lundi 11 novembre 2013

Hollande : comme en 14

En lançant le début des commémorations du centenaire de la guerre de 14-18, Hollande a repris à son compte le ton de « l’union sacrée » qui avait, il y a un siècle vu les principaux dirigeants du parti socialiste d’alors se rallier à cette sale guerre engagée pour un repartage du monde entre les grandes puissances. Ce fut une boucherie faisant au total plus de dix millions de morts. Hollande appelle aujourd’hui à « gagner les batailles économiques » et, pour cela, à « renouveler de patriotisme ». Quand on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels disait Anatole France.
      Quant à ceux qui engagent les travailleurs à ces guerres, ce sont, aujourd’hui comme hier, les complices de la barbarie du système capitaliste. Et ils le font en toutes connaissances.

Monument aux morts de Gentioux dans la Creuse

"Maudite soit la guerre"

11 novembre : un souvenir pour toutes les victimes de tous les pays, morts sur les fronts d'Europe ou d'ailleurs, à l'arrière, "fusillés pour l'exemple, et tout cela au profit de l'ordre capitaliste mondial. Un article sur les fusillés "pour l'exemple" extrait de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de fin octobre dernier.

Fusillés « pour l'exemple » de 1914-1918 : assassinés par l'état-major 

À quelques semaines de l'anniversaire du 11 novembre 1918 et un peu avant le centenaire du début de la Première Guerre mondiale en 1914, cette boucherie qui tua 10 millions d'hommes, la réhabilitation des « fusillés pour l'exemple » est à nouveau envisagée. Des historiens ont transmis un rapport dans ce sens au ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif.
     Ce dossier avait été entrouvert en 1998 par Lionel Jospin, alors Premier ministre, qui, dans un discours à Craonne, avait affirmé que les mutins devaient « réintégrer, pleinement, notre mémoire collective nationale », mais le président Chirac l'avait refermé, jugeant la proposition « inopportune ». En 2011, Sarkozy avait dit des combattants de 1914-1918 que « tous furent des héros, même ceux qui, après avoir affronté avec un courage inouï, les plus terribles épreuves, refusèrent un jour d'avancer parce qu'ils n'en pouvaient plus ». Paroles qui n'ont eu aucune suite.
      Durant cette guerre, selon les archives de l'armée, dont on sait qu'elles sont incomplètes, 740 soldats français ont été « fusillés pour l'exemple » après des jugements expéditifs pour refus d'obéissance, abandon de poste ou mutinerie.
      Durant les dix-sept premiers mois de la guerre, les deux tiers des fusillés, 430 soldats environ, ont été exécutés sur ordre des « conseils de guerre spéciaux », une institution militaire expéditive, ne laissant aux accusés que peu de moyens de se défendre. Pour les cadres de l'armée, il s'agissait d'imposer une discipline de fer afin que les hommes marchent au combat.
      Pour les historiens auteurs du rapport, ces condamnés étaient « des soldats comme des milliers d'autres, qui se sont battus comme eux et ont eu un jour un moment de faiblesse ou de ras-le-bol » et « un large consensus existe dans notre société pour estimer que la plupart n'étaient pas des lâches ».
      Ce consensus diminue de beaucoup quand il s'agit de prendre en compte les soldats qui se mutinèrent à partir de 1917. Avec l'éclatement de la révolution russe et l'espoir qu'elle souleva, des dizaines de milliers de soldats furent influencés par cette seule guerre juste qu'était la révolution. Aujourd'hui la Ligue des droits de l'homme ou la Libre Pensée voudrait à juste titre une « réhabilitation générale ».
       Les historiens, eux, n'ont pas l'intention d'aller aussi loin et se contenteraient d'une déclaration solennelle assortie éventuellement d'un projet pédagogique. Mais, déjà, cette suggestion, pourtant modérée, fait monter au créneau des associations patriotiques qui n'ont toujours pas médité la réflexion d'Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels ».
       Dans une lettre au ministre délégué, ces associations dénoncent « les conséquences (...) dramatiques pour le peuple français si son armée avait plié et s'était mutinée devant l'agresseur ». Pour ce comité, « vouloir considérer tous les morts de la guerre comme morts au combat, c'est-à-dire comme morts pour la France, (...) consisterait à modifier l'histoire, telle qu'elle est, à des fins partisanes ». Comme si les fins poursuivies par les grandes puissances en guerre en 1914-1918 n'avaient pas été partisanes ! Comme si les véritables buts de la guerre n'avaient pas été dissimulés aux soldats et à l'opinion publique. Comme si les traités auxquels cette guerre a abouti, comme le traité de Versailles, n'avaient pas montré que la guerre entendait imposer un nouveau partage du monde, aussi inique que le précédent et qui allait être une des causes de la guerre mondiale suivante.
On verra quelle suite donnera le gouvernement au rapport des historiens.
       On peut cependant noter que des municipalités et des collectivités territoriales n'ont pas attendu le gouvernement pour réhabiliter des « fusillés pour l'exemple ». Treize conseils généraux se sont prononcés pour leur réhabilitation, dont le conseil général de Corrèze sous la présidence d'un certain... François Hollande.


                                            Jacques FONTENOY



"Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l'orage" (Anatole France)

dimanche 10 novembre 2013

Sondage en vue des futures municipales : demi-sonde, quart de sonde ?

Les conseillers municipaux Lutte Ouvrière d’Argenteuil n’ont pas été sondés, mais un Argenteuillais qui le leur a rapporté, lui, l’a été, sondé par l’Ifop il y a quelques jours. Ce sondage portait sur les futures élections municipales… à Argenteuil.
       Il y était question par exemple de sélectionner deux priorités parmi un certain nombre telles : l’aménagement de la ville, les impots, la sécurité, l’emploi,…, au niveau local s’entend. Il y était question seulement du maire actuel et de son auto-proclamé principal challenger, son prédécesseur de droite. L’aménagement fait penser au maire actuel. Quant à « impots », son prédécesseur n’a guère d’autre mot à la bouche.
      Par quel candidat ce sondage a-t-il été commandé ? Mystère.
      Quant à notre informateur, il  n’avait nulle part pour placer que lui soutenait une autre liste qui sera présente en mars prochain, dont l’annonce est connue par tous, la liste Lutte Ouvrière…

     Ah, le sérieux des sondages !

Dassault et l'État français : un article dans Lutte Ouvrière de cette semaine

Dassault et l'État français : pile je gagne, face tu paies 

Le gouvernement indien était en pourparlers pour l'achat de 126 Rafale, cet avion que Dassault n'a jusqu'à présent réussi à vendre à aucun État autre que la France. Mais voilà que, suite au décès du négociateur et à l'approche des élections législatives en Inde, le contrat qui devait être signé en 2013 reste en suspens jusqu'en mars 2014, si ce n'est plus tard.
La fabrication du Rafale demande trois ans, et Dassault Aviation estime qu'il doit en produire onze par an pour qu'il soit rentable. Cela ne veut pas dire forcément en vendre à l'exportation car Dassault, toujours si prompt à dénoncer l'assistanat quand des travailleurs font valoir leurs droits, a obtenu de l'État français qu'il s'engage à augmenter ses achats de Rafale afin que lui et les gros industriels de l'armement qui lui sont liés puissent rester bénéficiaires.
      Dans la loi de programmation militaire 2014-2019, il était prévu que sept de ces coûteux joujoux, déjà en cours de fabrication et livrables en 2016, iraient à l'exportation, l'État français n'en achetant que quatre. Or, avec le report de la signature du contrat indien, la Direction générale de l'armement (DGA), par laquelle transite l'argent de l'État, se voit donc contrainte d'avancer de l'argent pour financer la construction des onze appareils, en attendant que l'Inde, le Qatar ou un hypothétique acheteur se révèlent ! Coût de l'opération pour le contribuable : 700 millions d'euros.
       Merci qui ?

                                                                                M.L.

Contrats d'avenir : dix chez les territoriaux, 10 à l'Agglomération, 10 chez AB-Habitat, 10 à l'hopital : sur les "contrats d'avenir", un article dans l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Contrats sans avenir 

Le 30 octobre 2012, il y a un an, les premiers contrats d'avenir étaient signés par quelques jeunes, en présence de Jean-Marc Ayrault et de Michel Sapin, le ministre du Travail. Le ministère estime que le cap des 60 000 contrats est maintenant dépassé et qu'on s'achemine, au rythme de 500 par jour, vers les 100 000 à la fin de l'année.
     Les contrats d'avenir, comme bien d'autres contrats du même genre avant eux, ont pour but de faire baisser momentanément les chiffres du chômage. Et, dans la situation actuelle, il s'agirait d'inverser cette fameuse courbe du chômage qui ne cesse de grimper.
Le gouvernement parviendra-t-il à tenir son pari ? Rien n'est moins sûr, car le nombre de chômeurs grimpe plus vite que le nombre des contrats d'avenir... et il reste moins de deux mois avant la fin de l'année.
      Et puis, de quel avenir s'agit-il ? Les contrats en question s'adressent à des jeunes peu ou pas diplômés et leur proposent des emplois essentiellement dans le secteur public, associations ou collectivités locales. L'État prend en charge les salaires jusqu'à concurrence de 75 % du smic. Des contrats sont aussi possibles dans le secteur marchand, mais dans ce cas la participation de l'État est plus faible.
      Pour les jeunes qui bénéficient de ces contrats, c'est souvent une chance d'avoir un travail et une formation. Mais pour combien de temps ? Les embauches doivent être faites pour au moins un an, même si les contrats de trois ans sont préconisés. À peine 10 % de ces contrats sont en CDI, tous les autres étant en CDD. C'est-à-dire qu'au bout de trois ans ce sera sans doute la porte, à moins que l'État ne prolonge le système. Mais pour le moment il n'existe aucun engagement dans ce sens.
      En fin de compte, les contrats d'avenir ne résoudront le problème que de 3 à 4 % des chômeurs, et pour peu de temps. Pour les jeunes, après, les contrats d'avenir c'est no future.

André VICTOR

samedi 9 novembre 2013

La Redoute : Pinault redoute la colère des salariés

Les salariés de La Redoute de Lille ont manifesté jeudi pour protester contre le projet de cession de la branche « distribution » de l’entreprise, qui prévoit la suppression d’au moins 700 des quelque 3 300 emplois du secteur de la vente à distance. Non seulement le groupe Kering, anciennement Pinault-Printemps-La Redoute, aujourd’hui spécialisé dans le luxe, affiche 1,3 milliard d’euros de bénéfice en 2012, mais la fortune de son propriétaire, François Pinault, s’élève à plus de 11 milliards. Largement de quoi maintenir les emplois et les salaires pour de longues années.

Grève le 14 novembre : « rythmes scolaires » et le reste, le « ras-le-bol » des enseignants du primaire.

Dans les conseils d’écoles tenus sur Argenteuil ces jours derniers, le ton est monté d’un cran contre cette « refondation de l’Ecole » qui n’en est pas une, et contre cette « réforme dite des rythmes scolaires », véritable  usine à gaz qui ne crée, y compris là où elle n’a pas été mise en place (c’est le cas à Argenteuil), que cacophonie et inquiétude.
      Le plus grand nombre parmi les enseignants n’en veulent pas. Quant aux parents, le mécontentement grandit également parmi eux.
      Aujourd’hui, la revendication de l’abandon pure et simple de cette « réforme » s’affirme de plus en plus.
     Derrière cette revendication, il y a aussi le « ras-le-bol » de personnels bousculés, surchargés de taches, et dont les effectifs des classes ne cessent de grandir.

      Des organisations syndicales « minoritaires » dans l’enseignement primaire appellent à une journée de grève le jeudi 14 novembre prochain à l’échelle du pays. Malgré la position ambigue du principal syndicat qui ne s’est pas associé formellement à cet appel, une fraction importante des personnels d’Argenteuil s’apprete à faire grève ce jour-là.

Education : appel à la grève le jeudi 14 novembre, une information de la CGT Educ'action du Val d'Oise

Le 14 novembre prochain, la CGT Educ’action avec le SNUDI FO, SUD Education, la FAEN et  la fédération des services publics CGT, FO et SUD appellent à la grève pour :

-         La suspension immédiate du décret sur les rythmes scolaires.
-         L’abrogation du décret.

Cet appel fait écho aux premiers bilans sur cette réforme. Ce nous annoncions dès janvier dernier se produit. Ce décret augmente la charge de travail des enseignants et la fatigue des élèves, désorganise les services des agents et enfin renforce les inégalités socio spatiales. Il est primordial d’imposer notre réforme.
Cet appel concerne bien entendu le premier degré mais plus largement l’éducation. Un préavis fédéral couvre l’ensemble des personnels.
Un appel intersyndical départemental CGT, FO et SUD (en pièce jointe) appelle également à la participation à des AG de grève :

-         Sur le bassin de Cergy à 9 heures à la maison des syndicat rue Francis Combes
-         Sur le Bassin de l’Est à Garges les Gonesse à l’école élémentaire Hugo rue Manet à 9 heures 30
-         Sur le bassin d’Argenteuil à l’espace Mandela salle 123 à 9 heures 30

L’intersyndicale départementale appelle également à rejoindre la manifestation régionale sur paris à partir de Luxembourg 14 heures 30 et en direction du ministère de l’Education Nationale. 
-