Ce n’est
pas seulement la Grèce que le grand capital étrangle
Alors que Tsipras, le nouveau
chef du gouvernement grec, faisait la tournée des dirigeants de l’Union
européenne pour négocier quelques mois de répit auprès des créanciers de son
pays, la Banque centrale européenne a fermé une des deux sources de financement
de la Grèce. Le message est on ne peut plus clair.
Les
représentants de la grande bourgeoisie qui sont à la tête de la BCE, du FMI et
de l’Union Européenne veulent mettre ce pays et son gouvernement à genoux au
nom du principe selon lequel « qui a des dettes doit les
rembourser ». Avant tout compromis, il faut donc que Tsipras se renie et
expie le crime d’avoir laissé croire à la possibilité d’une « annulation de
la dette ».
Tsipras
ne demande pas la lune. Il ne parle plus d’annuler la dette grecque, ni même
d’en effacer une partie, il veut en étaler les remboursements.
Mais pour
la BCE, l’idée que les classes populaires grecques puissent seulement espérer
qu’elles n’auront pas à payer les intérêts et les dettes faites par leurs
classes privilégiées et par leur Etat est intolérable. Pour elle, il est hors
de question de remettre en cause la politique d’austérité dont le seul objectif
est de vider les poches de la majorité de la population pour alimenter la
finance.
Cette
déclaration de guerre n’est pas seulement destinée au peuple grec, elle est
adressée à tous ceux qui voudraient en finir avec les diktats des banquiers. Il
s’agit de faire comprendre aux peuples qui auraient envie d’imiter les Grecs
que le temps des sacrifices n’est pas fini.
Les
porte-paroles du grand capital que sont le FMI, la BCE et la Commission
européenne ont renvoyé la Grèce des décennies en arrière.
Des
millions de Grecs ont perdu leur emploi ou une partie de leur salaire, ils ne
peuvent plus se loger, se soigner. Et il faudrait encore des licenciements,
encore des fermetures de services publics ? Mais qu’est-ce qu’ils
cherchent, que les gens meurent dans la rue comme dans nombre de pays pauvres ?
La
bourgeoisie fait subir au peuple grec, en plus violent, ce qu’elle fait subir
ici aux travailleurs.
Quand
pour maintenir son taux de profit, le grand patronat licencie, restructure et
ferme des usines, il se moque de ce que deviendront les salariés mis sur le
carreau. Il n’a que faire des déficits qu’il creuse quand, pour augmenter les
dividendes de ses actionnaires, il ne paye pas d’impôts et obtient de ne plus
payer de cotisations sociales. Il n’y en a que pour sa compétitivité et sa
rentabilité.
Que les
services publics se délitent, que les petites entreprises soient asphyxiées,
que l’économie s’enfonce dans le marasme, tant que l’argent rentre dans ses
coffres-forts, ce n’est pas un problème pour ce grand patronat.
La
bourgeoisie qui domine la finance comme ses représentants à la tête des
institutions internationales sont des irresponsables vis-à-vis de la société.
Mario
Draghi, aujourd’hui à la tête de la BCE et inflexible vis-à-vis de la Grèce,
fut vice-président de la banque Goldman Sachs pour l’Europe. Cette banque, une
des principales responsables de la crise financière de 2008, a maquillé les
comptes de l’Etat grec. C’est tout un symbole !
Quant à
Jean-Claude Juncker, l’actuel président de la Commission européenne, il fut
pendant 18 ans le Premier ministre du Luxembourg, un paradis fiscal qui aida
près de 300 multinationales à échapper à l’impôt.
Ces messieurs ferment les yeux
sur les coups fourrés des grandes banques du genre HSBC, ils s’arrangent pour
que les grands groupes ne payent pas d’impôts et ce sont eux qui demandent à
l’ouvrier grec au chômage d’en Payer !
Ce sont eux qui nous font croire que si les Grecs n’arrivent pas à payer la dette, nous serions obligés de payer ! Tout cela est du chantage.
Ce sont eux qui nous font croire que si les Grecs n’arrivent pas à payer la dette, nous serions obligés de payer ! Tout cela est du chantage.
Ces
dirigeants, complices de la bourgeoisie, ont un principe simple : il faut
que l’argent rentre, que ce soit par l’exploitation, y compris la plus cruelle
ou par la spéculation. Et ce, quand bien même on court droit à la catastrophe
avec la menace permanente d’un nouveau krach.
L’économie
capitaliste qui, pour enrichir les plus riches, appauvrit ceux qui travaillent
et produisent, est aveugle et irrationnelle.
Dans le
cadre de cette économie injuste, complètement folle, les travailleurs ont le
droit et le devoir de se battre pour leur peau.
Mais ces
luttes contre une classe capitaliste avide et irresponsable sont un éternel
recommencement.
Le
problème fondamental qui se pose à la société, et depuis bien longtemps, est de
renverser la dictature de la finance sur le monde, c’est-à-dire renverser le
capitalisme. C’est la tâche que devra se fixer la classe exploitée.