Face aux
licenciements : quelle riposte ?
La CGT a recensé près de 450 plans de
licenciements depuis septembre 2023, menaçant directement plus de 100 000
emplois et 300 000 indirectement.
Publié le 05/11/2025
Face à cette avalanche de licenciements, la
secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a rencontré, le 30 octobre,
le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, pour lui demander « de
changer de politique économique et industrielle », comme elle l’a expliqué
dans une interview. « Ce n’est plus possible d’avoir une politique du carnet
de chèques où on se contente de distribuer 211 milliards d’aides publiques
aux entreprises sans conditions ni contreparties. »
Des centaines de milliards sont en effet versés
aux grandes entreprises sans que soit prévu le moindre contrôle gouvernemental
de ce qui en est fait. Sanofi, par exemple, a supprimé des milliers d’emplois
ces dernières années dans ses services de recherche et développement, tout en
recevant en même temps des centaines de millions d’euros au titre du crédit
d’impôt recherche.
Mais même si les aides versées aux entreprises
étaient conditionnées par des créations d’emplois, les patrons se
contenteraient de les empocher sans se sentir obligés de respecter le moindre
engagement. Et il ne faut pas compter sur l’État, quel que soit le gouvernement
en place, pour exiger qu’ils remboursent ces milliards ainsi versés à fonds
perdu.
En réalité, la politique mise en avant par la CGT
ne peut déboucher que sur une impasse pour les travailleurs. Elle se résume en
fait à attendre du gouvernement qu’il veuille bien modérer les attaques
patronales, ce qui est totalement illusoire.
Face à la guerre sociale que leur mène la classe
capitaliste, les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces
et sur leur capacité à s’organiser pour riposter au patronat avec les armes de
la lutte de classe, les grèves et les manifestations. À l’origine, les
syndicats, et la CGT en particulier, étaient censés y contribuer.
Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°2988)