vendredi 29 janvier 2021

Manque d'effectifs à l'Éducation : moins de discours et plus d’embauches !

 

Éducation : moins de discours et plus d’embauches !

27 Janvier 2021

Le 26 janvier, les syndicat FSU, CGT Éduc’action, Force ouvrière et Sud Éducation appelaient à une grève pour exiger des créations de postes et une revalorisation des salaires.

Le SNUipp, principal syndicat dans l’enseignement primaire, expliquait dans une lettre aux parents, les raisons de la grève en indiquant que « le gouvernement devrait faire le choix d’un recrutement massif de professeurs pour améliorer la qualité d’apprentissage des élèves, mais aussi pour limiter les risques sanitaires en réduisant la taille des classes ». Selon ce syndicat, un enseignant sur trois était en grève dans le premier degré. Partout en France se sont déroulées des manifestations dynamiques.

Dans les écoles maternelles et primaires, au niveau national, il faudrait en effet créer au minimum 3 200 postes pour assurer les absences non remplacées. Le gouvernement avait annoncé qu’il n’y aurait pas plus de 24 élèves dans les classes de grande section de maternelle, de cours préparatoire et de CE1. Mais les moyens alloués ne l’ont jamais permis. De plus comme cette dernière mesure, le dédoublement des classes sans les moyens qui vont avec, contribue à surcharger les classes des autres niveaux. Dans l’académie de Créteil, toujours dans le premier degré, la dotation est insuffisante pour créer des postes d’adjoints, d’enseignants spécialisés, de remplaçants. Et dans nombre de communes parents et enseignants craignent la fermeture d’une classe, et même celle de l’école. Il suffit en effet que les effectifs d’une classe soient jugés trop faibles à la rentrée pour qu’elle soit fermée.

Dans le second degré, il n’est pas davantage question d’embaucher massivement. Dans l’académie de Créteil, pour ne prendre que cet exemple, malgré une augmentation prévue du nombre d’élèves de 1,5 %, 86 postes seront supprimés. Ces postes seront remplacés par 2 502 heures supplémentaires : cela signifie moins de personnel et une charge de travail accrue !

Des dizaines de milliers de jeunes se retrouvent dans des conditions plus difficiles pour apprendre du fait des mois de confinement. Mais il manque des enseignants pour assurer les cours en petits groupes, pour remplacer le personnel malade. Il manque des infirmières, du personnel pour nettoyer les locaux le plus souvent possible, pour organiser le service à la cantine en toute sécurité du point de vue sanitaire. Il manque enfin des locaux.

Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, ne cesse de proclamer dans les médias que l’école est sa priorité absolue. Mais le moins qu’on puisse dire est que le budget 2021 montre tout à fait le contraire.

                                                     Aline RETESSE (Lutte ouvrière n°2739)

Covid en expansion dans les écoles : une réalité qui fait fi des déclarations de Blanquer

 

Face au "blackout covid", le contrôle des personnels et des parents

 

Quand les mesures nécessaires n'ont pas été prises

L’épidémie de Covid continue, et touche de plus en plus les établissements scolaires. Mais la communication envers les personnels et les familles quand il y a des cas de Covid est des plus limitée : si un personnel ou un élève est considéré comme cas contact, il sera informé, tout de même, pour se faire tester. Mais les autres vont rester dans l’ignorance de ce qui se passe. C’est tout sauf une bonne idée. D’abord parce qu’alors les rumeurs vont se propager. Mais aussi parce que cela empêche les personnels et familles de savoir qu’il faut prendre encore plus de précautions. On le voit dans les classes ou établissements qui commencent à fermer. Le temps perdu par manque de transparence s’est traduit par une augmentation du nombre de cas. Heureusement, certains établissements tiennent au courant « en aparté », ce qui permet de mieux réagir. Mais vraiment, encore une politique du secret à bannir au plus vite !        

         S’il est important de mettre sur la place publique ce qui se passe sur le terrain. Pour cela, les mieux placés pour le faire, ce sont les personnels des écoles, des collèges et des lycées. C’est plus facile dans les écoles, et plus difficile ailleurs mais collectivement, il est possible de passer outre en mettant en commun les bribes d’information.

         Blanquer ne tient pas à mettre sur la place publique la situation réelle, alors que tout le monde sait que l’École est depuis le début un des principaux foyers épidémiques du fait que les véritables moyens supplémentaires pour appliquer les protocoles nécessaires n’ont pas été mobilisés.

         Deux impératifs guident les acteurs conscients de l’Éducation. Assurer la protection sanitaire en établissant collectivement la situation réelle, et bien sûr assurer au mieux l’égalité scolaire, en imposant les conditions permettant aux élèves socialement les moins favorisés de bénéficier des moyens idoines et de l’attention maximum. DM

Information à l'école : un problème loin d’être réglé

 

Un aspect d’une inertie profonde

 

Oui bien sûr, mais à condition...

Dans les Yvelines, l’Éducation nationale a eu l’intention de sommer les enseignants et les établissements de répertorier tous les élèves qui n’ont pas chez eux de matériel informatique satisfaisant. C’est très tardif, mais cela répond à un vrai problème profond.

         On imagine très bien que c’est en vue d’un éventuel nouveau confinement possible et de cours en « distanciel ».

         L’épidémie s’est développée depuis maintenant près d’un an dans le pays. Cela fait un an que cette question aurait pu être posée partout et entraîner une solution, et permettre à tous les élèves de pouvoir être à égalité sur ce plan-là au moins.

         Certaines collectivités locales ont déjà pris des initiatives en ce sens-là, telle à Argenteuil via la distribution d’ordinateurs. Mais ces initiatives sont très partielles.

         Voilà un sujet essentiel qui aurait pu être pris à bras le corps dès février dernier au niveau central de l’Éducation nationale, pour répertorier les besoins, puis organiser la logistique nécessaire à la distribution, sans oublier la formation pour que tous les élèves puissent se servir correctement des moyens mis alors à leur disposition. Il est vrai que, comme pour les vaccins, "c'est du communisme" ! DM