mardi 24 juillet 2018
Bonnes lectures d’été (13) : 4321, Paul Auster, Actes sud
4321
C’est aussi un grand et gros
livre dont l’été permet la lecture. Il raconte la vie d’un homme né à la fin
des années 50 et qui va croiser les évènements de la société des Etats-Unis
durant les décennies qui suivirent. Lutte contre la ségrégation, guerre du
Vietnam,… dans lesquels va évoluer sa propre histoire, et ses propres choix.
Non
pas sa propre histoire, mais quatre histoires, puisque qu’il s’agit de quatre
histoires possibles. La voie 4 que pourrait prendre sa vie, la 3, la 2, la 1.
Bref quatre romans en un, puisque l’on suit le possible 4 tous les quatre
chapitres, et pour les autres de même.
On
peut même dire que l’on a affaire à deux gros romans en un puisque l’on peut d’abord
lire le roman de Paul Auster comme d’habitude, de chapitre en chapitre, les uns
à la suite des autres. Puis, on peut relire le livre en ne lisant que le
parcours 4 de la naissance à la fin, puis en lisant celui du 3, etc…
Bref
c’est bien fait, et c’est d’une densité très haute, de belles histoires, de
beaux sentiments, de rencontres, d’évènements…
Mais,
4321 est surtout un grand livre de réflexion sur ce qui nous mène, les choix
que l’on fait ou pas, les hasards, les opportunités, bref sur la question du « libre-arbitre »
ou du « serf-arbitre »… qui font nos vies à travers les routes prises
en toute conscience ou que l’on nous imposent.
Bref un
grand livre de vacances…
4321,
Paul Auster, Actes sud, plus de 1000 pages…
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bonnes lectures
lundi 23 juillet 2018
Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 23 juillet 2018
L'affaire
Benalla, aussi pourrie que la politique de Macron
Lorsqu’il
s’est agi de fêter la victoire des Bleus au Mondial et de commenter leurs
exploits, Macron était omniprésent. Aujourd'hui, pour rendre des comptes sur
les méthodes de barbouze de son Monsieur Sécurité, il est aux abonnés absents
et laisse ses fidèles se dépêtrer d’une situation qu’il a lui-même créée.
Car
Macron a bel et bien couvert son protégé alors que celui-ci, déguisé en
policier, s’amusait à casser du manifestant le 1er mai. Si Benalla est
aujourd'hui licencié et si le gouvernement clame sur tous les tons qu’il n’y a
pas d’impunité, c’est que Le Monde a rendu l’affaire publique, deux mois
et demi après les faits.
Les
porte-parole de l’Élysée prétendent avoir immédiatement réagi en sanctionnant
Benalla de quinze jours de mise à pied. Vous parlez d’une sanction ! Pour une
erreur de caisse à Carrefour ou Auchan, c’est parfois la porte. Pour la chemise
arrachée du DRH d’Air France, cinq salariés ont été aussitôt arrêtés, licenciés
et condamnés à de la prison avec sursis comme de vulgaires voyous.
Plus
les jours passent, plus on en apprend sur la toute-puissance des petites
frappes du pouvoir, sur les arrangements entre amis, sur la gangrène du
clientélisme et de la dissimulation.
Malgré
sa réputation de chien fou, Benalla faisait partie du clan macronien. Il avait
droit à un logement luxueux et une voiture de fonction et émargeait à plus de
7000 euros mensuels. Par la grâce de l’Élysée, Benalla avait aussi été élevé au
grade de lieutenant-colonel de la réserve opérationnelle, et il donnait des
ordres au gratin de la police et de la gendarmerie.
S’il y
en avait qui croyaient encore à la promesse de Macron d’une gouvernance
transparente et exemplaire, les voilà servis ! Oui, la pratique du pouvoir sous
Macron est dans la continuité de ses prédécesseurs, favoritisme et scandales
politiques compris.
Mais le
plus pourri dans la présidence de Macron, c’est sa politique qui fait reculer
la condition ouvrière des années en arrière. Ce sont toutes les mesures qu’il a
prises contre le monde du travail : les ordonnances pour que le patronat puisse
licencier plus vite et moins cher ; la hausse de la CSG qui frappe les
retraités ; la baisse des APL ; l’attaque contre la SNCF et les cheminots ; les
restrictions sur les finances des collectivités locales comme des hôpitaux,
déjà asphyxiés ; la sélection dans les universités ; le contrôle accru des
chômeurs…
Le plus
mensonger dans la présidence Macron, c’est son cinéma sur la prétendue reprise
de l’emploi, alors que les licenciements se poursuivent. En témoigne l’annonce
du groupe Mulliez, qui prévoit la fermeture de 88 magasins Bizbee, Jules et
Brice et la suppression de 466 emplois, alors qu’il s’agit d’un groupe familial
à la tête d'un empire de la grande distribution (Auchan, Leroy-Merlin,
Decathlon, etc.) et d'une fortune qui se chiffre en dizaines de milliards
d'euros !
Mais
cette politique anti-ouvrière n’est pas le monopole de Macron. Sarkozy, déjà
surnommé le président des riches, et Hollande, le faux ennemi de la finance,
menaient la même. Tous les politiciens sont en effet formés et sélectionnés
pour leur fidélité à la bourgeoisie et au système capitaliste. Leur priorité,
ce sont les affaires de la bourgeoisie, ses profits, sa compétitivité.
Leur
travail, au Parlement, à la présidence et au gouvernement est de perpétuer ce
système et de faire prospérer les affaires du grand capital. C’est d’expliquer
qu’il n’y a pas d’argent pour embaucher, pas d’argent pour augmenter les
salaires ou payer les retraites, le RSA et les aides sociales et qu’il faut
encore économiser sur les services publics et les hôpitaux.
Cela,
alors que la grande bourgeoisie est prospère comme jamais et qu’un Bernard
Arnault, propriétaire de LVMH, a vu sa fortune gonfler de 1300 euros toutes les
deux secondes l’année dernière !
Pour
cette caste politique, comme pour le grand patronat, les travailleurs ne sont
que les soutiers de l’économie, sommés de s’adapter et d’accepter leur sort
d’exploités. Voilà ce qui est fondamentalement pourri dans la politique menée
aux sommets de l’État.
Alors
bien sûr, cette politique s’accompagne de passe-droits et de scandales d’État.
Cela donne l’occasion, pour les partis d’opposition, de jouer les vertus
indignées, alors qu’ils traînent leurs propres casseroles judiciaires. Mais
rien de tout cela ne changera si les travailleurs n’ont pas la volonté de
contester la domination et le parasitisme de la bourgeoisie qui mène la société
à la catastrophe.
Réforme constitutionnelle mise à mal par l’affaire Benalla
Nul
ne sait comment Macron va sortir de l’affaire Benalla. Chaque jour apporte son
lot de rebondissements. En attendant et en conséquence, la discussion sur la réforme
constitutionnelle a du plomb dans l’aile. Il est toutefois bon de s’arrêter sur
cette dernière qui démontre les intentions de Macron de réduire encore un peu
plus le pouvoir des députés. Cela n’est certes pas nouveau. Sur le sujet,
ci-dessous un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de la semaine
passée. DM
Réforme
constitutionnelle : Parlement croupion et poule aux œufs d’or
L’Assemblée nationale a commencé
l’examen de la réforme de la Constitution voulue par Macron. Pour l’essentiel,
celle-ci entérine la volonté du président de perdre le moins de temps possible
avec ce moulin à paroles qu’est le Parlement.
Les principales modifications
sont la réduction de 30 % du nombre de parlementaires, la limitation du droit
d’amendement, l’examen accéléré du budget, ou la possibilité de ne faire
discuter certaines propositions qu’en commission et non plus en séance
publique.
Quant à l’introduction d’une
petite dose de proportionnelle, 15 % des députés, elle ne changera rien sur le
fond. Le mode de scrutin est et restera établi pour qu’au bout du compte sorte
des élections une majorité permettant au président, le seul qui décide
vraiment, de gouverner dans l’intérêt des capitalistes.
Autant dire que les jérémiades de
tous ceux qui voient dans cette réforme une atteinte intolérable aux droits du
Parlement, une « dérive monarchique », quand ce n’est pas l’éloignement des
élus de leurs électeurs, sont assez dérisoires.
Les Parlements, dans tous les
grands pays impérialistes, constituent seulement une chambre d’enregistrement
de décisions prises ailleurs, à la tête de l’État, dans les ministères, au sein
d’un appareil d’État inamovible, ces lieux où siègent des serviteurs du grand
patronat. Les Constitutions ne servent qu’à codifier cet état de fait, dont la
source se situe non dans des articles de loi, mais dans les rapports de
propriété, fondements de la puissance des classes possédantes. Tant que cet
État reste en place, reste en place la dictature des capitalistes.
Daniel
MESCLA (Lutte ouvrière n°2606)
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constitution
Députée LREM du Val d’Oise, à Hue et à dia, mais vraiment pas trop
Se singulariser, mais vraiment pas trop
Notre ancienne
« collègue » du lycée Georges Braque d’Argenteuil, dorénavant députée
de son état, Cécile Rilhac, dont nous n’avions jamais soupçonné les sympathies
Hue-Macron, a un tout petit peu, vraiment un tout petit peu, fait parler d’elle
en demandant il y a trois jours la démission… de Benalla. Comme si les faux-pas
et les irrégularités majeures de l’individu connues par Macron n’avaient pas dû
l’amener à être démissionné dès les lendemains du 1er mai ! Alors demander sa démission il y a trois jours...
Mais
peut-être sommes-nous injustes, et que la marcheuse en question va bientôt
demander la démission de Collomb, voire de son mentor Macron ! DM
Libellés :
actualité du Val d'Oise,
affaire Benalla
Argenteuil, vacances et jeunesse, c’est mini
C’est vraiment mini !
Le premier adjoint d’Argenteuil
est content. Les « mini-séjours » organisés par la Ville sur le
terrain de Vallangoujard dans le Val d’Oise « battent leur plein pour
le plus grand bonheur des enfants ». Nous aussi, nous sommes vraiment
contents pour les jeunes. Et l’on remercie l’adjoint de nous permettre
d’illustrer notre propos par la photo de son tweet.
Mieux
vaut partir quelques jours en vacances, même pas loin, que rien. L’accueil et
les activités que les enfants y trouvent de la part des employés municipaux y
est pour beaucoup.
Mais
les jeunes d’Argenteuil seraient encore plus heureux si les colonies de naguère
existaient toujours et étaient capables de faire voir la mer, la vraie
campagne, ou la montagne à des milliers d’entre eux.
A
ce sujet, que devient la colonie de Saint-Hilaire de Riez ? Toujours à
l’abandon ?
A
réutiliser de toute urgence.
Les
colonies de papa ne sont ringardes que pour ceux qui ne s’intéressent pas aux
vrais problèmes de la jeunesse, celle en particulier qui aurait besoin de
partir en nombre en vacances. En tout cas, elles ne seraient pas ringardes pour
les jeunes eux-mêmes.
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Nouvelles d'Argenteuil
Argenteuil et Autolib’ : d’abord il n’y a jamais eu de bilan de son utilisation
Gâchis
Notre photo
préférée
Extrait de presse (cf. Le
Monde, Challenge)
« Ces plots métalliques gris
et blancs d’environ un mètre de haut, disposés dans tous les quartiers de Paris
et dans une centaine de villes de banlieue parisienne, faisaient partie du
paysage urbain depuis 2011. Et ne serviront bientôt plus à rien. La fin
du système Autolib’ condamne les 3200 bornes de recharge électrique, ainsi que
les totems où s’effectuait la réservation, au probable démontage…
Personne n’en veut… »
A
Argenteuil, le maire et son prédécesseur comptent y installer des pots de
fleurs ? Et rendre vite ces emplacements au garage des véhicules ?
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Nouvelles d'Argenteuil
Bonnes lectures pour cet été (13), Compagnie K, de William March
Compagnie K
La littérature
« romanesque » sur la Première guerre mondiale est énorme. Il y a de
très nombreux titres valant le coup d’être lus, des auteurs de tous les pays
qui racontent que des deux côtés du front, partout, la guerre est la même pour
ceux qui la vivent, pour ceux qui en sont victimes.
Compagnie K est une de nos dernières
découvertes, un livre magnifique écrit une quinzaine d’années après le conflit
par un auteur états-unien qui fit cette guerre dans le corps expéditionnaire
américain, les Etats-Unis étant entrés en guerre en avril 2017.
Compagnie K raconte l’histoire d’une
compagnie. Elle donne la parole à chaque membre de celle-ci. En deux-trois
pages, chacun raconte un aspect de l’horreur. Une horreur physique mais aussi
morale et humaine. Chaque soldat donne une facette de cette gigantesque
catastrophe que fut la Première guerre mondiale, provoquée par les rivalités
entre les bourgeoisies et leurs Etats.
On
peut lire une histoire, un chapitre, laisser le livre de côté, puis le
reprendre.
Compagnie
K est un livre exceptionnel sur un évènement que l’on ne devrait jamais
oublier.
Compagnie
K, de William March, 288 pages, 23 euros, Gallmeister. Oui, ce livre est cher.
C’est le problème des petites maisons d’éditions. Celle-ci fait un très bon
travail de parutions et de rééditions. Et puis, un livre, cela peut s’acheter à
plusieurs, on le fait circuler. Mon exemplaire de Compagnie K est en
circulation… Qui se met sur la liste de réservation ?
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