Comme
vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait
aborder le 150ème anniversaire de la Commune de Paris. Le texte de
cet exposé intitulé « 150 ans
après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 »
est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le
proposerons jour après jour en « feuilleton » le présent blog
« lo argenteuil »
Aux
origines de la Commune
Socialistes,
blanquistes, proudhoniens
Les progrès de l’organisation
ouvrière s’accompagnaient de l’influence croissante des idées socialistes. Le
socialisme scientifique de Marx n’avait pas encore acquis un poids prépondérant
parmi les multiples tendances, héritières des traditions socialistes de la
première moitié du siècle, en particulier celles liées à Blanqui et à Proudhon.
Blanqui, dans la lignée de Babeuf
qui, dès la fin de la Révolution française, s’était dressé contre la
bourgeoisie, avait rejoint les sociétés secrètes républicaines qui conspiraient
pour s’emparer du gouvernement. Toute sa vie, il resta convaincu qu’un petit
groupe d’hommes déterminés devait prendre le pouvoir par un coup de force armé,
au nom des classes populaires, pour le leur remettre ensuite. Joignant les
actes à la parole, chaque fois que la situation politique lui sembla favorable,
il passa à l’action, ce qui lui valut d’être emprisonné la plus grande partie
de sa vie et un surnom, « l’enfermé », prononcé avec respect. Après Juin 1848, dans son célèbre Toast
de Londres, il avait averti les prolétaires : « Qui a du fer a du pain ! On se
prosterne devant les baïonnettes,
on balaye les cohues désarmées.
La France hérissée de travailleurs en armes, c’est l’avènement du socialisme. » Son autorité morale était grande et beaucoup de socialistes français se réclamaient
de lui à l’époque de
la Commune.
L’autre courant important de
l’époque était lié à Proudhon, mort en 1865. Les idées de Proudhon avaient du
poids, en particulier à Paris, parmi les artisans et boutiquiers en voie de
prolétarisation. Proudhon était l’auteur de l’expression saisissante « La propriété, c’est le vol ». Mais
contrairement à Marx, qui avait très tôt polémiqué avec lui, il espérait
stopper le développement du capitalisme, et donc l’appauvrissement et la
prolétarisation de la petite bourgeoisie. Il défendait la liberté
d’entreprendre, la petite propriété face à la grande et, dans une certaine
mesure seulement, les coopératives ouvrières pour échapper à la concurrence des
entreprises capitalistes. C’était vouloir arrêter le cours de l’histoire.
Les idées de Proudhon étaient
d’autant plus influentes parmi les petits artisans et leurs salariés qu’il
fallait souvent savoir lire et écrire pour devenir apprenti, et c’est notamment
par l’intermédiaire de cette minorité de jeunes travailleurs ayant le goût de
l’étude que les idées socialistes gagnaient le prolétariat. Le relieur Eugène
Varlin, figure emblématique du mouvement ouvrier de l’époque et de la Commune,
en est un bon exemple : il eut la chance d’aller à l’école jusqu’à treize ans et garda le goût de la lecture en commençant son apprentissage d’ouvrier relieur, en même temps qu’il s’engageait dans le combat pour le socialisme.
Auguste
Blanqui
Eugène
Varlin
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(Demain, Aux origines de la Commune, L’Association
internationale des travailleurs)
Le texte de cet exposé du
Cercle Léon Trotsky « 150 ans après,
l’actualité de la Commune de Paris de 1871 » vient de paraître en
brochure. 2 euros. Nous pouvons vous la transmettre. DM