lundi 17 novembre 2025

Argenteuil, le dépistage du cancer du sein, un dépistage nécessitant la mobilisation prioritaire de tous les moyens nécessaires

 

Concentrer les moyens et l’information pour le prioritaire

 

 

La santé devrait être la priorité sociale numéro un et concentrer les principaux moyens de tous ordres de la société.

         Dans les questions de santé publique, le cancer du sein présente un sombre tableau. Avec 60 000 nouveaux cas et 12 000 décès par an, il s’agit du cancer le plus fréquent chez la femme et la première cause de décès par cancer, selon Santé publique France.

         Comment expliquer cette situation dramatique ? Une réponse essentielle est à trouver dans le fait que moins d’une femme sur deux est dépistée.

         Vendredi 7 novembre, un centre de mammographie était installé pour la journée à la gare du Val. Cette radiographie permet de détecter des anomalies. Il n’y avait pas foule au point que des agentes des centres de santé tentaient de convaincre des clientes du marché proche de rejoindre le camion d’examen.

         Pourtant installé à la gare du Val d’Argenteuil côté esplanade, le camion de santé occupait un espace marginal, en tout cas pas le meilleur, et le problème pose une nouvelle fois la question de l’information.

         Nous le répétons. À Argenteuil, la liste d’évènements se produisant dans la Ville chaque semaine est impressionnante. Mais l’information est bien peu hiérarchisée entre les évènements essentiels et les autres.

         Les initiatives relevant de la Santé et de l’Éducation devraient focaliser l’information et les moyens nécessaires correspondants pour qu’elle parvienne aux destinataires, en l’occurrence les femmes.

         On en est très loin aujourd’hui. Résultat : de belles initiatives ne récupèrent pas le public qu’il serait possible d’atteindre, qu’il serait urgemment nécessaire de joindre. DM

dimanche 16 novembre 2025

Aides au patronat : le casse du siècle

 Aides au patronat : le casse du siècle

« C’est l’histoire d’un hold-up. Sans arme ni violence, mais orchestré avec l’aval des gouvernements successifs depuis trois décennies. » C’est ainsi que deux journalistes du Nouvel Obs introduisent leur ouvrage Le grand détournement.

Publié le 12/11/2025

Le livre ne s’en prend pas à l’exploitation capitaliste mais à la façon dont quelques milliers d’ultra-riches siphonnent les comptes de l’État. Il donne un visage aux capitalistes en soulignant que les 500 premières fortunes de France ne vivent que de leur capital, qui s’accroît via les entreprises dont ils sont actionnaires.

Les auteurs ont cherché à recenser les trois formes d’aides que sont les exonérations de cotisations, les subventions directes et les niches fiscales.

Les aides aux entreprises se sont emballées depuis 2001. Alors qu’elles représentaient déjà 30 milliards par an dans les années 1990, elles ont atteint de nouveaux records à chaque nouveau gouvernement au nom de la lutte contre le chômage et de la compétitivité des entreprises. Elles représentent désormais 270 milliards par an. LVMH a par exemple reçu 193 millions d’euros au titre des exonérations de cotisations en 2023 et 82 millions via d’autres subventions. Cette entreprise a fait 15,2 milliards de bénéfice net la même année. Alors que les cotisations patronales représentaient autrefois 45 % du salaire brut d’un smicard, aujourd’hui cette part est tombée à 6,9 %.

Autre exemple : Sanofi a touché un milliard au titre du crédit impôt recherche en dix ans tout en licenciant plusieurs milliers de chercheurs. Elle a aussi perçu 12 millions au titre de l’aide à l’embauche d’apprentis sur l’année 2023. CMA-CGM a économisé 5,7 milliards en 2023 grâce à un régime fiscal particulièrement avantageux.

L’année du Covid a été particulièrement lucrative pour ces grands groupes : 260 milliards d’euros ont été distribués dont seulement 27 pour payer les salariés, sans compter la politique de rachats de titres par la BCE. Et certaines de ces grandes entreprises n’ont même pas respecté les quelques contraintes comme ne pas verser des dividendes pendant deux ans. Cette période a permis une explosion des fortunes des plus riches.

Du côté de la fiscalité, les auteurs notent les résultats de l’enquête de quatre économistes qui constatent que l’impôt sur les grandes fortunes est carrément régressif à partir d’un certain niveau de richesse. Il existe des moyens légaux largement utilisés par les bourgeois pour échapper à l’impôt. L’un d’eux consiste à placer leurs participations dans différentes entreprises au sein de holdings, qui leur permettent de ne pas payer d’impôts sur les plus-values ni sur les fortunes. Une société d’optimisation fiscale fait cette publicité : « Au lieu que les bénéfices supportent 30 % d’impôts, logés dans une société intermédiaire celle-ci ne paiera pas 30 % mais seulement 1,5 % ou 2 % maximum. » Quant aux héritages, le pacte de succession Dutreil permet d’en minimiser les droits.

On assiste bien à un grand détournement, effectué au profit d’une classe de plus en plus parasitaire.

                                                    Inès Rabah (Lutte ouvrière n°2989)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 16 novembre, de 10 h.25 à 10 h.55 devant Intermarché (sous réserve).

Et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 17 novembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Forum BFM TV : Travail, Salaire, la France craque. Interventions de Jean-Pierre Mercier – 8 min 4

Michèle AUDIN, avec sa disparition, celle de la famille directe; Josette, Maurice AUDIN et leurs trois enfants, Michèle, Pierre, Louis, une famille marquée par le drame

 

Une Femme déterminée de l’Égalité

 

 

J’avais joint Michèle après les vacances. Je voulais échanger sur ce qu’elle travaillait, quel livre elle allait faire paraître, pour organiser à Argenteuil un bel entretien comme il y en avait eu déjà plusieurs entre nous depuis 2013.

         Ma rencontre avec « L’affaire Audin » a été très tardive. Je n’ai pas fait le rapport entre elle et deux personnes que j’avais connues, l’une dès 1975, l’autre une décennie plus tard. La première, je ne découvrirai que bien plus tard que le militant du PCF qui m’avait si bien accueilli à mon arrivée à l’école primaire Paul Éluard 1 était le beau-frère de Maurice Audin : Christian Buono, militant du Parti Communiste Algérien et en France du PCF. Louis, l’instituteur d’Argenteuil, à qui je vendais Lutte ouvrière et qui était un des deux fils de Josette et de Maurice.

         Et puis, ma plongée dans les livres d’histoire m’a fait connaître l’Affaire, non le drame d’un seul homme et d’une famille mais le symbole de la répression de l’État en Algérie pour maintenir la colonisation et contre l’indépendance qui fit des centaines de milliers de victimes. (Voir la brève suivante)

         À l’occasion de la reconstruction du lycée Romain Rolland, il m’a semblé évident qu’il devait s’appeler Maurice Audin ou Maurice et Josette Audin. Je l’ai proposé au maire d’Argenteuil d'alors, Philippe Doucet. L’idée a été reprise. Voir dans une brève particulière ci-dessous ce qu’il en advint.

         Louis était mort. J’ai connu sa sœur aînée Michèle et son frère Pierre (décédé il y a deux ans) à l'occasion de la dédicace du Parc Maurice Audin, en même temps que je faisais la connaissance de Josette Audin. En 2013, je m'entretins avec Michèle à propos de son premier livre, sur la vie de son père, « Une vie trop brève ». Une amie commune, Sylvie Thénault, l’historienne des deux rives de la Guerre d’Algérie, participa à cet entretien.

         Férue de Mathématique comme ses parents, Michèle devint enseignante à l’Université, à Strasbourg.

         Avec « Une vie brève », elle était devenue, entre littérature et histoire, une autrice. Elle n’allait plus cesser d’écrire et de publier, en particulier sur le mouvement ouvrier du XIXème siècle et la Commune.

         Michèle : une femme déterminée, une femme de l’Égalité des genres. Elle me reprenait lorsque, utilisant une formule de courtoisie initiée par la Révolution française, j’écrivais « Salut et fraternité ». Pour elle, c’était Salut et Égalité. Je n’oublierai pas cette formule que j’écrirai systématiquement dorénavant à sa mémoire.

         Alors, Salut Femme Michèle. Quant à l’égalité, nous continuerons le combat pour la réaliser. DM

« L’Affaire Audin » et le refus de la Légion d’honneur de sa fille Michèle. Maurice Audin : un engagement militant qui conduisit Maurice à « une vie brève »

 


Ci-dessous la page du blog « lo argenteuil » du 17 mars 2013

 

Michèle AUDIN à Argenteuil vendredi 22 mars à 18 heures 30 à l'auditorium de l'hôtel de ville

  Michèle Audin viendra parler de son livre "Une vie brève". Une vie brève, c'est celle de son père Maurice Audin, qui a disparu lorsqu'elle avait trois ans et demi et dont elle part à la recherche dans ce récit. Avant l'entretien et la dédicace, l'historienne Sylvie Thénault reviendra sur l'"affaire Audin". 

Voici ce qu'écrivait Lutte Ouvrière dans un numéro de janvier 2009. 

 

Michelle Audin refuse la Légion d'honneur et l'amnésie d'État

Trois personnes viennent de refuser la Légion d'honneur que leur destinait le président de la République en ce début d'année.

     Ainsi les journalistes Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Ève Malouines (France Info) ont souligné qu'elles n'avaient pas sollicité cette décoration et que rien d'exceptionnel dans leur parcours professionnel ne la justifiait. Françoise Fressoz a même ajouté que, « pour exercer librement sa fonction, un journaliste doit rester à l'écart des honneurs ».

    Le troisième refus provient de la fille de Josette et Maurice Audin, Michelle Audin. Mathématicienne comme son père, elle a motivé son refus au président de la République. Dans sa lettre, elle suppose que cette distinction entend récompenser ses recherches mathématiques. Mais elle n'a pas oublié que, lors de la prise de fonction présidentielle, sa mère avait écrit à Sarkozy pour lui demander que toute la vérité soit faite sur la mort de son mari, torturé et assassiné en 1957 par des parachutistes de l'armée française pendant la bataille d'Alger. Celle-ci, conduite par le général Massu, institua l'usage de la torture contre les partisans de l'Algérie indépendante, avec le quitus du gouvernement dirigé par le « socialiste » Guy Mollet, qui entendait que l'Algérie reste française.

     Le 11 juin 1957, Maurice Audin, professeur de mathématiques de 25 ans, anticolonialiste et militant du Parti Communiste Algérien interdit depuis 1955, était arrêté à son domicile d'Alger par des parachutistes. Il devait mourir le 21 juin 1957 au cours d'une séance de torture, étranglé par le lieutenant Charbonnier. Les parachutistes maquillèrent l'assassinat en une tentative d'évasion. Le corps du « porté disparu » ne fut jamais retrouvé. Paru en 1958, un livre, La Question, écrit par Henri Alleg, militant du PCA, ami d'Audin, arrêté et torturé lui aussi, allait dénoncer l'usage de la torture. Alleg a donné un échantillon des propos des officiers pendant qu'ils le torturaient : « Tu sais ce que c'est la Gestapo ? Tu vas disparaître. Personne ne sait que tu es arrêté, tu vas crever et ta putain de République, on la foutra en l'air aussi ! »

     Plusieurs tentatives de Josette Audin d'obtenir réparation en justice, à l'époque et encore en 2001 sous Jospin, se sont soldées par des non-lieu ou des appels rejetés, sans parler du décret d'amnistie promulgué par l'État français dès 1959 pour les crimes de l'armée lors des « opérations de maintien de l'ordre contre l'insurrection algérienne ».

     Cinquante ans après, Josette Audin estimait qu'il restait des témoins susceptibles de faire la lumière sur les circonstances précises de la mort de son mari. Un des protagonistes, le général Aussaresses, supérieur hiérarchique de Charbonnier, n'avait-il pas fait des demi-aveux sur les circonstances ? Josette Audin espérait aussi que l'État français reconnaîtrait que ses représentants avaient usé de la torture et condamnerait cette pratique.

Mais l'amnésie de l'État, quand il s'agit de ses crimes, est en général durable. Heureusement, la famille Audin n'a pas la mémoire courte. Et c'est parce que le président Sarkozy n'a même pas daigné répondre à la lettre de sa mère que Michelle Audin a refusé la Légion d'honneur. Comment, il est vrai, aurait-elle pu accepter une décoration que l'État français avait jadis remise au tortionnaire de son père ?

                                   Jacques FONTENOY (Lutte ouvrière janvier 2009)