jeudi 12 mai 2016

La fête de Lutte ouvrière : demandez le programme !



Vive la Fête !
La Fête de Lutte ouvrière, les 14, 15 et 16 mai à

 Presles (Val-d’Oise)…

Les 14, 15 et 16 mai, c’est la fête de Lutte ouvrière à Presles. L’existence, depuis des dizaines d’années, de ce rassemblement de dizaines de milliers de personnes, est la preuve que le courant communiste révolutionnaire est bien vivant. Et pour tous ceux qui n’acceptent pas cette société capitaliste, qui n’acceptent pas la misère, le chaos et la barbarie qu’elle produit de par le monde, notre fête est une bouffée d’oxygène, un moment de discussions, d’échanges fraternels. C’est un grand rendez-vous pour ceux qui pensent que la lutte pour l’émancipation des travailleurs est toujours à l’ordre du jour.
C’est l’occasion d’approfondir les idées et les connaissances dans une ambiance joyeuse au travers de débats, de conférences et d’expositions sur les sujets les plus variés, de découvrir des films, des romans, des documentaires ou des ouvrages historiques ou scientifiques.
Mais c’est évidement aussi l’occasion de se distraire. Entre les films, les spectacles, les jeux et les nombreux stands de spécialités culinaires, il y a de quoi faire durant ces trois jours. À tous, bonne Fête de Lutte ouvrière !




Tout le programme de la fête sur internet

http://fete.lutte-ouvriere.org/

AB-Habitat : drôles de méthodes


Quand il est question des hommes patronnesses, du mépris des pauvres… et de l’eau

 

Je viens de rester ce matin dans mon appartement de Joliot-Curie. AB-Habitat ayant décidé de mettre en place de nouveaux compteurs permettant le télé-relevage de la consommation d’eau, n’ayant été présent au moment où cela s’est fait, il m’a fallu effectuer un certain nombre de démarches et être présent aujourd’hui. Je conteste l’information qui a été faite à ce moment-là, en tout cas, sa légèreté. Il n’y a eu ni lettre individuelle ni rendez-vous particulier pris. La preuve en est que c’est une forte minorité de locataires de la cité qui se sont retrouvés dans la même situation que moi. 150 ? 200 ?

         Le reste qui suit vaut un petit moment de réflexion.

         Je me suis aperçu qu’il y avait un petit problème de compteur lorsque, il y a quelques mois, j’ai reçu ma quittance de régularisation d’eau. Je me lave comme tout le monde, mais on ne peut pas dire que je sois un grand consommateur d’eau. Quelle n’a pas été ma surprise de constater que je devais près de 800 euros à régulariser sur la quittance des trois mois suivants !

         Mais que s’était-il passé ? J’étais très mécontent contre la société des compteurs, et bien sûr contre les trusts qui boivent leurs profits sur notre dos ! Erreur, l’une et les autres n’y étaient pour rien. Cette affaire relève de la seule responsabilité d’AB-Habitat ! Pour inciter les locataires « récalcitrants » à en finir avec cette installation de nouveaux compteurs, AB-Habitat a décidé d’établir des estimations extravagantes et les sommes folles à débourser correspondantes, tout cela pour que les locataires aux abois se manifestent  ! Comme on appâte le chien avec sa bonne pâtée !

         D. Lesparre et P. Douce, les chefs d’AB-Habitat, viennent de faire distribuer aux locataires une information intitulée « en action ». Ils auraient pu dire en « mauvaise action ». Ils nous y parlent de « gouvernance sociale et solidaire.

         Paroles, paroles. Sans rapport avec cet acte que je viens de rapporter qui, lui, sent le mépris à l’encontre des pauvres qui ne comprendraient, selon ces messieurs, les choses qu’avec la menace et les coups au portefeuille.

Loi Travail, 49-3, la lutte doit s'amplifier



Article 49.3 : le gouvernement ne fait pas le détail

Après avoir essayé de faire pression sur les députés socialistes pour obtenir une majorité et faire passer la loi travail, mardi 10 mai le Conseil des ministres a autorisé Manuel Valls à utiliser pour cela l’article 49.3 de la Constitution, pour la quatrième fois, comme il l’avait déjà fait pour la loi Macron.
         « Le 49.3 est une brutalité, le 49.3 est un déni de démocratie, le 49.3 est une manière de freiner ou d’empêcher le débat parlementaire. » Voilà ce qu’avait déclaré un certain François Hollande en 2006 lorsque le gouvernement de l’époque faisait passer le contrat première embauche (CPE) à coups de 49.3. Hollande est un habitué des reniements, on le savait.
         Selon la Constitution, le gouvernement peut faire adopter une loi en Conseil des ministres, sans avoir à passer par un vote majoritaire à l’Assemblée. Mais l’article 49.3 précise que cette procédure « engage la responsabilité du gouvernement ». L’Assemblée peut s’y opposer par une motion de censure qui, si elle est votée, annule la loi pour laquelle le 49.3 a été utilisé et oblige le gouvernement à démissionner.
         Manuel Valls cherche donc à mettre au pied du mur les députés du PS, certains écologistes ou encore d’autres du PCF ou du Parti de gauche. Soit ils votent la motion de censure que la droite ne manquera pas de déposer, et ils provoquent la démission du gouvernement, soit ils se soumettent. Jusqu’à présent, aucun gouvernement n’a été renversé de cette façon.
         Il est très probable que même les plus frondeurs des députés ou bien voteront contre la motion de censure de la droite, ou bien s’abstiendront… mais après avoir vérifié que leur abstention sera sans danger pour le gouvernement. Car, s’ils veulent se démarquer du gouvernement pour essayer de sauver leur poste de député lors des élections législatives de 2017, ils ne veulent pas non plus rompre avec le PS, dont ils veulent avoir l’investiture pour ces mêmes élections. Et les intérêts des travailleurs et de tous ceux qui ont manifesté contre la loi travail ne pèsent pas bien lourd dans toutes ces considérations.
         Quant au patronat, il se moque bien de toutes ces manœuvres entre le gouvernement et sa majorité. Quelques heures avant ce Conseil des ministres extraordinaire qui a autorisé Valls à utiliser le 49.3, un journaliste a demandé au dirigeant du Medef Pierre Gattaz si, selon lui, le gouvernement devait ou pas utiliser cette procédure pour faire passer la loi. Il a répondu d’un air indifférent : « Je n’ai pas de conseil à donner au gouvernement. […] Tous les moyens sont bons. C’est au gouvernement de prendre ses décisions. » Le patronat veut que le gouvernement applique la politique qu’il lui a dictée. Les formes pour lui sont secondaires.

                                 P.R. (Lutte ouvrière n°2493 à paraître)


 

Aujourd’hui Jeudi 12 mai
Manifestation à Paris
De la place Denfert-Rochereau vers l’Assemblée nationale
A 14 heures

Départ collectif à Argenteuil
13 heures parvis de la gare d’Argenteuil-centre

Argenteuil Délégation de service public : Sationnement public à Argenteuil : un rapport accablant de la Chambre Régionale des Comptes pour la municipalité d'hier et celle d'aujourd'hui



Places de parkings et place aux actionnaires


La chambre régionale des comptes vient de rendre public hier les conclusions de son enquête sur la « Gestion du stationnement urbain » à Argenteuil. Nous y reviendrons. En attendant nous le portons à la connaissance de tous (ce qui est souligné l’est par nos soins). Pour faire court, nous pouvons dire que depuis des années cette question du stationnement public à Argenteuil remis pour l’essentiel entre les mains de de grosses entreprises du secteur privé -SPIE, puis Vinci- a été marquée par une « situation de faiblesse » de la commune, et donc de force du secteur privé bénéficiaire. Mais qui s’en étonnera.



11/05/2016


Extrait

Synthèse

L’examen de la gestion du service public du stationnement urbain de la commune d’Argenteuil (9 503 places publiques : 5 345 en ouvrage et 4 158 sur voirie) s’inscrit dans le cadre d’une enquête des juridictions financières et a porté sur les exercices 2010 et suivants, jusqu’à la période la plus récente.
Le dernier avis de contrôle budgétaire rendu par la chambre régionale des comptes, le 10 avril 2015, avait relevé, à cet égard, combien la gestion du stationnement urbain pesait sur les comptes de la commune. En effet, la délégation globale du service public de stationnement couvrant la voirie et les parcs en ouvrage, confiée à la société SPIE Autocité, a donné lieu, fin 2013 et début 2014, à plusieurs contentieux dont l’issue a été défavorable à la collectivité. La commune, in fine, a eu recours à une transaction et a conclu, le 14 novembre 2014, un protocole transactionnel par lequel elle s’est engagée à verser au délégataire précité une indemnité de 13,6 M€[1], selon un échéancier courant jusqu’en 2018.
Une convention déséquilibrée dont les effets continueront de peser sur les finances de la collectivité jusqu’en 2018
Au titre de cette délégation, conclue en 2006, la commune s’acquittait chaque année auprès de la société SPIE Autocité d’un ensemble de subventions et de compensations d’un montant d’environ 2 M€, alors que la société, dans le même temps, percevait la totalité des recettes des parcs en ouvrage de la ville et du stationnement en voirie. En sus de ce montant significatif, une somme de 0,6 M€, correspondant à des compensations diverses, était également facturée par la société SPIE Autocité, mais la collectivité n’assurait ni la comptabilisation, ni le règlement de cette créance, sans pour autant la contester.
Cette délégation, conclue pour une durée initiale de 30 ans, a été dénoncée par la collectivité, en juin 2011, la résiliation prenant effet en juillet 2013. Cependant, en application des stipulations du protocole transactionnel précité, la commune, après avoir procédé à un premier versement de 6 M€, en février 2015, devra verser chaque année à la société SPIE Autocité, jusqu’en 2018, 2,5 M€.
L’absence de maîtrise des enjeux financiers liés à la délégation conclue avec SPIE Autocité est à l’origine de cette situation. Sur des points essentiels, la collectivité, en effet, a singulièrement négligé la défense de ses intérêts :
- elle versait ainsi à son délégataire une subvention forfaitaire d’exploitation (SFE) aux contours mal définis. Aucun élément contractuel ne permettait en effet de relier le versement de cette subvention, qui portait sur un montant annuel de l’ordre de 1,7 M€, à des sujétions de service public identifiées et chiffrées. La collectivité prenait également en charge, au sein de son propre budget, des dépenses en relation directe avec l’exploitation du service public délégué, qui incombaient pourtant au délégataire ;
- en sus de cette subvention, la collectivité s’était engagée à compenser, à hauteur de 0,45 M€ HT, la gratuité accordée, pour une durée anormalement élevée de 2h30 mais résultant d’un choix délibéré de la commune, aux utilisateurs du parkingCôté Seine. Jusqu’à l’intervention d’un jugement du 3 décembre 2013 du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, la collectivité, qui interprétait de manière erronée le dispositif conventionnel, semblait convaincue que cette compensation venait en déduction de la subvention forfaitaire d’exploitation déjà acquittée ;
- la totalité des recettes en voirie était reversée au délégataire, soit environ 0,25 M€ par an. Plus encore, la commune était sanctionnée, à hauteur d’une somme équivalente, au titre d’un taux de respect irréaliste des règles de stationnement, arbitrairement fixé à 70 %, alors qu’il s’élevait en réalité à environ 25 % ;
- par ailleurs, les rapports d’activité du délégataire ne retraçaient pas l’intégralité des flux financiers mis à la charge de la collectivité, sans que celle-ci ne formule la moindre observation, se mettant ainsi en position de faiblesse vis à vis des futurs contentieux avec son délégataire.
De même, le contrôle technique de la délégation a toujours été défaillant. L’exemple le plus révélateur de cette lacune réside dans le projet de parking de l’hôtel de ville, qui constituait le principal investissement envisagé. Ce projet, dont le principe et la réalisation ont bien été arrêtés, au demeurant en l’absence de toute étude préalable, a ainsi été abandonné sans que la commune en tire quelque conséquence que ce soit s’agissant du cahier des charges techniques et financières de la délégation.
La reprise du stationnement en voirie
La reprise en régie par la commune du stationnement en voirie, à compter du 24 juillet 2013, s’est accompagnée d’une nette diminution des recettes, alors que, désormais, elles ont vocation à abonder les ressources de la commune.
Selon la collectivité, les recettes de stationnement en voirie s’établissaient, au 1er semestre 2015, à 50 280,97 €, soit 20 % seulement du montant collecté en 2012. Le fait que, début juillet 2015, près de 39 horodateurs, sur un parc total de 72, soient hors service, n’est sans doute pas étranger à cette situation. Cette perte de recettes à hauteur de 85 000 € est d’autant plus regrettable qu’elle s’inscrit pour la commune dans un contexte financier très contraint.
Par ailleurs, la collectivité n’a pas mis à profit la reprise en régie du stationnement en voirie pour pallier les défaillances structurelles mises en évidence par plusieurs cabinets d’audit : stationnement hors places prévues à cet effet, faible taux de respect des règles de stationnement, très faible taux de verbalisation. Les redevances de stationnement ne représentaient ainsi, en 2014, que le tiers de la masse salariale des agents de surveillance de la voie publique (ASVP) de la commune.
En tout état de cause, la collectivité trouverait avantage à mettre en œuvre une refonte de ses tarifs, allant notamment dans le sens d’une harmonisation de la tarification du stationnement en voirie et en ouvrage, et à rendre plus efficaces les modalités de contrôle du stationnement en voirie.
La nouvelle délégation confiée à VinciPark comporte des incertitudes
En ce qui concerne la délégation confiée à la société Vinci Park pour l’exploitation des parcs en ouvrage de la commune, à compter du 23 juillet 2013, les flux financiers paraissent davantage maîtrisés.
Pour autant, cette maîtrise du dispositif contractuel présente toujours des insuffisances notables, au regard des considérations suivantes :
- les modalités de calcul du montant de la subvention forfaitaire d’exploitation, que la collectivité verse à la société Vinci Park, ne sont pas précisément définies par le contrat et les mécanismes de revalorisation de la SFE apparaissent très défavorables à la collectivité ;
- lors du changement de délégataire, en juillet 2013, la collectivité n’a pas saisi l’occasion de remettre à plat le dispositif extrêmement coûteux de gratuité du parcCôté Seine associant la commune, les commerçants riverains et,in fine, le délégataire, alors pourtant qu’une délibération du 12 décembre 2011 et des consultations juridiques approfondies l’invitaient à agir en ce sens. L’enjeu financier de la compensation de cette gratuité est loin d’être négligeable pour la collectivité puisqu’à ce titre elle a mandaté, en 2015, 713 765 € au profit du délégataire ;
- la collectivité n’a par ailleurs effectué aucune comparaison des recettes et des charges au titre des délégations successives. À titre d’exemple, le total des recettes liées au parcCôté Seines’est élevé à 644 595 € HT, en 2014, contre 715 000 € HT, en 2012, dernier exercice d’exploitation complet de l’ancien délégataire. Cet écart de 71 000 € est difficilement explicable, d’autant que la grille tarifaire du nouveau délégataire est nettement plus élevée que celle de son prédécesseur.
Au-delà du changement de délégataire, la gestion du service public du stationnement urbain est marquée par un certain immobilisme : le nombre de places offertes en ouvrage et en voirie est inchangé depuis 10 ans, les tarifs de stationnement en voirie sont identiques depuis le début des années 2000, notamment. Pourtant, le coût de cette politique est important pour la commune et devrait atteindre, en 2015, près de 250 € par foyer fiscal.
En tout état de cause, cette gestion sera conduite à évoluer dans un proche avenir. En effet, le contrat conclu avec la société Vinci Park a prévu d’importants investissements, à l’horizon 2015-2017. Ainsi, près de 11 M€ devraient être engagés pour la réhabilitation des parkings du Val d’Argent, dans le cadre de cofinancements complexes faisant intervenir des subventions de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) directement versées au délégataire. Il en résultera, certes, une offre nouvelle de places de parking, mais aussi des coûts d’exploitation plus élevés pour le délégataire, alors que la collectivité ne dispose à cet égard d’aucune étude permettant de conclure à la présence d’une demande solvable de nature à permettre de rentabiliser la gestion de ces parkings.
([1]) M€ : millions d’euros.