vendredi 11 mai 2018

Migrants : deux morts à Paris


Une politique criminelle

  

Deux migrants sont morts à Paris ces jours derniers. Ils se sont noyés l’un dans le canal Saint-Martin, l’autre dans le canal Saint-Denis. Ces deux décès ne sont pas dus au hasard mais à la situation catastrophique des 3 000 migrants installés dans des tentes le long des quais.
La responsabilité en incombe aux autorités de la ville et du gouvernement qui auraient les moyens de mettre, au minimum, à la disposition de ces réfugiés des centres d’accueil corrects.
Inhumain et révoltant !

jeudi 10 mai 2018

Grève des cheminots, la mobilisation continue. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


La mobilisation continue

08 Mai 2018

Comme prévu, les rencontres du 7 mai entre Édouard Philippe et les syndicats de cheminots n’ont rien donné. Le Premier ministre avait annoncé à l’avance qu’il n’accepterait pas de revenir sur la fin du statut, la transformation de la SNCF en société anonyme et l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Il maintient donc intégralement jusqu’à présent son plan de démolition concernant l’emploi et les conditions de travail des cheminots. C’est ce plan que les cheminots rejettent depuis plus d’un mois par la grève et les manifestations.



À l’issue de la réunion, les syndicats ont salué le changement d’attitude de Philippe qui a proposé de les revoir le 24 ou 25 mai. « La main tendue mais ferme » de Philippe aux syndicats est l’aveu que le gouvernement ne parvient pas à faire cesser le mouvement de grève des cheminots et qu’il tente, pour cela, de composer avec les syndicats, ce qu’il se refusait à faire jusqu’à présent. Et la période qui s’ouvre verra sans doute des manœuvres afin de faire prendre des vessies pour des lanternes aux cheminots, pour les amener à cesser leur mouvement.

Il en va ainsi de l’annonce aux syndicats d’une reprise par l’État de la dette de SNCF Réseau, pour un montant qui sera précisé le 23 mai. Ce n’est en aucun cas un recul du gouvernement ou une victoire des grévistes : cette dette n’a jamais été celle des cheminots.

Pour l’heure, les syndicats appellent tous à continuer le mouvement de grève. Celui-ci est toujours extrêmement solide. Ainsi le jeudi 3 mai, selon les chiffres de la SNCF, le taux de grévistes était légèrement supérieur à celui du mardi 24 avril avec 27,8 % de grévistes à l’exécution. Le 4 mai, il progressait encore légèrement et 63 % des conducteurs étaient en grève, ainsi que 58,9 % des contrôleurs.

La CGT indiquait que les 3 et 4 mai, plus de 12 000 cheminots avaient participé aux assemblées générales. Le 3 mai, elle notait que 4 000 cheminots avaient manifesté à Paris, 1 500 à Montpellier, 700 à Lyon, bien souvent dans des cortèges communs avec d’autres secteurs. Dans de nombreuses villes, des centaines de cheminots à chaque fois ont interpellé le préfet, comme à Rennes, Lille, Nice et Toulouse. Des rencontres avec les usagers, des opérations sur les péages, rentables financièrement et moralement, ont été organisées.

Le nouvel épisode de grève de 48 heures des 8 et 9 mai s’annonçait à nouveau important, même si des jours fériés et des ponts pouvaient diminuer la participation aux actions.

Une nouvelle intersyndicale était prévue le mercredi 9 mai. D’ores et déjà, dans de nombreux secteurs, la perspective de faire du 14 mai une journée « sans cheminots » a été discutée comme un objectif de renforcement, d’approfondissement de la grève. Il s’agit de convaincre, d’entraîner ce jour-là les cheminots opposés au pacte ferroviaire, mais jusqu’à présent peu ou pas encore mobilisés, à se joindre massivement au mouvement. Le succès de cette journée peut impulser une nouvelle dynamique de la lutte. Ce n’est effectivement pas autour du tapis vert, ni dans les salons de Matignon, qu’on peut obtenir satisfaction. C’est en continuant fermement sur la route engagée : celle de la grève et de la mobilisation générale des travailleurs du rail.

                                                      Christian BERNAC (Lutte ouvrière n°2597)

Université, la lutte continue, Rennes, Toulouse, Limoges…


Pas de vacances pour les luttes !

 
Lundi 7 mai, pas loin de 500 étudiants de l'université de Rennes 2 se sont rassemblés en assemblée générale, avec des membres du personnel de l'université, en pleine semaine de congé et au milieu d'un pont.
     Si l'inquiétude sur les résultats des examens reste palpable, les étudiants ont néanmoins voté à une large majorité de continuer le blocage avec occupation jusqu'à la prochaine AG prévue le 17 mai, 2 jours d'ouverture administrative pour permettre à l'administration de mettre en ligne des sujets de devoirs à la maison qui devraient remplacer les examens, la participation aux journées de mobilisations nationales des 16, 22 et 26 mai, ...
     Enfin, l'occupation continue avec des concerts, des débats, des conférences et des projections. Des rencontres avec la population des quartiers populaires qui entourent l'université sont envisagées, pour discuter ensemble des moyens de se défendre contre toutes les attaques du gouvernement.


Là, à Toulouse, hier

Violence, retour sur le 1er Mai, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Incidents du 1er Mai : une violence apolitique et stérile

Le succès d‘affluence de la manifestation parisienne du 1er mai a été occulté par les actions violentes de quelques groupes. Ces 1 200 personnes, selon la police, que la presse désigne sous le nom de Black blocs, ont saccagé des commerces et se sont affrontées aux CRS.
Beaucoup de manifestants, empêchés de défiler et de s’exprimer, étaient légitimement en colère contre cette minorité qui a parasité la manifestation pour mener sa petite guérilla urbaine. Elle a imposé ses méthodes violentes à des dizaines de milliers de personnes qui n’étaient pas venues pour cela et leur a ainsi confisqué la parole.
Tout cela n’a rien à voir avec la défense des intérêts ouvriers. Les partis ouvriers révolutionnaires ont toujours défendu leur politique ouvertement devant l’ensemble des travailleurs. Ils cherchent à convaincre, à organiser et à entraîner dans l’action collective le maximum d’entre eux. Lorsqu’on aspire réellement à transformer la société, on sait aussi que cela ne sera possible que s’il y a l’intervention de la grande masse des travailleurs et leur participation consciente aux décisions. « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », dont Marx avait fait la devise du parti ouvrier, n’est pas une phrase en l’air.
Les Black blocs n’ont été choisis ou élus par personne : ils agissent comme s’ils étaient le bras armé de manifestants qui ne leur ont rien demandé et qui ignorent même non seulement leurs idées mais qui ils sont. Les travailleurs n’ont pas besoin de sauveur suprême dans les élections, mais ils n’en ont pas besoin non plus dans la rue.
Certains, parmi la jeunesse et les manifestants, pensent que les casseurs se font davantage entendre. Mais que disent-ils au juste ? Et par qui se font-ils entendre ? On l’a vu le soir même du 1er mai, c’est le gouvernement, le préfet de police et le ministre de l’Intérieur qui ont paradé. Avec l’aide des médias, ils ont pu se servir des scènes de violence gratuite pour tenter de faire peur et surtout pour masquer les revendications et le succès de cette manifestation qui avait regroupé près de 200 000 personnes dans tout le pays.
Le gouvernement et les médias ont voulu se donner le beau rôle en dénonçant la violence des Black blocs. Mais ce gouvernement, qui bombarde en Syrie, matraque et pourchasse les migrants ici et s’attaque aux conditions de vie de la grande majorité pour le bonheur des privilégiés, peut garder ses leçons de non-violence ! La société capitaliste, l’exploitation, l’injustice, le racisme s’abattent avec brutalité sur des millions de femmes et d’hommes. Ceux-ci subissent la violence du chômage, celle de ne pas pouvoir se loger, se soigner et vivre décemment. Et la crise, c’est-à-dire la faillite de l’organisation capitaliste de la société et de ceux qui la dirigent, ne peut que provoquer ce genre de réactions épidermiques.
Mais, s’il y a de quoi avoir la haine contre ce système, la rage qui consiste à se défouler sur les CRS, briser des vitrines et brûler des voitures parce que ce seraient des symboles du capitalisme, est un faux radicalisme. L’objectif de véritables révolutionnaires est de renverser le pouvoir de la bourgeoisie et de l’exproprier, pour lui enlever son monopole sur la direction de la société. De petits groupes, même décidés, sont incapables de le faire. Seule la grande masse consciente des exploités peut y parvenir et c’est aussi avec la mobilisation la plus large et la conscience politique du plus grand nombre qu’il sera possible de bâtir une nouvelle société, organisée pour satisfaire les besoins de tous.
Ceux qui sont éloignés du monde du travail sont prompts à considérer que les moyens du mouvement ouvrier, les manifestations, jugées trop tranquilles, les grèves, l’organisation de classe et le militantisme politique, ne servent plus à rien. Pour des révolutionnaires, tous ces moyens, y compris les élections, peuvent contribuer au but final, à condition qu’ils soient utilisés pour approfondir la conscience des exploités. Dans un système qui apprend aux exploités à baisser la tête et les habitue à subir, oser contester, manifester et faire grève pour défendre ses intérêts, c’est déjà relever la tête, comme le montrent en ce moment les cheminots. Ce sont des prises de conscience souvent invisibles mais ce sont elles qui comptent, car toutes les révolutions commencent déjà dans les esprits.

                                               Lila VERMER (Lutte ouvrière n°2597)

Agenda militant de mai. A suivre...


Lundi 14 mai


Journée de mobilisation locale en soutien aux cheminots à l'initiative de l'Union Locale des syndicats CGT d'Argenteuil


Mardi 15 mai
Les militants de Lutte ouvrière de Bezons et Argenteuil organisent une
Réunion de Lutte ouvrière
19 heures
« Quelques leçons de Mai 68 »
Salle des Pierrats
Résidence des Pierrats
Rue Maurice Berteaux
(Près du Théâtre Paul Eluard)

La fête de Lutte ouvrière à Presles, les 19, 20, et 21 mai 2018

Le 10.05.18.

Bonjour,

La fête de Lutte ouvrière à Presles approche maintenant à très grands pas. Elle aura lieu dans quinze jours maintenant, les 19, 20 et 21 mai prochains lors du week-end de la Pentecôte. L’anniversaire de Mai 68 y occupera une place importante. Pour le reste, vous retrouverez la fête que vous connaissez, chaleureuse, culturelle, et fraternelle.
         Sur place, le billet d’entrée pour les trois jours coûtera 20 euros. L’entrée est gratuite pour les enfants accompagnés de moins de 14 ans. Réservé auprès de moi, pour ma part avant dimanche 13 mai midi, ce billet coûte 15 euros. Donc, il vous reste une semaine pour vous les procurer auprès de moi. Par ailleurs des bons de réduction sont également en vente. Un bon acheté maintenant coûte 4 euros et permettra d’acheter pour 5 euros sur place. Une réduction de 20 % ! C’est merveilleux ! Mais auprès de moi, seulement avant dimanche 13 mai midi !
         Donc, vous pouvez me passer les commandes. Si vous payez en chèques, ceux- ci sont à libellés à l’ordre de « Lutte ouvrière la fête ». 

         Il faut les commander via mon mail, ou en me téléphonant.
         A bientôt, et
                   Salut et fraternité, 
                                                         Dominique 

                        MDommarie@aol.com                    06.99.49.98.64.

Le site de la fête : 


Le chapiteau scientifique 



Pour changer le monde il faut le comprendre

Scientifiques et chercheurs


Des spécialistes viennent exposer de manière simple et accessible certaines de leurs recherches, et répondre aux questions du public.  

Samedi 19 mai
  • 14:30
David Fossé (journaliste scientifique, rédacteur en chef adjoint de "Ciel et Espace")
« Exoplanètes - des planètes découvertes par milliers hors du système solaire : l'extravagante pluralité de mondes »
https://twitter.com/d_fosse?lang=fr
  • 16:00
Alban Orsini (écrivain, critique de théâtre, auteur de "Merci pour ce diabète ! Journal scientifique et humoristique d'un diabétique")
« Le diabète : chronique médicale et humaine d'un dysfonctionnement du corps qui vous tombe dessus sans prévenir.. »
https://www.youtube.com/watch?v=G7mIzmGdLmA
  • 17:30
Pauline Zarrouk (astrophysicienne, doctorante en cosmologie au CEA)
« Matière noire, énergie noire, etc. : un aperçu des grandes questions actuelles en astrophysique »
https://www.franceculture.fr/sciences/pauline-zarrouk-26-ans-mes-premieres-observations-dastrophysicienne
  • 19:00
Marc-André Selosse (professeur au Museum National d’Histoire Naturelle)
« Jamais seul. Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations »
https://www.youtube.com/watch?v=8u0ofGC9ujE
  • 20:30
Hervé Dole (astrophysicien à l’Institut d’Astrophysique Spatiale d’Orsay)
« Une balade en images dans l’univers, pour s’émerveiller et chercher à comprendre »
https://www.ias.u-psud.fr/dole/

Dimanche 20 mai
  • 10:30
Vincent Lebon (chercheur au CEA, responsable du Service Hospitalier Frédéric Joliot à Orsay)
« Lire dans le cerveau grâce à l'imagerie médicale »
http://www.cea.fr/multimedia/pages/videos/culture-scientifique/sante-sciences-du-vivant/imagerie-medicale-service-nouvelles-therapies.aspx
  • 12:00
François Costard (géologue, chercheur en planétologie au CNRS)
« A la recherche de la vie sur Mars : mais où est passée l'eau ? »
http://planeto.geol.u-psud.fr/spip.php?article102
  • 13:30
Jean-Michel Graciès (médecin et chercheur, chef de service à l'hôpital Henri Mondor de Créteil)
« La maladie de Parkinson (et apparentées). Combattre la maladie par une activité intense : vous êtes fatigué, fatiguez-vous ! »
  • 16:00
Jean-Paul Demoule (archéologue, professeur émérite à l'université Panthéon Sorbonne,)
« La révolution néolithique : ces millénaires oubliés où l'invention de l'agriculture bouleversa profondément les sociétés de la préhistoire »
http://www.jeanpauldemoule.com/
  • 17:30
Amaëlle Landais (glaciologue et climatologue, laboratoire des sciences du climat et de l'environnement)
« (sur ce que l'étude des glaces de l'Antarctique et du Groënland nous apprend des climats du passé, titre à venir) »
https://www.youtube.com/watch?v=8e2jKwnJKss
  • 19:00
Stéphane Bortzmeyer (informaticien, spécialiste de l'infrastructure d'Internet)
« La surveillance d'Internet, qu'y a-t-il derrière notre écran ? »
https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Bortzmeyer
          20:30

Alain Chedotal (neurobiologiste, directeur de recherches INSERM, Institut de la Vision)
« Voir et comprendre les images en 3D du développement du cerveau du fœtus humain rendu transparent »
https://www.youtube.com/watch?v=hZ5du9cfjH4

Lundi 21 mai
        10:30

Michel Kreutzer (éthologue au laboratoire d'éthologie et cognition comparées, université de Nanterre La Défense)
« A quoi pensent les animaux ? Un casse-tête pour les scientifiques »
https://soundcloud.com/estim-science/acceder-a-la-vie-subjective
  • 12:00
Pascal Depaepe (préhistorien et archéologue à l'INRAP, co-commissaire de l'exposition "Néandertal" au Musée de l'Homme)
« Pourquoi l'homme de Neandertal a-t-il disparu ? »
https://www.20minutes.fr/sciences/2244931-20180328-expo-musee-homme-commun-homme-neandertal
  • 13:30
Christophe Lavelle (biophysicien, chercheur au CNRS et au Muséum d'Histoire Naturelle, participe à la formation des professeurs de cuisine)
« Gastronomie moléculaire : quand la science se penche sur nos casseroles »
https://drive.google.com/open?id=1UoJ-_ppiNuXE6OT6qnTNzwN-v2w5AgYf
         16:00

Dominique de Vienne (professeur émérite de génétique et évolution à l'Université de Paris-Sud)
« Comment la matière devient vivante : la notion d’émergence en biologie »
http://moulon.inra.fr/index.php/fr/actualite/363-dominique-de-vienne-devient-professeur-emerite-de-luniversite-paris-sud  

La suite sur 




Un car partira à 9 heures d’Argenteuil le dimanche 20 mai pour Presles. Trois arrêts : Joliot-Curie-mairie-Val Sud. Pour le retour du soir, départ de Presles à 19 heures. Il est gratuit. Il faut seulement s’inscrire… dans la limite des places disponibles. Faites vite, il reste encore des places.


22 mai 

Grève dans les fonctions publiques, et d’autres entreprises du privé

Argenteuil, fleurs, Domidep, Les Pensées


Un gâchis massif

 
Nous avons déjà longuement parlé du gâchis opéré face à l’hôtel de ville au sujet de la plate-bande de fleur. Construction, déconstruction d’une palissade, et actuellement un « chantier » abandonné…
         Mais pendant ce temps-là, le massif n’a pas été arrosé, et les plantes sont en train de griller…
         Bref, le gâchis continue.
 

Comme s’ils ne voyaient pas cela

 
Régulièrement nous évoquons l’ambiance à l’Ehpad des Pensées à Argenteuil où Domidep n’a toujours pas, apparemment, digéré le mouvement de grève d’un mois de l’an passé, qu’elle n’a toujours pas compris malgré le fait qu’elle en était à l’origine.
         Au-delà des sanctions, un autre phénomène marque l’Ehpad, le turn-over de travailleurs.
         Lorsque des travailleurs vont voir ailleurs dès qu’ils le peuvent, cela n’interpelle pas les responsables de Domidep ?

mercredi 9 mai 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce mardi 8 mai 2018 : « Contre l'arrogance de Macron, vive la lutte des travailleurs ! »



Contre l'arrogance de Macron, 
vive la lutte des travailleurs !

Pour célébrer sa première année à l’Élysée, Macron s’est offert un reportage à une heure de grande écoute sur France 3. On a pu le voir serrer la main de Trump, accueillir Poutine à Versailles, enterrer Johnny ou dialoguer avec des petits enfants… mais pas se faire prendre à partie par des travailleurs en colère ou des retraités indignés.

Ce reportage à sa gloire a évité les sujets qui fâchent. Pourtant, Macron n’a pas pu s’empêcher d’exprimer son mépris habituel pour « ceux qui font une tragédie dès qu’on leur parle de réforme », qui pensent que le « summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL » et qui n’auraient ni idéal, ni soif d’absolu.

Tout juste évoquées, la lutte des cheminots et la sympathie qu’elle suscite parmi les travailleurs sont attribuées à un pays « rétif au changement » et rempli « d’aristocrates égalitaires » qui se cabrent parce que c’est dans leur nature.

Pendant que Macron joue les grands hommes et veut réduire toute contestation de ses attaques à des caprices de travailleurs trop gâtés, la lutte des cheminots continue.

Et cette mobilisation qui dure, le refus des cheminots d’accepter le recul de leurs conditions de vie et de travail sont autant d’encouragements pour tous les travailleurs qui veulent se battre.

C’est le cas des salariés d’Air France. Après des années de blocage des salaires, des milliers d’emplois sacrifiés et des jours de congés supprimés au prétexte de redresser l’entreprise, ces travailleurs, des mécanos aux pilotes en passant par le personnel commercial, réclament 6 % d’augmentation. « Insoutenable pour l’entreprise ! » répliquait son PDG Janaillac, qui est payé lui-même plus d’un million d’euros annuels et a augmenté de 28 % la rétribution des membres du conseil d’administration de l’entreprise !

Janaillac voulait faire cautionner par les salariés un accord sur 2 % de hausse des salaires, conditionnant d’éventuelles futures augmentations aux résultats de l’entreprise et avec une clause anti grève par-dessus le marché. Il était tellement sûr de gagner qu’il a soumis cet accord à référendum, en mettant sa démission dans la balance si le « oui » ne l’emportait pas. Le voilà donc éjecté, après que les salariés se sont massivement prononcés pour le « non », malgré la pression de la hiérarchie et des médias !

Les chantages exercés sur les travailleurs d’Air France, sur ceux de la SNCF, n’ont pas fonctionné. Aux cheminots, la ministre des Transports explique que leur grève met l’avenir du chemin de fer en danger. Le Maire, le ministre de l’Économie, fait la leçon aux travailleurs d’Air France en prétendant que la survie de l’entreprise est en jeu, que leurs demandes sont injustifiées et que la grève coûte cher. La belle affaire ! Les dirigeants n’ont qu’à satisfaire les demandes des travailleurs pour mettre fin au mouvement !

Les ministres ont beau s’étrangler de rage contre les grévistes, la contestation de sa politique met le gouvernement en difficulté. Elle a même obligé Macron à envoyer son Premier ministre, Édouard Philippe, discuter avec les responsables syndicaux des cheminots.

Comme on pouvait s’y attendre, il n’en est rien sorti. Philippe avait prévenu qu’il voulait bien tendre la main mais sans rien mettre dedans, puisqu’il n’était pas question de discuter des conditions de travail, ni de la fin du recrutement au statut, ni de l’ouverture à la concurrence, ni de la réorganisation de la SNCF. Tout juste a-t-il promis une autre rencontre et la possibilité de discuter de la reprise d’une partie de la dette. Comme si les cheminots étaient concernés par la dette, résultat des ponts d’or faits aux grands groupes capitalistes, notamment pour construire les lignes TGV !

À travers le bras de fer engagé contre les cheminots, le gouvernement Macron veut faire la démonstration qu’il n’y a pas d’autre choix pour les travailleurs que de se plier à la politique de régression qu’il mène, pas d’autre choix pour l’ensemble des classes populaires que d’accepter de payer ses cadeaux à la grande bourgeoisie. Et à ce rouleau compresseur contre le monde du travail, Macron ajoute sa morgue et son mépris.

Eh bien, il aura réussi à faire l’unanimité contre lui parmi les travailleurs ! Et pas seulement ceux de la SNCF ou d’Air France, mais tous ceux qui se sentent représentés par leurs mouvements. 

La lutte des cheminots a contribué à changer le climat social, comme le montre le succès des manifestations. D’autres journées sont annoncées au mois de mai. À chaque temps fort, à chaque mobilisation, participons le plus nombreux possible pour dire que les travailleurs qui se battent pour leurs droits ont raison !

Air France : le PDG débarqué par le personnel. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître.


Air France : le PDG débarqué par le personnel

Par 55,44 % des voix et à plus de 80 % de votants, les 46 771 salariés d’Air France ont dit non à leur direction. Malgré des semaines d’intense propagande interne, de pressions de l’encadrement et de pilonnage des médias, les dirigeants de la compagnie et tous ceux qui les soutenaient viennent de prendre une gifle magistrale.
Après sept ans de gel salarial, 10 000 emplois supprimés, la suppression de jours de repos, l’augmentation des vols et rotations pour les navigants, la direction d’Air France voulait faire approuver des augmentations dérisoires : d’abord 1 % sur 2018, puis un maximum de 7 % étalés sur quatre ans, le tout assorti d’une clause antigrève.
Pour convaincre le personnel qu’il devait voter oui, et qu’en tout cas l’opinion publique n’était pas de son côté, les médias ont fait chorus avec la direction de la compagnie. Ils ont dénoncé comme des irresponsables et des privilégiés ces salariés qui faisaient grève pour 6 % de rattrapage salarial, alors que beaucoup ne gagnent pas 1 400 euros net. Et ils ont joué l’air de la division, en prétendant que les pilotes ont des intérêts opposés à ceux du reste du personnel et que, si elles font grève, les autres catégories se mobilisent peu.
Tout ce petit monde, et d’abord le PDG qui avait mis sa démission dans la balance, était si sûr de son coup que, le 4 mai, au dernier jour du scrutin, Aujourd’hui en France voyait « les salariés pencher pour le oui » et que Libération tablait sur « l’hypothèse probable où le oui l’emporte ».
Pourtant, malgré leur mépris de classe pour des travailleurs qu’ils imaginent corvéables et malléables à merci, ceux d’Air France n’ont pas marché.
Car trop c’est trop. Et depuis trop de temps. Pour ceux des ateliers qui, fin 2016, avaient fait grève spontanément à plusieurs milliers contre un énième plan d’externalisation, forçant ainsi la direction à reculer. Pour ceux qui, depuis fin 2017, réclament ici et là des revalorisations de carrière, en clair des hausses de salaire. Et, bien sûr, pour tous ceux et toutes celles qui, depuis février, exigent 6 %. Cette revendication unit, toutes catégories confondues, mécanos-avion et hôtesses, bagagistes et pilotes en un même mouvement, au grand déplaisir d’une direction qui compte d’habitude sur le corporatisme pour diviser et donc pour régner.
Au fil d’une quinzaine de jours d’arrêt de travail, beaucoup n’ont fait que quelques heures de grève, voire n’en ont fait aucune, car ils pensaient ne pas en avoir les moyens ou que la direction ne céderait pas. Mais ils n’en voyaient pas moins celle-ci comme leur ennemie. Et puis, les premières grèves pour les 6 % ayant coïncidé avec le début du mouvement à la SNCF, il y a le sentiment diffus qu’à Air France comme ailleurs patronat et gouvernement mènent une attaque générale contre les travailleurs, et qu’il faut au moins montrer qu’on ne l’accepte pas.
C’est tout cela qui est revenu dans la figure de la direction d’Air France le 4 mai. Et dès le lendemain les travailleurs affichaient leur satisfaction de lui avoir infligé un camouflet.
Le PDG Janaillac est démissionnaire depuis qu’il a été envoyé sur les roses au propre comme au figuré, lui qui se vante de posséder (entre autres) une propriété en Dordogne assez vaste pour abriter des centaines de rosiers. En attendant qu’il se taille pour aller les tailler, son ultime appel à ne pas faire grève les lundi 7 et mardi 8 mai a fait plouf.
La direction et le gouvernement voudraient utiliser le départ du PDG et le choix de son remplaçant pour semer l’inquiétude en serinant qu’Air France « est en grand péril ». C’est qu’ils espèrent ainsi faire oublier à ses salariés ce qui reste pour eux l’essentiel : obtenir l’augmentation de salaire de 6 % demandée.

                                            Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2597)