vendredi 9 janvier 2026

Argenteuil : La liste Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs à Argenteuil

 

Une liste de travailleurs et de travailleuses de notre classe

 


 
 

Notre liste à Argenteuil (Val d’Oise) sera conduite par moi-même, Dominique MARIETTE, enseignant retraité du secondaire, et par Valérie SUAREZ, formatrice à destination de travailleuses et de travailleurs qui apprennent le français. Quels que soit leur origine, leur travail, leur statut, ou la nature de leurs « papiers », les unes et les autres de ces élèves appartiennent à notre classe, le monde du travail, et connaissent souvent des conditions d’emploi et de travail très difficiles. Avec des « papiers » d’ici ou d’ailleurs, nous nous retrouverons dans les mêmes combats pour la défense de la condition ouvrière et pour donner une issue à une société capitaliste en crise et qui nous menace des pires fléaux.

         Les autres membres de cette liste de 55 candidats sont eux aussi à l’image de la diversité du monde du travail. Des actifs et des retraités, des techniciens, des AESH, des employées, des agents hospitaliers, des intermittents du spectacle, des enseignants, des anciens travailleurs aujourd’hui retraités de la commune, d’autres du commerce tel le plus jeune de notre liste qui a 19 ans…

         Pour l’essentiel, les uns et les autres habitent dans les quartiers populaires souvent périphériques de la commune, où ils connaissent les difficultés quotidiennes au niveau des transports, de la difficulté de se soigner, et du recul des services, publics ou privés, utiles à la population.

         Loin des nombreuses querelles à Argenteuil entre les différentes écuries de notables qui rêvent la gestion d’une grande ville de plus de 100 000 habitants, ce qui nous unit tous est d’appartenir au « Camp des travailleurs » et d’en être fiers. DM

jeudi 8 janvier 2026

Venezuela : l’impérialisme veut un régime aux ordres

 Venezuela : l’impérialisme veut un régime aux ordres

Après le rapt du président vénézuélien, Trump a expliqué clairement son objectif : « Nous allons nous installer là-bas et gérer les affaires… nous allons installer nos plus grandes entreprises pétrolières et faire de l’argent pour le Venezuela. »

Publié le 07/01/2026

 

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le sol vénézuélien renferme plus de 300 milliards de barils de pétrole, 17 % des réserves mondiales, de quoi effectivement attiser la convoitise de Trump. Les majors ont pu profiter de ce pactole pendant la plus grande partie du 20e siècle.

En 1975, bien avant Chavez et Maduro, le président vénézuélien de l’époque, dans la foulée d’autres États, comme la Libye, l’Algérie ou l’Irak, avait créé une compagnie nationale : Petróleos de Venezuela (PDVSA), qui prit possession des concessions et infrastructures. C’était un processus négocié, les compagnies américaines étant largement indemnisées, mais qui mettait fin à leur toute-puissance, alors qu’elles agissaient jusque-là dans le pays en maîtres absolus. Plus tard en 1999, quand Chavez prit le pouvoir, elles avaient largement repris leur place dans l’exploitation directe du pétrole, en particulier dans le bassin de l’Orénoque. Chavez voulut alors leur imposer un contrôle majoritaire de l’État, ce que refusèrent ConocoPhillips et ExxonMobil. Ces compagnies partirent en 2007 et leurs biens sur place furent expropriés, tandis que Chevron restait.

Chavez prit alors le contrôle politique de PDVSA et pour la première fois la manne pétrolière servit à l’État pour nourrir, soigner et éduquer la population la plus pauvre. Loin d’être une politique « socialiste » remettant en cause le capitalisme, celle de Chavez et de Maduro se bornait à affirmer une indépendance vis-à-vis de l’impérialisme américain. Le régime s’appuya pour cela sur une alliance avec Cuba, avec la Bolivie d’Evo Morales… puis dernièrement avec la Chine.

Pourtant, malgré le nationalisme des dirigeants chavistes, la présence américaine au Venezuela n’a jamais cessé. La compagnie Chevron, qui, malgré les sanctions, bénéficie d’une dérogation, y produit en ce moment 150 à 200 000 barils par jour sur quatre champs pétroliers et du gaz offshore, dans le cadre d’un partenariat avec la compagnie nationale PDVSA. Le groupe américain emploierait sur place 3 000 salariés.

Récemment, les officiels vénézuéliens ont fait des offres aux États-Unis leur proposant de renforcer leur présence. Mais Trump ne veut pas dépendre de la volonté et des décisions d’un État qui selon lui tient tête aux États-Unis depuis bien trop longtemps.

Pour organiser le rapt de Maduro, Trump a pu parier sur l’impopularité de son pouvoir, de plus en plus dictatorial. La presse évoque sans cesse la corruption du régime. Celle-ci est bien réelle, mais est du même ordre que dans les régimes voisins alliés des États-Unis. Dans un pays où le pétrole représente 90 % des recettes de l’État, ce sont surtout la chute des cours mondiaux en 2014, puis les sanctions américaines, instaurées en 2015 et accentuées par Trump en 2017, le quasi-embargo et le gel des actifs de PDVSA qui ont eu des conséquences catastrophiques, provoquant en particulier l’hyperinflation et l’explosion de la pauvreté.

« Nous contrôlerons le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition soit possible », a déclaré Trump. Mais, à la surprise générale, il a écarté la politicienne d’extrême droite et récent Prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, son principal soutien politique. Il a évoqué un accord avec la vice-présidente chaviste Delcy Rodriguez, qui aurait d’après lui accepté de collaborer. Après avoir dans un premier temps dénoncé « l’agression, une violation de la souveraineté », et affirmé que Maduro restait le seul président du pays, elle a modéré son discours, parlant d’un « agenda de coopération », appelant à une relation « équilibrée et respectueuse » avec les États-Unis.

Arrêter Maduro s’est avéré possible, mais après ? Dominer à distance un pays comme le Venezuela est bien moins simple et, pour le moment, Trump semble avoir choisi, faute de mieux, de se servir de l’équipe dirigeante déjà en place tout en lui braquant un revolver sur la tête. Delcy Rodriguez pourrait avoir le soutien de la couche de privilégiés qui soutenait jusque-là le régime de Chavez et Maduro. Les militaires haut gradés en particulier, placés par eux aux postes-clés de PDVSA, des circuits de distribution et d’entreprises privées garderaient ainsi leurs privilèges en échange d’une collaboration.

La bourgeoisie vénézuélienne, mais aussi une partie des près de 8 millions de Vénézuéliens qui ont quitté le pays, se réjouissent sans doute du rapt de Maduro. Mais la majorité de la population, qui subissait pourtant une dictature de plus en plus dure, ne peut guère s’attendre à une quelconque amélioration de son sort venue des États-Unis, alors que déjà Trump menace le gouvernement de gauche de la Colombie voisine et Cuba de nouvelles interventions militaires.

                                                Antoine Ferrer (Lutte ouvrière n°2997)

 

Les prochaines permanences à Argenteuil :

-vendredi 9 janvier : au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 10 janvier : de 10 h.30 à midi centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 11 janvier : de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 12 janvier : de 18 à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien.

Trump et le Trafic de mensonges

Trafic de mensonges

L’enlèvement de Nicolás Maduro, le président vénézuélien, a été mis en scène par le gouvernement américain comme la capture d’un chef de cartel de la drogue.

Publié le 07/01/2026

 


Déjà en 2020, sous le premier mandat de Trump, la justice américaine l’avait mis en examen pour trafic de drogue. Plus récemment, pour justifier ses multiples pressions sur le Venezuela, Trump et son gouvernement ont alourdi leurs accusations en prétendant que Maduro était à la tête du cartel « los soles » ; les soleils étant les étoiles des généraux vénézuéliens supposés être aussi des trafiquants.

Cette accusation est si ridiculement fausse que sitôt Maduro mis en prison à New York, l’accusation a laissé tomber cette histoire de cartel. Le reste de la procédure judiciaire lancée à son encontre est tout aussi grotesque : le juge à qui on l’a présenté, âgé de 92 ans, a été choisi on ne sait comment, et la ministre de la Justice américaine veut poursuivre ce chef de l’armée vénézuélienne pour possession d’armes automatiques… À ce titre Trump devrait être condamné pour possession de porte-avions et d’armes nucléaires.

Pour justifier le rapt de Maduro et de sa femme, les États-Unis l’accusent d’avoir provoqué la mort de centaines de milliers d’Américains par l’exportation de cocaïne. Mais l’essentiel de cette drogue est produit en Colombie, et non pas au Venezuela, et elle rentre illégalement sur le territoire américain via le Mexique. Le fentanyl, qui fait actuellement des ravages, vient surtout d’Asie. Quant aux overdoses massives qui ont fait récemment baisser l’espérance de vie aux États-Unis, elles ont été principalement provoquées par les opioïdes fabriqués et commercialisés légalement par des firmes pharmaceutiques américaines dans les décennies 2000 et 2010.

Pour ce qui est de la volonté de Trump de lutter contre le trafic de drogue, elle a pu aussi être mesurée il y a un mois lorsqu’il a gracié Juan Orlando Hernandez, ex-président du Honduras, qui purgeait une peine de 45 ans de prison aux États-Unis pour un trafic de drogue bien plus réel que celui imputé à Maduro. Conscient de la légèreté de son dossier, l’État américain a donc rajouté à l’accusation de trafic de narcotiques, celle de terrorisme, faisant de Maduro un dangereux « narcoterroriste ».

Chacun l’aura compris, le dossier judiciaire justifiant le raid sur Caracas n’est qu’un habillage pour la galerie de l’accentuation bien réelle des pressions que l’impérialisme américain exerce sur le Venezuela pour en faire sa chose.

                                                            Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°2997)

 

Michelin : un don en forme de vol

 Michelin : un don en forme de vol

Le PDG de Michelin vient de rembourser à l’État 4,3millions deuros daides publiques, reçus en 2016 dans le cadre du CICE, le crédit dimpôt pour la compétitivité et lemploi.

Publié le 31/12/2025

Ces aides étaient censées être utilisées par l’usine de La Roche- sur-Yon « pour se moderniser ». Trois ans plus tard, l’usine fermait !

En fait, la somme reversée l’a été suite aux conclusions d’une commission d’enquête sénatoriale, menée conjointement par un élu PCF et un élu LR, ainsi qu’après une émission Cash Investigation qui dénonçait ces millions versés en pure perte… sauf pour le patron. La prétendue modernisation n’avait pas eu lieu, et les quelques machines acquises avaient disparu. Et quand, en octobre2019, Michelin annonçait la fermeture de lusine, il mettait 619 travailleurs à la rue. Au passage, outre l’argent public, Michelin avait encaissé les profits issus de la surexploitation imposée aux salariés, sous prétexte d’un plan de compétitivité. Il y avait eu l’obligation de travailler en 4×8, trois samedis sur quatre et seize dimanches dans l’année.

En bon gestionnaire fort de ses amitiés, Michelin parvenait de surcroît, en février 2023, à revendre le site au conseil d’agglomération de La Roche-sur-Yon, présidé par un élu Horizons, pour 9,3millions deuros.

Après la fermeture du site vendéen, les cadeaux avaient continué à tomber, les suppressions d’emplois également. Même après la fin du CICE, Michelin pouvait compter sur une pluie d’argent public : le soutien à l’économie de la période Covid (200millions deuros en 2020), l’indemnisation du chômage partiel, le crédit impôt recherche (42millions en 2023). Et, rien quen France, en 2025, Michelin fermait les usines de Cholet et de Vannes, mettant 1 200 salariés au chômage et annonçant parallèlement aux heureux actionnaires un bénéfice de 1,9milliard deuros.

Le cas Michelin souligne les flots d’argent public qui irriguent les capitalistes, pour un total de 211 à 270milliards distribués à fonds perdus en 2023, par exemple. Si la restitution des 4,3millions par Michelin constitue une « victoire éthique » aux yeux du sénateur PCF de la commission d’enquête, elle a dû être versée sous forme de « don » au fisc, la case « remboursement d’un vol » n’étant pas prévue par l’État dans un tel cas.

                                                              Viviane Lafont (Lutte ouvrière, n°2996)