dimanche 10 novembre 2013

Dassault et l'État français : un article dans Lutte Ouvrière de cette semaine

Dassault et l'État français : pile je gagne, face tu paies 

Le gouvernement indien était en pourparlers pour l'achat de 126 Rafale, cet avion que Dassault n'a jusqu'à présent réussi à vendre à aucun État autre que la France. Mais voilà que, suite au décès du négociateur et à l'approche des élections législatives en Inde, le contrat qui devait être signé en 2013 reste en suspens jusqu'en mars 2014, si ce n'est plus tard.
La fabrication du Rafale demande trois ans, et Dassault Aviation estime qu'il doit en produire onze par an pour qu'il soit rentable. Cela ne veut pas dire forcément en vendre à l'exportation car Dassault, toujours si prompt à dénoncer l'assistanat quand des travailleurs font valoir leurs droits, a obtenu de l'État français qu'il s'engage à augmenter ses achats de Rafale afin que lui et les gros industriels de l'armement qui lui sont liés puissent rester bénéficiaires.
      Dans la loi de programmation militaire 2014-2019, il était prévu que sept de ces coûteux joujoux, déjà en cours de fabrication et livrables en 2016, iraient à l'exportation, l'État français n'en achetant que quatre. Or, avec le report de la signature du contrat indien, la Direction générale de l'armement (DGA), par laquelle transite l'argent de l'État, se voit donc contrainte d'avancer de l'argent pour financer la construction des onze appareils, en attendant que l'Inde, le Qatar ou un hypothétique acheteur se révèlent ! Coût de l'opération pour le contribuable : 700 millions d'euros.
       Merci qui ?

                                                                                M.L.

Contrats d'avenir : dix chez les territoriaux, 10 à l'Agglomération, 10 chez AB-Habitat, 10 à l'hopital : sur les "contrats d'avenir", un article dans l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Contrats sans avenir 

Le 30 octobre 2012, il y a un an, les premiers contrats d'avenir étaient signés par quelques jeunes, en présence de Jean-Marc Ayrault et de Michel Sapin, le ministre du Travail. Le ministère estime que le cap des 60 000 contrats est maintenant dépassé et qu'on s'achemine, au rythme de 500 par jour, vers les 100 000 à la fin de l'année.
     Les contrats d'avenir, comme bien d'autres contrats du même genre avant eux, ont pour but de faire baisser momentanément les chiffres du chômage. Et, dans la situation actuelle, il s'agirait d'inverser cette fameuse courbe du chômage qui ne cesse de grimper.
Le gouvernement parviendra-t-il à tenir son pari ? Rien n'est moins sûr, car le nombre de chômeurs grimpe plus vite que le nombre des contrats d'avenir... et il reste moins de deux mois avant la fin de l'année.
      Et puis, de quel avenir s'agit-il ? Les contrats en question s'adressent à des jeunes peu ou pas diplômés et leur proposent des emplois essentiellement dans le secteur public, associations ou collectivités locales. L'État prend en charge les salaires jusqu'à concurrence de 75 % du smic. Des contrats sont aussi possibles dans le secteur marchand, mais dans ce cas la participation de l'État est plus faible.
      Pour les jeunes qui bénéficient de ces contrats, c'est souvent une chance d'avoir un travail et une formation. Mais pour combien de temps ? Les embauches doivent être faites pour au moins un an, même si les contrats de trois ans sont préconisés. À peine 10 % de ces contrats sont en CDI, tous les autres étant en CDD. C'est-à-dire qu'au bout de trois ans ce sera sans doute la porte, à moins que l'État ne prolonge le système. Mais pour le moment il n'existe aucun engagement dans ce sens.
      En fin de compte, les contrats d'avenir ne résoudront le problème que de 3 à 4 % des chômeurs, et pour peu de temps. Pour les jeunes, après, les contrats d'avenir c'est no future.

André VICTOR

samedi 9 novembre 2013

La Redoute : Pinault redoute la colère des salariés

Les salariés de La Redoute de Lille ont manifesté jeudi pour protester contre le projet de cession de la branche « distribution » de l’entreprise, qui prévoit la suppression d’au moins 700 des quelque 3 300 emplois du secteur de la vente à distance. Non seulement le groupe Kering, anciennement Pinault-Printemps-La Redoute, aujourd’hui spécialisé dans le luxe, affiche 1,3 milliard d’euros de bénéfice en 2012, mais la fortune de son propriétaire, François Pinault, s’élève à plus de 11 milliards. Largement de quoi maintenir les emplois et les salaires pour de longues années.

Grève le 14 novembre : « rythmes scolaires » et le reste, le « ras-le-bol » des enseignants du primaire.

Dans les conseils d’écoles tenus sur Argenteuil ces jours derniers, le ton est monté d’un cran contre cette « refondation de l’Ecole » qui n’en est pas une, et contre cette « réforme dite des rythmes scolaires », véritable  usine à gaz qui ne crée, y compris là où elle n’a pas été mise en place (c’est le cas à Argenteuil), que cacophonie et inquiétude.
      Le plus grand nombre parmi les enseignants n’en veulent pas. Quant aux parents, le mécontentement grandit également parmi eux.
      Aujourd’hui, la revendication de l’abandon pure et simple de cette « réforme » s’affirme de plus en plus.
     Derrière cette revendication, il y a aussi le « ras-le-bol » de personnels bousculés, surchargés de taches, et dont les effectifs des classes ne cessent de grandir.

      Des organisations syndicales « minoritaires » dans l’enseignement primaire appellent à une journée de grève le jeudi 14 novembre prochain à l’échelle du pays. Malgré la position ambigue du principal syndicat qui ne s’est pas associé formellement à cet appel, une fraction importante des personnels d’Argenteuil s’apprete à faire grève ce jour-là.

Education : appel à la grève le jeudi 14 novembre, une information de la CGT Educ'action du Val d'Oise

Le 14 novembre prochain, la CGT Educ’action avec le SNUDI FO, SUD Education, la FAEN et  la fédération des services publics CGT, FO et SUD appellent à la grève pour :

-         La suspension immédiate du décret sur les rythmes scolaires.
-         L’abrogation du décret.

Cet appel fait écho aux premiers bilans sur cette réforme. Ce nous annoncions dès janvier dernier se produit. Ce décret augmente la charge de travail des enseignants et la fatigue des élèves, désorganise les services des agents et enfin renforce les inégalités socio spatiales. Il est primordial d’imposer notre réforme.
Cet appel concerne bien entendu le premier degré mais plus largement l’éducation. Un préavis fédéral couvre l’ensemble des personnels.
Un appel intersyndical départemental CGT, FO et SUD (en pièce jointe) appelle également à la participation à des AG de grève :

-         Sur le bassin de Cergy à 9 heures à la maison des syndicat rue Francis Combes
-         Sur le Bassin de l’Est à Garges les Gonesse à l’école élémentaire Hugo rue Manet à 9 heures 30
-         Sur le bassin d’Argenteuil à l’espace Mandela salle 123 à 9 heures 30

L’intersyndicale départementale appelle également à rejoindre la manifestation régionale sur paris à partir de Luxembourg 14 heures 30 et en direction du ministère de l’Education Nationale. 
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vendredi 8 novembre 2013

Collèges d’Argenteuil : montée des effectifs, du collège, dans les classes, c’est non !

Les personnels et les parents d’élève du collège Eugénie Cotton sont en colère. Dans le cadre de l’explosion des effectifs du collège Camus, ils n’acceptent pas non seulement le manque de concertation à propos du redécoupage des secteurs de recrutement des élèves du collège, mais la conséquence de celui-ci : une hausse évaluée à plus de 50 élèves supplémentaires dès la rentrée prochaine.
      D’autant que la hausse des effectifs, ils la connaissent dès maintenant. Il y a actuellement 50 élèves de plus dans le collège que les estimations prévues au printemps dernier. Ils rejettent déjà cette situation effectuée par ailleurs au détriment des moyens en postes alloués au collège. 50 élèves de plus, c’est-à-dire deux classes, cela exige normalement 50 heures hebdomadaires en plus pour payer les professeurs pour ces deux classes supplémentaires. Ils en ont obtenues en tout et pour tous ces 50 élèves que l’on n’attendait pas… 18 ! Cela veut dire que le nombre d’élèves par classe a augmenté nettement.
      Un collège dont les effectifs vont grimper, des classes qui vont connaître le même sort, c’est cela la « refondation » de l’école ?

     Nouvelle phase d’écroulement plus certainement ! Au collège Eugénie Cotton, c’est non et non.

La responsabilité du redécoupage des secteurs des différents collèges relève du Conseil général. Ils étaient aux abonnés absents hier au soir lors du conseil d'administration du collège Eugénie Cotton qui débattait de la question !

« Chez Paul » : les amis-clients préoccupés de la mi...ne de ceux qui les servent

Les clients qui fréquentent la boutique « Chez Paul » du centre appartenant au groupe du même nom peuvent observer la fatigue de plus en plus grande du personnel.
     C’est qu’il en manque du personnel.
     Des postes ne sont pas pourvus. La tâche supplémentaire induite par ce manque pèse sur les employés présents. Les heures s’allongent.
     Comme les clients ne s’intéressent pas seulement au pain qu’ils demandent, ils s’inquiètent.

Première guerre mondiale : début des commémorations de 1914 : un article de l’hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine


Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hollande, héritier des trahisons du Parti socialiste

Le 7 novembre, depuis l'Élysée, Hollande devait lancer officiellement les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale. C'est à ceux qui se prétendent parfois les héritiers des socialistes du début du XXe siècle qu'échoit donc de rendre un hommage légal aux huit millions de « poilus » que la bourgeoisie française a envoyés en 1914-1918 « mourir pour les industriels », selon le mot d'Anatole France.
Il y a un siècle, quinze jours encore avant l'entrée en guerre, en août 1914, les militants socialistes, réunis en congrès extraordinaire à Paris à la mi-juillet, écoutaient Jaurès : « Nous dénoncerons le danger par l'action parlementaire et par l'agitation dans le pays. Mais quand les nuées tomberont, car les travailleurs seront menacés par l'orage, il est impossible qu'ils ne se souviennent pas qu'ils sont une force et qu'ils n'affirment pas bien haut leur volonté de paix. Et, en fait, malgré les dissentiments théoriques, nous sommes d'accord pour dire que la cessation du travail est un moyen d'émouvoir et d'avertir tous les gouvernants. S'il est vrai que dans tous les pays, à certaines heures de crise, c'est à la grève générale que les travailleurs ont recours, il est impossible qu'ils ne recourent pas à ce moyen contre la guerre. »
L'appel de la CGT à la grève générale était dans l'air et Marcel Sembat, Edouard Vaillant, Albert Thomas, dirigeants du Parti socialiste, appuyèrent Jaurès qui faisait voter une motion : « Entre tous les moyens employés pour prévenir et pour empêcher la guerre et pour imposer aux gouvernements le recours à l'arbitrage, le Congrès considère comme particulièrement efficace la grève générale ouvrière simultanément et internationalement organisée dans les pays intéressés, ainsi que l'agitation et l'action populaires sous les formes les plus actives. »
Mais comme l'écrivait des années plus tard le communiste révolutionnaire Alfred Rosmer, « le 1er août 1914, Jaurès est mort [la veille], Jouhaux [le secrétaire général de la CGT] est acheté. La guerre peut passer. À 4  heures de l'après-midi, l'ordre de mobilisation est affiché ». Les dirigeants socialistes n'allaient pas tarder à emboucher les trompettes de « l'union sacrée » avec la bourgeoisie. Le 2 août, Édouard Vaillant et Marcel Sembat appelaient « les socialistes » à « remplir à la fois leur devoir patriotique et leur devoir socialiste [...] pour la Patrie, pour la République, pour la Révolution » et à « se battre pour défendre la culture française et la liberté des peuples ». Le Parti socialiste assuma des postes au gouvernement ; Albert Thomas devint le 26 août 1914 sous-secrétaire d'État à l'artillerie et à l'équipement militaire dans le cabinet du républicain-socialiste René Viviani et Marcel Sembat entra aux Travaux publics.
Cinquante-deux mois et quinze millions de morts plus tard, le 11 novembre 1918, la boucherie prenait fin. En France, un mobilisé sur six ne revint pas.
Hollande, Valls et Montebourg sont les héritiers de cette trahison du Parti socialiste de 1914 et ils l'assument. Il est vrai que, depuis, le Parti socialiste en a commis beaucoup d'autres.

                                                                        Viviane LAFFONT