mercredi 18 octobre 2017

Argenteuil défense de Jean Vilar, nouvelles





Un marché, élément central de la vie sociale


Si le « projet Héloïse » se réalisait, on peut craindre la disparition du marché du même nom. Problèmes de circulation, de niveau de la chalandise aux antipodes de ce qu’envisage le projet, toutes les craintes sont fondées. D’autant plus que la réalisation du « projet Héloïse » serait la preuve que l’on peut facilement déclasser ces parcelles publiques de « L’île » encore naturelles pour les lotir.
         Le maire d’Argenteuil prévoit deux ans, deux ans et demi de travaux. Et pendant ce temps, où iront se garer les habitués du marché ?
         Refuser le « projet Héloïse » aujourd’hui, c’est défendre la pérennité du marché pour demain.


                                                                     




3500 signatures, et ça continue

La pétition-papier du Comité de défense de Jean Vilar vient de franchir le cap des 3500 signatures. Il y a toujours la même surprise quand les habitants découvrent ce qui est en train de se préparer. Toujours le même soutien à l’action du Comité Jean Vilar. On peut estimer à plus de 80 % le refus de ce projet calamiteux.

Les migrants face aux pénuries du système de santé


Un risque d’aggravation d’une situation déjà très précaire


L'assemblée nationale va discuter de l'avenir de l'Aide médicale d'état (AME), destinée aux malades sans couverture sociale, en particulier les migrants à condition qu'ils résident sur le territoire depuis au moins trois mois. Ce délai est loin d'être simple à prouver, pour des migrants vivants dans des conditions de clandestinité.
         Et même ceux qui peuvent en bénéficier se heurtent, lorsqu'ils consultent à l'hôpital, à des refus motivés par la logique comptable de la santé publique. En particulier, la psychiatrie ne peut pas financer les interprètes nécessaires à la prise en charge des traumatismes vécus par des migrants non francophones.
         La pénurie de moyens du système de santé pèse sur les plus démunis, et les migrants  sont aux premières loges.

Révolution russe de 1917 : en France, les soldats russes aussi


16-20 septembre 1917 : la répression contre les soldats russes en France

Le 16 septembre 1917, à dix heures, les premiers obus tombaient sur le camp militaire de La Courtine, situé dans la Creuse, où dix mille soldats russes mutinés se trouvaient retranchés depuis le mois de juin. L’assaut était mené par les troupes russes qui avaient combattu depuis un an sur le sol français et qui demeuraient fidèles au gouvernement provisoire de Kérenski. Appuyé par plusieurs milliers de soldats français, il allait être mené trois jours durant à coups de canons et de mitrailleuses pour briser la plus longue et la plus profonde mutinerie survenue sur le front occidental au cours de la Première Guerre mondiale.
Dans ce conflit, la Russie tsariste était alliée à la France et à la Grande-Bretagne, ses principaux créanciers, mais en situation de subordonnée. À l’été 1914, elle avait lancé sous leur pression une offensive contre l’Allemagne et ­l’Autriche-Hongrie alors que sa mobilisation était à peine engagée et ses armées sous-équipées. En décembre 1915, la France imposa, en échange de quelques caisses de matériel militaire, que la Russie la laisse prélever dans son supposé « réservoir humain inépuisable » des troupes destinées à servir sur le front français et auprès de l’armée d’Orient. C’est ainsi que deux brigades, la 1re et la 3e, soit environ 20 000 hommes, furent envoyées en France à partir de février 1916, et deux autres à Salonique.

La contagion de la révolution

La presse française, soumise au pouvoir français et souvent alimentée par les fonds secrets de l’empire russe, présenta ces unités commandées par des chefs issus de la haute noblesse et dévoués au tsar et à son régime comme des troupes d’élite exemplaires, obéissantes et pétries par la foi que rien ne viendrait ébranler. Elles défilèrent, derrière leurs popes, à Marseille en avril et dans les rues de Paris à l’occasion du 14 juillet 1916, puis furent conduites au front. À l’enfer des combats s’ajouta la discipline de fer imposée par le commandement, y compris à l’aide de châtiments corporels.
Lorsque survint la révolution de février en Russie, le corps des officiers en retarda l’annonce le plus longtemps qu’il put. Mais la majorité des hommes en avaient déjà pris connaissance, grâce aux contacts amicaux qu’ils avaient noués avec des soldats français, mais aussi par l’intermédiaire des militants révolutionnaires exilés en France qui, malgré la censure, étaient parvenus à transmettre quelques journaux et des tracts. Des liens furent établis également dans les hôpitaux de la région parisienne où certains blessés avaient été soignés.
Ainsi que l’écrivit Trotsky dans son Histoire de la révolution, ces soldats « avaient apporté une terrible contagion à travers les mers, dans leurs musettes de toile, dans les plis de leurs capotes et dans le secret de leurs âmes ». Se saisissant des nouveaux droits du soldat proclamés en Russie dans l’ordre n°1 par le soviet de Petrograd, réduisant à néant la toute puissance des officiers caractérisant jusque-là l’armée tsariste, la troupe élut ses délégués. Se constituant en soviet à la stupeur des autorités françaises, elle exigea d’être rapatriée au plus vite, ce qui lui fut refusé. L’offensive du 16 avril 1917 dans laquelle ces unités furent jetées avec l’essentiel des unités françaises sur le Chemin des Dames fut une hécatombe : elles comptèrent plusieurs milliers de morts et des centaines de blessés en trois jours d’atroces affrontements.
La colère de la troupe se dressa alors ouvertement contre tout ce qui représentait l’Ancien Régime. Les officiers furent désignés comme des « buveurs de sang ». Au sein de la 1re brigade, dans laquelle avaient été incorporés de nombreux ouvriers de la région de Moscou, leur autorité fut bientôt réduite à néant. Pour éviter toute contagion révolutionnaire, au moment même où les troupes françaises elles-mêmes commençaient à être touchées par un vaste mouvement de mutineries et de contestation de la guerre, les deux brigades furent retirées du front. Le 1er mai du calendrier russe, elles manifestèrent en reprenant des chants révolutionnaires, banderoles à l’appui et en conspuant leurs généraux. Pétain, qui venait d’être nommé commandant en chef des armées, décida de les transférer de toute urgence au camp militaire de La Courtine, dans la Creuse, loin donc de tout contact avec la troupe et la population des villes.

Les commandements russe et français mènent la répression

Peu après leur arrivée à la fin juin, les dix mille soldats de la 1re brigade, qui avaient conservé leur armement, expulsèrent tous leurs officiers. Affirmant fièrement qu’ils étaient les maîtres du camp, ils tinrent des meetings plusieurs fois par jour et continuèrent à exiger leur retour en Russie. Le commandement conservait encore suffisamment d’autorité sur la 3e brigade pour l’éloigner à plusieurs kilomètres. Mais il finit par l’envoyer au camp militaire du Courneau, dans le bassin d’Arcachon, pour empêcher qu’elle ne basculât à son tour dans une mutinerie ouverte.
Kérenski n’eut de cesse d’exiger la soumission des mutins, et dépêcha ses émissaires sur place. Ceux-ci exhortèrent en vain la troupe à se soumettre et à rendre ses armes en échange de vagues promesses. Après deux mois et demi de face-à-face, d’ultimatums, de menaces et de privation de nourriture, le gouvernement provisoire russe, encouragé fortement par les autorités françaises, décida d’obtenir la reddition des mutins par la force.
Après sélection, il réunit dans ce but une partie des soldats de la 3e brigade et une unité d’artillerie russe de passage en France, soit plus de 5 000 hommes. Le gouvernement français fit mettre en place un cordon formé d’autant de soldats en deuxième ligne pour l’appuyer. La population de La Courtine et des villages environnants, qui avait jusque-là cohabité avec les mutins, fut évacuée tandis que des tranchées étaient creusées et des batteries de 75 positionnées.
Après trois jours d’affrontements, les derniers rebelles se rendirent. Les membres du comité du camp et tous ceux considérés comme des meneurs furent arrêtés, avant d’être pour la plupart déportés dans un fort sur l’île d’Aix. Officiellement, l’assaut avait fait neuf morts et quelques dizaines de blessés. Mais il n’enraya pas la « décomposition » des troupes russes en France.
La révolution continua son œuvre de sape, y compris au sein de l’unité qui avait participé à la répression. Contraints dès l’automne 1917 à travailler dans de dures conditions et sous une stricte surveillance, déportés pour plusieurs milliers d’entre eux en Algérie, en prison ou dans des camps, ces soldats russes continuèrent à défendre les idéaux de la révolution et le pouvoir bolchevik malgré la censure et la propagande dont ils furent l’objet, témoignant ainsi, à des milliers de kilomètres, de la puissance émancipatrice de cette révolution.
Mais l’immense majorité d’entre eux durent attendre 1920 pour retrouver la Russie après un long bras de fer entre les dirigeants bolcheviks et le gouvernement français.

                                       Pierre DELAGE (Lutte ouvrière n°2565)






mardi 17 octobre 2017

Argenteuil Bezons, AB-Habitat, exit l’ex-maire et ex-député ?


De manœuvre en manœuvre



Loin des intérêts de ses salariés et des locataires, depuis plusieurs années, AB-Habitat va de péripétie en péripétie internes.
         Elu en mars 2014 maire d’Argenteuil, Georges Mothron croyait avoir enlevé en même temps le contrôle de l’Agglomération d’Argenteuil-Bezons et de l’Office HLM qui lui était adossé. Il avait mal calculé. Philippe Doucet demeura président de l’Agglomération et de l’Office. Georges Mothron se dirigea alors vers l’adhésion à la Métropole du Grand Paris, ce qui devait entraîner la liquidation de l’Agglomération et d’AB-Habitat.
         Pour sauver leur mainmise sur l’Office-HLM, le député et le maire de Bezons imposèrent la solution de la transformation de celui-ci en « coopérative HLM ». Ils bousculèrent les travailleurs de celle-ci, mettant des obstacles à leur « détachement » de la fonction publique. Ils tinrent totalement à l’écart de ces manœuvres les locataires. Cette « coopérative » n’eut de « coopérative » que le nom. Le maire de Bezons devint président de celle-ci, et Philippe Doucet, vice-président.
         Aujourd’hui, l’un et l’autre sont fâchés, et à l’occasion du conseil d’administration de la coopérative AB-Habitat qui doit avoir lieu ce jour, la suppression du poste de vice-président est à l’ordre du jour.
         Dernier acte d’une petite guerre faite d’une suite de manœuvres où l’intérêt collectif aura été totalement absent ?

Argenteuil « projet Héloïse » : quand le maire d’Argenteuil rêve


Bluette argenteuillaise



Lors de l’assemblée de la FNACA de vendredi dernier à laquelle nous assistions, Georges Mothron a tenté de rassurer  et est revenu sur la future salle polyvalente promise par l’investisseur Fiminco. Il s’agira bien, selon lui, chacun l’a bien entendu, d’une salle privée. Selon le maire d’Argenteuil, il y aura un contrat qui permettra l’occupation minimum au bénéfice de la Ville d’Argenteuil de la moitié du temps de fonctionnement de cette salle.
         Mais pourquoi n’avoir pas commencé par discuter de ce contrat avant le début du processus de vente de l’espace public et n'avoir pas conditionné la signature à celui-ci ?
         Imaginons qu’il y ait la moitié de ce temps pour Argenteuil, mais on imagine que ce ne sera pas pour les beaux yeux des Argenteuillai ! Alors, quel coût pour la commune et ses habitants ?
         Et pour combien de temps ?
         Nos édiles seraient-ils de ces gens qui commencent à poser le toit avant d’avoir édifier les fondations ?

La Poste : le timbre à la hausse et le « service au public » en très nette baisse


Il est loin le service public…  très loin même



Depuis 2015, La Poste a augmenté le prix du timbre rouge de 29 % pour l'amener à 85 centimes. Mais ce n'est pas assez pour l'Autorité de régulation qui vient d'autoriser La Poste à augmenter encore ses tarifs de 5 % l'an prochain, avec l'assentiment du gouvernement.
         On comprend comment La Poste a fait 849 millions d'euros de bénéfices l'an dernier, en hausse de 33% sur 2015, alors que les effectifs baissent et que les queues d'usagers s'allongent, comme on peut le constater à la poste principale d’Argenteuil, avenue Utrillo. Cette dernière a une superficie qui représente le tiers de l’ancien local non loin de là, les habitants étouffent, mais qu’importe pour les décideurs.

La Révolution russe de 1917 : (37) vers l’insurrection


Vers l’insurrection d’Octobre

Début octobre 1917, le gouvernement de Kerenski, soutenu par les conciliateurs mencheviks et socialistes-révolutionnaires (SR), se révèle impuissant. Son autorité se désagrège, tandis que la lutte entre la bourgeoisie et le prolétariat pour le pouvoir se dirige vers l’affrontement armé. John Reed, journaliste américain alors présent à Petrograd, a décrit dans Les dix jours qui ébranlèrent le monde l’insurrection elle-même, mais aussi la situation à la veille d’Octobre :
« Le gouvernement, déchiré entre les groupements démocratiques et réactionnaires, ne pouvait rien faire ; lorsqu’il était forcé d’agir, c’était toujours pour défendre les intérêts des classes possédantes. Il envoyait les cosaques rétablir l’ordre chez les paysans, briser les grèves. À Tachkent, les autorités décidèrent la dissolution du soviet. À Petrograd, au Conseil économique créé pour ranimer l’économie ravagée du pays, les forces opposées du capital et du travail aboutirent à une impasse ; Kerenski supprima le conseil. Les militaires de l’ancien régime, soutenus par les cadets, exigeaient l’adoption de mesures sévères pour restaurer la discipline dans les forces terrestres et navales. (…)
Sous prétexte que Petrograd était en danger, le gouvernement provisoire dressa des plans pour l’évacuation de la capitale. Les grandes usines de munitions devaient partir les premières pour être éparpillées à travers la Russie ; puis le gouvernement lui-même allait se transporter à Moscou. Aussitôt les bolcheviks déclarèrent que le gouvernement abandonnait la capitale rouge afin d’affaiblir la révolution. » La presse bourgeoise exultait : « Rodzianko, chef de l’aile droite des cadets, affirma dans le Outro Rossii (Le matin de la Russie) que la prise de Petrograd par les Allemands serait une bénédiction, parce qu’elle permettrait de détruire les soviets et de se débarrasser de la flotte révolutionnaire de la Baltique. »
Les mencheviks et les SR appelaient le gouvernement à empêcher l’ouverture du congrès panrusse des soviets, convoqué pour le 20 octobre et qui allait être finalement reporté au 25. De toute évidence, les conciliateurs allaient y être écartés et les bolcheviks obtenir la majorité. Du côté des travailleurs, des soldats et des paysans, la volonté d’en découdre avec la bourgeoisie n’avait jamais été aussi forte. John Reed voyait les délégués nouvellement élus arrivant à Petrograd pour le congrès : « De grands soldats barbus, des travailleurs en chemise noire, quelques paysans à la longue chevelure. La jeune fille qui les recevait (…) souriait avec mépris. ”Ils sont très différents des délégués au premier congrès, observa-t-elle. Voyez comme ils ont l’air ignare et grossier ! Des gens incultes !” C’était vrai : la Russie avait été remuée jusque dans ses profondeurs et à présent c’était le fond qui remontait à la surface. »
Lénine pressa alors le Parti bolchevique de déclencher l’insurrection sans attendre le congrès et écrivit : « La révolution est perdue si le gouvernement de Kerenski n’est pas renversé par les prolétaires et les soldats très prochainement... Il faut mobiliser toutes les forces pour inculquer aux ouvriers et aux soldats l’idée de l’absolue nécessité d’une lutte désespérée, dernière, décisive, pour le renversement du gouvernement de Kerenski. » Après deux jours de discussion acharnée, les 9 et 10 octobre, la direction du Parti bolchevique vota par dix voix contre deux le déclenchement de l’insurrection dans les jours suivants.
Elle adopta la résolution suivante rédigée par Lénine : « Le comité central reconnaît que la situation internationale de la révolution russe (mutinerie de la flotte en Allemagne, manifestation extrême de la croissance de la révolution socialiste mondiale dans toute l’Europe ; et, par ailleurs, menace de voir la paix impérialiste étouffer la révolution en Russie), de même que la situation militaire (décision indubitable de la bourgeoisie russe et de Kerenski et consorts, de livrer Petrograd aux Allemands), – de même que l’obtention par le parti prolétarien de la majorité aux soviets, – tout cela, lié au soulèvement paysan et au changement d’attitude du peuple qui fait confiance à notre parti (élections de Moscou) et enfin la préparation manifeste d’une nouvelle aventure Kornilov (retrait des troupes de Petrograd, transfert des cosaques à Petrograd, encerclement de Minsk par les cosaques, etc.) – tout cela met l’insurrection armée à l’ordre du jour. Considérant donc que l’insurrection armée est inévitable et tout à fait mûre, le comité central propose à toutes les organisations du parti de déterminer leur attitude en fonction de cet état de choses, d’examiner et de résoudre de ce point de vue toutes les questions pratiques. »





Vendredi 20 octobre
Meeting
1917-2017, la Révolution russe
à 20h30
Pour changer le monde, les travailleurs au pouvoir
Meeting avec Nathalie Arthaud, avec la
participation d'Arlette Laguiller
Palais de la Mutualité
24, rue Saint-Victor – Paris 5e
Métro : Maubert-Mutualité
Entrée libre
Le meeting sera retransmis sur https://www.lutte-ouvriere.org/direct

lundi 16 octobre 2017

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 16 octobre 2017



Contre Macron et sa politique, continuer de se faire entendre !

Lors de sa première interview télévisée depuis son élection, Macron n’a fait que répéter les mêmes contrevérités mille fois entendues depuis cinq mois, en les accompagnant du mépris anti-ouvrier dont il est coutumier. Amené à s’expliquer sur sa dénonciation de ceux qui « foutent le bordel », il a reproché aux travailleurs de GM&S licenciés de réclamer une prime de licenciement supérieure aux ridicules indemnités légales auxquelles ils ont droit.
Si son gouvernement prend des ordonnances qui démolissent le Code du travail et permettent au patronat de licencier plus facilement et de réduire les salaires, ce serait pour favoriser le « dialogue social » !
S’il diminue les impôts des plus riches et leur fait près de cinq milliards d’euros de cadeaux, ce serait, dit-il, pour « favoriser l’investissement et dynamiser l’économie ».
Macron reprend à son compte tous les mensonges patronaux et, comme tous ses prédécesseurs, il est même allé jusqu’à prétendre que le taux de chômage est en train de baisser.
Macron n’avait rien à dire aux travailleurs, aux six millions de femmes et d’hommes privés d’emploi, condamnés à passer de CDD en mission d’intérim ou en stage sans débouché. Par toute sa politique et ses discours, il démontre jour après jour qu’il sert exclusivement les intérêts du patronat et des plus riches.
Les locataires dont les APL ont baissé de cinq euros depuis le 1er octobre ne peuvent ignorer que Macron est un adversaire. De même que les 150 000 salariés dont le contrat aidé a été supprimé et qui se retrouvent pour la plupart au chômage. Du fait de la disparition de ces emplois, bien des mairies ne peuvent plus assurer correctement le fonctionnement des cantines et d’autres services indispensables pour la population ; de nombreuses associations qui s’occupent d’alphabétisation ou d’aide à domicile sont menacées de disparaître.
Les travailleurs qui ont manifesté à plusieurs reprises par centaines de milliers ces dernières semaines ne se sont pas trompés sur le sens de la « réforme » du Code du travail de Macron.
Après s’être attaqué au Code du travail, Macron annonce qu’il va passer à de nouveaux « chantiers sociaux », concernant cette fois l’assurance-chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage.
Pour cela, il joue de nouveau la farce d’une prétendue concertation sociale : Macron a rencontré pendant une heure les représentants des confédérations syndicales et du patronat ; le Premier ministre doit faire de même cette semaine, puis suivront des discussions avec la ministre du Travail. Et, en avril 2018, le gouvernement présentera son plan sous la forme d’un projet de loi.
Le gouvernement compte étendre les droits à une indemnisation chômage aux salariés démissionnaires et aux travailleurs indépendants. Pour financer ces mesures, le gouvernement va devoir trouver des milliards d’euros et, comme il n’a pas l’intention d’augmenter les cotisations patronales, il les trouvera en diminuant d’une façon ou d’une autre les indemnisations des chômeurs. Le gouvernement n’a pas encore fait connaître les détails de son projet mais il n’y a pas de doute : ce sera un recul pour les travailleurs et les chômeurs.
Les dirigeants syndicaux qui se prêtent à la comédie du « dialogue social » se rendent complices des attaques gouvernementales. Ce n’est pas dans les salons des ministères qu’on pourra leur faire obstacle. C’est en manifestant dans la rue, en faisant grève, en cherchant à changer le rapport de force dans les entreprises et à l’échelle du pays. Face au patronat et au gouvernement, les travailleurs représentent une force immense, et c’est de cette force qu’ils doivent se servir.
Le gouvernement voudrait nous persuader que la page des ordonnances est tournée et qu’il faut passer à autre chose. Eh bien non, la lutte contre la destruction du Code du travail et contre toute la politique de Macron-Philippe n’est pas finie ! Les travailleurs du public et du privé qui ont fait grève et manifesté le 10 octobre l’ont montré.
La CGT appelle à une nouvelle journée d’action le 19 octobre. Il faut nous saisir de cette nouvelle occasion de montrer notre volonté de nous défendre et de mettre un coup d’arrêt aux attaques gouvernementales et patronales.
Non seulement la lutte n’est pas terminée, mais elle doit encore se développer. Il est indispensable que tous ceux qui en sont convaincus saisissent toutes les occasions de se faire entendre.