jeudi 9 avril 2026

Argenteuil, fracture sociale, fracture scolaire

La lutte pour l’École publique, une lutte vers l’égalité

 

Le 31 mars à Cergy 

 

Le 7 avril devant la mairie d’Argenteuil

Sans rentrer dans le détail, les élections municipales ont marqué à Argenteuil le succès électoral d’un camp social. Pour l’essentiel, les quartiers à dominante petite-bourgeoise ont voté très majoritairement pour le maire sortant, les quartiers populaires pour ses opposants de « gauche ». C’est une réalité. L’affirmer, ce n’est pas rejeter les habitants de ces quartiers qui appartiennent souvent ou ont appartenu au monde du travail, de l’entreprise, des services, et de la fonction publique, souvent à des postes élevés de la hiérarchie sociale. Mais là n’est pas mon propos principal.

         Il est seulement de relever que cette situation se retrouve dans la structuration de deux Écoles sur la Ville, l’École publique et ses établissements des trois degrés, face à ceux de l’École privée, qu’ils relèvent de la commune ou de Sannois.

         Tout cela est certes relatif, et les établissements privés recrutent à la marge des enfants des milieux populaires. Cela se produit, parfois pas, ou avec difficulté. Quant à inscrire ses enfants à telle ou telle type d’école, cela n’est pas discutable, et relève du choix de chacun.

         Ce qui nous intéresse, c’est la situation actuelle de l’École publique sur la Ville. J’hésite sur les qualificatifs, mais en restant dans la modération, je dirai qu’elle est dans une situation très difficile.

         Ce sont les mobilisations des personnels relevant de l’Éducation nationale ou de la Ville de ces derniers jours qui m’ont incité à abordé le présent sujet : la journée de grève du 31 mars qui a une nouvelle fois mis en évidence le drame de l’intégration et de la situation scandaleuse des travailleuses AESH, et la mobilisation des personnels du service des Écoles d’Argenteuil avant-hier.

         Il faut arrêter la descente aux enfers de l’École publique. C’est une priorité d’autant plus dans une situation budgétaire où le gouvernement va faire encore payer davantage l’effort de guerre au prix du recul des services publics utiles à la population, celui d’Éducation au côté de celui de la Santé.

         Dans ce combat qu’il s’agit de développer, qu’ils relèvent de l’Éducation nationale ou de la Ville d’Argenteuil, les personnels, aux côtés des parents d’élèves des quartiers populaires, doivent se préparer à se trouver au coude-à-coude pour agir. DM

mercredi 8 avril 2026

L'éditorial de Nathalie ARTHAUD en vidéo : Sauvons notre peau dans ce monde de fou qu'est le capitalisme ! -3 min 22-

Argenteuil, agents du service des écoles en colère hier, en grève, et rassemblés aux portes de la maison soit disant « commune »

Une première réaction salutaire réussie

 


 


Cela faisait des années qu’un tel rassemblement ne s’était pas produit devant l’hôtel de ville. En cause, la difficulté à se mobiliser, la désorganisation du monde du travail, le recul militant. Mais nous savons que tout cela pourra s’inverser, et profondément, du jour au lendemain.

         La situation l’exige. La hausse des carburants et l’inflation qu’elle entraîne sont en train de pomper le pouvoir d’achat. Et il y a les multiples attaques pour dégrader les conditions de travail, en imposant toujours davantage de tâches et de pression, quitte à ce que cela entraîne une vie impossible et l’usure.

         C’est le cas partout au sein du monde du travail. Cela l’est pour les agents territoriaux à l’encontre desquels la municipalité nouvellement réélue veut faire payer le recul drastique des moyens alloués par l’État qui se profile.

         À côté de tous les problèmes récurrents qui pèsent dans ce service des écoles sur les épaules des personnels ATSEM, ASEL, et du périscolaire (plusieurs dizaines de points revendicatifs sur le tract syndical), la municipalité aimerait bien imposer que les ATSEM, à la place d’agents du périscolaire prennent la charge de l’accueil des jeunes enfants à partir de 7 heures !

         À l’appel des organisations syndicales des agents territoriaux d’Argenteuil, CGT et FSU, une centaine de manifestants, des travailleuses essentiellement, se sont retrouvés durant toute la matinée d’hier pour crier leur colère.

         C’est un point de départ. Chacun était heureux d’y avoir participé, dans une atmosphère de renouveau. Un premier pas qui doit être suivi vite par d’autres, en allant crescendo. DM


Argenteuil, caca nerveux à la mairie d’Argenteuil, et déploiement policier

 

Très loin pourtant encore des femmes de 1789

Menace de LBD, elles étaient menaçantes ?


 

Les manifestantes du service des écoles n’ont pas été reçues par les édiles de la Ville. Pour que des représentants syndicaux le soient, il aurait fallu donc que ce préavis de grève d’hier soit levé par eux. La force des travailleurs c’est la grève, et il faudrait brader sa force pour de belles paroles ! À d’autres.

         En revanche, si les édiles étaient absents, la mobilisation de policiers, municipaux et nationaux, était, elle, bien de la partie, et d’une façon totalement démesurée et ridicule.

         Les édiles d’Argenteuil ont donc peur, et l’on comprend leur volonté de barricader partout leur petit château. Mais comme tout cela avait un petit air vraiment dérisoire.

         Cent manifestantes, et la peur s’installe ? Mais qu’en sera-t-il demain lorsque la colère de tous les agents territoriaux et les travailleurs de la Ville les mèneront demain, tous ensemble, aux portes de la « maison commune » ? DM