dimanche 31 août 2025

Enfants à la rue : société inhumaine, gouvernement complice

 

En 2024, 31 enfants sont même morts à la rue

 

 

Un regroupement d’associations a compté en août 2 159 enfants étant à la rue en France. C’est 30 % de plus qu’il y a 3 ans ! Des chiffres encore sous-estimés qui n’incluent pas ceux qui ne contactent même plus le 115 ou les mineurs non-accompagnés.

         En cause, bien sûr, l’augmentation de la pauvreté et des expulsions locatives ; et un État qui s’en lave les mains et ne construit pas les logements sociaux nécessaires pour faire face à cette catastrophe. Depuis des années les gouvernements qui se suivent promettent qu’aucun enfant ne dormira plus à la rue, mais tout dans leur politique est fait pour aggraver la situation, sauf pour les spéculateurs immobiliers qui se régalent. Résultat, en 2024, 31 enfants sont même morts à la rue.

Algérie : un accident de bus déclenche la colère

Algérie : un accident de bus déclenche la colère

Vendredi 15 août, la chute d’un bus dans le fleuve El Harrach, à l’est d’Alger, a fait dix-huit morts et une vingtaine de blessés. Après l’émotion, ce drame a suscité la colère.

Publié le 27/08/2025

Cet accident est le dernier d’une longue liste qui, cette année, a endeuillé des milliers de familles. C’est plus qu’un fait divers, c’est l’accident de trop qui met en lumière le mépris d’un pouvoir qui a laissé les infrastructures se délabrer et a livré les transports collectifs au secteur privé, qui en détient 95 %. Chaque jour, pour se déplacer, des millions de personnes sont contraintes d’emprunter un réseau anarchique et des bus vétustes, datant souvent de plus de trente ans.

L’enquête a révélé que le certificat de contrôle technique avait été falsifié et que le bus, hors d’usage, était surchargé. Cela a conduit à l’arrestation du chauffeur, du receveur, du propriétaire du véhicule ainsi que du contrôleur technique. Ces arrestations n’ont fait qu’attiser la colère, car ni le receveur ni le chauffeur ne sont responsables du réseau de transport et de la pénurie de bus qui oblige les usagers à voyager entassés. Certes, en ce jour de canicule, le chauffeur, éboueur la semaine et chauffeur le weekend, n’était sans doute pas au mieux de sa forme. Mais, comme des millions de travailleurs, il n’a pas d’autre choix que de cumuler deux emplois pour subvenir aux besoins de sa famille.

Si certains propriétaires de bus ont peu de scrupules et usent leur matériel jusqu’à la corde, la majorité, faute de pièces détachées, n’a tout simplement pas les moyens de les entretenir correctement. Quant à renouveler leur flotte, c’est quasiment impossible avec la limitation des importations.

Aussi, beaucoup estiment que ces arrestations sont injustes et que les vrais responsables sont épargnés. Les privilégiés du régime ne risquent pas leur vie dans des transports collectifs. Ils possèdent des SUV de luxe, vivent dans des quartiers protégés où les poubelles sont ramassées tous les jours. Ils peuvent envoyer leurs enfants étudier à l’étranger et ne se soignent pas dans les hôpitaux algériens. À l’image du président Abdelmadjid Tebboune qui, depuis l’Allemagne où il se fait soigner, a décrété une journée de deuil national pour calmer la colère.

Une semaine avant le drame, il avait promis à son homologue libanais, Joseph Aoun, lors de sa visite à Alger, de verser 50 à 200 millions de dollars pour « la reconstruction du Liban-Sud ». Cette promesse avait déjà provoqué un fort mécontentement. La posture de Tebboune, qui se targue d’avoir fait de l’Algérie la troisième économie du continent africain et qui prétend aider les autres pays d’Afrique et le Liban, ne passe plus auprès des classes populaires.

Paupérisation croissante, mépris patronal, corruption, les causes qui avaient donné naissance, en 2019, au Hirak, le plus grand mouvement populaire depuis l’indépendance, sont toujours là. La répression accrue dont use le régime ne pourra pas indéfiniment contenir la colère.

                                                   Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2978)

 

Argenteuil, ébauche de bilan personnel du Bilan de la municipalité 2020-2026. (26 et dernier)

 

Une Ville aux habitants, au-delà de toutes les difficultés

 


 

J’ai trouvé que la dépense pour imprimer et diffuser en juin ce Bilan de mandat municipal méritait un petit effort estival. Très partiel je le reconnais. Et pour le dire tout net, pas passionnant. Tant de vantardise, tant d’affirmations et de chiffres invérifiables et surtout sans commentaires au niveau des difficultés mais aussi des réussites.

         Mais le défaut principal est ailleurs. Il est de mélanger ce qui a été réalisé et ce qui est projeté, l’action municipale 2020-2026 et les intentions de cette équipes pour la suite.

         Je reviens sur cette question des difficultés et des obstacles. Nulle part une présentation de la Ville, une ville qui demeure extrêmement populaire, résultat de son passé industriel, et du rôle de la municipalité du PCF qui a choisi d’assumer la construction de dizaines de milliers de logements dits sociaux pour répondre à une crise majeure du logement.

         Argenteuil est également caractérisée par un territoire important. L’urbanisation des années 1960 s’ajoutant à cette caractéristique territoriale engendre l’existence de quartiers populaires très périphériques.

         Ville populaire marquée par la crise du capitalisme qui monte depuis les années 1970 et dont les conséquences s’amplifient.

         La municipalité a en tête la transformation « sociologique » de la commune. Elle regarde du côté d’Asnières voire de Levallois. Mais elle le fait sans projets globaux, et même sans la réflexion préalable qui ne peut-être qu’à l’échelle de tout le territoire. On l’a vu dans l’affaire Jean Vilar.

         En attendant, les distances se creusent entre les quartiers, et c’est un problème majeur. Un fait très révélateur m’avait frappé. Pour la fête du réseau de la municipalité, ce n’est pas lui faire injure de le souligner, la fête des vendanges, des navettes pour s’y rendre au piémont de la butte de Cormeilles, mais jamais de navettes pour amener par exemple les habitants des quartiers périphériques à la fête très populaire des Berges par exemple.

         Un commentateur d’une de mes brèves sur le Bilan a écrit pour résumer : « Mais qu’est-ce que vous feriez à leur place ? ». L’avis personnel sur cette question serait que nous serions extrêmement prudents, que la question du bien-être des agents territoriaux et de l’union des quartiers serait une préoccupation principale, que la culture et l’éducation seraient des priorités. Surtout, nous essaierions de stimuler de toutes les façons possibles l’engagement de la population, sa réflexion, son contrôle, et bien au-delà de structures de « démocratie locale » totalement étriquées aujourd’hui.

         Mais de tout cela, nous aurons peut-être l’occasion de reparler dans les mois qui viennent si les mobilisations et les luttes des travailleurs nécessaires nous en laissent le temps. DM