenterait. Le gouvernement veut réduire les formations qui sont dispensées en lycée pour orienter de plus en plus les jeunes en CFA, c’est-à-dire en apprentissage.
Les jeunes des classes populaires auraient donc accès à beaucoup moins des enseignements de culture générale alors que, souvent, seule l’école la leur apporte. L’objectif du gouvernement est évidemment de faire des économies.
La diminution des heures d’enseignement entraîne celle du nombre de professeurs, qui sont par ailleurs de plus en plus recrutés comme contractuels, comme cela se fait dans tous les services publics.
Si les enseignants sont concernés par ces attaques, la jeunesse des classes populaires l’est tout autant si elle ne veut pas être simplement de la chair à exploiter. Le 12 novembre est une occasion de faire entendre, par la grève et dans la rue, l’opposition des enseignants et des jeunes aux projets de Blanquer.

                                                          Aline RETESSE (Lutte ouvrière n°2622)

Produits pétroliers : pour les travailleurs qui ne récupèrent rien, des augmentations de salaires sont nécessaires


Taxes : les travailleurs payent, le patronat récupère

Les transporteurs routiers peuvent se faire rembourser la taxe sur les produits pétroliers, la TICPE, qui pèse sur le gazole et qui, avec la TVA, représente plus de 60 % du prix des carburants.


L’État établit un taux forfaitaire de remboursement pour cent litres de gazole. En outre, comme dans toutes les entreprises, le patronat ne paye la TVA que sur la valeur ajoutée. Ce qui signifie qu’il peut récupérer celle qu’il paye sur ses achats de carburant.
Malgré tous les avantages qui leur sont consentis, les patrons du transport routier non seulement payent des salaires de misère à leurs salariés, mais leur mènent une guerre permanente pour réduire ces salaires. Le dernier exemple a été donné récemment, lorsqu’ils ont réclamé que la loi travail leur permette de ne plus payer les heures supplémentaires. Il a fallu des grèves et des manifestations des salariés du secteur, qui connaissaient bien leurs patrons, pour empêcher une telle mesure.

                                                     Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2622)

Transports en ambulance, micmacs gouvernementaux, et intérêts propres des travailleurs


Ambulanciers salariés et patients ont intérêt à se faire entendre





Aujourd'hui lundi 5 novembre, à l'occasion d'une journée d'action nationale, les sociétés d’ambulanciers se mobilisent.
Depuis le 1er octobre, la prise en charge des transports sanitaires n'est plus assurée par la Sécurité sociale mais par les établissements de santé. Avec ce fonctionnement, les hôpitaux lancent des appels d'offres valables deux ans pour assurer les transports des patients auquel seules de grosses structures peuvent répondre. Par ailleurs, le paiement des prestations passe de cinq jours pour la Sécurité sociale à un remboursement à 60 jours pour les établissements de santé. Des difficultés de trésorerie pour les petites entreprises d'ambulances qu'ils dénoncent à juste titre.
Cela promet un accroissement de la pagaille pour les patients et des difficultés pour les ambulanciers. D’autant plus pour ces derniers qu’il y a le risque que les patrons des sociétés d’ambulance se retournent vers leurs salariés pour leur faire payer les décisions gouvernementales. Il faut que les salariés aussi se fassent entendre sur la base de leurs propres intérêts et de leurs propres revendications !