samedi 20 juin 2020

Radio France, France bleue Ile de France : suppression de poste aux dépens de la banlieue


La banlieue et les quartiers populaires ne les intéressent guère



Nous avons évoqué hier le projet de désengagement de la direction du quotidien Le Parisien de l’information de proximité en Ile de France. La direction de France bleue, c’est-à-dire Radio France, continue d’opérer dans la même direction, en réduisant les postes dans les départements de la Région.
         Après avoir « mutualisé » les moyens entre le Val d’Oise et les Yvelines, supprimé des postes en Seine-et-Marne et Hauts-de-Seine, elle veut supprimer « le poste de reporter en résidence » (RER) en Val de Marne/Essonne.  Voilà ce qu’en dit le syndicat des journalistes SNJ de Radio France : « On arrête donc de couvrir la petite couronne et la grande banlieue, les cités comme les zones plus rurales du sud Essonne. Cette décision ignore ce qu'est un RER, le travail de terrain, pourtant souvent remarquable, les divers contacts privilégiés qu'un reporter en résidence peut nouer au fil du temps avec des interlocuteurs qui lui permettent de "sortir des infos" avant les autres médias et d'alimenter y compris les rédactions nationales (France Inter, France Info, France Culture) … »
         « Avec la suppression de ce RER, 4 départements sur sept de la région Île de France ne seront plus couverts (hors Paris). France Bleu Paris se recroqueville petit à petit sur la capitale et s'isole de ses auditeurs. Elle ne remplit plus son rôle de Radio régionale. »
         Apparemment, France Bleu s’était engagée publiquement à réaliser une « meilleure couverture de la banlieue et de ses problématiques. » 
         Soit aux antipodes de ce que la direction de l’antenne est en train de faire.

vendredi 19 juin 2020

Le roi Macron, gonflé, très content de son triste bilan. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2707 à paraître


Le discours de Macron : on n’est jamais si bien servi…

17 Juin 2020

« Nous n’avons pas à rougir de notre bilan. Des dizaines de milliers de vies ont été sauvées par nos choix. Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait. » Ce sont les mots qu’Emmanuel Macron n’a pas hésité à employer lors de son allocution du 14 juin.



Le président emploie sans doute le « nous » selon une tournure qu’on appelle le « nous de majesté » pour parler de lui-même. Il ne manque donc pas d’audace. Lorsque l’épidémie a frappé le pays, rien n’était prêt. Le système hospitalier était incapable de faire face, détruit par des années de restrictions budgétaires. Macron y avait apporté sa touche, refusant de bouger le petit doigt et de débloquer les sommes nécessaires pour répondre aux revendications des soignants qui manifestaient depuis des mois.
Le personnel des hôpitaux a dû risquer sa vie, et parfois la perdre, en s’exposant au virus, faute du matériel de protection nécessaire. Les lits de réanimation étaient en nombre insuffisant, à tel point que pendant des semaines on a frôlé l’engorgement total des services. S’il a été possible de faire face, c’est non seulement grâce au courage du personnel des hôpitaux, mais aussi grâce à tous les volontaires qui sont venus boucher les trous creusés par les suppressions de personnel.
Dans les Ehpad aussi, le gouvernement a été incapable de fournir masques, gants et protections indispensables. Celles et ceux qui y travaillaient ont été laissés à eux-mêmes, jusqu’à ce que l’hécatombe qui frappait leurs pensionnaires apparaisse au grand jour. Lorsqu’ils s’adressaient à la population, Macron et son ministre Olivier Véran ont commencé par mentir, en disant que les masques ne servaient à rien, justifiant ainsi le fait qu’ils étaient incapables d’en fournir et que les anciens stocks avaient été détruits. On a aussi subi la pénurie de tests alors même que l’OMS préconisait : « Testez, testez, testez. »
Macron se déclare fier aujourd’hui du triste bilan qui est le sien et celui de son gouvernement. S’il persiste et signe, c’est pour continuer dans la même voie.

                                         Daniel MESCLA (Lutte ouvrière n°2707)

Vous pouvez trouver notre hebdomadaire Lutte ouvrière et la revue Lutte de classe au Presse-papier avenue Gabriel Péri à Argenteuil. Mais les militants de lutte ouvrière peuvent aussi vous l’apporter. Et puis, il y a la permanence du vendredi au « carrefour Babou » de 17 heures 15 à 18 heures 15.

Quartiers populaires, monde du travail, lutter contre tout ce qui le divise


Affrontements de Dijon : ne pas se laisser aveugler par la fumée



Ce qui est grave dans les affrontements survenus dans le quartier des Grésilles à Dijon, ce n'est pas le prétendu "affaiblissement de l'État républicain" dénoncé par les politiciens de droite ou d'extrême droite. Ce qui est grave, c'est qu'ils concernent un quartier populaire et qu'ils opposent les habitants sur des bases communautaires. S'il est bien difficile de démêler l'origine des violences, l'appauvrissement d'un quartier comme celui-ci et le poids grandissant du chômage, contribuent au développement des trafics et des bandes rivales comme celles qui se sont affrontées.
         Le Pen et les autres utilisent et encouragent les divisions entre pauvres pour gagner des voix lors des futures élections. Ils n'ont que faire de la vie des habitants des quartiers. Ils n'ont évidemment aucune solution à proposer sinon de faire monter la tension.
         La fumée qui se dégage autour des événements de Dijon est très toxique pour les travailleurs et pour les familles populaires auxquels ses divisions communautaristes n'offrent aucune perspective. Le seul avenir qui ouvre de l'espoir est que les exploités s'organisent tous ensemble pour combattre le système qui fabrique la misère.

Le Parisien, Argenteuil, Val d’Oise, Bernard Arnault veut liquider les éditions départementales. Les travailleurs et les journalistes en colère


Si elles disparaissent, il n’y a plus rien de ce type

 
Première fortune de France, d'Europe...

Les actionnaires du quotidien Le Parisien, comme bien de leurs semblables, profitent de la crise sanitaire qui a entraîné de nombreuses contraintes provisoires, pour tenter de supprimer définitivement les neuf suppléments départementaux d’Ile de France du journal, et contraindre au départ 30 journalistes, avec des conséquences également sur le travail fourni aux pigistes.
         Dans le Val d’Oise, depuis longtemps, ce supplément joue un rôle irremplaçable pour l’information de proximité. Il permet chaque jour de fournir un panorama de l’information départementale. Il n’a pas son pareil à ce niveau, puisqu’il est le seul. Il y a bien La Gazette, mais c’est un hebdomadaire. Il demeure l’unique presse quotidienne qui atteint les milieux populaires et le monde du travail.
         Chaque jour, à Argenteuil, il permet pour un nombre significatif d’habitants, via l’achat ou la consultation dans les cafés, d’établir leur seul lien avec la presse, mais surtout avec l’actualité locale et la vie collective sur la Ville.
         Pour les militants du monde du travail, politiques et syndicaux, quelles que soient les interprétations établies par les journalistes, c’est un moyen d’expression ouvert et nécessaire, et qui doit être maintenu.
         Ce journal est la propriété de LVMH, c’est-à-dire de Bernard Arnault, la première fortune du pays. Autant dire que celui-ci n’est pas en difficulté pour maintenir ce service public…
         Les travailleurs du Parisien, les journalistes, refusent ce plan. Ils refusent toute suppression de poste, pigistes y compris, et demandent le rétablissement de pages locales et départementales.
         Nous sommes bien évidemment à leurs côtés. Dominique MARIETTE

Voitures électriques : après feu Autolib, voilà Métropolis


Batteries en charge… de profits

 
Un de nos collectors préférés

Depuis deux ans, les bornes de feu Autolib' sont en déshérence totale sur Argenteuil.
         On apprend qu’un nouveau consortium serait sur les rangs pour la seule utilisation des bornes de rechargement électrique, dans les communes de la Métropole du Grand Paris, en vue de l’essor des voitures utilisant cette énergie.
         Parmi les membres du consortium Metropolis, on retrouve un nom, SPIE, l’entreprise, bien connue à Argenteuil pour l’affaire du parking Côté Seine et des millions que son retrait a coûté aux contribuables locaux. Ce n'est peut-être plus tout à fait la même...
         Après le fiasco d’Autolib', une nouvelle aventure pour la Ville ! On nous dit qu’il y a de l’oseille à la clé… On y croit…

Valls - Argenteuil - Évry – Matignon – Barcelone… bourgeoisie toujours !


La « lutte de classe » de la bourgeoisie, c’est pourtant son rayon

 
Années 1980, sorte de "masterclass" pour former au service de la bourgeoisie

À Argenteuil, pour les anciens, les nouvelles concernant Valls ne laissent jamais indifférent. Il y joua il y a une vingtaine d’année, parmi d’autres il est vrai, un rôle particulier de dynamiteur de la municipalité PCF d’antan.
         Nous le savons prêt à tout. Ainsi, dans un entretien dans Valeurs actuelles, un hebdomadaire d’extrême-droite apparemment dorénavant de ses goûts, Valls glose à la manière de cette extrême-droite sur une soi-disant « guerre des races » qui aurait remplacé la « lutte des classes ».
         Certes, ces gens-là peuvent dire n’importe quoi, et son contraire.  En l’occurrence, Valls en connaît un rayon au niveau de la lutte des classes. Comme serviteur inébranlable de la bourgeoisie et des possédants, il est, si l'on peut dire, un spécialiste de  la lutte de classe… menée au nom de la classe des exploiteurs.
         Ainsi, ce jeune fringant, naguère étoile montante du PS continue son périple dans toutes les nuances de l’arc-en-ciel. Cette fois franchement vers le très sombre. Avant le vert-de-gris ?

jeudi 18 juin 2020

Santé, hôpitaux : « Les milliards pour la santé, pas pour les financiers ». Un combat à développer. Une vidéo de Nathalie ARTHAUD

Affaire Karachi : la justice à pas de tortue


On attend qu’ils soient morts pour les incarcérer !



Vingt-cinq ans après l'affaire dite de Karachi, six prévenus ont été condamnés lundi 15 juin à de la prison ferme. En 1995, Balladur, homme de droite, alors Premier ministre de Mitterrand était candidat à l'Élysée contre Chirac. Balladur est soupçonné d'avoir profité de la vente de frégates au Pakistan pour financer sa campagne électorale. Battu en 1995, il n'a pas pu tenir ses promesses de rétro commissions. Cela aurait abouti à l'attentat de Karachi, le 8 mai 2002. au cours duquel quinze personnes sont mortes, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals (DCN).
         Les six condamnés vont faire appel, ce qui éloigne d'eux la menace d'une détention. Balladur, 91 ans, et son ministre de la Défense à l'époque, François Léotard, 78 ans, sont convoqués devant la Cour de justice de la République à une date ultérieure. Si le temps fait son oeuvre, ils ne devraient jamais être condamnés. Pas de doute pour ces gens-là le glaive de la justice s'abat vraiment au ralenti.