vendredi 24 juillet 2015

Roms : arrêt des expulsions des campements

Une correspondance de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

Roms : la scolarité des enfants menacée

 

Sitôt la fin de l’année scolaire, des familles roms ont été expulsées de leur lieu de vie au Havre, porte d’Aubervilliers à Paris, à Ris-Orangis (Essonne), à Chelles (Seine-et-Marne) et à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), au risque notamment de compromettre la poursuite de la scolarité de leurs enfants à la rentrée prochaine.

À Ivry, depuis quatre ans et demi, plusieurs centaines de Roms étaient installés sur un terrain appartenant à l’AP-HP (Assistance publique – hôpitaux de Paris), dont 80 enfants scolarisés dans les écoles de la ville. Le 8 juillet à 5 heures du matin, les Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine

associations de défense des Roms avaient appelé à se mobiliser, la préfecture ayant annoncé leur expulsion. Nombre de familles étaient déjà parties, certaines ayant obtenu un lieu d’accueil, d’autres étant condamnées à nouveau à l’errance. Celles qui restaient sont parties sous la contrainte.

Certains hébergements permettront de vivre dans des conditions moins dégradées que ces dernières années, grâce au soutien des associations. Mais d’autres, dans des hôtels, ne permettent même pas de faire la cuisine.

La municipalité PCF d’Ivry avait, quant à elle, pris sa part dans un hébergement provisoire des Roms, favorisé la scolarisation des enfants et réclamé une table ronde avec les représentants de l’État pour « que des solutions de résorption du bidonville soient trouvées, respectant leurs droits humains fondamentaux ». Elle avait obtenu que l’expulsion n’ait pas lieu avant la fin de l’année scolaire.

Mais, pour la rentrée prochaine, plusieurs dizaines d’enfants, éloignés d’Ivry parfois de plus de 50 kilomètres, voient leur scolarité compromise, ce que Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP, ne pouvait pas ignorer quand le 7 mai dernier il avait sollicité le concours de la police pour faire évacuer les lieux. Il avait reçu le soutien du député de la circonscription, Jean-Luc Laurent, président du mouvement fondé par Jean-Pierre Chevènement, l’ancien ministre de Mitterrand puis de Jospin. Le député avait interpellé le gouvernement : « Il faut des actes et d’abord, au plus vite, le concours de la force publique », ajoutant : « Il n’y a pas de solidarité sans règle. Je dirai même qu’il n’y a pas de solidarité sans frontière » ! Les autorités préfectorales, appliquant la politique anti-Roms du gouvernement Valls, lui ont donné satisfaction.

                                                                                               Correspondant LO

 

Pour information. Un communiqué du Collectif des Associations Unies et du CNDH Romeurope dont nous extrayons l’extrait ci-dessous

 

Pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions de familles vivant en bidonville

Paris, le 20 juillet 2015

Un grand nombre de bidonvilles est expulsé sans solution d’hébergement ou de relogement pour les personnes, dans l’indifférence estivale.

Une situation dramatique qui vient de frapper de plein fouet 450 personnes à Nantes, 180 personnes à Marseille dont la moitié sont des enfants, 500 personnes à Chelles, 150 personnes à Ris-Orangis, 100 personnes à Ivry-sur-Seine, 50 personnes à Aubervilliers, Bordeaux, le Havre et Logne…

Une situation dramatique qui pèse également aujourd’hui sur plus de 400 personnes à Grenoble dont 160 enfants, comme vient de le dénoncer le maire de Grenoble dans une lettre ouverte au Président de la République, mais aussi 240 personnes dont 100 enfants à La Courneuve, 300 personnes à Saint-Denis, 200 personnes à Bordeaux, à Nantes…

Chaque expulsion est un nouveau drame humain pour les familles qui sont forcées de trouver, en urgence, un autre abri de fortune sur un nouveau terrain ou dans les rues des grandes agglomérations en rompant avec toute attache territoriale. Ces opérations policières ont des conséquences humaines et psychologiques importantes pour ces familles sans cesse sous pression. Elles aggravent la situation des personnes en interrompant le suivi social et sanitaire organisé par les associations. Elles renforcent également l’exclusion de nombreux enfants en empêchant leur accès durable à l’école.

Chaque expulsion est un nouvel échec en matière de politiques publiques : qui peut encore croire que la destruction des bidonvilles fait disparaître la misère ?

Alors que cette politique répressive a montré toute son inefficacité, le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope et le Collectif des Associations Unies demandent au gouvernement la mise en œuvre immédiate d’un moratoire sur les expulsions tant que des solutions dignes d’hébergement, de logement et d’accompagnement social ne sont pas proposées aux familles…

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