mercredi 11 mars 2026

Argenteuil, élections municipales, journal de campagne : et si la liste « Lutte ouvrière-le camp des travailleurs » l’emportait…

 

Uchronie révolutionnaire

 

Trois semaines avant le scrutin…

Depuis des décennies, le moral du monde du travail était au plus bas. Alors que les milliardaires s’enrichissaient, la condition ouvrière avait reculé. Il n’y avait pas de secret, le nombre de grèves s’était effondré. L’organisation des travailleurs était exsangue, avec des syndicats devenus l’ombre militante d’eux-mêmes, et les anciens partis ouvriers transformés en appareils de notables et disparus en tant que partis ayant gardé des liens avec leurs origines militantes. Seul, le parti des travailleurs révolutionnaires Lutte ouvrière continuait vaille que vaille à maintenir l’organisation et la flamme de la lutte de classe. Il utilisait les campagnes électorales pour diffuser son message et s’étendre. Jusqu’à cette date, sans surprise, ses résultats étaient réels mais extrêmement minoritaires. Quand il votait, le monde du travail avait la tête ailleurs. Et puis…

         Cette année-là, comme d’habitude, Lutte ouvrière avait présenté des listes aux élections municipales, à Argenteuil comme ailleurs. Leur nombre était même en augmentation.

         Mais quelques semaines avant le scrutin, la situation internationale s’était envenimée, la hausse des carburants avait brutalisé le maigre pouvoir d’achat de nombre de travailleurs. Trop, c’était trop. Sans déclaration préalable, une manifestation rassembla à Paris, à la surprise de tous 15 000 travailleurs et jeunes. Le lendemain, le nombre des manifestants avait doublé, et le surlendemain, ce fut 200 000 manifestants en colère qui crièrent leurs revendications dans les rues de la capitale. La grève touchait déjà plusieurs entreprises et services. Elle s’étendit comme une traînée de poudre. La peur avait changé de camp.

         Après réflexion, le pouvoir décida de maintenir tout de même les élections municipales.

         Dans les semaines qui les précédèrent, les militants de Lutte ouvrière sentirent le climat changer du tout au tout. Ils avaient fait campagne contre la misère et les menaces de guerre. Cela correspondait dorénavant à l’état d’esprit des classes populaires. Des soutiens se proposaient pour faire campagne. Le meeting qui fut improvisé dans la grande salle Jean Vilar neutralisée jusqu’alors dont les portes avaient été ouvertes par des travailleurs rassembla près de 2000 personnes enthousiastes.

         Le soir de l’élection, les notables dépités durent se rendre à l’évidence. La liste « Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs » composés de travailleuses et de travailleurs du rang l’avait emporté.

         La première déclaration de l’équipe ouvrière victorieuse fut d’évoquer la grande vague de grèves, l’occupation des usines et services, et que c’était sur ce grand mouvement qu’il fallait compter. Bien sûr, au lieu d’un audit dispendieux, les travailleurs municipaux allaient réaliser un état des lieux des finances communales en mettant l’ensemble des comptes, documents et engagements sur la place publique. L’orientation était claire, la population devrait prendre son sort en main, organiser des comités de quartier ouverts à tous, qui discuteraient des priorités nouvelles l’école, la culture, la santé, et surtout l’organisation de la solidarité de quartier et entre les quartiers.

         Mais davantage, la nouvelle équipe, dorénavant contrôlée par l’ensemble de la population, affirma que la question était celle de la perspective de la prise du pouvoir par le peuple du monde du travail à l’échelle du pays, c’est-à-dire avec la mise en place d’un État des travailleurs eux-mêmes, par le renversement du pouvoir d’État des dominants qui était déjà en train de s’écrouler partout.

         C’est dans ce sens que quelques heures après le succès de la liste ouvrière, dans la nuit, fut voté par acclamation par des milliers d’habitants rassemblés parc des Berges, un grand appel s’adressant aux autres travailleurs d’ici et des autres pays. DM

mardi 10 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 9 mars 2026 : À bas la guerre impérialiste !

 À bas la guerre impérialiste !

 Publié le 09/03/2026

 

La guerre fait rage en Iran et au Liban. Elle touche les monarchies du Golfe et menace d’enflammer, de nouveau, l’Irak et la Syrie. Elle n’a pas cessé en Palestine depuis près de trois ans et a réduit Gaza à un champ de ruines. Elle ravage l’Ukraine depuis plus de quatre ans. Elle dévaste la Somalie depuis 2019 et aussi le Soudan. Elle est quasi permanente au Sahel et au Congo, et ce depuis tant d’années qu’il est difficile de dater son commencement. 

L’odeur de poudre et de mort sature l’atmosphère de la planète. En attaquant l’Iran, les dirigeants de l’impérialisme, Trump, Netanyahou et les plus petits requins qui les suivent, nous plongent dans la troisième guerre mondiale. 

La guerre est, plus que jamais, le fonctionnement normal du capitalisme. Depuis des décennies, les États-Unis, les pays européens, la Chine, la Russie et leurs alliés se disputent les ressources, les marchés et les zones d’influence. Les uns pour garder la part du lion, les autres pour accéder à la mangeoire. Chaque crise, chaque conflit local est l’occasion d’affaiblir ses adversaires. Les sanctions économiques, les cyberattaques, les ingérences politiques et les guerres par procuration sont l’avant-goût d’un affrontement plus large. 

Ce que les États-Unis reprochent à l’Iran n’est ni son obscurantisme, ni sa dictature, mais le fait que ce régime leur tient tête. Ils se moquent du sort des Iraniens, tout autant que de celui des Palestiniens. Mais ils utilisent la lutte des Iraniens, ô combien courageuse, contre le régime des mollahs, pour promouvoir leurs propres intérêts. 

Les États-Unis veulent un régime à leur botte en Iran. De même à Cuba, qu’ils sont en train d’affamer. De même pour le Venezuela dont le président Maduro a été kidnappé et croupit au fond d’une geôle new-yorkaise. De même en Amérique latine et au Groenland. De même, ils voulaient mettre le régime ukrainien dans leur poche, et cela a entraîné la guerre avec la Russie. 

La guerre contre l’Iran est aussi une attaque indirecte contre la Chine, menacée dans son approvisionnement en pétrole. Elle fait partie du combat que mène l’impérialisme américain pour contenir sa principale concurrente et rester le maître du monde. Et ce conflit n’en est qu’une étape. 

Officiellement, la France n’est pas en guerre contre l’Iran, surtout parce que Macron a été mis devant le fait accompli par Trump et Netanyahou. Mais il n’a pas tardé à s’aligner. Et comment croire que l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée n’a qu’une vocation « défensive » ? 

La France, qui fut une puissance coloniale au Moyen-Orient, a noué des accords de défense avec les pays du Golfe et y a installé des bases militaires. Pourquoi ? Parce que les capitalistes français ont d’énormes intérêts au Qatar, au Koweït, aux Émirats arabes unis, qui sont notamment parmi les plus gros acheteurs d’armes françaises. Demain, des soldats français iront peut-être mourir dans le détroit d’Ormuz pour les intérêts de Dassault, Total et Vinci. 

Les capitalistes transforment toute la planète en un champ de bataille. C’est une folie, un crime contre toute l’humanité !

Les pays riches pourraient utiliser leurs avancées techniques et leurs connaissances pour élever la condition des peuples qui contribuent partout à leur prospérité. Ils pourraient offrir la possibilité aux pays les plus pauvres de se développer. Ils pourraient lutter contre le réchauffement climatique et réaliser bien d’autres choses encore. Mais ils utilisent leur puissance pour asservir et exploiter les travailleurs et les peuples, les privant souvent du minimum, leur enlevant jusqu’à leur dignité. 

Alors, quitte à dénoncer des fanatiques et des tyrans, commençons par dénoncer les fanatiques du profit, de l’accumulation insensée et du pouvoir qui sont chez nous, dans les citadelles capitalistes !

Nous n’avons rien à gagner, nous, travailleurs, à voir nos enfants s’entretuer pour le contrôle d’un oléoduc ou d’un marché stratégique. L’ennemi est dans notre propre pays. Il est dans ces conseils d’administration qui spéculent sur les conflits et augmentent le prix de l’essence. Il est à la tête du gouvernement qui fait produire des Rafale et des sous-marins nucléaires au lieu de former des médecins et d’embaucher des enseignants. Il est à la tête de l’armée qui prépare notre jeunesse à se sacrifier sur l’autel des profits capitalistes. 

La seule guerre qu’il nous faut mener est celle qui mettra hors d’état de nuire la bande d’exploiteurs et de va-t-en guerre qui nous dirigent. Travailleurs de France, d’Europe, des États-Unis et d’ailleurs, unissons-nous par-dessus les frontières pour la renverser !

                                                                                 Nathalie ARTHAUD

Macron : La mouche du coche

Gesticulations

 

 

Macron joue la comédie du médiateur au Moyen-Orient par des échanges téléphoniques avec les présidents iranien puis américain, ou celle du bon Samaritain par l’envoi d’aide humanitaire au Liban. Ces gesticulations ne peuvent masquer l’essentiel : le porte-avions Charles-de-Gaulle arrive en Méditerranée pour s’aligner derrière les États-Unis et prendre sa petite place dans cette sale guerre impérialiste.   

 

Prix des carburants : le PDG de Total doit bien rire

La « liberté » capitaliste

 

 

Alors que les bombardements sur l’Iran ont commencé il y a dix jours, les prix de l’essence flambent déjà. Pourtant, le carburant vendu aujourd’hui a été raffiné avant la guerre actuelle.

         Le Premier ministre a annoncé 500 contrôles de stations-service dans les prochains jours, pour éviter « les hausses abusives des prix à la pompe ». Mais, comme l’a rappelé un représentant des patrons de stations-service, « le carburant bénéficie d’une liberté des prix ».

         En clair, les prix à la pompe vont continuer de monter, tandis qu’au gouvernement, on pompe surtout de l’air.