dimanche 19 août 2018

Combat pour le droit des femmes en Tunisie


Femmes en lutte pour l’égalité 

Dans un discours le 13 août, journée de la femme en Tunisie, le président Caïd Essebsi a annoncé son soutien au projet de loi établissant l’égalité en matière d’héritage. Jusqu’à ce jour en effet, la loi tunisienne s’appuyant sur le droit islamique prévoit qu’un homme hérite du double d’une femme, au même degré de parenté.
Essebsi se fonde sur le rapport de la Colibe, commission pour les libertés qu’il a mise en place il y a un an, pour prendre position sur un sujet qui est loin d’être seulement symbolique.
Si le Code du statut personnel instauré en 1956 sous Bourguiba a aboli officiellement la polygamie, remplacé la répudiation par le droit au divorce et instauré un âge minimum du mariage (15 ans, puis 18 ans), il a soigneusement évité de s’attaquer à l’héritage.
Depuis, malgré le départ forcé du dictateur Ben Ali et le recours à une nouvelle Constitution dite plus démocratique, seules les organisations féministes et certains militants d’extrême gauche ont continué à mener, parmi d’autres combats, celui pour l’égalité femmes-hommes. Le tabou de l’héritage tient bon, au nom, prétendent ses défenseurs, en particulier au sein du parti islamiste Ennahda, du rôle de chef de foyer joué par l’homme, qui devrait de ce fait être avantagé.
Ennahda, allié du parti du président au sein du gouvernement, ainsi que d’autres courants réactionnaires ont organisé le 11 août à Tunis, à la veille du discours d’Essebsi, une manifestation contre le projet de loi regroupant plusieurs milliers d’opposants. Mais les femmes mobilisées pour l’égalité et les partisans du projet de loi se sont rassemblés à leur tour à Tunis peu après le discours. Ils entendaient notamment protester contre l’intention d’Essebsi de céder aux réactionnaires en ne rendant pas l’héritage égal obligatoire, en laissant ouverte la possibilité du partage traditionnel, motivé et appuyé par un huissier-notaire.
Rien n’est donc acquis pour l’égalité femmes-hommes, dans ce domaine comme dans d’autres, en matière d’emploi et de salaire.
Et la mobilisation des femmes travailleuses et tous les hommes qui appuient ce combat est toujours aussi nécessaire.

                                               Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n°2611)

Argenteuil, se réunir n’est pas toujours des plus simple


Pour une possibilité de se réunir sans limite ni obstacle

 


Une discussion au sein du Comité Jean Vilar m’amène à poser la question des salles de réunion à disposition sur Argenteuil pour tous ceux qui veulent se réunir.
         Le droit de réunion ne devrait pas être seulement un droit, mais la possibilité de se réunir, c’est-à-dire de disposer à discrétion de salles pour le faire.
         Les salles municipales devraient pouvoir être utilisées sans limite. A Argenteuil, elles sont nombreuses. Mais au final, combien d’utilisation annuelle pour l’auditorium de la mairie ? Ou pour la salle Pierre Dux ? Cela pour des réunions importantes. Et il y a de nombreuses petites salles, d’autres dans les mairies de quartier.
         Ce qui est vrai pour la Ville l’est aussi pour AB-Habitat qui non seulement possède des salles de réunion dans les cités, très peu utilisées, mais qui dispose de l’Agora au Val-Notre-Dame (dont on se demande à quoi elle sert), de la salle PVC, de la Fabrique…
         Finalement, ce ne sont pas les salles qui manquent du côté des institutions.
         Pourtant, ce qui était simple naguère pour réserver une salle est devenue au fil des ans beaucoup plus compliqué. Et c’est regrettable.
         Heureusement, qu’il y a d’autres lieux de rencontre, la MJC d’Argenteuil, et des commerces qui s’ouvrent à ceux qui ont besoin d’échanger et de se réunir autour d’un verre : le Bout du bar, chez Dalhia, le café des 2 gares derrière la gare… Et demain, à voir, le café-associatif SMILE ! Heureusement, qu’il y a, de ce côté-là, des gens qui permettent de pouvoir réaliser le droit de réunion, qui n’est qu’un droit sans valeur lorsqu’il n’y a pas les moyens correspondants pour le concrétiser.

« Devoir de mémoire » : une question de classe vitale


La « mémoire » du camp des exploités

 


C’est Liliane qui a lancé le débat. Pourquoi parler d’un « devoir de mémoire » auquel il est de mode de faire référence ?
         Effectivement, il faut cultiver le souvenir du passé. Mais cette exigence n’échappe pas à la nature de la société qui est d’opposer des exploiteurs et des exploités. Chaque camp cultive sa propre mémoire, celle d’un passé qui guide son camp, à travers la mémoire de ses héros. Pour la classe dominante, il s’agit également d’enfumer le camp des exploités. On le voit ces dernières années avec les commémorations autour du centenaire de la Première guerre mondiale qui en restent largement autour du souvenir de soldats « morts pour la France ».
         Pour le camp des prolétaires, l’exigence de mémoire est d’une toute autre importance. La mémoire de l’horreur de ce à quoi peut conduire l’exploitation doit stimuler l’engagement de tous, et la liste en est longue.
         Pour les prolétaires, la mémoire est une nécessité fondamentale que le parti ouvrier doit cultiver continuellement. Le souvenir de ce que leurs adversaires sont capables de faire, des caméléons et prestidigitateurs de la bourgeoisie qui sont capables de revenir endormir à nouveau les travailleurs en leur faisant croire que leur nouvelle chemise est enfin pour eux la bonne.
         C’est ce que Blanqui, réfugié à Londres en 1849 après l’écrasement de l’insurrection parisienne de juin tentait de dire aux travailleurs : se rappeler, se souvenir, ne pas oublier, pour avoir en tête à jamais les leçons nécessaires. A défaut :
« Mais, pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours ».

Bonne lecture de l’été : Alexandre Romanès, « Les corbeaux sont les gitans du ciel », L’Archipel


Et puis en pensant à mes amis du marché et de la rue de la Corse

Les corbeaux sont les gitans du ciel

 
On avait évité les tigres... (fête de LO 2018)

J’avais dit que j’en avais terminé avec mes « bonnes lectures de l’été ». Mais comme j’en n’ai pas terminé avec la lecture, je vous invite à lire un livre sans prétention mais qui vous permettra de passer un bon moment. Je pense en particulier à  Michèle qui me reprochait de ne proposer que des lectures, je ne dis pas sérieuses, mais graves !
         En l’occurrence, il s’agit de « Les corbeaux sont les gitans du ciel », d’Alexandre Romanès, éditions L’Archipel.
         Alexandre Romanès est le fondateur du cirque Romanès que nous avons eu le plaisir d’aller voir deux fois ces dernières années porte de Champerret, un « cirque » plein de délicatesse et de poésie, et que nous avions retrouvé cette année à la fête de Lutte ouvrière à Presles, un des grands moments de l’édition 2018.
         Son livre fait de petites vignettes de vie est à l’image de cela.
         Et puis, vous y apprendrez, si toutefois vous avez l’intention de vous lancer dans le domptage des fauves, qu’il vaut mieux absolument privilégier les tigres !
         A bon lecteur salut !

samedi 18 août 2018

Air France : nouveau PDG, vieille politique


Français, Canadiens ou autres, mêmes objectifs, même pratiques

 


Le nouveau PDG d'Air France-KLM sera donc Benjamin Smith qui était jusqu’alors le numéro deux d'Air Canada. Dans cette fonction, il avait bénéficié d'une loi taillée sur mesure par l’État canadien interdisant les grèves pour imposer de drastiques mesures anti-ouvrières.
C’est pour de tels états de service que le gouvernement Macron a soutenu sa candidature et que les actionnaires d'Air France-KLM lui ont octroyé un salaire de 3,3 millions d'euros par an, trois fois celui de son prédécesseur, alors qu’ils refusent d’augmenter les salaires des travailleurs du groupe.
Des syndicalistes ont déploré que le nouveau PDG soit un Canadien qui, disent-ils, est « étranger au dialogue social à la française »... Mais Français, Canadiens ou autres, les dirigeants patronaux poursuivent les mêmes objectifs contre les salariés et ont tous les mêmes pratiques. Les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs mobilisations pour défendre leurs droits, quelle que soit la nationalité du PDG.

Pédophilie dans l’Eglise : Une Eglise qui se considère au-dessus des lois


La loi du silence

 


L’archevêque de Lyon Barbarin qui doit être jugé pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineur

Aux Etats-Unis, une enquête vient de révéler qu'en Pennsylvanie, des milliers d'enfants ont été victimes des agissements de près de 300 prêtres pédophiles, protégés par le silence complice de leur hiérarchie pendant des dizaines d’années. Tout aussi choquant est le fait que seule une poignée de ces curés sera poursuivie en justice, car la plupart de ceux qui ne sont pas décédés bénéficient de la prescription.
Le pape s’est déclaré du côté des victimes mais ni lui, ni aucun autre dirigeant de l’Eglise n’ont, à aucun moment, contribué à mettre ces agissements sur la place publique. Au contraire, partout dans le monde, et ici même en France, l'Église catholique se considère au-dessus des lois et préfère laver - ou ne pas laver - son linge sale en famille... Et ça fait une sacrée lessive en retard !

Catastrophe de Gênes, ailleurs aussi cela pourrait arriver


En France aussi, la sécurité est sacrifiée

  

 Viaduc de Gennevilliers, à Argenteuil

Après l’effondrement du pont de Gênes, la ministre française des Transports Elisabeth Borne a déclaré qu’une telle catastrophe ne pouvait se produire en France, que les ponts étaient bien surveillés… Sauf qu’un rapport remis à ses services il y a quelques semaines relève que, sur les 12 000 ponts que compte le réseau, un tiers nécessite des reparations et que, dans 7 % des cas, il y a un risque d’effondrement.
Une des causes de cette dégradation dangereuse est connue depuis longtemps : pour pouvoir arroser le patronat de subventions et de toutes sortes de cadeaux fiscaux, l’Etat n’a cessé de réduire le financement des collectivités locales qui n’ont plus les moyens d’assurer correctement l’entretien des routes et du réseau dont elles ont la charge.
Et quoi qu’en dise la ministre, le gouvernement Macron a clairement l’intention de poursuivre cette politique criminelle qui sacrifie la sécurité de la population.

La Poste : les casseurs jouent les conseilleurs


Elle qui a largement contribué à la montée des tensions

 


La Poste se félicite d'avoir obtenu la signature de plusieurs syndicats en bas d'un accord qui prétend protéger son personnel en général et les chargés de clientèle en particulier contre la montée des « incivilités » dans les bureaux « à forts enjeux sociaux ».
Le fait est que, dans des quartiers populaires les plus frappés par la crise, et où les conditions d’accueil se sont dégradées, les tensions au guichet peuvent très vite monter. C'est insupportable pour un travailleur sans emploi de s'apercevoir par exemple que les aides auxquelles il a droit n'ont pas été versées sur son compte – et c'est insupportable pour les agents de La Poste de faire face à longueur de journées aux coups de colère et à la détresse des usagers.
Mais en supprimant des dizaines de milliers d'emplois au fil des ans, La Poste a largement contribué elle-aussi à créer cette situation. Ses bons tuyaux aux salariés sur la meilleure façon de gérer leur stress, elle peut se les garder !