lundi 28 janvier 2013

Editorial des bulletins d'entreprises Lutte Ouvrière du 28.01.13.


Nous sommes tous attaqués, organisons ensemble la riposte
Grève reconductible à l’usine PSA d’Aulnay-sous-bois contre la fermeture programmée du site. Débrayages répétés et de plus en plus importants dans toutes les usines Renault contre le chantage de la direction qui ne laisse aux travailleurs que le choix entre « travailler plus pour gagner moins » ou être licencié. Manifestation des salariés de Virgin, de Sanofi, d’Arcelor. Action des travailleurs de Goodyear dont la direction va annoncer qu’elle ferme l’usine d’Amiens avec 1 200 licenciements. Grève, jeudi prochain, dans la Fonction publique contre les suppressions d’emplois et la baisse du pouvoir d’achat : bien des travailleurs s’organisent pour se défendre. Ils ont mille fois raison. Leurs combats doivent devenir la lutte de tous.
     Le patronat a pris l’offensive. Avec les « accords compétitivité », il attaque tous azimuts. La direction de Peugeot a commencé son attaque avec un plan de suppression d’emplois sans précédent incluant la fermeture de l’usine d’Aulnay. Mais les hostilités ne s’arrêteront pas là, elle a déjà annoncé qu’elle veut imposer des accords de compétitivité rebaptisés « accords de performance ».
     La direction de Renault a fait l’inverse : elle a d’abord voulu imposer la mobilité intersites, allonger le temps de travail et bloquer les salaires, et c’est après cela qu’elle a annoncé 8 200 suppressions d’emplois, avec la menace de rayer de la carte deux de ses usines, si les syndicats ne signent pas ces accords.
Les licenciements et les accords de compétitivité sont les deux bouts d’un même bâton. Aucun travailleur ne sera épargné, pas même ceux à qui l’on garantit de conserver leur emploi.
     Conserver son emploi ne veut même plus dire conserver son salaire. Les accords de flexibilité qui ont été signés entre le patronat et la CFDT, la CGC et la CFTC, et que le gouvernement soi-disant « socialiste » veut transposer dans la loi, autorisent la baisse des salaires au gré des fluctuations du marché. Il suffira qu’une entreprise prétexte des difficultés pour qu’elle impose une baisse du temps de travail et une baisse du salaire.
     Et les patrons ne s’en priveront pas parce qu’avec la crise les affaires ralentissent. Ou les travailleurs forceront le grand patronat à revoir ses profits à la baisse, ou ce sont les salaires qui baisseront. Si les travailleurs ne se font pas respecter, le patronat les fera reculer.
     Il n’y a aucune raison pour que les travailleurs acceptent de se sacrifier. Chez Peugeot, qui des actionnaires ou des travailleurs doit faire des sacrifices ? La famille Peugeot et les actionnaires ont encaissé 6 milliards de bénéfices ces dernières années. Ils ont de quoi voir venir, pas les travailleurs qui ont toujours été payés au plus bas !
     Qui a réalisé 786 millions de bénéfice net pour les six premiers mois de 2012, plus de 2 milliards en 2011 et 3,4 milliards en 2010 ? Le groupe Renault dont le PDG, Carlos Ghosn, se verse une rémunération de 13 millions par an et explique que, si les travailleurs n’acceptent pas de se sacrifier, leur usine risque la faillite !
     Le patronat et le gouvernement alignent les chiffres d’affaires catastrophiques pour faire pleurer dans les chaumières sur les difficultés patronales. Mais quand les affaires tournaient à plein, c’est ce grand patronat qui s’est enrichi. Et aujourd’hui encore, pour maintenir ses profits, il est prêt à priver du nécessaire des millions de travailleurs.
     Le chômage est un drame pour ceux qui sont privés de salaire mais aussi pour les autres travailleurs qui vivent avec cette épée de Damoclès sur leur tête.
     Plus largement, le chômage est un fléau pour toute la société. Quel peut être l’avenir d’une société qui condamne 25 % de sa jeunesse à l’inactivité ou aux petits boulots pendant qu’une infime minorité nage dans les millions ? Le chômage, les inégalités, l’exploitation forment le terreau de l’individualisme, de la délinquance, de l’insécurité, du racisme.
     Les conséquences du chômage ne sont pas qu’économiques, chacun les subit à tout moment dans sa vie. Personne parmi les classes populaires ne peut y échapper, pas même ceux qui ont encore un bon emploi et un bon salaire.
Alors les travailleurs de Peugeot, de Renault, de Goodyear, tous ceux qui se battent pour ne pas être condamnés au chômage comme ceux qui se battent pour leur salaire ou pour refuser la dégradation des conditions de travail mènent un combat légitime. Un combat qui n’a rien d’un combat solitaire ou corporatiste. C’est un combat pour tous.
     En refusant le diktat patronal et gouvernemental, les travailleurs qui se battent aujourd’hui montrent la voie pour une riposte d’ensemble.



Goodyear : 1250 salariés menacés


Le fabricant de pneumatiques Goodyear s’apprêterait à annoncer la fermeture de son usine d’Amiens-Nord, qui emploie 1.250 personnes. En 2009, déjà, la direction avait tenté d’imposer un plan de licenciements, mais les syndicats avaient obtenu l’invalidation de ce plan par la justice. Les salariés de l’entreprise rappellent que François Hollande avait promis une loi interdisant les « licenciements boursiers ». Mais l’interdiction des licenciements, de tous les licenciements, c’est par la lutte qu’il faudra l’imposer, au patronat, comme au gouvernement à son service

PSA-Aulnay où la grève a été reconduite : un communiqué de Nathalie Arthaud


Quand PSA utilise des méthodes de gangster contre les travailleurs d’Aulnay-sous-Bois en grève

Depuis le 16 janvier, plusieurs centaines de travailleurs de l’usine PSA-Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois sont en grève contre la fermeture de leur usine, que la famille Peugeot a programmée en 2014. La direction utilise les méthodes de combat dont elle est coutumière depuis longtemps. Elle a d’abord fermé l’usine pendant une semaine pour disperser les travailleurs, orchestrant une campagne de presse visant à présenter les grévistes comme des voyous. En outre, la direction poursuit en justice cinq travailleurs, des militants CGT, qui sont convoqués cette semaine à la sûreté territoriale. Le gouvernement, qui protestait l’été dernier contre les licenciements de PSA, apporte maintenant son aide à la famille Peugeot contre les grévistes.
    Ce lundi 28 janvier, la direction a mobilisé une centaine de vigiles de sociétés privées aux portes de l’usine, et fait venir quelque 200 cadres d’autres sites de l’entreprise pour essayer d’intimider les salariés afin qu’ils ne puissent se déclarer librement en grève. Mais la détermination des travailleurs de PSA Aulnay a été plus grande et ils ont largement reconduit la grève ce matin. Ils ont droit à la solidarité et au soutien de tous les travailleurs. Ils montrent la voie pour une riposte, tous ensemble, contre les licenciements !
                                                       
                                                                    Nathalie Arthaud, le 28.01.13.

La Maison pour tous : la preuve qu’elle a besoin d’argent pour fonctionner


La Maison pour tous du Val-Nord a bénéficié d’une aide de 50 000 dollars de la part des Etats-Unis au point que son ambassadeur et madame sont venus à Argenteuil au Val-Nord rencontrer les participants de la Maison pour tous.
     Cela fait toujours du bien à ce genre de personnes de venir là où vivent les milieux populaires. Quant aux raisons qui motivent ce genre de sponsoring, on imagine qu’elles ne sont pas totalement désintéressées. Mais on préfère que de l’argent soit donné dans ces conditions plutôt que de servir à l’action militaire dans le monde.
     Privés de subventions et en difficulté ces derniers temps, on comprend que la Maison pour tous ait accueilli des deux mains cette aide.

PSA-Aulnay en grève : soutenons-les financièrement !

Des Particuliers, des villes, des organisations syndicales ont décidé des versements de soutien aux grévistes de PSA-Aulnay en grève depuis le 16 janvier dernier. C'est nécessaire, ils en ont besoin.
    Les grévistes d'Aulnay signalent un changement d'adresse pour les soutenir financièrement : il faut adresser les chèques à une nouvelle adresse :

"Soutien aux salariés de l'automobile du 93, 19-21 rue Jacques Duclos 93600 Aulnay-sous-Bois" 

    Sinon, on peut donner en ligne : http://www.soutien-salaries-automobile-93.org/ 

Merci d'avance pour les grévistes.

Conseil Général du 95 : « Un pas en avant, cinq pas en arrière, c’est la politique du Conseil général »


Les dirigeants du CG viennent d’inaugurer à Argenteuil sept nouveaux studios d’une structure sociale destinée à accompagner des adolescents en difficulté. Rien à dire, c’est nécessaire que les impôts de tous servent à ce genre de choses.
     Mais à côté de cela, combien de structures sociales également se trouvent-elles mises à mal par la réduction des subventions effectuée par le même Conseil général du 95.
     Pourtant, ces dépenses dites « sociales » sont une priorité dans une société où les difficultés s’aggravent pour un grand nombre de personnes.

PSA-Aulnay : un communiqué de presse de la CGT-Aulnay en date du 27.01.13.


La direction rouvre l'usine en organisant un climat de tension et de provocations. 5 militants CGT convoqués à la Sureté Territoriale.

Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay
27/01/2013

Pour la réouverture de l'usine, la CGT dénonce le climat de tension que la direction veut instaurer dans l'usine en revenant aux méthodes « Citroën » des années noires d'il y a 30 ans :
En réunion de CE de vendredi dernier :
1) La direction avoue qu'elle a fait appel à une 2ème société de vigiles privée :
Cette 2ème société, la société MAURY, vient renforcer la société PRETORIAN. La direction a refusé de communiquer le nombre de vigiles présents sur le site. Pour la CGT, ils seraient plus d'une centaine à quadriller l'usine et cela en toute illégalité article L 612-4 : « Il est interdit aux personnes exerçant une activité mentionnée à l'article L. 611-1 ainsi qu'à leurs agents de s'immiscer, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit, dans le déroulement d'un conflit du travail ou d'événements s'y rapportant. Il leur est également interdit de se livrer à une surveillance relative aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou aux appartenances syndicales des personnes ». 

2) Confirmation de l'arrivée de cadres et de maîtrise d'autres sites PSA. Selon la direcion, ils ne seront pas là pour occuper un poste mais pour « renforcer » les cadres d'Aulnay. D'après nos informations, ils seraient eux aussi près d'une centaine.

3) Annonce que des groupes d'intervention de vigiles et de cadres/maîtrise prendraient position derrière les portillons d'entrée du personnel aux premières heures de l'embauche.

4) Dernière provocation : malgré les multiples annonces faites aux différentes réunions de CE, la direction cherche les moyens juridiques pour ne pas payer la période de chômage pour les salariés qui étaient en grève depuis le mercredi 16 janvier.

La CGT dénonce la politique irresponsable de la direction qui a comme objectif d'empécher les salariés à se déclarer librement en grève.

Du côté des grévistes, vendredi dernier, à la Bourse du travail, l'Assemblée Générale des salariés a voté la grève pour lundi et a décidé de réoccuper l'usine. Malgré les pressions et les provocations de la direction, ils s'adresseront, comme depuis le début de la grève, pacifiquement, à leurs camarades de travail pour les appeler à rejoindre et à renforcer la grève à la veille de la dernière réunion de négociation (mardi 29 janvier à Paris).

5 militants CGT convoqués à la Sureté Territoriale de Bobigny 

la direction monte d'un cran pour casser la grève.
Le cabinet d'huissier payé par PSA a porté plainte contre 5 militants CGT engagés dans la mobilisation depuis 20 mois et particulièrement dans la grève depuis mercredi 16 janvier. 
Parmi les 5 militants, Agathe Martin, mère de deux enfants qu'elle élève seule. Ces convocations, une par jour, sont faites pour détourner et paralyser la mobilisation. C'est bien la preuve que PSA craint par dessus tout que la grève s'étende.
En renforçant sa campagne de calomnie et de mensonge, la direction tente par tous les moyens de casser la grève en faisant passer les grévistes pour des violents. La CGT rejette toute accusation de violence.

Jean-Pierre Mercier
DS CGT PSA Aulnay
DS Central adjoint CGT du groupe PSA 

dimanche 27 janvier 2013

Femmes : la moitié de l'humanité, une centième des évocations ?

Hier après-midi, la Maison des femmes d'Argenteuil, une initiative municipale, fêtait le première anniversaire de sa mise en place. A cette occasion, parmi les animations, un jeu était proposé : essayer de lister les noms des femmes ayant donné leur nom à une voie de la localité. C'était très compliqué, et le tour était vite fait : cela concentre une infime minorité des noms de rue d'Argenteuil.
     Louise Michel, la communarde ? Pauline Kergomard, la grande militante de l'école maternelle ? Clara Zetkin l'initiatrice allemande de la journée des femmes du 8 mars ?
    Inconnues au bataillon (des hommes comme de bien entendu).