Le 28 avril 2018, un ouvrier de
48 ans faisait une chute mortelle sur un chantier à Saint-Étienne. Le procès
vient d'avoir lieu. L'entreprise sous-traitante pour laquelle travaillait cet
ouvrier n'avait pas mis en place de protection, ni barrière ni filet, alors que
l'intervention se faisait sur le toit. Le patron de l'entreprise a cyniquement
essayé – comme d'habitude – de rejeter la faute sur l'ouvrier, mais le tribunal
n'a pas accepté cette pitoyable défense. Résultat : 50 000 €
d'amende, ce qui est peu cher payé pour la vie d'un ouvrier.
Quant à
l'entreprise donneuse d'ordre, dont le nom n'a même pas été révélé par la
presse, elle n'a pas été inquiétée, alors qu'elle aussi est responsable,
normalement, de la sécurité des salariés, y compris sous-traitants. La
dégradation des conditions de travail tue, et ce n'est pas cette justice
magnanime envers les patrons qui va y mettre un frein.
Cela me rappelle la mort
d’un travailleur tombé du toit lors de travaux sur le bâtiment d’AB-Habitat de
la rue Yves Farge, à la cité Joliot-Curie d’Argenteuil à l’automne 2013. Une
plaque à sa mémoire devait être posée par AB-H. Elle ne l’a jamais été. Rien
n’a filtré sur la suite de cette mort, en particulier au niveau de l’aide
financière pour sa famille meurtrie. Seuls des habitants s’étaient mobilisés
pour faire une collecte… C’était un travailleur sans papier. DM