lundi 6 octobre 2025

Université : frais d'inscription à la hausse

 

Ce qu’ils préparent contre la jeunesse

 

 

Un rapport de l'Inspection générale des finances propose de faire passer les droits d'inscription en licence de 178 euros à 2 850 euros par an et ceux en master de 254 à 3 879 euros, soit une multiplication par plus de 15 ! C’est une catastrophe pour les jeunes de milieu populaire mais aussi une aubaine pour les banques qui verraient affluer des centaines de milliers d'étudiants pour emprunter.

         La multiplication des cadeaux au patronat et la militarisation siphonnent les fonds publics au détriment de l'éducation du plus grand nombre.

Argenteuil, médiathèque Robert Desnos, vive sa réouverture, mais un avis critique très personnel

« Lieu de vie essentiel, et souhaitons le de savoirs partagés »

 

 

J’ai effectué ma première petite visite à la médiathèque Robert Desnos vendredi après-midi. À la différence de mon ami Nicolas Mouton, les lieux rénovés ne m’emballent pas. Un volume trop grand. L’escalier ne me convint pas, et je pense qu’il posera des problèmes. Deux personnes, l’une montant, l’autre descendant ont bien du mal à se croiser. D’autre part, il présente un terrain propice pour les jeux et autres cavalcades pour les enfants et les adolescents. L’entretien de la moquette déjà salie par endroit va demander un gros effort qui exige des effectifs importants. Par ailleurs, je trouve cela très bruyant.

         En revanche, je partage l’avis de Nicolas sur le contenu : « Du côté de ce qui coince un peu, c'est que cette bibliothèque n'en est plus une, dévorée par la "médiathèque". Autrement dit, les étagères de livres sont aussi... disons "aérées" qu'au centre-ville, et il n'y a pratiquement que des livres de la rentrée. Les classiques de la littérature, si importants dans ce lieu jeune et donc ultra scolarisé, sont presque totalement absents. On ne retrouvera donc pas les extraordinaires collections de livres et disques constituées sur de longues années par Françoise Pacha et ses équipes…. Je le regrette personnellement beaucoup car une bibliothèque n'est pas qu'un endroit où l'on vient chercher ce que l'on connait déjà, mais bien le lieu magique où rencontrer ce que l'on attendait pas. Ce que l'on pourrait aimer…

         Il y a là une question à laquelle il faut réfléchir : la mission d'une médiathèque est-elle de donner ce que l'on voit déjà partout à la télé (et qui peut être parfois très bien) ou offrir des horizons plus vastes, et notamment un accès au public populaire aux plus belles œuvres du patrimoine ?

         Le point positif est d'ailleurs, reconnaissons-le, que les livres nouveaux de la rentrée littéraire étaient très bien choisis. Et bien mis en évidence. »

         Je reprends également sa conclusion : « Bref, du bon et du un peu moins bien. Mais l'important est pour l'heure que cette bibliothèque soit réouverte, car pendant tout le temps des travaux rien dans le quartier n'a été mis en place pour la remplacer. Lieu de vie essentiel, et souhaitons le de savoirs partagés, ce nouveau Desnos recevra mes visites régulières et je vous encourage à aller le découvrir et y lire. »

         Ultime remarque. Il faudrait que les plages-horaire soient élargies. Cela demanderait bien plus de travailleurs des médiathèques. C’est une question de budget, mais donc de choix. Bien évidemment, c’est notre choix. DM

 

dimanche 5 octobre 2025

Maroc : “des milliards pour la santé, pas pour la CAN !”

Maroc : “des milliards pour la santé, pas pour la CAN !”

Malgré l’interdiction des autorités, depuis samedi 27 septembre, des centaines de jeunes manifestent dans la plupart des grandes villes, principalement à l’ouest du pays, pour plus de justice sociale et contre la corruption au moment où des milliards sont investis pour préparer la CAN 2025 (Coupe d’Afrique de football) et la Coupe du monde 2030.

Publié le 01/10/2025

Le décès en dix jours de huit femmes enceintes admises pour césarienne, à l’hôpital public Hassan II d’Agadir, mi-septembre, a provoqué la colère des habitants et plus largement la mobilisation actuelle dans la jeunesse marocaine. Des rassemblements de la population devant « l’hôpital de la mort » ont dénoncé le manque criant de soignants, de personnel et l’indigence criminelle des équipements. Le limogeage de la direction de l’hôpital n’a rien calmé. La colère y est d’autant plus forte que le maire d’Agadir n’est autre que le premier ministre, Aziz Akhannouch, multimilliardaire, deuxième fortune du pays, qui lors de sa nomination à la tête de l’exécutif en 2021, s’était vu gratifié d’un mandat de maire. Il avait promis un CHU moderne et du travail pour la jeunesse de la ville.

Révoltée par la dégradation des services publics les plus élémentaires et indispensables à la population pauvre, des jeunes ont réagi en multipliant les appels sur les réseaux sociaux et en descendant dans les rues de Rabat, Casablanca, Agadir, Tanger, Kénitra, Al Hoceima, Marrakech, tout au long des journées du samedi 27 et du dimanche 28 septembre. Ils revendiquent des moyens pour un meilleur système de santé, d’éducation et la création massive d’emplois. Durement touchés par le chômage, ces jeunes manifestants des milieux populaires, souvent diplômés, ne demandent qu’à être enseignants, soignants, brancardiers, infirmiers, éducateurs, électriciens, plombiers, agents d’entretien… Avec des slogans comme « La santé, l’éducation, le travail et l’eau d’abord, nous ne voulons pas de la coupe du monde », ils dénoncent l’accroissement des inégalités, l’argent qui va toujours à l’argent et, pour la CAN et la Coupe du monde, « des investissements ne servent qu’à enrichir les déjà riches ». Ils réclament une réorientation de l’argent de l’État vers les couches populaires et ne supportent plus la corruption et les passe-droits.

Les arrestations policières se sont abattues sur les manifestants dès les premières minutes. Poursuivis jusque dans les quartiers et entraînés manu militari, par dizaines vers les camions des forces de répression. Intimidés puis relâchés pour la plupart, cela a surtout suscité de l’émotion et fait descendre de nouveaux manifestants, jeunes et moins jeunes au cri de « Nous sommes pacifiques et vous nous réprimez ». Lundi 29 septembre les manifestations continuaient à El Jadida, Tanger, Casablanca, Tétouan...

Ceux qui se mobilisent expriment un ras-le-bol profond et ils ne comptent se laisser impressionner ni par la police, ni par les accusations de « manipulation de l’extérieur », ni par les enjeux de gros sous pour les bourgeoisies marocaine et occidentale et les politiciens à leur service.

                                                   Louisa Guersif (Lutte ouvrière n°2983)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 5 septembre, de 10 h.25 à 10h.55 devant l’Intermarché du centre,

 de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 29 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.