vendredi 14 novembre 2025

Sarkozy : 20 jours sans majordome

Sarkozy : 20 jours sans majordome

Sarkozy, condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs et ayant fait appel, est sorti de prison lundi 10novembre après seulement vingt jours de détention.

Publié le 12/11/2025

 

Ses avocats, ses amis politiques et la presse complaisante se félicitent de ce triomphe de la justice et, pour une fois, évoquent l’inhumanité de la détention. Sarkozy lui-même parle de « cauchemar », de « situation éreintante qui laisse des traces ». Un de ses avocats raconte les cris dans la nuit, l’automutilation des détenus, les menaces de mort etc. Le Figaro, un quotidien qui réclame d’habitude à longueur de colonnes qu’on enferme les voleurs de poules, évoque la « face grise » de Sarkozy, caractéristique des enfermés qui n’ont pas vu le soleil depuis longtemps…

Cet Edmond Dantès des temps modernes n’a toutefois pas eu besoin de se faire déposer sur l’île de Monte-Cristo, il lui a suffi de se faire reconduire chez lui, villa Montmorency, dans le très huppé quartier d’Auteuil à Paris, pour y retrouver luxe, calme et volupté. Le juge qui l’a libéré a voulu s’assurer que Sarkozy avait les moyens de vivre en attendant son procès. Il a donc demandé à l’ex-président de la République, désormais rentier, retraité et conseiller d’entreprises, de confirmer qu’en 2023 il avait bien touché plus de quatre millions d’euros de revenus divers, outre ses dix millions de patrimoine immobilier. Le prisonnier libérable ayant confirmé, il est donc rentré chez lui, dans cette villa qui est une vaste emprise privée des beaux quartiers parisiens. Gardée 24heures sur 24 et interdite au public, elle abrite, loin du regard des manants, des Bolloré, Arnault, Bouygues et autres membres des dynasties bourgeoises, en plus de leurs amis et serviteurs du genre Sarkozy et de quelques artistes décoratifs.

On imagine donc quel choc terrible a été le changement de voisinage et d’ambiance entre la résidence pour riches, où les pauvres n’entrent que pour travailler, et la prison pour pauvres, où les riches ne sont pas censés mettre les pieds. Pour éviter ce traumatisme à Sarkozy, on aurait pu peupler les cellules contiguës de la Santé avec ses habituels voisins grands patrons de la villa Montmorency… ce ne sont pas les motifs qui manquent.

                                                      Paul Galois (Lutte ouvrière n°2989)

 

Syrie : Al-Charaa adoubé par Trump

 

« Adoubement d’ex-djihadiste ? S’ils aident l’impérialisme… »

 

 

« Un honneur de passer du temps avec vous », s'est félicité Donald Trump en recevant le dirigeant syrien Ahmed Al-Charaa à la Maison Blanche. Il y a encore un an, les États-Unis promettaient une récompense de 10 millions de dollars pour éliminer Al-Charaa, alias Al Joulani, passé par les prisons américaines et il n’y a pas si longtemps djihadiste.

         Entre temps, il s’est imposé à la tête de la Syrie. Il a troqué sa tenue de combat pour un costume cravate, a raccourci sa barbe et est désormais adoubé par l’impérialisme. Ce n’est pas une nouveauté : de Ben Laden aux Talibans, sans oublier le saoudien Mohammed ben Salmane, la « grande démocratie américaine » s’est bien souvent appuyée sur des djihadistes ou des religieux intégristes tant qu'ils servaient ses intérêts.

         Les classes populaires syriennes n'ont rien à attendre d’un tel dirigeant.

Transports en Île-de-France : l’habit ne fait pas rouler les bus

 Transports en Île-de-France : l’habit ne fait pas rouler les bus

Alors que les travailleurs des bus de la RATP doivent faire face à une attaque importante contre leurs conditions de travail, le souci de la présidente de la région Île-de-France, Pécresse, est de… changer la couleur et le sigle de leur uniforme.

Publié le 12/11/2025

D’ici un an, le réseau de bus de la RATP en Île-de-France sera en effet découpé et transféré dans des filiales privées et, depuis le 1er novembre, c’est déjà le cas pour cinq d’entre eux. Quatre sont passés à Cap RATP, filiale de la RATP et un à Keolis, filiale de la SNCF. À cette occasion, Pécresse, a déclaré dans Le Parisien qu’elle va faire équiper d’un nouvel uniforme tous les salariés des bus d’Île-de-France afin de « créer une continuité de service et un réseau unifié pour les voyageurs »… ce même réseau qu’elle vient pourtant d’exploser en douze morceaux.

Quant à la « continuité de service », ce sont vraiment des mots. Ni la Région ni l’État n’y ont jamais mis les moyens financiers suffisants : il n’y a pas assez de bus, les conducteurs manquent et les économies sur la maintenance aboutissent régulièrement à des retards, à des bus supprimés, etc.

Les responsables vantent depuis des mois un « sac à dos social » censé apporter une protection commune aux salariés transférés. Mais au-delà de ces discours les attaques ont déjà commencé. Dans les dépôts passés à Cap RATP, le nombre de jours de carence en arrêt maladie passe de un à trois. La prime de dimanche est passée de 51 à 28 euros brut. Les congés bonifiés pour les originaires des DOM-TOM et le financement partiel des billets d’avion sont voués à être supprimés au bout des quinze premiers mois. La Région et la RATP prétendent que les salaires seront maintenus avec un dispositif compliqué d’indemnité différentielle qui va en fait les faire stagner longtemps. En outre 76 salariés ayant refusé de signer leur transfert ont été licenciés, sans les indemnités liées à l’ancienneté, la RATP considérant que leur nouveau contrat ne présentait pas de « modification substantielle » !

Derrière cet uniforme commun, le gouvernement, la Région et le patronat s’en prennent séparément aux conditions de travail en espérant diviser la réaction des travailleurs. Au contraire, l’intérêt des travailleurs des transports en commun comme des usagers serait de disposer d’un réseau de bus organisé au service de tous avec des effectifs et du matériel en nombre suffisants. Et tant pis pour les capitalistes qui voudraient qu’il soit une source de profits.

                                      Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2989)

Argenteuil, la régularité des trains, une exigence essentielle pour les travailleurs

 

Ah si le matériel pouvait causer…

 

Dans les années 1875, les trains étaient là à l’heure ? (Claude Monet, la gare Saint-Lazare)

Avant-hier soir à la gare Saint-Lazare, une annonce : « Le train de 17 h.56 pour Conflans est supprimé. Il reste à l’atelier. Il va y être réparé ». Cela fait partie du genre d’informations vocales régulièrement entendues par les usagers de la ligne J et qui met en rage les voyageurs concernés.

         Donc, la rame de train en question en a eu assez. Elle a refusé en l’état de partir et d’assurer son service. Assez de risquer le problème faute de réparation. Elle a décidé de rester dans l’atelier. Elle a fait grève, et cela pour notre sécurité, à juste titre.

         IDFM de la Région Ile de France fait régulièrement des campagnes d’autopromotion. À la place de ces satisfécits, les usagers nombreux de la ligne J dont ceux d’Argenteuil et du Val préfèreraient des trains à l’heure, sans suppression, et assurant l’horaire prévu sur lequel ils aimeraient et devraient pouvoir compter. DM