mardi 30 août 2016

Argenteuil : une municipalité dure en revanche avec les "petits"


Maire d’une ville de 105 000 habitants et pas disponible a priori à tout moment pour les administrés ?

 
Si le maire d’Argenteuil porte beaucoup d’attention à la mémoire de son plus haut cadre, il n’en va pas de même pour le sort du travailleur ordinaire.

         Le 24 juillet dernier, une employée municipale rencontre G. Mothron qui se promène comme tout un chacun à l’occasion de l’étape du Tour de France dont le parcours de la dernière étape passe par Argenteuil.

         Elle est en arrêt de travail prolongé suite à une très grave maladie. Comme elle a un différend non résolu sur le calcul de ce qui lui reste de congés, ordinaires, elle profite de l’occasion pour exposer au maire son souci.

         Celui-ci est tout étonné qu’elle le fasse, puisque c’est, selon lui « dimanche », sous-entendant que ce jour-là, c’est repos ! Il ajoutera, quant au problème qu’elle soulève, qu’il n’est pas un spécialiste de la fonction publique territoriale ! Cette employée en est restée toute éberluée.

         Elle lui a écrit. Plus d’un mois après son courrier, elle n’a toujours pas de réponse. Elle tient donc dorénavant à ce que l’échange surprenant qu’elle a eu avec l’édile soit connu de tous.

Conseillers ministériels, hauts fonctionaires, pantouflage et autres, préparation de la piste d'atterrrissage !


Sauver les hauts-fonctionnaires ?

 
Des dizaines de conseillers et membres des cabinets de Hollande et de ses ministres redoutent que la Bérézina de la présidentielle de 2017 ne leur fasse perdre leur poste et les avantages qui vont avec. Ils quittent donc le navire. On n'a jamais vu un tel flot.

         Certains sont contractuels, mais une provision de 1,85 million d'euros est prévue pour les aider à se recaser. La plupart le font dans la haute administration. Mais pas mal vont dans le privé, confirmant leur proximité avec le patronat.

         Ce sont ces gens-là qui mettent en musique la politique du gouvernement. Et ils ne manquent pas de confortables points de chute quand ça tangue.

lundi 29 août 2016

Argenteuil : retraités et anciens : la municipalité joue sa partition néfaste


Pas de traiteur pour des retraités maltraités !

 
L’an passé, la municipalité d’Argenteuil a fait un très sale coup aux anciens de la Ville en supprimant le banquet… des anciens de fin d’années. Aux dernières nouvelles (que nous avons été piochées, et que nous espérons voir confirmées par nos lecteurs assidus de la municipalité !), ces banquets devraient être rétablis cette année. Il est vrai que leur absence à quelques encablures des prochaines élections aurait fait désordre.

         Rétablis donc ? Mais avec un hic. Il faudrait avoir dorénavant 65 ans pour pouvoir participer à ce banquet, au lieu de 60 ans jusqu’alors ! On ne sait pas si cela s’adressera seulement aux nouveaux inscrits, ou si la municipalité aura l’indécence d’en exclure ceux qui n’ont pas encore 65 ans mais qui avaient participé à des banquets précédents !

         Voilà que la municipalité se lance dans l’allongement de l’âge exigé pour participer à ces banquets. A l’image de ce que leurs amis ont fait à l’échelle du pays depuis 1993, et jamais remis en cause par leurs adversaires de « gauche », avec l’allongement de l’âge de départ à la retraite !

         Sur ce terrain, il y a quoi s’inquiéter. Les différents mentors de la municipalité d’Argenteuil ne parlent-il pas de porter l’âge de départ à la retraite à 65 ans, 67 ans, voir au-delà !

Argenteuil, un commerce qui s'étiole, dans les quartiers périphériques en particulier


On peut même douter qu’il s’en souvienne…

 

A Argenteuil, le petit centre commercial de la cité Joliot-Curie, aux côtés du marché forain qui a lieu trois fois par semaine, est nécessaire aux achats et à la vie d’un quartier modeste où nombreux sont les habitants à ne pas avoir de voiture. C’est vrai pour les plus anciens en particulier.

         Ce centre commercial a été vendu par AB-Habitat à l’initiative de son président d’alors, Georges Mothron, durant le premier mandat de maire de celui-ci, après 2001. Cette vente a été catastrophique, les propriétaires actuelles ramassant seulement tous les mois les loyers très élevés des boutiques sur l’air de « Prends l’oseille et tire-toi ».

         Conséquence, les boutiques se vident, avec les conséquences calamiteuses que l’on imagine pour la population.

         La dernière en date à le faire a été celle du petit commerce de cuisine asiatique, « Gourmet d’Asie » qui vient de fermer en juillet. Ce commerce n’était pas seulement un lieu de vente de plats exotiques, mais aussi un lieu de sociabilité pour les anciens.

         La municipalité nous dira sans doute ensuite qu’elle se préoccupe de l’état du commerce sur la Ville. Dans la réalité, ce qui se passe sur ce plan dans les quartiers, et a fortiori dans les quartiers excentrés, on doute que cela l’intéresse vraiment. G. Mothron se souvient-il même de sa part de responsabilité passée dans la situation actuelle de ce centre commercial, conséquence de ce qu’il a décidé unilatéralement il y a une quinzaine d’années ?

La rentrée... de la combtivité ouvrière et de la mobilisation militante


Un agenda bon pour le moral


Les semaines qui viennent vont donner au monde du travail, aux militants, à Argenteuil, à Paris comme à l’échelle du pays, l’occasion de se retrouver, de discuter, de lutter.

         Ainsi :

         Le 5 septembre à Argenteuil, une journée de grève est prévue pour les travailleurs territoriaux. Il faut que la municipalité finisse par entendre que l’on ne peut pas continuer comme cela, que l’augmentation du temps de travail qu’elle a décidée l’an passé est catastrophique. En tout cas, le personnel des écoles entre autres ne peut pas connaître une nouvelle année scolaire identique à celle de la précédente. On lui impose de travailler plus longtemps par semaine que les travailleurs qui avaient obtenu de le faire à l’été… 1936 ! Plus de 40 heures !

         Le 10 septembre, le forum des associations dans l’espace Jean Vilar donnera l’occasion aux habitants de se retrouver, non seulement pour envisager les activités de l’année, mais également pour échanger sur la situation actuelle, locale et à l’échelle du pays. Il permettra aussi de démontrer que les habitants et les organisations locales tiennent à cet espace Jean Vilar.

         Ce week-end-là, du vendredi  9 septembre après-midi au dimanche soir 11 septembre, aura lieu la fête du journal l’Humanité. Elle est bien évidemment une initiative militante du PCF, mais elle donne l’occasion  aux participants de rencontrer bien d’autres militants et organisations qui existent dans le monde du travail. Ainsi, vous pourrez y rencontrer les militants de Lutte ouvrière, notre parti y tenant un stand important comme les années précédentes.

         Quelques jours plus tard, le 15 septembre, nous dirons aux bourgeois et à leurs serviteurss politiques que nous sommes toujours là, mobilisés contre la loi Travail. Ce que la loi fait, la rue peut le défaire.

         Le dimanche 18 septembre, la « braderie de Bezons » aura lieu. Autour de notre camarade Michel Campagnac, conseiller municipal de cette ville, Lutte ouvrière y animera, comme chaque année, un stand.

         Enfin, le vendredi 30 septembre, Nathalie ARTHAUD, candidate communiste de Lutte ouvrière à l’élection présidentielle du printemps prochain lancera sa campagne au Cirque d’Hiver, à Paris.

         Qu’on se le dise !

         Faisons de cette rentrée qui vient, une rentrée tonitruante pour la défense de nos intérêts, ceux du monde du travail.

Lait : Lactalis, Danone,... La dictature des trusts sur dos des producteurs. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Producteurs de lait : contre la dictature des grands groupes

 
Les producteurs de lait des départements de l’Ouest ont à nouveau manifesté à partir du 22 août devant le siège du groupe Lactalis à Laval, en Mayenne. Ils protestent contre le prix du lait acheté par le groupe Lactalis, 25,6 centimes d’euro le litre, alors que le prix de production moyen est estimé à 34 ou 35 centimes.
 

De nombreux producteurs se sont endettés depuis des années et ne parviennent plus à rentrer dans leurs frais. Ils veulent pouvoir vivre de leur travail et, pour cela, il faut que Lactalis achète le lait plus cher, d’autant qu’il est vendu en supermarché près d’un euro le litre.

Les producteurs laitiers s’étaient déjà mobilisés en juillet 2015, obtenant la signature d’un accord avec les industriels du lait sous l’égide du gouvernement, qui leur garantissait le prix de 34 centimes. Mais cet accord n’a jamais été respecté par les gros collecteurs que sont Lactalis, Sodiaal, Danone ou Nestlé. Et le ministre Le Foll, qui se pose en médiateur, n’a jamais rien fait pour obliger les collecteurs à respecter cet accord.

Lactalis est celui qui pratique les prix les plus bas. Ce groupe de l’agroalimentaire, leader mondial du lait, possède entre autres les marques Président, Lactel, Bridel. Il appartient à la famille Besnier, classée cent cinquante et unième fortune mondiale par le magazine Forbes, avec 8,3 milliards de dollars.

Ce groupe qui, il y a quarante ans, était une petite entreprise de l’Ouest, est devenu en quelques années un géant à coup de rachats d’entreprises dans le monde entier… et en tirant le maximum de profits des producteurs de lait, des salariés de ses usines et des consommateurs. Premier collecteur de lait en France auprès de 13 500 producteurs, il achète à lui seul le quart de la collecte. Dans certaines régions, le groupe en a même le monopole.

Les dirigeants de Lactalis accusent les producteurs laitiers de refuser la loi du marché. Ils prennent prétexte d’une prétendue surproduction européenne et des prix bas pratiqués dans toute l’Europe depuis la fin des quotas laitiers en avril 2015, pour expliquer qu’ils ne peuvent pas payer le lait plus cher, sous peine de ne plus être concurrentiels. Ils passent sous silence le fait que ce sont eux, par leur position dominante, qui tirent les prix d’achat du lait à la baisse auprès des producteurs, et les poussent à la hausse auprès des consommateurs.

Le système des quotas laitiers, institué par l’Union européenne en 1984, imposait à chaque pays membre un volume maximum de lait à produire, sous peine d’amende en cas de dépassement. Depuis la fin des quotas, la production européenne a effectivement augmenté. Mais cette crise du marché du lait n’en a pas été une pour tout le monde : elle a été avant tout l’occasion pour des groupes comme Lactalis ou Danone d’augmenter encore leurs profits.

Les producteurs de lait dénoncent à juste titre l’attitude de ces trusts et coopératives du lait qui s’enrichissent à leurs dépens. Ils n’ont rien à attendre du gouvernement, qui s’est toujours rangé du côté des grands groupes collecteurs, et ne peuvent compter que sur leur détermination à se faire entendre.

                                               Gaëlle Regent (Lutte ouvrière n°2508)

dimanche 28 août 2016

Argenteuil, culture, livres, médiathèques, vous qui n'êtes pas en vacances, attendez septembre !


La « valeur » symbolique d’une fermeture provisoire mais au cœur de l’été

 
Aurions-nous eu la berlue ? Sur le site municipal, nous avions bien lu ces dernières semaines que les médiathèques restaient à Argenteuil ouvertes tout l’été, même si leurs horaires d’ouverture pouvaient être modifiés… Nous avons donc été d’autant plus surpris lorsque nous nous sommes retrouvés hier après-midi devant les portes fermées de la médiathèque Aragon-Triolet du Centre-Ville. Un avis annonçait qu’elle était fermée du 10 au 29 août… pour travaux.

         Certes les travaux nécessaires ont besoin d’être effectués à un moment ou à un autre, mais la fermeture de la principale médiathèque de la commune durant l’été devrait poser tout de même un problème aux édiles.

Une partie de la population n’est pas partie en vacances, des jeunes en particulier. Cela a été la double peine pour ceux qui sont restés : Argenteuil-plage en août, et des services publics utiles à la population réduits à la portion congrue. Fermer cette médiathèque centrale a par ailleurs valeur symbolique, lieu non seulement de culture mais de sociabilité.

La municipalité aurait au moins pu prévoir une structure, même modeste de remplacement. Elle avait su le faire pendant des mois alors qu’un local dédié à la jeunesse avait provisoirement fermé. Elle avait su alors le déplacer provisoirement dans une salle du rez-de-chaussée de l’Hôtel de ville.

         Ah la culture pour les édiles d’Argenteuil !

         Pas étonnant que sur l’affiche du prochain forum des associations du samedi 10 septembre prochain, la culture y tienne la portion congrue, écrasée sans doute par l’éléphant municipal un peu brut de décoffrage en gros plan !
 
Et mes petits livres, j'ai encore de la place sur mon dos !
 

Canicule, travail, et engagement collectif


Canicule et travail, il faut choisir !

 

Nous avons évoqué hier cette question à propos de la lettre du syndicat CGT des Territoriaux d’Argenteuil au maire lui demandant que tous les agents puissent terminer plus tôt leur journée de travail dans le cadre de ces journées de canicule, demande à laquelle le maire d’Argenteuil a répondu négativement. Notre prise de position a suscité sur Facebook une petite discussion. C’est pourquoi nous y revenons présentement.

         La question de la canicule et des horaires de travail n’est qu’un aspect d’une question beaucoup plus vaste qui est celle du temps de travail dans la société aujourd’hui.

         A l’issue de la grève générale de juin 1936, les travailleurs obtenaient une durée hebdomadaire de travail limitée à 40 heures. 80 ans plus tard, avec pourtant une explosion de la productivité du travail dans le pays, grosso modo cette durée moyenne de travail reste toujours plus ou moins à 40 heures !

         C’est là le premier scandale social.

         Le second concerne les six millions de chômeurs. La société capitaliste est bien incapable de réduire d’une façon radicale ce chiffre,  qui a même permis la hausse des profits. Pour le réduire, il faut la répartition du travail entre tous, sans diminution de salaire. Les capacités de production le permettraient sans problème. Une vraie réduction du temps de travail serait en plus un bienfait pour toute la société.

         Dans ce cadre général, lorsque les conditions de travail se détériorent, la seule compensation « vitale » pour les travailleurs qui les subissent est la réduction de la durée d’exposition à ces conditions détériorées, et donc une réduction compensatrice de la durée de la journée de travail. C’est vrai pour des travaux dans des conditions extérieures difficiles, cela l’est tout autant pour le travail de nuit… et cela est encore vrai par temps de canicule.

         La question n’est pas ce que l’on peut supporter ou pas, mais ce qui est nécessaire pour que la vie de chacun ne s’use pas plus rapidement, si on peut dire.

         Voilà la conclusion évidente à laquelle aurait dû parvenir la municipalité. Mais le sort des travailleurs, cela ne l’intéresse pas vraiment.

 

Le rôle de l’Etat certes mais qui n’exclut surtout pas l’engagement et la solidarité de chacun

 

         Par ailleurs, oui, l’institution, l’Etat, dans sa dimension sociale utile, décliné à toutes ses échelles, y compris communale, devrait mettre les moyens nécessaires pour faire face à tout fléau. La canicule en étant un. Nous payons –tous- des impôts qui le permet.

         Cela dit, pour palier son action lorsqu’elle est absente, ou la compléter, la solidarité individuelle et le bénévolat associatif doivent être présents. C’est pour cela que sur notre blog nous avons évoqué largement cette canicule.

         Développer à nouveau la solidarité dans les quartiers et les cités, remettre sur pied les réseaux collectifs du monde du travail, aiderait à ce que les anciens en particulier, particulièrement vulnérables face à la canicule, ne soient ni isolés ni victimes.