mercredi 19 décembre 2012

Bricorama, coupable mais dispensé d’amende


Le tribunal de grande instance de Pontoise vient de débouter le syndicat Force ouvrière, qui réclamait près de 37 millions d’euros à Bricorama pour n’avoir pas respecté une décision de justice lui ordonnant de ne pas ouvrir le dimanche.
​     Eh bien, cette fois-ci, il s’est trouvé un juge pour considérer que le syndicat n’avait pas apporté « la preuve objective » que les magasins incriminés « étaient effectivement ouverts malgré l’interdiction judiciaire »... Et cela alors que Bricorama ne contestait pas ces ouvertures qui sont signalées… sur internet !
Un patron peut donc enfreindre la loi, s’en vanter et ne rien payer ! C’est ce qu’on appelle une justice vigilante.

De nouvelles attaques contre les retraites


Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) rend public un rapport alarmiste, sur l’état du financement des retraites. Prévoyant un déficit compris entre 20,8 milliards et 24,9 milliards à « l’horizon 2020 », le COR préconise de continuer les « réformes » : relever encore l’âge de départ en retraite, augmenter les prélèvements ou baisser les pensions.
20 milliards, peut-être même 24 milliards d’euros, c’est le montant du cadeau fiscal accordé récemment par le gouvernement au patronat. Mais cela ne choque pas ces « experts » qui proposent toujours plus de restrictions aux travailleurs et aux retraités, jamais au patronat.

Conforama : une grande lessive nécessaire pour le contrat de travail


Le contrat de travail des 13 000 salariés de l’entreprise prévoyait que l’entretien des tenues de travail était à la charge des salariés eux-mêmes.
     Ce n’était pas légal. La cour de cassation vient de rendre un arrêt définitif sur la question.
     Une grande lessive du contrat de travail est donc rendu nécessaire.
     Ce qui est vrai pour Conforama est donc vrai également ailleurs.


mardi 18 décembre 2012

Smic : un communiqué de Nathalie Arthaud, du lundi 17.12.12.


« Minable »… comme l’augmentation du Smic 

Le Smic sera augmenté de l’ordre de 3 centimes l’heure, soit 4 euros sur le salaire brut mensuel, autant dire… rien.
     Le ministre du Travail, Michel Sapin, justifie l’absence de coup de pouce en rappelant qu’il l’a fait en juillet. Il fait bien de le rappeler, car ce coup de pouce était tellement dérisoire que tout le monde l’a oublié.
     Mais, comme la loi le prévoit, le Smic devrait tout de même être réévalué en fonction de l’inflation. Eh bien, même cela ne se fera pas ! Alors que l’on nous annonce les hausses des tarifs des transports au 1er janvier, la hausse du gaz, la hausse de la redevance télé, alors que les tarifs de l’eau, des mutuelles ne font qu’augmenter, alors que les indices des prix alimentaires des grandes surfaces ont augmenté le mois dernier, le gouvernement ose affirmer que l’inflation est en baisse. Ce gouvernement serait prêt à affirmer que la Terre est plate, si cela pouvait servir les patrons !
     Pour que chacun vive dignement aujourd’hui, il faut relever le Smic à 1 700 euros nets et il faut obtenir qu’il augmente au même rythme que les loyers, que le gaz ou l’électricité, et ce pour tous les salaires.

                                                                        Nathalie Arthaud

Depardieu : le mauvais film de ce week-end


Le départ en Belgique de Gérard Depardieu pour échapper aux impôts a défrayé la chronique. Le premier ministre Ayrault a qualifié l’attitude de Depardieu « d’assez minable », la ministre de la Culture Filippetti s’est dite indignée, Michel Sapin, ministre du Travail, a dénoncé « une forme de déchéance personnelle ».
     Sans excuser le comportement de Depardieu, l’indignation de ces ministres est bien sélective. On ne les entend pas tenir des propos aussi forts à l’égard, par exemple, des Mulliez, propriétaires du groupe Auchan, domiciliés fiscalement depuis longtemps dans le même village belge que Depardieu…
     Tout ce bruit sert à occulter le fait que, devant les exploiteurs à grande échelle que sont la famille Peugeot, Mittal, de Wendel et quelques autres, ce gouvernement déroule le tapis rouge et leur accorde des milliards d’exonérations fiscales.

Ratp : les "brèves" du bulletin Lutte Ouvrière du dépôt de Nanterre (S'il y a des remarques, on peut faire suivre)


Mauvaise fréquence
Tous les jours on a le droit à un ou plusieurs appels radio demandant des volontaires pour travailler sur repos.
     S’il manque du personnel il faut embaucher et que l’on arrête de nous casser les oreilles avec ces annonces.

Le compte n’y est pas
Certains d’entre nous ont eu des erreurs sur leur paye le mois dernier. Malgré le treizième mois, on pouvait se retrouver avec  moins de paye que d’habitude.
     À force d’augmenter la charge de travail du personnel administratif, les erreurs deviennent de plus en plus courantes.
Encore une fois il faut embaucher !

Arrêtez votre cinéma
La direction a commencé à plancher sur la fusion de Nanterre et Charlebourg.
     Première décision : supprimer 18 postes de maîtrises et cadres.
     Malgré tout le cinéma de la direction on n’est pas dupes. En effet, ça va se traduire par plus de productivité pour ceux qui vont rester et plus de problèmes administratifs pour nous.

Question de bon sens
Sur le 367, certains régulateurs nous demandent de dévier au départ de Bezons et de faire demi-tour sur les voies de tramway alors que des panneaux de signalisation l’interdisent.
     Mais pour nous pas question de prendre des risques pour gagner du temps.

Rien ne sert de courir
Sur le 272 certains régulateurs nous font prendre de l’avance et après nous demandent de réguler au dernier arrêt avant le terminus ou nous envoient faire un petit tour avec le bus pour ne pas stationner dans la gare routière.
C’est complètement absurde !

On ne veut pas trinquer
À la gare d’Argenteuil, il manque constamment des gobelets pour boire à la fontaine à eau.
     Bien sûr, la direction rejette la responsabilité sur la TVO.
     Nous, on n’en à rien à faire de leurs problèmes d’organisation, qu’ils s’arrangent !

Un coup de bégon
     Sur le 258, il y a beaucoup de mouches qui tournent en ce moment. Elles cherchent parait-il oreillettes et téléphones portables.
     Pour cela y’a du personnel.

Dazibao
Les murs de la salle des machinistes sont couverts en se moment de tableaux et de graphiques divers.
     Trop d’accidents, de maladie… d’après la direction.
     Inutile de dépenser tant de papier, il suffit d’améliorer nos conditions de travail.

Ils sont givrés ?
La semaine dernière, le premier jour où il a gelé les bus n’ont pas été démarré en avance, ni de produit vaporisé sur le pare-brise pour les premiers sortants.
     Du coup, certains d’entre-nous sont sortis en retard.
     Et c’est la direction qui nous parle de qualité de service…

Solutions gelées
Avec le froid, reviennent toujours les mêmes problèmes : les portes des Citelis ne se referment plus.
     Et du coup le bus ne peut pas sortir pendant parfois une heure le temps de le réchauffer.
Le problème n’est pas nouveau. Compte-t-elle faire quelque chose ou bien elle attend le réchauffement climatique ?

Urban bug
Avec la migration de Réseaubus sur Urbanweb nous avons eu le droit à plusieurs jours de pagaille.
     D’après la direction, c’est à cause de trop nombreuses connexions.
     Bien sûr c’est de notre faute… encore une fois.

Si c’est lui qui le dit
Le nouveau site est beaucoup moins pratique que l’ancien et demande plus de manipulations. En plus, il faut configurer les navigateurs pour accepter les cookies.
     Ce qui n’empêche pas au directeur de Bus d’affirmer, en page d’accueil, que l’accès va être plus facile…

« N’oublions pas les travailleurs »… dans les faits


Le député-maire d’Argenteuil vient avec d’autres élus du PS de cosigner un texte à Hollande lui demandant d’être plus « social ». Interviewé, il demande au détour d’une phrase : « N’oublions pas les travailleurs ».
     Le dire dans un texte est une chose, le démontrer dans la réalité est ce qu’attendent les travailleurs.
     Ainsi, aimerait-on l’entendre sur la hausse dérisoire prévue du SMIC, tout comme les locataires du parc de logements de l’office HLM qu’il préside aimeraient voir annulée l’augmentation notable des loyers pour 2013 qu’ils vont subir.
      Voilà des questions qui intéressent directement et immédiatement les travailleurs.

lundi 17 décembre 2012

Editorial des bulletins Lutte Ouvrière de ce lundi 17 décembre


PAS DE POTION MAGIQUE POUR LES SALAIRES : LA LUTTE

On a appris, il y a huit jours, que Gérard Depardieu avait décidé de s’installer en Belgique pour échapper à l’impôt. Et depuis une semaine on ne parle plus que de cet exil fiscal. Comme de bien entendu, la droite est montée au créneau pour dénoncer « le matraquage fiscal » , « la taxation confiscatoire » et « la spoliation des riches ».
     Cette polémique est pain béni pour le gouvernement. C’est, pour lui, l’occasion rêvée de redorer son blason de gauche sans que cela ne l’engage à rien. Pour ce gouvernement qui s’est montré si lâche face aux entrepreneurs de l’internet, dits « les pigeons » et que l’on a vu aux pieds de Mittal, il ne pouvait y avoir de meilleure diversion.
     Depardieu n’est pas le plus à plaindre, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. A Néchin, il risque même de faire pâle figure aux côtés de ses nouveaux voisins qui comptent notamment la famille Mulliez, propriétaire des magasins Auchan et Décathlon à la tête d’un patrimoine de 18 milliards d’euros.
     Les artistes ou les footballeurs profitent du système où l’argent coule à flots au sommet de la société, et bien qu’ils gagnent des sommes disproportionnées, on peut encore parler pour eux de « talent ». Mais quel est le talent des Mulliez ? Quel est le talent des Peugeot qui ont mis leur fortune en Suisse ? Leur seul « talent », c’est l’art de l’exploitation. Plus ils licencient, plus ils surchargent de travail leurs salariés qu’ils payent mal et plus ils s’enrichissent. Ils font fortune sur les bas salaires et sur le chômage.
     Du fait qu’ils ont apporté les capitaux, les actionnaires prélèvent leur part sur la richesse produite par les seuls travailleurs car ces gens-là ne font rien de leurs dix doigts. Ce ne sont pas les riches qui sont spoliés, mais les travailleurs qui sont volés des richesses qu’ils produisent.
     Le vol est à la base même du système capitaliste. Mais le gouvernement n’a rien contre ce vol-là. Car c’est une chose de nous amuser avec l’exil fiscal des artistes et cela en est une autre de combattre l’exploitation.
     Dans ce combat contre l’exploitation, les travailleurs ont non seulement le patronat contre eux, mais ils ont aussi le gouvernement. Le ministre du travail, Michel Sapin, vient d’annoncer qu’il n’y aura pas de coup de pouce au Smic au 1er janvier 2013. Il se justifie en rappelant qu’il y a eu un coup de pouce en juillet de 2%. Il fait bien de le rappeler car ce coup de pouce était tellement dérisoire que tout le monde l’a oublié.
     Comme la loi le prévoit, le Smic devrait tout de même être réévalué en fonction de l’inflation. Eh bien même cela, ne se fera pas. Alors que l’on nous annonce les hausses des tarifs des transports au 1er janvier, la hausse du gaz, la hausse de la redevance Télé, alors que les tarifs de l’eau, des mutuelles ne font qu’augmenter, alors que les indices des prix alimentaires des grandes surfaces ont augmenté le mois dernier, le gouvernement ose affirmer que l’inflation est en baisse. Ce gouvernement serait prêt à affirmer que la terre est plate, si cela pouvait servir les patrons !
     Le smic sera donc augmenté de l’ordre de 3 centimes l’heure soit 4 euros sur le salaire brut mensuel, autant dire…rien.
     Prétendre que le Smic est indexé sur l’augmentation des prix est un mensonge. L’inflation mesurée par l’Insee, l’organisme officiel du gouvernement, est en-dessous de la réalité. Un exemple : cet indice ne prend en compte le poids du loyer que pour 7 % des dépenses d’un ménage, alors qu’il représente 30 %, 40 % si ce n’est plus, dans les dépenses de nombreuses familles ouvrières.
     Pour que chacun vive dignement aujourd’hui, il faut relever le Smic à 1700 euros nets et il faut obtenir qu’il augmente au même rythme que les loyers, que le gaz ou l’électricité et ce, pour tous les salaires.
     Et que l’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent pour cela ! Les PDG du Cac 40 se sont augmentés de 4 % l’année dernière. 4% d’augmentation sur des salaires qui sont en moyenne de 4 millions par an, cela fait une augmentation de 13 000 euros par mois, bien loin des 4 euros promis aux smicards. Ils ont aussi garanti à leurs actionnaires que, malgré la crise leurs dividendes augmenteront de 5 % cette année.
     Alors revendiquer une augmentation de tous les salaires est plus que légitime. Les travailleurs ont un droit sur la richesse qu’ils produisent, le droit à un salaire qui permette de vivre et de faire vivre dignement leur famille. Au lieu de partir dans les coffres-forts en Suisse ou en Belgique, les profits produits doivent servir aux emplois et aux salaires.