Saint-Denis :
une campagne raciste et anti-pauvres
L’élection d’un maire noir
affilié à La France insoumise (LFI) à Saint-Denis, une ville de la banlieue
parisienne dont la population est en majorité d’origine immigrée, a été suivie
d’une campagne raciste.
Publié le 01/04/2026
Les médias appartenant à Bolloré,
ce milliardaire d’extrême droite qui fit fortune en pillant les ressources du
continent africain, ont servi de caisse de résonance à un déferlement de propos
venimeux contre le nouvel élu, Bally Bagayoko. Le psychologue Jean Doridot
déclarait ainsi sur CNews à son propos vendredi 27 mars : « Nous sommes des mammifères
sociaux de la famille des grands singes […]. Dans toute tribu il y a un
chef qui a pour mission d’installer son autorité ». Le lendemain c’était le
« philosophe » Michel Onfray qui en rajoutait une couche en
affirmant : « On n’est pas dans une tribu primitive […] où vous
avez un mâle dominant qui dit “c’est moi qui décide” ». Autant de propos
dignes de tous les prétendus scientifiques qui jadis classaient les races par
ordre d’intelligence, les Africains figurant bien sûr en bas de l’échelle pour
justifier le colonialisme. Cela avait commencé dès le lendemain de l’élection
lorsque les propos de Bally Bagayoko, « Saint-Denis, ville des rois morts et
du peuple vivant » avaient été travestis sur les plateaux de CNews et de
RMC en « ville des Noirs ».
Cette campagne vise en fait toute
la population pauvre. Bally Bagayoko ayant annoncé qu’il allait enlever ses
armes de type LBD à la police municipale, il n’en a pas fallu plus pour donner
prise à un déferlement éditorial de type Peur sur la ville, pour
reprendre le titre d’un article du Journal du dimanche le 29 mars.
Toutes sortes de rumeurs et de contrevérités ont été propagées : des
points de deal auraient réapparu
dès le lendemain de l’élection, 90 policiers municipaux sur les 140 seraient
déjà sur le départ, il y aurait eu des narcotrafiquants parmi les assesseurs
des bureaux de vote. Le nouveau maire a essayé de rectifier comme il a pu,
certifiant que le désarmement de la police municipale serait progressif, qu’il
avait fait des rondes avec les policiers pour les rassurer et, qu’en tout et
pour tout, un seul d’entre eux sur toute la ville avait demandé sa mutation,
mais le mal était fait. Il n’y aurait à Saint- Denis que des voyous et des
familles vivant du narcotrafic, alors que dans cette ville, comme dans d’autres
de la banlieue parisienne, habitent la majeure partie des employés des grandes
surfaces, du personnel hospitalier, des travailleurs des usines ou des grandes
concentrations ouvrières comme celles de la zone aéroportuaire de
Roissy-Charles de Gaulle. C’est cette population pauvre constituant l’électorat
de Bagayoko que vise à stigmatiser et à intimider la campagne en cours.
La droite, quant à elle, ne
pouvait pour sa part manquer d’être de la partie. Elle a vu dans ce résultat
électoral l’occasion de continuer ses efforts visant à établir un « cordon
sanitaire » autour de LFI dans la perspective de la future élection
présidentielle. Les huées adressées à l’ancien maire PS Mathieu Hanotin,
amplement justifiées vis-à-vis d’un élu qui s’était fait le champion d’une
politique dirigée contre la population pauvre, ont été stigmatisées comme
l’expression d’une « violence inouïe » de LFI. Bruno Retailleau a ainsi
parlé d’une « stratégie insurrectionnelle de Mélenchon », rien de moins,
et annoncé qu’il créerait bientôt un observatoire des pratiques de LFI. Quant à
Éric Ciotti, il s’est porté volontaire pour accueillir à Nice les policiers qui
voudraient quitter Saint-Denis. Tout cela pour un petit chahut à l’occasion
d’une soirée électorale !
Ce beau monde s’est ainsi
retrouvé non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population
pauvre d’une ville ouvrière. Même si l’élection d’un maire insoumis ne changera
pas grand-chose à ce que vivent les habitants des cités, tant ses problèmes se
situent à un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative
de la volonté de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire
tout ce qui peut ressembler à une contestation de sa politique.
Daniel Mescla (Lutte ouvrière
n°3009)
Les prochaines permanences et rendez-vous
prévus à Argenteuil :
-Aujourd’hui
vendredi 3 avril, de 16 heures à 17 heures, marché du Val-Nord,
Et de 17
h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou :
-samedi 4
avril, de 10 heures à 10 h.30 au marché des Coteaux ;
-de 10
h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;
-de 11h.
à midi marché de la Colonie ;
-dimanche
5 mars :
-10 h.15
à 10 h.55 Intermarché du Centre ;
- et de
11 h. à midi marché Héloïse.
LUTTE OUVRIERE
RÉUNION
PUBLIQUE
Jeudi 9
avril 2026 à 19 h.30
Espace
Nelson Mandela
82,
avenue du Gl Leclerc à Argenteuil
Se retrouver ensemble, les militants de Lutte
ouvrière disponibles, les proches, ceux qui ont accepté de se retrouver sur
notre liste lors des dernières élections, mais également d’autres militants et
habitants secoués par bien des aspects de ces élections municipales à
Argenteuil, calamiteuses, avec ses outrances, ses mensonges, ses illusions et
ses manœuvres. Nous en discuterons et bien évidemment du contexte guerrier et
de ses conséquences, car face à la guerre et la hausse des carburants, l’heure
devrait être à la mobilisation du monde du travail pour la hausse générale des
salaires et des pensions.