samedi 9 mars 2013

Val d’Oise



L’égalité loin d’être conquise

Le « mois pour l’égalité hommes-femmes » vient d’être lancé dans le Val d’Oise ce vendredi 8 mars. Il s’achèvera par un colloque sur la question à… l’Essec.
     Pourquoi pas à l’université de Cergy-Pontoise par exemple qui, sur le plan de l’égalité, serait un symbole bien plus fort.
     L’Essec qui bénéficie à quelques lycéens des quartiers populaires, mais cela, dans les faits,  comme une initiative si marginale par rapport à la nature de l’école.
     Le prestige bien davantage, l’élite, et un prestige qui se paie, mais tout cela si loin de l’égalite.


Vive la grève des salariés du fret Air France à Roissy.

Troisième semaine de grève et les grévistes ne cèdent pas.

8 mars : et après...



Journée internationale des femmes : une création du mouvement ouvrier. Suite de l’article de mars 2010 sur le centième anniversaire de cette Journée

LE FEMINISME OUVRIER
Les féministes des classes bourgeoises se battaient à l'époque, à juste titre, pour que les femmes obtiennent le droit de vote, ne soient plus sous la tutelle de leur mari et accèdent aux professions réservées aux hommes de leur milieu : médecin, avocat, professeur d'université, etc. Mais les femmes prolétaires avaient encore bien d'autres revendications à faire valoir : la hausse des salaires, ne serait-ce que pour éviter à une partie des jeunes filles ouvrières de devoir se prostituer, et à toutes d'être obligées de se soumettre à leur époux ; la protection des femmes enceintes et des accouchées, pour qu'elles ne soient pas purement et simplement renvoyées de leurs usines ; le droit à l'éducation et à la formation professionnelle, jusque-là réservées aux hommes ; la fin de l'esclavage ménager et de la double journée de travail, à l'usine puis au foyer. Pour faire aboutir cette dernière revendication, les socialistes comptaient sur le progrès technique, la collectivisation des tâches ménagères et l'éducation des hommes.
     Lier l'émancipation de la femme au socialisme, tenter d'organiser le prolétariat féminin, lui proposer des cercles d'éducation traitant de tous les sujets, faire entrer des ouvrières dans les syndicats et les partis socialistes, y compris aux postes dirigeants, combattre sans relâche les préjugés sexistes dans la classe ouvrière, ainsi s'entendait le « féminisme ouvrier ». Il constituait alors la doctrine, l'attitude générale du mouvement socialiste, et résultait en grande partie de l'activité de militantes comme Clara Zetkin. Ces féministes ne traitaient pas du « problème féminin », terme qu'elles récusaient, mais de la situation et des revendications des femmes prolétaires et ce, dans la perspective de la révolution socialiste.
     En 1914, alors que les dirigeants de la plupart des partis socialistes trahissaient l'internationalisme et appuyaient l'effort de guerre de leur propre bourgeoisie, Clara Zetkin lançait, au nom des femmes socialistes, un appel aux femmes de la classe ouvrière, leur enjoignant de rester fidèles à l'internationalisme et d'être les dépositaires de l'idéal socialiste. Et en effet, ce furent les femmes de la classe ouvrière qui relevèrent les premières le drapeau, en manifestant dès 1915 à Berlin et en se mettant en grève en Russie en février 1917. (à suivre)

Inès Armand

Nadejna Kroupskaïa

Natalia Sedova



28% de moins : tel est l’écart, d’après l’INSEE, entre les salaires des femmes et celui des hommes dans le secteur privé. C’est dû au fait qu’à travail égal, les femmes gagnent moins que les hommes, qu’elles occupent globalement des emplois moins qualifiés et qu’elles subissent davantage le temps partiel imposé par les employeurs.
     Et ce n’est certainement pas près de changer, puisque depuis des décennies, quel que soit le gouvernement en place, il n’y a eu que des déclarations et guère plus. Sur ce terrain comme sur les autres, dès lors qu’il s’agirait d’imposer quelque chose aux patrons, le gouvernement actuel est, lui aussi, aux abonnés absents.


Aujourd’hui, lorsque la société recule pour les plus pauvres, avec elle recule pour eux le mirage de l’égalité, qu’elle soit des sexes, qu’elle soit sociale

vendredi 8 mars 2013

Grand Paris, grosse arnaque


Sous prétexte de financer les travaux du « Grand Paris » (des dizaines de kilomètres de voies ferrées et la construction de nouvelles gares), le gouvernement a déclaré vouloir augmenter les amendes de stationnement de 17 à 35 euros, et pas seulement en région parisienne.
      Encore une fois, la population sera mise à contribution, de la manière la plus injuste qui soit puisque l’amende est la même quel que soit le revenu de l’automobiliste. Le parking payant représente un véritable racket, qui vient en sus des impôts locaux, censés servir en partie à l’entretien des voies publiques.
     En fait, le gouvernement trouve là un nouveau moyen de faire fonctionner la pompe à fric toujours dans le même sens, alors que ces travaux vont enrichir de dizaines de milliards d’argent public les entreprises du BTP comme Bouygues, Eiffage et Cie.

Goodyear : Ils ont raison de se défendre !


Hier, les salariés de Goodyear, dont l’usine est menacée de fermeture, se sont heurtés aux CRS. Durant les échauffourées, des policiers auraient été blessés mais l’un des manifestants a été arrêté et Manuel Vals promet des poursuites judiciaires.
     Le gouvernement comme la droite dénonce les « violences » des manifestants. Mais fermer les usines en privant de tout revenu des milliers de familles, mais envoyer les CRS contre ceux qui veulent garder leur emploi, cela, ce n’est pas de la violence ?
     Devant les patrons licencieurs, de PSA à Goodyear en passant par Mittal, le gouvernement est à plat ventre. Mais dès que les salariés défendent leur peau, il leur envoie CRS, lacrymogènes et matraques.

Fret Roissy en grève : un article de l'Humanité du 6.03.13. (Des jours de RTT en moins, comme chez Renault, comme à l'hôpital d'Argenteuil ?)


En grève depuis le 16 février, les salariés du Fret Air France montrent la voie à suivre contre l'austérité ! (CGT)

A l'initiative de la CGT, plusieurs centaines de salariés du Fret d'Air France à Roissy sont en grève depuis le 16 février contre les conséquences du plan d'austérité de la compagnie. C'est la suppression autoritaire de 6 jours de RTT, et la non reconnaissance de la pénibilité jusqu’ici prise en compte, qui ont mis le feu aux poudres. La grève est reconduite lors d'assemblées générales régulières. Un piquet de grève a été installé à l'entrée du site que nos camarades tiennent jour et nuit depuis le début du mouvement.
    Et la contestation s'étend. Le front syndical s'élargit avec le ralliement du syndicat FO. En province, d'autres bases d'Air France sont elles aussi en grève, comme à Marseille, Nice et Toulouse. En Guyane, la salariés Air France, à l’appel de 4 syndicats, ont lancé une grève générale. A Roissy, le nombre de grévistes augmente. 500 grévistes au total, ont été comptabilisés le week-end dernier, et le mouvement se poursuit

Goodyear : bonne année en anglais, mais sale temps pour les travailleurs


Aux salariés de Goodyear qui se battent pour conserver leurs emplois, le ministre de l’intérieur a opposé hier un véritable dispositif anti-émeute, alors que se tenait à Rueil un Comité d’Entreprise. C'est la réponse du gouvernement à la colère légitime de salariés qui ne veulent pas connaître le chômage.
     Pas étonnant, si le fait est avéré, que les travailleurs ulcérés aient envoyé en l’air des projectiles divers.
     C’est leur vie que les actionnaires de Goodyear foutent en l’air.

Hôpital d'Argenteuil : tract distribué ce matin aux portes de l''hôpital


LUTTE OUVRIERE                                  impr. Spéc.LO le 7.03.13.            
DIRE NON AUX ATTAQUES DU PATRONAT ET DU GOUVERNEMENT
Les patrons veulent pouvoir dégrader encore davantage les conditions de travail des travailleurs, en allongeant le temps de travail, en augmentant la flexibilité. Ils veulent s’en prendre également à leur salaire. Ils voudraient par-dessus le marché que les travailleurs se résignent, qu’ils n’aient pas un mot plus haut que l’autre, pas un geste de colère.
     Ce mardi 5 mars, la CGT et FO appelaient à manifester contre le projet de loi sur la flexibilité. Les manifestants ont ainsi pu montrer à cette occasion qu’il n’est pas question d’accepter tous les reculs et qu’ils n’ont pas fini de combattre.
     Pour le Médef, « Il faut favoriser le dialogue social, pas la destruction ». Et de prendre pour exemple le « dialogue social » qui a débouché sur l’accord du 11 janvier entre le Medef, la CGC, la CFTC et la CFDT un accord basé sur l’idée selon laquelle, pour sécuriser l’emploi, il faut pouvoir licencier plus facilement et flexibiliser au maximum. Que trois syndicats aient adopté cet accord n’y change rien, le résultat est sans appel : le patronat a obtenu tout ce qu’il voulait.
     Comble de cynisme, le gouvernement prétendument socialiste a prévu de traduire cet accord dans une loi « pour la sécurisation de l’emploi ». Mais si cette loi est adoptée, elle va sécuriser les licenciements, sûrement pas les emplois. Les licenciements seront plus faciles, ils coûteront moins chers aux  patrons et les salariés pourront plus difficilement les contester. Comme si les milliers de travailleurs licenciés, chaque semaine, ne suffisaient pas !
     Côté salarié, qu’est-ce qui est sécurisé ? Pas le lieu de travail, puisque l’accord impose la mobilité. Pas le temps de travail, puisque l’accord impose la flexibilité. Ni même le salaire, puisqu’il sera désormais possible pour les patrons de le baisser en fonction de leurs affaires. Et ce, sans même avoir la garantie qu’au bout du compte ils ne perdront pas leur emploi ! Avec cette loi, le chantage, l’arbitraire et la violence des patrons vont avoir force de loi et on le devra au gouvernement socialiste !
      Le patronat ne cache pas qu’il veut aller plus loin encore et le gouvernement y œuvre. Après avoir dénoncé la réforme Sarkozy de 2010 sur les retraites, voilà que le gouvernement se prépare à l’aggraver.
     Sacrifices sur les retraites, hausse du diesel, baisses de salaire, licenciements, c’est de tous les côtés que les coups nous tombent dessus.
     Mais qui sème le vent récolte la tempête ! Patronat et gouvernement vont bien finir par provoquer le coup de colère qui mettra les exigences des travailleurs au premier plan.
      Il faudra qu’à cette colère s’ajoute la conscience claire des intérêts politiques de la classe ouvrière et de la société. Les travailleurs contesteront alors le droit qu’a une minorité, de maintenir la majorité dans l’exploitation, le chômage et la misère. Ils remettront en cause le sacro-saint droit patronal à décider de leur vie. Et ce ne sera que justice !
      Cela exigera certes un tout autre rapport de force que celui d’aujourd’hui. Mais, dès maintenant, on peut, et on doit commencer par dire « non » à la politique anti-ouvrière du gouvernement et du patronat.

Ici, à l’hôpital, nous sommes aussi concernés. La preuve !
Tout cela n’est pas seulement  l’affaire du privé. Dans toute la fonction publique, les travailleurs ne sont pas à l’abri. Les attaques contre les travailleurs du privé ont toujours été suivies d’attaques contre ceux du privé.
     Ici, à l’hôpital, les travailleurs sont bien placés pour le savoir. Les directions veulent augmenter le temps de travail et  donc réduire de fait les salaires.  On le voit depuis plusieurs semaines avec les attaques qui visent une partie du personnel, le personnel « non soignant » pour résumer. On s’attaque d’abord aux uns, les attaques contre les autres suivront. RTT, temps de repas, durée du travail de nuit,…, sous prétexte de déficit de l’hôpital, on veut augmenter la charge de travail.
     Comme la journée de mobilisation l’a montré jeudi dernier à l’hôpital, pour les salariés du public, comme pour ceux du privé, il n’est pas question de baisser les bras.


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La journée internationale des femmes, une décision de l'Internationale Ouvrière en 1910, et bien d'autres articles.

8 mars : une journée des femmes créée par l'Internationale Ouvrière (un article de Lutte Ouvrière de mars 2010 toujours d'actualité) -1ère partie


Il y a cent ans : L'Internationale Ouvrière décidait d'une journée des femmes
C'est à Copenhague, en mars 1910, que les militantes de l'Internationale Ouvrière et leur dirigeante Clara Zetkin, au nom des femmes membres des partis socialistes du monde entier, décidèrent d'organiser une journée internationale des femmes. De même que, tous les 1er mai, les prolétaires de tous les pays étaient appelés à manifester ensemble, les femmes manifesteraient chaque année, en mars, pour défendre leurs propres revendications, et avant tout le droit de vote et l'égalité.
     Cette prise de position des partis ouvriers en faveur de l'égalité homme-femme n'était pas une simple pétition de principes, mais une réelle préoccupation militante, assortie de la création d'organisations spécifiques, d'organes de presse, de réunions publiques fréquentes, etc. Au point que l'année suivante, en 1911, l'Internationale put comptabiliser un million de manifestantes en Europe à l'occasion de la journée de la femme. 

COMMUNISME ET FEMINISME

Dès le début du mouvement communiste, Marx et Engels avaient naturellement pris position pour l'égalité des sexes. Ils s'opposèrent aussi aux préjugés contre le travail des femmes, alors fréquents dans le mouvement ouvrier. En effet, au milieu du 19e siècle, bien des militants, constatant que l'entrée des femmes sur le marché du travail tirait les salaires vers le bas, se prononçaient pour l'interdiction pure et simple du travail féminin et, adoptant les idées de la classe dominante, prétendaient que la place des femmes était à la maison. Pour les communistes au contraire, l'émancipation des femmes dépendait de leur indépendance économique, et donc de leur accès au travail, notamment salarié. Le développement du capitalisme, en envoyant à l'usine des millions de femmes, créa une situation irréversible, donnant ainsi rapidement raison dans les faits à Marx, Engels et leurs partisans. À la fin du 19e siècle les femmes constituaient une grande partie du prolétariat et une de ses fractions les plus opprimées.
     Le fait que la classe ouvrière ne pouvait pas se battre, et encore moins vaincre, sans les femmes, devint alors une évidence pour la majeure partie des ouvriers organisés. Cela fut mis particulièrement en lumière dans l'ouvrage du dirigeant socialiste allemand Bebel, La Femme et le Socialisme, paru en 1879, qui fut le livre le plus lu dans le mouvement ouvrier de cette époque. Bebel y démontrait que l'oppression des femmes est liée à l'apparition de la propriété privée et que, par conséquent, leur émancipation et une réelle égalité des sexes ne pourraient s'établir que dans le cadre d'une société sans propriété et sans classes sociales, par la victoire du socialisme. Ce qui n'empêchait pas, au contraire, la lutte quotidienne pour l'amélioration immédiate du sort des femmes. Un programme qui, sous ses deux aspects, garde toute son actualité. (à suivre)


Clara Zetkin

Rosa Luxembourg

Alexandra Kollontaï