samedi 29 août 2020

Lignes ferroviaires à rouvrir : un exemple minuscule très loin du compte


Une réouverture très intéressée

 


Des milliers de kilomètres de lignes de chemin de fer ont été fermées depuis des dizaines d’années par les gouvernements de droite comme de gauche.
         Crise écologique oblige, le gouvernement fait mine de faire la promotion de certaines réouvertures.
         Ainsi, en Bretagne, une ligne de… 7 kilomètres est en cours de rénovation. Mais elle compte un seul utilisateur : le site Cooperl de Montreuil-sous-Pérouse en Ille-et-Vilaine du trust de l'agro-alimentair.
         Bonne fille, la Cooperl en finance 5% du coût…
         Bon. On attend les vraies réouvertures…

Biélorussie : la classe ouvrière mobilisée. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Biélorussie : la classe ouvrière mobilisée

26 Août 2020

« Nous ne sommes ni des moutons, ni des veaux, ni "tes petits" – nous sommes les travailleurs de MTZ, et nous ne sommes pas une vingtaine mais 16 000. » C’est en ces termes que, sur leur banderole, les grévistes de la plus grande usine d’engins agricoles, militaires et de chantier de Biélorussie ont répliqué au président Loukachenko.
Ils défient son pouvoir dans des manifestations et dans la grève, comme des pans de plus en plus nombreux d’une classe ouvrière qui, héritage de l’étatisme de la période soviétique, reste concentrée en de fortes unités industrielles, parfois au cœur même des villes.
Face au scrutin truqué du 9 août et à son bénéficiaire, Loukachenko, qui dirige l’État d’une main de fer depuis vingt-six ans, de simples citoyens avaient aussitôt tenu à crier leur colère. La férocité des forces antiémeute d’un régime qui jusqu’alors se donnait des airs paternalistes, les morts, les centaines de blessés, les milliers d’arrestations, ont fait le reste. En quelques jours, le régime s’est trouvé rejeté de toutes parts, ou presque.
Socialement indifférencié à ses débuts, ce rejet a pris une nette tournure ouvrière, avec l’irruption sur la scène de grévistes de l’automobile, de la construction, de la chimie, des mines, notamment. Défilant en cortèges imposants ou votant la grève en assemblée générale et élisant leurs comités de grève dans les usines, les travailleurs donnent désormais à la contestation générale sa physionomie et sa force, en paralysant l’économie jusqu’à un certain point.
Loukachenko ne s’y est pas trompé quand, voulant reprendre la main, il s’est tourné le 17 août, non pas vers l’opposition libérale, mais vers les ouvriers de MTZ. Espérait-il les mettre dans sa poche ? En tout cas, il en a été pour ses frais : c’est sous les huées qu’ils ont accueilli ses propos doucereux, ses menaces et appels à reprendre le travail.
Profitant d’une conjoncture internationale assez favorable, le régime a longtemps posé au protecteur de « ses » travailleurs. Mais depuis une dizaine d’années son masque est tombé. Généralisation des contrats précaires même dans le secteur étatisé, censé être protégé et qui reste le principal employeur ; contrats d’un an renouvelables avec interdiction pour le travailleur de partir avant terme, alors que sa direction peut le muter à sa guise ou le prêter à une autre entreprise ; salaires gelés à un niveau dérisoire (entre 100 et 250 euros) et parfois versés avec retard ; instauration d’amendes sur le salaire ; conditions de travail aggravées et sanctions contre ceux qui ne s’y plient pas ; apparition du chômage, phénomène jusqu’alors assez rare ; dénonciation des chômeurs dans les discours des dirigeants et projet, finalement annulé, de taxer ceux « qui ne veulent pas travailler » ; interdiction renforcée de créer un syndicat sans l’aval de l’employeur ; régime des retraites dégradé ; menaces de privatisation sous les effets de la crise mondiale et du ralentissement de l’économie russe, principal partenaire et fournisseur de la Biélorussie…
Ces mesures, dont beaucoup ont été prises sur simple décret présidentiel, et le fait que Loukachenko a traité par-dessus la jambe les risques du Covid-19, ont focalisé le mécontentement sur sa personne. Elles l’ont détourné du même coup des privilégiés de la bureaucratie d’État, dont certains dirigeants se verraient bien remplacer Loukachenko s’il devait passer la main sous la pression des événements.
Ce passage de relais au sommet se ferait avec la bénédiction de Poutine, comme des principaux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, tous inquiets de voir se développer une situation explosive à leurs frontières. D’autant que des travailleurs de pays voisins pourraient se reconnaître dans le combat de leurs frères et sœurs de Biélorussie, qui affrontent les sbires en armes d’un régime qui veut leur faire payer les effets de la crise.
L’opposition libérale, elle, a mis sur pied un Conseil de coordination censé préparer la relève du pouvoir. Sa composition est tout un programme : un diplomate et ex-ministre de Loukachenko ; la prix Nobel de littérature Svetlana Alexeïévitch qui, après avoir été une auteure en vue sous Brejnev, fustige « l’homme rouge » et le communisme ; une brochette de juristes ; une coordinatrice de la campagne de Svetlana Tikhanovskaïa, la challenger de Loukachenko à la présidentielle. Sans oublier un représentant du comité de grève de MTZ, poursuivi en justice par le pouvoir, pour que la classe ouvrière ait l’impression d’avoir voix au chapitre.
Quant à Tikhanovskaïa, elle prône, depuis la Lituanie voisine, un « dialogue constructif » avec le pouvoir, ce même pouvoir qui matraque à tout-va et licencie les grévistes. Et, si elle appelle les travailleurs à élargir la grève « dans la légalité », c’est, dit-elle, pour préparer un retour « à la normale » : celle de ce régime honni, car oppresseur et exploiteur ?

                                      Pierre LAFFITTE (Lutte ouvrière n°2717 
 
Budapest 1956

Argenteuil – enquête publique, projet Cap Héloïse, souvenir amer


Quand on demande l’avis aux habitants pour ne pas les entendre

 
L’extension en souterrain de la carrière de plâtre de Cormeilles en Parisis fait l’objet d’une nouvelle enquête publique qui concerne aussi les habitants d’Argenteuil. Elle est ouverte durant toute la seconde quinzaine de septembre. La commission des commissaires enquêteurs tiendra une permanence le samedi 26 septembre en mairie. Si cela peut intéresser des lecteurs…
         La dernière commission d’enquête d’importance s’est tenue à propos du devenir de l’espace Jean-Vilar-Héloïse. Elle avait incité ce que l’on peut qualifier pour ce genre d’enquête, de « nombreux habitants », à se déplacer pour consigner leurs commentaires. Cette enquête s’était conclue par un avis négatif du commissaire-enquêteur sur la dimension environnementale inacceptable du projet. Quelques mois plus tard, à peine installé, le nouveau préfet ne tenait pas compte de cet avis dûment argumenté, et autorisait le maire d’Argenteuil à poursuivre.
         Alors, chacun comprendra que la seule expression d’« enquête publique » laisse un souvenir amer à ceux qui avait participé à cette enquête.
         Mais, comme nous le disions hier, le préfet peut toujours revenir sur son appréciation, au vu de la nouvelle orientation annoncée du gouvernement. DM

vendredi 28 août 2020

MEDEF : le patron des patrons optimiste.


Nathalie ARTHAUD en débat sur LCI à 22 heures ce soir



Il a de quoi

 
Roux de Bézieux, dirigeant du Medef

Le dirigeant du Medef, Roux de Bézieux, a exprimé à la veille de son université d'été sa « confiance » face à la crise. Les patrons de PME se déclarent « optimistes », tout en licenciant par charrettes entières.
Évidemment, avec un plan de relance de plus de 100 milliards d'euros, dont l'essentiel ira aux grandes entreprises, et la prise en charge prolongée du chômage partiel par l'État, le patronat a de quoi se montrer confiant et optimiste. Mais cela est payé par les travailleurs et les classes populaires.

Covid 19 : Le gouvernement et la pandémie : paroles, paroles. Un article de notre hebdomadaire. En vente lors de nos activités du week-end, et de notre permanence hebdomadaire de ce soir au carrefour Babou


Le gouvernement et la pandémie : paroles, paroles

26 Août 2020

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a affiché dans le Journal du dimanche sa totale satisfaction de la gestion de l’épidémie. À l’entendre, on peut aujourd’hui réaliser un million de tests par semaine si nécessaire.
Fin septembre on aura reconstitué le stock de masques qui avait cruellement manqué en février-mars. Idem pour les gants, les blouses et surblouses : « On est bon » lance Olivier Véran.
Cerise sur le gâteau : dans les hôpitaux, tous les voyants sont au vert. Alors qu’au pic de la pandémie il y avait eu 7 000 malades en réanimation, aujourd’hui les capacités hospitalières seraient de 12 000 lits, et on pourrait en accueillir jusqu’à 29 000 avec tout le matériel nécessaire (médicaments, respirateurs, matériel de protection) !
N’en jetez plus, la cour est pleine. Le bateleur de foire Olivier Véran ne recule devant rien, avec tous ces chiffres invérifiables ou largement mensongers. Une chose est certaine, ce ne sont pas ces rodomontades qui feront oublier l’incompétence du gouvernement. Car, si on a fait face, c’est d’abord et avant tout grâce à tous ces travailleurs, dans les hôpitaux et ailleurs, qui au péril de leur vie ont continué à assurer les tâches essentielles d’une économie quasi bloquée. C’est leur courage et leur dévouement qui ont tout fait, pas les discours des politiciens comme Olivier Véran.
Dans la même interview, Véran annonce que « nous sommes dans une situation à risque », avec l’augmentation du nombre de personnes testées positives, des hospitalisations et des entrées en réanimation. Mais comme en même temps il prétend qu’on est bien mieux préparés qu’en mars-avril, il renvoie à des décisions locales les réponses à apporter à cette situation qui se dégrade. C’est bien sûr un choix politique que de faire porter les responsabilités de cette remontée de l’épidémie sur des cas particuliers, la situation en Mayenne hier, aujourd’hui dans les Bouches-du-Rhône et en Île-de-France… et de se dédouaner des responsabilités à l’échelle du pays.
Car pendant ce temps le gouvernement, lui, entend bien relancer l’économie et se donner les moyens d’envoyer les enfants à l’école et tout le monde au travail. Et comment croire Véran, quand il conclut son interview par « La santé avant tout ! » alors qu’il fait partie d’un gouvernement aux ordres du Medef, dont tous les choix font passer les profits avant tout ?

                                                               Cédric DUVAL (Lutte ouvrière n°2717)

États-Unis : les licenciements continuent


19 000 licenciements prévus chez American Airlines…

 


American Airlines a annoncé son intention de licencier un employé sur sept dès octobre. 19 000 travailleurs se retrouveraient ainsi au chômage.
Les autres compagnies aériennes s'apprêtent, elles aussi, à annoncer des licenciements. United Airlines a évoqué en avril un prétendu sureffectif de 36 000 employés. Et pourtant ces compagnies ont reçu de l'État américain plus de 50 milliards de dollars afin d'éviter les licenciements.
Ce scénario se reproduit partout dans le monde et dans tous les secteurs. Les entreprises prennent l'argent et licencient quand même. Tout est en place pour que les gros actionnaires ne perdent rien durant la crise et continuent même à s'enrichir. Cette crise économique, ce sont eux qui en sont la cause, c'est à eux de la payer, pas aux travailleurs.

Argenteuil, défense de Jean-Vilar, Cap Héloïse : si le gouvernement s’en mêle


Vers un nouveau rebondissement ?

Selon Les Echos, Castex  vient d’adresser une circulaire aux préfets leur ordonnant d’utiliser toutes les possibilités de recours pour interdire les projets de centres et surfaces commerciales qui accentueraient « l’artificialisation des sols ».
         C’était-là une des recommandations de la Convention citoyenne sur le climat.
         Mais c’est que l’affaire Jean Vilar entre directement dans ce cadre : une centre commercial, cœur du projet Cap Héloïse, non pas « accentuant » l’artificialisation des sols mais l’engageant très largement sur ce qui reste de l’espace naturé de l’ex-Île Héloïse.
         Nous attendons avec impatience l’interprétation que va donner le préfet du Val d’Oise à cette circulaire. DM

Fête de Lutte ouvrière des 26 et 27 septembre interdite. L’article qui est consacré à cette interdiction dans le numéro de cette semaine de notre hebdomadaire


Notre fête des 26 et 27 septembre interdite

26 Août 2020

Nous publions dans la version papier de notre journal le décret par lequel la préfecture du Val-d’Oise a décidé de ne pas autoriser la fête de Lutte ouvrière de région parisienne que nous souhaitions organiser les 26 et 27 septembre prochains. Elle ne pourra donc pas avoir lieu et nous le regrettons pour tous nos camarades, militants, sympathisants et amis, pour qui elle aurait été une occasion de retrouvailles, d’échanges et de débats.

 


Les raisons avancées par la préfecture pour nous interdire cette initiative ne nous surprennent pas. Elles ne touchent pas seulement Lutte ouvrière, et chacun sait que nombre de festivals, de foires, de spectacles culturels n’ont pu avoir lieu en France cet été, parfois parce que les organisateurs n’avaient pas les moyens de les assurer dans les conditions sanitaires prescrites, mais aussi le plus souvent parce qu’ils ont été tout simplement interdits. C’est le cas dans le Val-d’Oise, le département où se trouve Presles, où nous savons que d’autres initiatives prévues dans la même période, n’ayant d’ailleurs aucun caractère politique, ont été elles aussi interdites. Il est évident que pour les autorités préfectorales, qui assument une grande part des responsabilités dans l’application des mesures d’urgence sanitaire, le plus facile est d’interdire purement et simplement toute manifestation pouvant réunir un nombreux public, y compris au-dessous de la limite de 5 000 personnes officiellement fixée au niveau national jusqu’au 31 octobre.
On pourrait saluer l’impartialité de ces décisions et ce souci de la santé de la population s’ils ne souffraient pas d’exceptions notables, notamment lorsque les manifestations concernées comportent des enjeux financiers importants. C’est le cas pour certains événements sportifs, tel par exemple le Tour de France reporté à ce mois de septembre. Il y a aussi le cas où elles bénéficient de sympathies politiques évidentes, comme le spectacle du Puy du Fou que le très réactionnaire de Villiers a pu organiser en toute tranquillité bien au-delà de la limite officielle des 5 000 participants ; tout cela sans parler de l’attitude politique générale du gouvernement sur le plan sanitaire, que nous dénonçons régulièrement dans notre journal.
Le fait est aussi que nombre d’entreprises réunissant des milliers de travailleurs ont pu et peuvent continuer de fonctionner, moyennant un engagement purement formel au respect des mesures barrières, contribuant parfois de façon importante à l’extension de l’épidémie. Là aussi, les enjeux économiques priment et cela ne peut nous étonner. Dans une société où la recherche du profit guide une grande partie des décisions, celles-ci ne peuvent être neutres, même quand il s’agit de sauvegarder la santé de tous. Pour les autorités, garantir la possibilité de tenir des manifestations axées autour de la défense des intérêts des travailleurs est moins que jamais une priorité.
Pour une organisation voulant défendre les intérêts de la classe ouvrière, il est pourtant indispensable d’apparaître politiquement, de réunir ceux qui se reconnaissent dans ses idées. Après que le confinement eut empêché la tenue de la fête de Lutte ouvrière prévue fin mai, cette fête de fin septembre devait nous permettre de l’assurer malgré tout, en étant en même temps déterminés à faire le nécessaire pour y appliquer le protocole sanitaire strict. La question n’est pas le respect formel des décisions en vigueur, pour ainsi dire par peur du gendarme, mais la responsabilité vis-à-vis de tout notre public. En tant qu’organisateurs, nous savons que nous pouvions compter sur tous nos camarades pour assurer la tenue de cette fête sans faire courir de risque sanitaire aux participants, en appliquant toutes les mesures de protection nécessaires. Nous continuerons de le faire pour toutes nos initiatives, à commencer par nos camarades d’autres régions qui organisent dans cette même période des fêtes et banquets et qui n’encourent pas jusqu’à présent d’interdiction.
Nous sommes en tout cas déterminés à continuer nos activités politiques, à les élargir, avec les adaptations nécessaires pour tenir compte de la pandémie. Cela est plus indispensable que jamais dans la situation de crise, non seulement sanitaire, mais économique et politique que nous connaissons.

                 Pour Lutte ouvrière, Michel Rodinson, directeur du journal