jeudi 9 juin 2016

Loi Travail : un seul code du travail pour tous. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n° 2497


Un code du travail par établissement, c’est non

 Depuis son adoption sans vote le 12 mai, par le biais de la procédure du 49.3, le projet de loi El Khomri, dit loi travail, a été transmis au Sénat. Le gouvernement avait accepté d’en gommer certains des aspects les plus choquants, par l’intégration de plus de 500 amendements. Mais son principe réactionnaire est maintenu et revendiqué comme tel, tant par Valls que par Hollande.

         La droite, qui a la majorité au Sénat, a déjà annoncé qu’elle allait se faire un malin plaisir, non seulement de rétablir la version initiale du texte, mais d’y intégrer des articles encore plus pro-patronaux et anti-ouvriers, afin de plaire à son public. Au final, le texte reviendra à l’Assemblée nationale pour y être adopté, sauf surprise, au travers de la même procédure du 49.3, et avec ce que Hollande et le gouvernement auront décidé d’y mettre.

Au-delà même des remises en cause de droits existants, l’aspect le plus rétrograde de cette loi est la mise sur pied d’un code du travail spécifique non seulement à chaque entreprise, mais même à chaque établissement, si petit soit-il. Le patronat, les employeurs vont tenter ainsi de généraliser ce qu’ils cherchent à introduire depuis longtemps : la concurrence permanente entre travailleurs, la guerre de tous contre tous, en essayant de détruire toute idée d’intérêts collectifs au sein du monde du travail.

En effet la loi travail prévoit deux niveaux de droits des salariés dans les domaines aussi larges que la durée, la répartition et l’aménagement des horaires, les rémunérations, les heures supplémentaires, les congés, les jours fériés, les temps de pause, le travail de nuit… À chaque fois, le texte procède ainsi : tout d’abord, sous la rubrique « ordre public », il indique les droits minimum que la loi garantira, mais seulement en principe. Car après « ordre public », suit le chapitre « champ de la négociation collective », qui permet de remettre en cause tout ou partie de ce que le chapitre précédent avait présenté comme les droits minimum dont disposeraient les salariés.

Ainsi, si dans « ordre public » le taux des majorations d’heures supplémentaires est fixé à 25 %, cette majoration peut se réduire à 10 % dans « champ de la négociation collective ». De même, les jours fériés sont garantis payés dans la partie « ordre public » de la loi. Mais, sauf le 1er Mai, ils peuvent être remis en cause en tout ou partie par la voie d’un accord dans un établissement quelconque, même appartenant à une grande entreprise.

Voilà donc ce que la loi appelle, dans son titre, « refonder le droit du travail et donner plus de poids à la négociation collective ». Les accords d’entreprise ou d’établissement sont destinés à se substituer aux accords de branche, aux conventions collectives et à ce que la loi définit comme le minimum acceptable. Jusqu’à une période récente, en dehors du domaine limité des aménagements du temps de travail, la loi garantissait les mêmes droits minimum à tous les salariés. Avec le gouvernement Ayrault-Montebourg d’abord, puis avec Macron, les dérogations au Code du travail ont été élargies à d’autres domaines, au nom de la préservation de l’emploi. Avec la loi travail, on tend vers la généralisation de ce principe.

Bien sûr le patronat, et bien souvent le plus grand et le plus puissant, n’a pas attendu cette loi pour s’asseoir sur les droits prétendument garantis. Il reste que cette nouvelle loi représente un encouragement à renforcer l’attaque contre les travailleurs, leurs salaires, leurs congés, leurs conditions de travail… Lutter contre cette loi, c’est aussi contrer l’offensive des capitalistes et de leurs serviteurs politiques contre le monde du travail.

                                        Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2497)



Vendredi  soir 10 juin

Cercle Léon Trotsky
Face aux ravages de la mondialisation capitaliste, l’impasse du souverainisme
à 20h30
Aubervilliers Docks de Paris Eurosite

Avenue des Magasins-Généraux, bâtiment 282 Métro Front-Populaire (ligne 12)

Participation aux frais: 3 euros

Loi travail, temps de travail à la SNCF : retrait, retrait, retrait !


Intox et méthode Coué

 

Espérant arrêter les grèves en cours contre la loi Travail à la veille de l'Euro de football, gouvernement et médias alternent intox et méthode Coué. Ils prétendent que le projet d'accord sur le temps de travail proposé par la SNCF « maintient les droits des cheminots » et représenterait une concession importante. C'est un grossier mensonge car cet accord prévoit de multiples dérogations et peut être contesté à tout moment par la direction de la SNCF. C'est ce qu'ont bien compris les cheminots qui ont voté la poursuite de la grève !

Comme des dizaines de milliers d'autres travailleurs en grève, reconductible ou ponctuelle, dans les raffineries, chez les éboueurs, les déchetteries, dans les aéroports ou chez EDF, les cheminots réclament le retrait de la loi Travail. Et tous préparent la manifestation nationale à Paris le 14 juin.

Si le gouvernement ne veut pas gâcher l'Euro, la balle est dans son camp !
 
Roissy, mardi
 

En grève, dans la rue, rejoignons les grévistes et les manifestants
 
Mardi 14 juin
Place d’Italie
A 13 heures
 
De nombreux cars sont organisés. Déjà deux cars sont prévus sur Argenteuil. Il faut réserver. Une participation sera demandée. Départ à 11 heures 45. Devant le complexe Jean Vilar. Pour l'inscription, on peut joindre l'UL-CGT d'Argenteuil.
 

Argenteuil : entre Feydau et Courteline. L'avenir du complexe Jean Vilar


Fadaises

 
Nous avons régulièrement évoqué ici le fait que la municipalité soit capable de dire tout et son contraire. Elle est même capable de le faire à quelques pages d’intervalle.

         Dans le dernier numéro de l’Argenteuillais, elle termine sa tribune par l’envolée suivante : « Impliquer les argenteuillais dans la vie politique de la cité est avant tout un moyen de sensibiliser chacun à la gestion de la commune et permettre de jouer un rôle dans la collectivité.

         C’est aussi offrir, à tous, la possibilité de peser dans la décision politique et ainsi faire de nous des citoyens responsables. C’est, enfin, le meilleur moyen de vivre ensemble ».

         Cette définition de la démocratie locale, comme c’est joli !

         Le hic est que, deux pages avant, elle se contredit de façon magistrale :  « En parallèle, Jean-François Ploteau veille à ce que chaque projet intègre une réflexion liée au développement durable (…). Dernier en  date : la définition du futur pôle de loisirs qui remplacera l’espace Jean Vilar. ». C’est du conseiller municipal au développement durable dont il s’agit.

         Parce que le projet Jean Vilar est acté ? Parce qu’une concertation intégrant les associations et les habitants a eu lieu ?

         Nenni. Mais qu’importe puisque vous répéter à l’infini : « démocratie locale », « démocratie locale », etc.

         Les habitants et les associations n’ont qu’un moyen de savoir ce qu’il en est et de se faire entendre : se mobiliser.

Fan zone : bon job pour récupérer l'Euro


Pour combien d’Euro(s) par mois ?

 
Pour l’euro, des « fan zone » ont été installées dans plusieurs villes. Celle de Paris l'a été au pied de la Tour Eiffel sur le Champ de mars. On attend dans ce camp retranché près de 90 000 personnes.

         Le nom du « chef de projet » chargé de cette zone dira peut-être quelque chose à Argenteuil, au moins aux travailleurs territoriaux de la mairie. Il a été durant plusieurs années un des hauts cadres de l’administration municipale après 2008. Responsable en particulier du secteur de la jeunesse, il n’a pas laissé le souvenir de lumières particulières.

         Le monsieur a donc poursuivi sa route, occupant aujourd’hui un poste qui n’a pas dû lui prendre beaucoup de temps.

         On appelle pantouflage le mouvement de fonctionnaires se dirigeant vers les entreprises privées. L’Euro c’est un peu cela. Dans le pantouflage du genre de ce monsieur, les pantoufles ont des crampons et s’appelle des chaussures de foot.
 
Un lecteur vient de me signaler que ce « chef de projet » avait été embauché par la Ville de Paris. Il ne s’agit donc pas à proprement parler de pantouflage, direct en tout cas. Car tout de même toute cette affaire soi-disant sportive est une affaire d’abord de gros sous où les entreprises utilisent le sport comme faire-valoir de leurs propres intérêts.



      
 

mercredi 8 juin 2016

Loi travail et médias : désinformation. un exemple dans la région lyonnaise



Raffinerie de Feyzin et cheminots
Toujours en grève !

     Chaque jour, un nouveau média nous annonce la reprise du travail à la raffinerie de Feyzin : lundi c’était France Inter, alors que les grévistes ne s’étaient encore même pas réunis pour décider de la suite, mardi soir c’était le journal régional de France 3 etc…
     Tous se sont précipités pour relayer la campagne de désinformation de la direction. Cette dernière a organisé un vote auprès de « l’ensemble du personnel », c’est-à-dire auprès des cadres et non-grévistes qui, évidemment, ont voté pour la reprise du travail. Et la direction a annoncé qu’elle organisait la remise en route de la raffinerie. Mais les ouvriers postés grévistes, qui sont les seuls à pouvoir faire fonctionner la raffinerie, eux, n’ont pas participé à ce vote. Et lundi, en assemblée générale, ils ont voté la poursuite de la grève jusqu’à vendredi !
     Quant aux cheminots, on nous répète à longueur d’antenne qu’ils ne perdront rien avec le nouvel accord et que la poursuite de la grève est incompréhensible et on nous ressasse les déclarations de Valls et Hollande. Mais les cheminots, qui savent lire, voient bien qu’ils ont beaucoup à perdre avec ce nouvel accord, qui de plus pourrait être remis en cause à tout moment si la loi El Khomry passait. Ils ne veulent pas accepter de voir leurs conditions de travail définitivement dégradées en reprenant le travail sous prétexte qu’il va y avoir des matchs de foot. Alors mardi, dans les assemblées générales, ils ont reconduit la grève.

Migrants à Bezons : nos frères de classe


Le gymnase Pierre de Coubertin accueille cent réfugiés.

 

Au gymnase Pierre de Coubertin à Bezons, une centaine de migrants viennent d’arriver. Cette solution devrait être provisoire et soi-disant ne durer qu’un mois. C’est vrai qu’il doit y avoir d’autres solutions bien meilleures pour ces gens qui ont fui le Soudan, l’Éthiopie ou l’Afghanistan. Ils ont fui la guerre, les régimes d’oppression ou simplement la misère, dont les pays occidentaux et en particulier la France sont largement responsables. Évidemment l'occupation de ce gymnase pose bien des problèmes, en particulier aux jeunes qui ne peuvent plus l'utiliser comme ils en avaient l'habitude. Mais tout le monde a bien conscience que la situation des réfugiés est plus que difficile. Et les réactions de mauvaise humeur ont laissé la place à des réactions de solidarité élémentaires de la part de voisins. Un tel proposant de faire à manger, un autre d'apporter des vêtements ou des jeux. Bref les réactions de solidarité s'organisent. C'est la croix rouge qui va gérer cet hébergement. C’est la moindre des choses que la ville et ses habitants ne laissent pas périr ces hommes dans l’indifférence. Ce sont les réflexes de solidarité qui l'emportent dans cette ville ouvrière. C'est toute l'histoire de notre ville qui est marquée par cette solidarité avec les réfugiés qui fuyaient l'Espagne de Franco ou le Portugal de Salazar ou ceux qui fuyaient la répression de l’État colonial pendant la guerre d'Algérie. Les migrants sont nos frères en humanité, nos frères de classe.

                                                                  Blog « lo Bezons »
 
Est-ce ainsi qu'au XXIème siècle les hommes vivent ?
 

 

Lutte ontre la loi Travail : à Argenteuil, chez les Territoriaux, amplifier notre mobilisation


 

Nous devons nous mobiliser. L’heure est favorable !

 

Une information syndicale destinée aux travailleurs municipaux s’est tenue hier matin. Elle a rassemblé 150 agents. C’était la première depuis le début il y a trois mois de la mobilisation contre la loi Travail.

         Elle a bien sûr été l’occasion d’exprimer la souffrance que ressentent de nombreux travailleurs dans les services. C’était la première fois que des agents de l’ex-agglomération qui ont rejoint la Ville d’Argenteuil depuis le 1er janvier dernier pouvaient exprimer la façon dont ils l’ont été. Sur bien des plans, ils sont toujours dans le flou.

         Comme l’a rappelé un représentant de l’Union Locale des syndicats CGT d’Argenteuil, la période actuelle donne l’occasion aussi de poser les revendications locales. Et il n’y a pas à tergiverser. Déjà, pour tous, il faut prendre le « meilleur » de la situation des agents « Ville » et le « meilleur » des agents de l’ex-agglomération. Cela veut dire pour tous le maintien ou le retour aux 36 heures de travail hebdomadaire.

         Quant à la loi Travail, il a été rappelé que si elle vise aujourd’hui les travailleurs du privé, elle prépare également une offensive du même ordre, demain, contre les travailleurs de la fonction publique.

         Rendez-vous a été pris pour mardi 14 juin prochain. Ce jour-là, tous en grève et massivement en manifestation à Paris.

Macron dit l'hommelette


Macron contraint de marcher sur des oeufs

 

En déplacement dans un bureau de poste de Montreuil (93) pour inaugurer le lancement d'un timbre en hommage aux 80 ans du Front populaire, Macron a été accueilli comme il se doit par plusieurs centaines de manifestants.

Entre son mépris à l'égard de ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un costard à 2 ou 3000 €, son culot de venir dans une ville populaire commémorer le Front populaire au moment où son gouvernement démolit le code du travail, et ses petites phrases pour réclamer toujours plus de liberté à l'exploitation patronale, il n'aura pas volé son shampoing aux œufs.

 
L'hommelette

Mardi 14 juin
13 heures
Manifestation à Paris
Place d’Italie