vendredi 2 octobre 2015

Agglomération-Argenteuil-Bezons : J-90. L'inquiétude et les risques grandissent



J-90, mais toujours les mêmes incertitudes


Nous sommes dorénavant à 90 jours de la liquidation de l’Agglomération d’Argenteuil-Bezons. Celle-ci engage l’avenir des habitants sur le plan d’un certain nombre de services publics utiles à la population. Elle engage également l’avenir des personnels. Et, pour le moins, à 90 jours de sa disparition, le flou maximum demeure.
         Si P. Doucet, le président de l’Agglomération déclare aujourd’hui « insensée » et invraisemblable » la décision de mettre fin à cette collectivité, il n’a guère aujourd’hui de nouvelles fermes et définitives à annoncer. A défaut, il a de bonnes paroles : « je travaillerai jusqu’au bout pour… », « je souhaite que… », « je demande que… ».
         Mais ni les habitants ni les personnels ne veulent des demandes et des souhaits. Ils veulent des décisions qui ne se fassent pas à leur détriment.
         S’il semble que les personnels travaillant sur Bezons, qu’ils soient titulaires et contractuels, reviennent au 1er janvier à la commune de Bezons,  soit 120 personnes, rien de sûr pour les 520 autres, qu’ils travaillent dans le cadre de compétences « communales » (pour les agents du nettoyage par exemple) ou dans celui de compétences « transversales » comme pour les agents du Figuier blanc. Ces personnels, sous l’autorité de quelle collectivité vont-ils se retrouver ? Et dans quel délai ? Et selon quel parcours ? Vont-ils rejoindre la commune d’Argenteuil ? Vont-ils rejoindre le nouveau Territoire d’agglomération, celui des Boucles des Hauts de Seine Nord, dit le T5 dont Argenteuil fera partie ? Iront-ils à l’une dans un premier temps puis à l’autre ?
         Actuellement, il n’y a aucune réponse, et il n’y surtout aucune réponse écrite, la seule qui vaille.
         Ce manque de lisibilité pour l’avenir vaut également pour la situation des travailleurs : l’avenir des différents « acquis » concédés ces dernières années, sur le régime des congés, des conditions horaires, etc. Réintégrer la Ville d’Argenteuil en devant s’aligner sur ce que fait subir depuis des mois la municipalité aux agents communaux ?
         Plus que jamais la méfiance est de rigueur. D’autant plus que la date fatidique du 1er janvier approche et que les différents acteurs par qui le scandale est arrivé, ont tout intérêt à nous lanterner. A cette date, les agents commenceront à être éparpillés, donc moins forts.
         Il y encore trois mois pour que les personnels et les habitants obtiennent des garanties, et des garanties écrites qui leur conviennent. DM

Culture et sens des proportions lors du dernier conseil municipal d'Argenteuil



Comment faire du vent avec de la pierre ?

Un point de l’ordre du jour du dernier conseil concernait le mécontentement de la famille de l’artiste Roland Brice. Ce dernier fut le créateur d’une œuvre « la fleur dans la cité » qui s’élevait devant l’entrée de ce qui s’appelait alors le collège et le lycée R. Rolland.     Cette œuvre fut emportée comme bien d’autres éléments de la première histoire du Val dans le cadre de sa rénovation.
         On peut le regretter comme un des souvenirs du temps qui passe, au même titre que « le pub » et ces années 1968, mais les choses sont faites, et il n’y a pas de quoi en faire un plat. Il paraît que cette œuvre était devenue dangereuse et que cela eût coûté trop cher de la restaurer.
         Les ayant-droits ayant protesté, le conseil municipal a voté la mise en place d’une stèle commémorant cette œuvre.
         Là où cela mérite de s’arrêter un instant, c’est sur l’interprétation de l’affaire du conseiller délégué à la culture qui a comparé la destruction de cette œuvre à celle des mausolées de Tombouctou figurant sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco par des intégristes Touaregs !
         On ne sait pas si le maire qui a en charge également la culture a recadré son adjoint en la matière qu’il avait dégradé déjà il y a quelques mois, en lui rappelant qu’il fallait garder mesure en toute chose.


Régionales : Nathalie Arthaud face au Médef



Nathalie Arthaud face aux patrons : « Je combats votre système »

Invitée en tant que candidate aux Régionales dans un débat organisé par le Medef Île-de-France et en présence de Pierre Laurent (PCF, Front de gauche), d’Emmanuelle Cosse (EELV), de François Kalfon qui a remplacé Claude Bartolone (Parti socialiste), de Valérie Pécresse (Les Républicains/UDI/MoDem), de Wallerand de Saint-Just (FN) et de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Nathalie Arthaud a affirmé, à l’opposé de tous les autres candidats, qu’elle ne se présentait pas au Conseil régional pour répondre aux demandes patronales mais pour que les travailleurs fassent entendre leurs exigences contre les intérêts patronaux. Nous publions des extraits de ses interventions.
« Je vous remercie pour cette invitation et je tiens à saluer votre sens du pluralisme. C’est d’ailleurs la raison essentielle de ma présence parce que vous imaginez bien que je ne suis pas venue ici pour gagner des voix. Je sais que même les responsables socialistes ont pris l’habitude de faire des déclarations d’amour devant un parterre de patrons, mais cette maladie n’a pas frappé Lutte Ouvrière.
Je ne vous étonnerai pas non plus, en vous disant que je me sens tout à fait étrangère à vos préoccupations. Je ne parlerai pas au nom de l’intérêt général ni au nom de l’entreprise, parce que l’intérêt de l’entreprise se confond – et ce n’est pas un hasard –toujours avec celui du patronat, des propriétaires, des actionnaires, jamais avec celui des salariés.
L’intérêt de l’entreprise, c’est toujours comprimer les salaires, baisser ce que vous appelez le coût du travail, raboter les droits des travailleurs, rallonger le temps de travail, précariser la main-d’œuvre, pousser à la productivité, c’est-à-dire l’exploitation... Jamais l’inverse ! »
Après une coupure du « modérateur », en la personne d’Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Nathalie Arthaud a poursuivi :
« J’ai bien compris, votre préoccupation c’est encore et toujours de baisser les charges qui pèsent sur les entreprises au nom de l’emploi. Mais cela fait 20 ans, 30 ans que votre solution est mise en œuvre par tous les gouvernements qui se succèdent, de droite et de gauche. Qui peut dire dans cette salle que cela a fait régresser le chômage ? Qui, ici, peut prouver qu’il y a moins de chômeurs ? Et démontrer que cette solution, votre solution, a fait baisser le chômage ? Personne.
Alors bien sûr vous allez me dire que c’est plus compliqué que cela, que je n’ai rien compris aux lois du capitalisme, qu’il y a la concurrence internationale. Eh bien, c’est la raison pour laquelle je combats le système dans son ensemble, l’ensemble de ces lois qui font que malgré votre envie formidable de créer des emplois vous n’y arrivez pas. Voilà le sens de ma candidature, le sens de ma campagne, où je dirai que pour lutter contre le chômage il faut lutter contre les licenciements, contre les suppressions d’emplois, il faut même les interdire. Et qu’il faut non pas aller vers une augmentation du temps de travail, mais une diminution du temps de travail et une répartition de ce temps de travail entre tous de façon à ce que tout le monde ait un emploi. »
Inutile de dire, qu’il n’y a pas eu d’applaudissements ! Un débat a suivi où tous les autres candidats ont rivalisé d’idées pour servir la soupe au patronat, en particulier sur la question des transports et l’apprentissage. Sur ces deux points, Nathalie Arthaud a affirmé que c’était au patronat d’assumer intégralement leur financement. Le débat s’est conclu par une réponse à notre camarade venant de Serge Dassault qui, le prenant sans doute pour lui, a tenté de démontrer que la lutte de classe n’existe pas. Et pourtant elle est et sera bien là tant que des personnages à la Dassault existeront !
                                                         Correspondant LO