dimanche 4 janvier 2026

Venezuela : à bas l'impérialisme !

Pratiques de malfrats, c’est le capitalisme

  


Après des mois de menaces, de piraterie contre des bateaux causant déjà des dizaines de morts, d’arraisonnement de pétroliers, les États-Unis ont fini par frapper directement le Venezuela. Trump se vante que les troupes américaines ont fait prisonnier Maduro, le président vénézuélien.

Depuis longtemps l’impérialisme américain veut mettre au pas un des rares pays d'Amérique latine qui refuse de s'aligner, et mettre la main sur ses immenses réserves de pétrole.

À bas l’impérialisme et son cortège de pillage, de guerre et de soumission.

 

Venezuela : l’escalade impérialiste. Un article du n°2995 de Lutte ouvrière daté du 24.12.25.

 Venezuela : l’escalade impérialiste

En imposant au Venezuela un blocus naval, les pressions de l’impérialisme américain viennent de franchir un nouveau palier.

Publié le 24/12/2025

 

Le 20 décembre, l’armée américaine a saisi un deuxième pétrolier vénézuélien. Lundi 22 décembre, Trump a menacé Maduro en disant qu’il serait « sage » qu’il quitte le pouvoir, ajoutant que, « s’il joue les durs, ce sera la dernière fois qu’il pourra jouer les durs ».

Cela fait plus de trois mois que la flotte américaine a pris position au large des côtes vénézuéliennes. Depuis, l’armée américaine a bombardé et détruit plusieurs dizaines d’embarcations, affirmant, sans même se donner la peine de le prouver, qu’il s’agissait de narcotrafiquants. Au moins 105 personnes ont ainsi été tuées sans autre forme de procès.

Le 29 novembre, Trump a annoncé que l’espace aérien du Venezuela devait être considéré comme fermé. Le 16 décembre, il a annoncé un blocus naval « total » à l’encontre des pétroliers que les États-Unis considèrent comme étant sous sanction.

Pour faire monter la pression, Trump a d’ailleurs plusieurs fois déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité d’envahir le Venezuela. Sur les bases américaines de Porto Rico et de Guantanamo, à Cuba, des missiles sont prêts à être tirés et des troupes prêtes à être débarquées. À ce jour, au moins 15 000 militaires américains sont déployés sur la zone. La flotte qui y est rassemblée est la plus importante depuis la crise cubaine de 1962, avec à sa tête le porte-avions Ford, le plus grand et le plus moderne du monde.

Les États-Unis accusent le Venezuela de se servir du pétrole, sa principale ressource, pour financer « le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements ».

En fait, le Venezuela refuse d’être le vassal des États-Unis. S’appuyant sur d’immenses ressources pétrolières – 20 % des réserves mondiales – le régime vénézuélien, mis en place en 1998 par Hugo Chavez, s’est en partie émancipé de la tutelle de l’impérialisme américain.

C’est l’unique raison de l’escalade actuelle : l’impérialisme américain renforce sa présence et son contrôle sur son arrière-cour, l’Amérique centrale et latine avec toutes leurs ressources naturelles, et le régime vénézuélien est un caillou dans sa chaussure.

Personne ne sait quels sont les objectifs précis de Trump ni jusqu’où il est prêt à aller. Veut-il obtenir la fin du régime nationaliste de Maduro pour le remplacer par des gens à ses ordres, comme María Corina Machado, qui a dédié son prix Nobel de la Paix à Trump et qui vient d’être récemment exfiltrée du Venezuela ? Est-il prêt à la guerre pour cela ? De toute évidence, avec le blocus naval, l’impérialisme américain cherche d’abord à affaiblir le régime de Caracas, à le déconsidérer auprès de sa population en le privant d’une partie de ses recettes pétrolières.

Mais l’impérialisme américain n’a jamais reculé devant une guerre qu’il estimait nécessaire. Sa dernière intervention militaire de grande ampleur, en Irak en 2003, a dévasté et ébranlé toute la région, et ses effets se font encore sentir plus de vingt ans après. La certitude de conséquences semblables ne le fera pas reculer.

Seule la crainte de réactions populaires qui se généraliseraient en Amérique centrale et latine ou aux États-Unis même, où Trump a promis de mettre fin aux guerres, pourrait le faire reculer.

                                                     Serge Benham (Lutte ouvrière n°2995)

Brigitte Bardot : une icône réactionnaire

Brigitte Bardot : une icône réactionnaire

La trêve des confiseurs n’a pas empêché la concurrence des embaumeurs autour de Brigitte Bardot. Le jour même du décès, le néolepeniste Ciotti a lancé une pétition pour que l’État fasse à l’actrice des funérailles nationales. Son adversaire pour la mairie de Nice et ennemi intime, Estrosi, a répliqué en annonçant une grande place baptisée du nom de l’artiste.

Publié le 31/12/2025


 

Le Pen et Bardella vont-ils proposer l’entrée directe au Panthéon ? L’extrême droite et la droite extrême n’ont que peu de célébrités à mettre en avant. S’il y en avait une, c’était bien Brigitte Bardot, actrice mondialement connue et surtout raciste revendiquée, ennemie des musulmans, des homosexuels, des féministes, capable d’injurier publiquement les Réunionnais et cinq fois condamnée pour incitation à la haine raciale. Amie de Le Pen père chez qui elle avait fait la connaissance de son époux, Brigitte Bardot appelait régulièrement à soutenir la fille, la nièce et même Zemmour, le cousin maudit.

Les médias en pleine fièvre et la plupart des politiques ont pudiquement minimisé les multiples prises de position réactionnaires de B.B. pour encenser, à longueur d’antenne et de journal, la défenseure de la cause animale et l’actrice qui aurait révolutionné l’image de la femme au cinéma. Sa défense exclusive des animaux était bien trop teintée de misanthropie pour être sympathique. Sinistre dérision en effet que de prétendre sauver les dauphins quand on se réjouit de voir les migrants se noyer.

Il resterait l’artiste qui, de l’avis général, de Roussel à Le Pen, aurait bien mérité de la patrie. Brigitte Bardot a été, en effet, quelques semaines durant, un produit français capable de concurrencer Hollywood. Mais c’était en restant sur le même terrain fondamentalement misogyne, il suffit de voir le film en question, Et Dieu créa la femme, pour s’en rendre compte. La droite respectable qui l’encense aujourd’hui à cause de ses délires xénophobes voulait alors la censurer pour outrage à la pudeur. La voilà qui s’incline désormais, avec le reste de l’opinion officielle, sur le « phénomène Bardot », en tant que gloire propre à éveiller la fibre franchouillarde.

                                                          Paul Galois  (Lutte ouvrière n°2996)


Argenteuil, journal de campagne (1) : deux mondes, deux classes face à face.

 

« Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner » K. Marx

 


 

La nature fondamentale du capitalisme est la loi de la propriété privée des moyens de production et la recherche sans limite du profit par l’exploitation des travailleurs du monde, des villes et des champs.

         La plupart des travailleurs savent qu’il y a des riches et des pauvres, que le nombre de milliardaires ne cesse d’augmenter d’un côté, et que de l’autre l’immense majorité de la population est à la peine. Cette idée, ressentie par de nombreux membres de notre classe est à approfondir partout où nous le pouvons. Et l’occasion de la prochaine campagne électorale nous permettra de le faire lors des discussions qui seront l’essentiel de notre campagne.

         Mais ce qui manque souvent sur ce plan aux travailleurs, c’est la conviction que cela n’a rien d’inexorable, et que le monde du travail a la force pour que l’humanité prenne la maîtrise de son avenir. Il faut que nous enracinions l’idée que c’est le monde du travail qui fait fonctionner la société, que nous pourrions la diriger en nous débarrassant de l’exploitation capitaliste en renversant l’État qui la protège et la maintient.

         Si cette campagne électorale nous permettait d’élargir la diffusion de cette conviction fondamentale, cela aidera à la renaissance  de la conscience d’appartenir à une classe certes exploitée, mais porteuse d’une gigantesque force révolutionnaire. DM  À suivre.

Argenteuil, journal pré-électoral : bilan mandat 2025-2026 (3) : sans agents territoriaux, il n’y a rien, et pourtant…

Pour nous l’essentiel de notre campagne lors des prochaines élections municipales aura une dimension sociale, à Argenteuil comme partout où nous présenterons des listes. Certes la dimension locale de ce que la population vit n’est pas rien, au niveau de la politique et de la manière des édiles. J’y ai consacré un certain nombre de brèves cet été pour analyser le « bilan » de la municipalité LR sortante d’Argenteuil. Autant en faire profiter les lecteurs intéressés en postant jour après jour dans les jours qui viennent la série sur Facebook, que chacun les ait en tête. Loin des promesses et engagements des uns et des autres, elles ont le mérite de relever du concret propice à la seule critique juste. En outre, avec la nouvelle année, cela présentera un petit air de rétrospective. DM

 

Une profonde absence d’intérêt très révélatrice

 

Travailleurs du Centre Technique Municipal en débrayage, juin 2025

Les agents territoriaux ne sont évoqués dans la brochure « bilan » de la municipalité que de façon extrêmement rare et de manière succincte, seulement en incidentes. Pourtant ces agents territoriaux sont l’élément essentiel de l’action municipale. Sans eux, il n’y a rien, comme dans le reste de la société.

         Une municipalité affirmant son lien avec les intérêts du monde du travail aurait plus qu’un souci constant pour la condition ouvrière de tous et sur ce qui se passe dans tous les services de la Ville. Non seulement, elle contrôlerait la façon dont cela fonctionne mais appellerait au contrôle de l’ensemble des agents sur le fonctionnement municipal.

         À Argenteuil, on est très loin de cela. Ce n’est pas certes une particularité de la municipalité actuelle depuis 2014, mais cette dernière y a marqué sa « patte » d’une façon toute particulière. Notre bulletin Lutte ouvrière des Territoriaux d’Argenteuil le relate au fil des années.

         Globalement la municipalité est très loin de cela. Pourtant, c’est elle qui limite depuis des années le mouvement des titularisations et laisse des travailleurs, même non loin de la retraite, dans la précarité. C’est elle qui limite les recrutements pour se targuer ensuite de ne pas trop augmenter les impôts. C’est elle qui crée des situations intenables des personnels Atsem et de restauration dans les écoles. C’est elle qui a refusé d’allouer comme dans d’autres communes la prime exceptionnelle d’inflation alors que bien des communes l’ont votée…

         Elle laisse aux hiérarchies d’appliquer non seulement ces orientations, mais d’agir comme elles l’entendent. Toutes ces dernières ne sont pas à mettre dans le même panier, mais la tendance générale n’est pas à l’empathie et au travail solidaire des équipes. Ainsi pendant des années, la vie a été très difficile pour les agents des écoles. Elle l’était encore il y a peu dans le grand service de la culture… elle l’est au service du CCAS…

         Cette situation entraîne des départs continuels. Des cadres qui sont en délicatesse vont voir ailleurs en catimini. Et les simples agents eux-mêmes qui le peuvent vont voir ailleurs… aux dépens de l’action municipale.

         Il y a vraiment loin entre les déclarations d’amour de la municipalité à l’égard des agents et la réalité et la réalité de ce qu’ils vivent. Et ce n’est pas un nouveau service de restauration à l’hôtel de ville qui fera oublier l’ancien self et surtout que les agents des services extérieurs de la Ville continuent à manger sur le pouce. Un important souci parmi bien d’autres. DM Le 7.8.25. Blog « lo argenteuil »