Des
richesses que l’impérialisme veut contrôler
Le secrétaire d’État américain
Marco Rubio a insisté le 2 mars sur le fait que les États-Unis « aimeraient » voir le
peuple iranien renverser son gouvernement, mais que cela n’était pas l’objectif
de la guerre.
Publié le 04/03/2026
Et il est vrai que, de la part
des grandes puissances et surtout de la première d’entre elles, il saute aux
yeux que l’objectif à court, à moyen et à long terme de leur mainmise sur le
Moyen-Orient porte sur la richesse du sous-sol et les énormes possibilités d’investissements
qui en découlent.
La région, pour le malheur d’une
grande partie de sa population, regorge de réserves d’hydrocarbures. L’Iran,
première cible des bombardements de l’heure, possède la troisième réserve
mondiale de pétrole et la deuxième de gaz, sans parler de ses ressources
minières en fer, cuivre, aluminium et zinc. L’Arabie saoudite est le deuxième
pays possesseur de réserves pétrolières, après le Venezuela, récemment mis au
pas par Trump. Puis viennent les champs pétrolifères de l’Irak, du Koweit, des
Émirats, du Qatar… Israël exploite depuis 2019, avec la major américaine
Chevron, l’immense champ gazier de Leviathan, en Méditerranée.
Cet or noir transite en partie
dans le Golfe persique à bord de pétroliers passant par le détroit d’Ormuz, contrôlé
par l’Iran. Plus de 20 millions de barils de 160 litres chacun sont exportés chaque jour, dont le quart vers la Chine,
dont l’économie n’est actuellement pas en mesure de se passer.
Le cinquième du commerce mondial de
GNL, le gaz naturel liquéfié, provenant majoritairement du Qatar,
transite également, vers l’Europe notamment, par ce détroit. On comprend donc
l’énorme enjeu que représente le contrôle de cette voie maritime, bordée sur
l’une de ses deux rives par l’Iran !
Grâce aux pétrodollars, les familles
capitalistes régnantes des États du Golfe ont développé une énorme puissance
financière, sous la forme de fonds souverains d’investissement. Ainsi, en
Arabie saoudite, le Public Investment Fund avait placé, en 2025, plus de mille
milliards de dollars dans des infrastructures portuaires et aéroportuaires, et
dans les start-up de l’IA. Le Abu Dhabi Investment Authority, le plus gros
fonds souverain mondial, a investi dans l’immobilier, à Paris et à Londres,
dans les énergies renouvelables – un comble ! – et également dans l’IA. Le
Qatar Investment Authority, de son côté, a investi dans le luxueux quartier
d’affaires londonien de Canary Wharf, dans l’automobile européenne chez
Volkswagen ou la banque Barclays. Dubaï offre une zone franche à 3 500 multinationales
et assure 10 % du commerce maritime mondial. Les Émirats ont aussi en projet,
depuis 2023, le corridor IMEC (Inde, péninsule arabique, Europe), destiné à
concurrencer les routes de la soie chinoises, et auquel l’Iran est, outre la
Chine, jusque-là fermement opposé.
La région du Golfe est ainsi
aujourd’hui plus qu’une énorme réserve de richesses. Elle abrite une
concentration de capitaux dont l’impérialisme veut s’assurer le contrôle, comme
il veut s’assurer le contrôle des voies qui la desservent.
Viviane Lafont (Lutte ouvrière
n°3005)
-Lundi 9 mars :
de 10 à 12 esplanade du Val-Nord,
-de 15 à 17 heures poste du Val-Sud,
-de 17 à 19 heures Inter-Centre ;
-mardi 10 mars :
de 10 à 12 h Joliot-Curie,
-de 14 à 16 h esplanade Val-Nord,
-de 17 h.30 à 19 h.30 cité Champagne ;
-Mercredi 11
mars, de 10 à 12 heures, Centre,
-de 17 à 18 h.30 Auchan Val-Sud.
Mercredi 11 mars : 19 h.
réunion à Bezons