“Conseil
de la paix” : comment Trump prépare la guerre
Le 17 janvier, Trump a fait
savoir au monde que le Conseil de la paix, créé sous son égide pour, disait-il,
régler la situation à Gaza, allait désormais s’occuper de faire régner la paix
et la prospérité sur la planète entière. Sous sa direction éclairée,
naturellement.
Publié le 21/01/2026
Durant sa campagne électorale, en
2024, Trump promettait de régler la question palestinienne d’un claquement de
doigts et d’apporter la paix en Ukraine en 48 heures.
Non seulement les tueries se poursuivent sur ces deux terrains, mais le président américain a
depuis un an envoyé missiles
et bombardiers au Yémen, en
Syrie et en Iran, puis kidnappé le président vénézuélien. Il menace désormais
de saisir le Groenland, voire le Canada. Il a cessé de financer les
organisations internationales d’aide aux populations et s’est retiré des
traités qui suggèrent de respecter l’environnement. De plus, dans tous les
pays, Trump et son administration encouragent les partis et les politiciens
d’extrême droite qui se proposent d’écraser les luttes des travailleurs. Enfin,
last but not least, partout dans le monde et par tous les moyens, le président
favorise les affaires de ses amis milliardaires et les siennes propres, fût-ce
au prix de la guerre.
Son Conseil de la paix a donc
tout de la sinistre plaisanterie. Les seuls dirigeants qui ont d’ores et déjà
accepté d’y participer, voire de payer un milliard de dollars en espèces le
droit d’entrée au club, sont ses obligés, comme le roi du Maroc ou le président
argentin. Les dirigeants des grands pays européens n’ont pour l’instant pas
répondu, ce qui a déclenché de nouvelles rodomontades de Trump. Même Macron,
qui s’est pourtant contenté de décliner poliment l’invitation « à ce stade »,
est menacé de se voir infliger 200 % de taxe sur les vins de Champagne.
L’affaire pourrait apparaître
comme une revanche puérile contre le secrétaire général de l’ONU, qui a
critiqué Trump à plusieurs reprises et même contre le comité Nobel, qui ne lui
pas décerné son prix de la Paix. On pourrait en rester là s’il ne s’agissait
que d’un caïd de bac à sable, mais ce délire mégalomane est celui du chef de
l’État le plus puissant du monde, de l’agent exécutif du principal impérialisme
et de la bourgeoisie la plus riche. Il a d’autres raisons.
La concurrence de plus en plus
féroce entre capitalistes, dans un marché mondial qui se rétrécit, sans autre
perspective que la course aux armements et les bulles spéculatives, contraint
la bourgeoisie américaine à aller se servir dans la gamelle des autres, selon
l’heureuse expression de l’ex-PDG de Stellantis. Avec son Conseil de la paix,
comme par toute sa politique, Trump propose à ses seconds couteaux allemand,
français, britannique, japonais, etc., d’apporter eux-mêmes le contenu de leurs
gamelles au suzerain, faute de quoi il ira se servir lui-même.
Cette politique a été
relativement efficace en ce qui concerne certains grands groupes privés
européens qui, l’an passé, sont allés à Washington arranger directement leurs
affaires avec Trump. Elle a continué à fonctionner vis-à-vis de l’Union
européenne qui a, au mois d’août, signé un traité permettant aux États-Unis
d’augmenter les taxes qui frappent leurs produits. Et si la volonté de Trump
d’annexer le Groenland et sa prétention de remplacer l’ONU par un club de féaux
à sa botte se heurtent à une levée de boucliers, on verra s’ils ne sont pas en
carton.
Il est peu probable, vu les
rapports de force et l’intrication des économies, que les Européens résistent
longtemps sur le fond, même s’ils refusent d’en passer par les bouffonneries de
Trump. Les bourgeoisies et les États européens, malgré toutes leurs
déclarations et des dizaines d’années d’une union formelle, restent concurrents
et incapables de s’allier, même pour résister à la pression américaine.
Derrière les déclarations de
Trump, il y a la volonté d’affirmer sa toute-puissance, depuis l’explosion des
crédits militaires jusqu’aux efforts d’embrigadement des vassaux, par exemple
dans un Conseil de la paix qui serait plus à sa main que l’ONU.
Paul Galois (Lutte ouvrière n°2999)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui samedi 24 janvier, de 10 h. à 10h.30 au
marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 25 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché
du Centre (sous réserve) ;
-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;
-lundi 26 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre
commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.