mercredi 6 juin 2018

Grand frais : l’envers du décor. Une correspondance de Grenoble lu dans le dernier numéro de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Dans tous les cas, grand frais pour la condition ouvrière

 

Le magasin « Grand frais » d’Orgemont à Argenteuil s’est imposé comme un magasin au succès croissant. Il est dédié au « frais », à la viande, et aux fruits et légumes en particulier. S’il a l’avantage d’être facilement accessible par des voies routières favorables, le système entrée-sortie face à la butte d’Orgemont laisse pour le moins à désirer. On se demande comment les autorités départementales et municipales d’alors (la municipalité précédente d’Argenteuil) ont pu l’accepter.
         Mais ce n’est pas cela qui nous préoccupe présentement. Et la correspondance ci-dessous, si elle nous en apprend sur le système « managérial » de l’enseigne, ne nous dit directement rien sur ce qui se passe dans le magasin d’Argenteuil au niveau de la condition ouvrière des employés. On peut imaginer qu’elle est ici sur bien des plans identique à celle des salariés de Grenoble. Mais nous ne pouvons en préjuger car, si l’objectif du « résultat » est partout le même, la manière d’y parvenir pour les responsables, peut être bien différente selon les magasins. Si l’occasion nous en est donnée, nous vérifierons pour Argenteuil, et toutes les informations sur le sujet sont donc bienvenues. DM
 

« Nos lecteurs écrivent : Coup de chaud chez Grand Frais

30 Mai 2018

Comme à toutes les périodes de fêtes, le ramadan est synonyme d’un renforcement de l’exploitation pour nombre de travailleurs de la grande distribution. Le supermarché Grand Frais d’Échirolles, en banlieue de Grenoble, ne fait pas exception.

Ce magasin appartient à un puissant groupe réalisant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et qui a ouvert en quelques années des dizaines de magasins dédiés aux produits frais dans les grandes villes. Les six semaines avant et pendant le ramadan entraînent une surcharge de travail importante pour la quarantaine d’employés.

« Deux dimanches matin d’affilée les chiffres de vente ont été d’abord doublés, puis triplés pour certains rayons. Dans celui où je travaille, on a même battu le record du magasin ! Mais évidemment, malgré nos demandes répétées, il est hors de question d’embaucher pour nous aider dans cette période particulièrement chargée. Pourtant, l’enseigne reçoit régulièrement des CV de travailleurs cherchant un emploi.
Ce refus de la direction n’est pas étonnant, quand on sait qu’une bonne partie du salaire des responsables est constituée d’une prime calculée sur le bénéfice de leur rayon. Ils ont donc tout intérêt à faire travailler un minimum de personnes pour un maximum de ventes, car ils peuvent ainsi espérer doubler leur salaire. Et surtout le système Grand Frais, qui utilise toutes les ficelles de gestion à la mode, comme la division de ses magasins en secteurs qui sont autant de micro-entreprises et de moyens d’empêcher que les travailleurs s’organisent, est une véritable machine à cash pour ses actionnaires.
Mais pour nous, qui sommes le plus souvent payés au smic, ce n’est pas la même histoire.
Nous devons tenir et organiser les approvisionnements, avec des heures supplémentaires imposées, pas toujours payées, et une cadence souvent infernale. Les semaines de 44 voire 48 heures ne sont pas rares et nous découvrons régulièrement des heures ajoutées à nos plannings sans avoir été consultés. Et la dernière innovation de Grand Frais ce sont les promotions de dernière minute, reçues à 19 h 30, alors que la journée est terminée. Il faut alors rester pour mettre les prix à jour et faire l’affichage, pour que tout soit prêt pour le lendemain à l’ouverture du magasin. Et cela c’est du bénévolat !
Autre conséquence de taille : les règles d’hygiène ne sont plus respectées. Par exemple, nous n’avons plus le temps de renouveler les bacs des aliments vendus en vrac comme il le faudrait. Des aliments peuvent donc rester en fond de bac pendant plusieurs semaines.
C’est donc sur notre dos, et sur celui des travailleurs venus faire leurs courses, que Grand Frais se sucre. Et, en période de ramadan, il a la main lourde. »

                                       Un lecteur de Grenoble »

mardi 5 juin 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 4 juin 2018 : « Les travailleurs ont les moyens de faire reculer gouvernement et patronat »


Les travailleurs ont les moyens de faire reculer gouvernement et patronat


Les salariés de Carrefour étaient appelés à la grève lundi 4 juin. 2 100 travailleurs risquent de perdre leur emploi après la décision du groupe de se débarrasser de 273 magasins de proximité. Carrefour a réalisé plus de 700 millions de bénéfices dont près de la moitié va dans les poches des actionnaires.
Pour la famille Moulin, une des grandes fortunes du pays, qui possède plus de 10 % du capital, ou pour le milliardaire Bernard Arnault, qui en détient 8 %, ça ne suffit pas. C’est en taillant dans les emplois que Carrefour garantit les profits financiers des actionnaires plus élevés. Et c’est le même scénario partout : c’est le niveau de rentabilité attendu par la bourgeoisie qui décide de notre avenir. Malgré la crise de leur système, quels que soient la conjoncture ou le taux de croissance de leur économie, les capitalistes continuent à engranger des milliards qui viennent du recul de nos conditions de vie et de travail.
Au gouvernement, on nous dit que tout le monde a sa chance. La réforme des retraites que Macron prépare nous est présentée comme un pas vers l’égalité et la liberté. Pensez donc, avec son régime à points, chaque euro cotisé donnerait une valeur identique pour la retraite…. et tant pis si les salaires – et donc les euros cotisés – ne sont, eux, pas du tout identiques ! Et puis arrivé à l’âge légal de départ, chaque salarié pourrait choisir de prendre ou non sa retraite, en fonction « d’arbitrages personnels ». Comme s’il s’agissait d’un choix pour les plus mal payés !
Les hauts dirigeants de Carrefour, qui se sont voté une augmentation de près de 80 %, les PDG munis de parachutes dorés et autres bonus en actions, ne s’angoissent pas sur le nombre de trimestres validés pour leur pension ! Mais, du côté des travailleurs, où est la liberté ?
Où est la liberté des travailleurs de Carrefour qui ne savent pas s’ils auront encore un salaire le mois prochain ? Où est la liberté des ouvriers de plus de 50 ans, cassés par le travail, qui risquent d’enchaîner des années de chômage et de minima sociaux avec une retraite de misère ?
Parler de choix personnels pour la retraite, c’est un mensonge odieux de plus ! Les travailleurs ne seront pas plus libres de choisir au moment de la retraite qu’ils ne le sont dans le choix d’un travail, du quartier où vivre et du logement qu’ils peuvent payer ou des études auxquelles ils ont accès. Dans les quartiers populaires, on vit sous la dictature des fins de mois impossibles à boucler.
Cette dictature du grand capital est orchestrée par le gouvernement. Comme ses prédécesseurs, Macron est à plat ventre devant ses exigences. Après le code du travail, les mesures envisagées sur la retraite s’inscrivent dans la même offensive contre les travailleurs. Avec cette réforme, Macron voudrait faire passer en douce le nivellement par le bas, la baisse des pensions et le recul de l’âge de départ en retraite !
La réforme de la SNCF va dans le même sens. Pour Macron, il s’agit de faire la démonstration qu’il peut imposer aux cheminots, comme à tous les travailleurs, le recul de leurs conditions de vie et de travail.
Les médias, inspirés par les compétitions sportives du moment, parlent du match entre les cheminots et Macron et se demandent qui va remporter la première manche.
Mais refuser d’accepter la précarité pour les futurs embauchés, la perte de droits, se battre pour son salaire, pour ses conditions de travail, ce n’est pas un jeu ! Pour les cheminots, pour les travailleurs de Carrefour, pour l’ensemble du monde du travail, c’est une question de survie. Et si les cheminots ne peuvent pas, à eux seuls, faire reculer la bourgeoisie, en engageant le combat, ils ont quand même déjà remporté une victoire. 
La guerre de classe n’est pas le produit de la volonté malfaisante de Macron, tout odieux soit-il. Elle est menée en permanence par les capitalistes qui dominent cette société. Tant qu’ils auront le sentiment de pouvoir continuer, tant que leur emprise sur l’économie ne sera pas remise en cause, la machine à broyer nos conditions de vie et de travail ira de l’avant.
Sous le règne capitaliste, la lutte pour  nos conditions d’existence est une bataille permanente. Mais nous avons les moyens de contester ce règne. Car c’est notre travail qui fait fonctionner toute la société et qui alimente la pompe à profits de la bourgeoisie. En ripostant avec nos moyens, par la grève et les manifestations, par des occupations d’usine comme en juin 1936, nous pouvons menacer sa domination. C’est en lui faisant peur de tout perdre que nous obligerons la classe capitaliste à reculer.

Argenteuil, enclavement, l’élève municipalité ne comprend rien à la géographie


Un coup de blocage supplémentaire pour aggraver l’enclavement

 
Clochemerle entre les Côteaux et Orgemont ?

Il ne fallait pas être bien éveillé pour savoir que le changement de sens unique de la rue Léopold Gautherin créerait plus de problèmes qu’il n’en résoudrait. La preuve en est faite, le bouchon s’allonge aux heures de pointe lorsque l’on vient de l’avenue de Stalingrad.
         Cerise sûre sur le gâteau moisi, la voie Etienne Bast ne sert plus à rien sauf à se garer… avec un disque bleu. Mais qui irait se garer là pour un court moment alors qu’il n’y a pas spécialement à faire aux alentours ?
         Quant à la suppression de passage public par la gare, elle est toujours d’actualité ? En tout cas, son projet est scandaleux. 

         La quartier Orgemont pour de multiples raisons est déjà enclavé. La municipalité ne fait qu’en rajouter.
         Mais qu’ont fait les habitants à la municipalité pour qu’elle soit l’objet d’un tel dédain ?
         A moins que, comme dans l’affaire de la plate-bande de devant la mairie, l’action précédant la réflexion, elle s’apprête à faire bientôt machine arrière !

Glyphosate et autres : une loi dictée par les patrons de l’agrobusiness


« Messieurs, je suis tout à votre écoute »

 
                                                                          media-press info

La loi alimentation a été votée cette semaine par les députés godillots de la majorité présidentielle. Emblématique, la fin du glyphosate, pesticide phare du groupe Monsanto, n'a pas été inscrite dans la loi.
Cette loi fait suite aux états généraux sur l'alimentation qui avait déjà montré l'extrême réceptivité du ministre de l'Agriculture Travert aux exigences des patrons de l'agroalimentaire.
Au diable les contrôles phytosanitaires, les périmètres protecteurs des habitations proches des zones d'épandage, les précautions contre la souffrance animale ou l'interdiction des publicités pour les aliments gras ou sucrés. Des amendements ont même été dictés par le patronat. Ainsi, cette loi va conforter sa fringale de profit !

Glyphosate : la députée, une apprentie absente à Hue et à dia


Courage, fuyons !

 
                                          viacampesina.org

Cette députée du Parisis a signé paraît-il une tribune réclamant l’interdiction du glyphosate mais n’était pourtant pas présente dans l’hémicycle, au moment de la présentation des amendements interdisant le produit, car « occupée sur un autre texte, celui sur l’apprentissage ».
         Nous connaissons bien cette ancienne syndicaliste, peu militante certes mais devenue députée par la grâce de son prince Hue.
         De la question du glyphosate à celle l’apprentissage où il est question de démanteler la formation professionnelle d’Etat, absente à dessein ou présente, le poison de la politique anti-ouvrière qu’elle défend n’est toujours pas loin.

Agents territoriaux, à Angoulême comme à Argenteuil, comme ailleurs


A quand le mouvement d’ensemble pour remettre partout les pendules à l’heure ?

 
                                       ph. action communiste

Dans les grandes villes en particulier, la durée du temps de travail, les congés, les droits acquis, la situation des agents territoriaux sont partis attaqués, souvent quelle que soit la couleur de la municipalité, les uns après les autres. Aujourd’hui à Angoulême, les travailleurs sont appelés à s’engager davantage dans l’action dans les semaines qui viennent.
         Selon La Charente libre, « CGT et CFDT s’opposent à la réforme qui ferait passer de 1 590 heures à 1 607 heures annuelles leur temps du travail, disposition prévue par la loi. "Les droits acquis à la faveur de l’ancienneté sont aussi remis en cause. Tout mis bout à bout, c’est cinq ou six jours de jours de repos que vont perdre les agents", calcule Didier Brugière. »
Les agents protestent aussi contre le jour de carence en cas d’arrêt maladie déjà institué et la mise en place d’un nouveau régime indemnitaire, jugé peu favorable. »
Bref, des attaques dans lesquelles partout les travailleurs territoriaux se reconnaîtront.
Ils sont le nombre : 2 millions !
Ils représentent ensemble une gigantesque force.

lundi 4 juin 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 4 juin 2018 : « Les travailleurs ont les moyens de faire reculer gouvernement et patronat »


Les travailleurs ont les moyens de faire reculer gouvernement et patronat



Les salariés de Carrefour étaient appelés à la grève lundi 4 juin. 2 100 travailleurs risquent de perdre leur emploi après la décision du groupe de se débarrasser de 273 magasins de proximité. Carrefour a réalisé plus de 700 millions de bénéfices dont près de la moitié va dans les poches des actionnaires.

Pour la famille Moulin, une des grandes fortunes du pays, qui possède plus de 10 % du capital, ou pour le milliardaire Bernard Arnault, qui en détient 8 %, ça ne suffit pas. C’est en taillant dans les emplois que Carrefour garantit les profits financiers des actionnaires plus élevés. Et c’est le même scénario partout : c’est le niveau de rentabilité attendu par la bourgeoisie qui décide de notre avenir. Malgré la crise de leur système, quels que soient la conjoncture ou le taux de croissance de leur économie, les capitalistes continuent à engranger des milliards qui viennent du recul de nos conditions de vie et de travail.

Au gouvernement, on nous dit que tout le monde a sa chance. La réforme des retraites que Macron prépare nous est présentée comme un pas vers l’égalité et la liberté. Pensez donc, avec son régime à points, chaque euro cotisé donnerait une valeur identique pour la retraite…. et tant pis si les salaires – et donc les euros cotisés – ne sont, eux, pas du tout identiques ! Et puis arrivé à l’âge légal de départ, chaque salarié pourrait choisir de prendre ou non sa retraite, en fonction « d’arbitrages personnels ». Comme s’il s’agissait d’un choix pour les plus mal payés !

Les hauts dirigeants de Carrefour, qui se sont voté une augmentation de près de 80 %, les PDG munis de parachutes dorés et autres bonus en actions, ne s’angoissent pas sur le nombre de trimestres validés pour leur pension ! Mais, du côté des travailleurs, où est la liberté ?

Où est la liberté des travailleurs de Carrefour qui ne savent pas s’ils auront encore un salaire le mois prochain ? Où est la liberté des ouvriers de plus de 50 ans, cassés par le travail, qui risquent d’enchaîner des années de chômage et de minima sociaux avec une retraite de misère ?

Parler de choix personnels pour la retraite, c’est un mensonge odieux de plus ! Les travailleurs ne seront pas plus libres de choisir au moment de la retraite qu’ils ne le sont dans le choix d’un travail, du quartier où vivre et du logement qu’ils peuvent payer ou des études auxquelles ils ont accès. Dans les quartiers populaires, on vit sous la dictature des fins de mois impossibles à boucler.

Cette dictature du grand capital est orchestrée par le gouvernement. Comme ses prédécesseurs, Macron est à plat ventre devant ses exigences. Après le code du travail, les mesures envisagées sur la retraite s’inscrivent dans la même offensive contre les travailleurs. Avec cette réforme, Macron voudrait faire passer en douce le nivellement par le bas, la baisse des pensions et le recul de l’âge de départ en retraite !

La réforme de la SNCF va dans le même sens. Pour Macron, il s’agit de faire la démonstration qu’il peut imposer aux cheminots, comme à tous les travailleurs, le recul de leurs conditions de vie et de travail.

Les médias, inspirés par les compétitions sportives du moment, parlent du match entre les cheminots et Macron et se demandent qui va remporter la première manche.

Mais refuser d’accepter la précarité pour les futurs embauchés, la perte de droits, se battre pour son salaire, pour ses conditions de travail, ce n’est pas un jeu ! Pour les cheminots, pour les travailleurs de Carrefour, pour l’ensemble du monde du travail, c’est une question de survie. Et si les cheminots ne peuvent pas, à eux seuls, faire reculer la bourgeoisie, en engageant le combat, ils ont quand même déjà remporté une victoire. 

La guerre de classe n’est pas le produit de la volonté malfaisante de Macron, tout odieux soit-il. Elle est menée en permanence par les capitalistes qui dominent cette société. Tant qu’ils auront le sentiment de pouvoir continuer, tant que leur emprise sur l’économie ne sera pas remise en cause, la machine à broyer nos conditions de vie et de travail ira de l’avant.

Sous le règne capitaliste, la lutte pour  nos conditions d’existence est une bataille permanente. Mais nous avons les moyens de contester ce règne. Car c’est notre travail qui fait fonctionner toute la société et qui alimente la pompe à profits de la bourgeoisie. En ripostant avec nos moyens, par la grève et les manifestations, par des occupations d’usine comme en juin 1936, nous pouvons menacer sa domination. C’est en lui faisant peur de tout perdre que nous obligerons la classe capitaliste à reculer.

Contrat de travail : la voie de leur maître


Le patronat dicte l’avenir



La commission des Affaires sociales de l'Assemblée vient de voter un amendement au projet de loi « avenir professionnel » qui ouvre la possibilité de remplacer plusieurs salariés absents (simultanément ou successivement) par un seul CDD, ce qu’interdit aujourd’hui la jurisprudence. Une mesure de plus qui ira droit au cœur, c’est-à-dire au portefeuille, du Medef qui l’avait exigée à plusieurs reprises.
Inscrire la précarité dans la loi offre un travail à plein temps à tous les serviteurs de la bourgeoisie.