samedi 13 juin 2020

Medef : le patronat ne veut pas de freins. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Medef : le patronat ne veut pas de freins

10 Juin 2020

Un deuxième dispositif d’indemnisation d’activité partielle, déjà envisagé par le patronat et les syndicats le 4 juin, fait l’objet de nouvelles discussions. D’ores et déjà la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé qu’il serait en vigueur pendant un à deux ans, mis en place par des accords collectifs d’entreprise ou de branche, et qu’il comporterait une indemnisation comme le précédent dispositif de chômage partiel.
L’indemnisation viendrait-elle de l’État, de l’Unedic ? En tout cas, elle ne viendra pas du patronat. Dès avant la première réunion, le Medef avait mis sur la table les revendications des patrons récapitulées en détail dans le Journal du dimanche du 8 juin.
Le principe de base est simple : à l’État de lever tous les freins, demande le Medef : les freins sanitaires qui brident encore trop certaines activités dans l’hôtellerie ou le bâtiment par exemple ; ceux qui, en limitant la réouverture des écoles, gênent la reprise du travail par les parents ; ceux qui réduisent la circulation des personnes et des marchandises en encadrant trop l’utilisation des moyens des transports.
Quant aux investissements, là aussi, il faudrait les dynamiser. Mettant en avant les petites et moyennes entreprises, le patronat plaide pour qu’elles soient autorisées à ne rembourser les prêts garantis par l’État qu’au bout de dix à vingt ans, que leurs cotisations soient allégées pendant trente-six mois, voire supprimées en cas de baisse d’activité supérieure à 50 % par rapport à 2019. Et l’État devrait aussi remettre sur la table les commandes publiques !
Avec cette feuille de route bien carrée, dont le gouvernement a déjà largement anticipé la réalisation en distribuant des milliards aux grosses sociétés, compagnies aériennes, industrie automobile, sans parler du paiement du chômage partiel, la voie est tracée vers un nouveau projet, paraît-il pour sauver l’emploi.
Présenter un plan social drastique, faire du chantage comme Ryanair – baisse du travail et du salaire, ou la porte –, cela présente toujours des risques de conflit. Garder sous la main des salariés travaillant à temps et salaire partiels, mais dont la charge de travail ne sera pas obligatoirement réduite dans la même proportion, voilà qui conviendra aux patrons et encore plus s’ils ont l’accord des syndicats.
Quant à leur engagement, en contrepartie, de ne pas licencier, on peut gager qu’il durera moins que celui de l’État à les subventionner.
                                           Sylvie MARÉCHAL (Lutte ouvrière n°2706)



Argenteuil, CGT et autres : un besoin urgent de déconfinement de l’accès public aux locaux syndicaux


Une Bourse du travail à reconquérir !

 
L'ancienne Bourse du travail... et la future ?

À ce jour, sauf pour des réunions internes aux partis politiques, le public ne peut toujours pas avoir accès à l’espace Nelson Mandela où les locaux des organisations syndicales ouvrières d’Argenteuil se trouvent.
         Quand la municipalité a besoin d’organiser des réunions, elle sait trouver depuis des semaines les solutions idoines comme elle l’a fait avec la tenue du dernier conseil municipal, et plus largement pour ses opérations électorales de distribution de masques et autres. Là, pas de problème pour recevoir le public, hormis les normes sanitaires en vigueur.
         Quand on veut on peut donc. Bref, les locaux syndicaux de l’espace Mandela doivent dans les plus brefs délais être à nouveau ouverts au public.
         D’autant plus que de très nombreux travailleurs sont en difficulté actuellement et ont besoin d’échanger avec les militants soucieux de l’information et de l’organisation du monde du travail.
         Il est vrai que ce n’est pas là un centre d’intérêt habituel de la municipalité. Et c’est une litote de le rappeler.

Argenteuil, élections municipales, Facebook et compagnie, voire coups tordus, en guise de confrontations d’« idées »


Coups tordus au pays des « réseaux » dits sociaux


Pour certains, apparemment, les « réseaux sociaux » seraient dorénavant l’alpha et l’oméga de l’action militante. Les élections municipales à Argenteuil en donnent actuellement la pire illustration. Des membres des écuries électorales chargés de détecter sur le Facebook d’hier et d’aujourd’hui, tout ce qui peut servir à déglinguer l’adversaire. Partage massif et organisé du même message. « Amis » envoyés en embuscade chez l’adversaire. Commentaires multiples à l’emporte-pièce… Et l’on en passe. C'est de bonne guerre, mais drôle de guerre.
         Certes, les vieilles méthodes issues du marécage sont toujours bien présentes. À voir la dernière affiche noire non signée mettant en cause le candidat de la « gauche », concoctée sans nul doute par l’équipe de l’ancien maire et accusant le premier qui est au second tour de faire le jeu du maire actuel...
         Nous voilà bien loin de l’activité militante que nous menons pour organiser le monde du travail.
         Mais il est vrai qu’entre les mobiles de l’action politique des uns et des autres, et les méthodes de chacun, il y a effectivement un rapport étroit.


Voilà ci-dessous une information qui a un tout autre intérêt :




Argenteuil : fête du livre et de la librairie indépendante à la librairie Le Presse-papier


Vive le Livre et la culture



Un message de la page Facebook de la librairie très active de l’avenue Gabriel Péri à Argenteuil :

« Samedi c'est la fête de la librairie indépendante. Comme chaque année nous y participons, et en cette fête de la San Jordi (repoussée pour cause de vilain covid) nous vous avons concocté un programme aux petits oignons !
Avec notre partenaire les Dahlias nous vous offrons un livre et une rose !
https://www.facebook.com/magasin.lesdahlias

Et une lecture d'incipit sera faites toutes les heures !
Alors ? Vous venez ? »

         Oui, nous allons venir, et même, avec nos amis, nous l’espérons. (incipit : premiers mots d'une œuvre littéraire...)

vendredi 12 juin 2020

Primes : des armes à diviser les travailleurs


Hôpitaux : prime à la division

10 Juin 2020

Pour essayer de calmer la colère des travailleurs hospitaliers, le gouvernement a prétendu répondre à leur revendication d’augmentation des salaires par une prime de 1 500 euros.
Cette prime, versée une seule fois, n’a rien à voir avec l’augmentation générale des salaires de l’ordre de 300 euros par mois que réclament depuis plus d’un an d’abord le personnel des services d’urgence, puis l’ensemble des hospitaliers qui se sont massivement mobilisés à la fin de l’année 2019 et sont appelés à le faire à nouveau le 16 juin.
Mais, entre les annonces faites par le ministre de la Santé et le versement de la prime, il y a un abîme. D’abord le ministère a découpé le pays en deux parties, dont une grande où la prime ne serait pas versée intégralement.
Puis, nombre de directeurs d’hôpitaux l’ont modulée pour en exclure une partie du personnel, par exemple les non-soignants, tels les administratifs ou ceux qui font le ménage ou la cuisine. Les salariés des sous-traitants, qui travaillent pourtant en permanence dans les hôpitaux, ont aussi été exclus du bénéfice de la prime. C’est aussi le cas de soignants venus du Sud ou de l’Ouest pour prêter main-forte aux hôpitaux de l’Est ou de l’Île-de-France.
Par endroits, c’est le personnel des hôpitaux psychiatriques qu’on a voulu priver de cette prime. Ailleurs, elle n’a été versée qu’incomplètement, punissant ceux qui ont été malades entre la mi-mars et la mi-mai. Ailleurs encore, ce sont les travailleurs à risque (diabétiques, en rémission de cancer, ou en surpoids, etc.), qui ne la touchent pas, sous prétexte qu’ils ont été placés en arrêt maladie pendant toute la durée de la crise du Covid, alors qu’ils subissent pourtant depuis des années les restrictions en vigueur dans les hôpitaux, comme leurs collègues.
Cette prime, en quelque sorte à la carte, a suscité bien des discussions dans les hôpitaux, et parfois des mobilisations locales pour qu’elle soit versée intégralement à tous, indépendamment du lieu, de la fonction ou du statut. Les plus conscients des hospitaliers ont pu vérifier que, bien loin de résoudre la question du pouvoir d’achat, les primes sont des armes destinées à diviser les travailleurs.
                                                       Lucien DÉTROIT (Lutte ouvrière n°2706)

Le 16 juin, mardi prochain, retrouvons-nous très nombreux de midi à 14 heures devant l’hôpital d’Argenteuil. Ce sera l’occasion de manifester notre solidarité active avec les personnels de santé, des hôpitaux et des Ehpad mais aussi de discuter de la situation.



Racisme : Nouvelle affaire de racisme dans la police


Racisme et arbitraire



Quatre familles de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, ont déposé plainte pour « détention arbitraire » et « injures à caractère raciste et homophobe » après l'interpellation sans raison le 26 mai de leurs enfants de 14 et 15 ans, quatre collégiens, dont trois d'origine maghrébine et africaine. L'un d'eux affirme aussi avoir été giflé par un des policiers. Les parents se plaignent de n’avoir même pas été prévenus de la garde à vue des jeunes.
         Un exemple, un de plus, du racisme et de l’arbitraire de la police que subissent au quotidien les jeunes des banlieues populaires. Depuis plus d’une semaine, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour dire qu’elles n’acceptaient plus de subir. Un juste combat à poursuivre.

Renault dernière minute, et capitalisme : classe exploiteuse, classe exploitée

Dernière minute...

Renault-Flins 0h 30  : La quasi-totalité de l'équipe de nuit est en grève contre les suppressions d'emplois chez Renault



Vases non communicants



Selon l’Observatoire des Inégalités, 1,2 million de millionnaires vivraient en France. Et parmi eux, les montants des fortunes s’envolent : « hormis la Suisse, la France est le pays où les 1 % de plus aisés a le niveau de vie le plus élevé. »
         Des millions de travailleurs se retrouvent sans emploi, des millions d’autres sont obligés d’avoir un double travail pour améliorer leur salaire de misère. L’intérim, la précarité et les petits boulots sont devenus la norme pour beaucoup.
         Inutile de chercher plus loin l’origine du tas d’or de ces 1% les plus riches.

Roms : un communiqué de Romeurope


Le seul ennemi : le camp de ceux qui ont le pouvoir de nous exploiter



C’est bien volontiers que nous diffusons le communiqué de l’association Romeurope 95 que nous venons de recevoir, même si nous sommes sceptiques sur le soutien recherché de l’action des pouvoirs publics locaux et autres qui, sauf exceptions très rares, se sont toujours désintéressés de ce problème, et ont ainsi par leur passivité, laissé le champ libre aux préjugés et aux agressions. Nous faisons davantage appel au développement de la conscience de ceux qui veulent changer la société. On le voit ici à Argenteuil où bien des habitants ne sont pas insensibles à la situation des Roms qui habitent dans la commune et que ces habitants côtoient et ont appris à connaître.

La vie des Tziganes compte !

Une nouvelle fois durant le mois de mai le campement des Rroms d'Argenteuil a été attaqué aux cocktails molotov durant la nuit heureusement sans faire de victime. L'ensemble de leurs habitations de fortune a été détruit par l'incendie causé par les engins incendiaires.

Quelque soit le mobile de ces attaques abjectes qui ont mis en danger l'intégrité des populations concernées, elles sont intolérables dans notre démocratie et elle démontre que notre société est toujours gangrenée par un racisme larvé qui prend ses racines dans notre histoire et qui est partagé par beaucoup de nos contemporains.

Nous nous alarmons que ces incendies criminels puissent avoir été motivés par une haine discriminatoire, celle-ci est en effet bien réelle à leur égard comme pour beaucoup de minorités aux Etats Unis, dans le monde et dans notre pays.

Les Rroms sont particulièrement marginalisés, jugés avec suspicion en dépit de leur histoire. Les préjugés, les stéréotypes, la peur de la différence et les sentiments d'hostilité engendrent un antitziganisme primaire d'une partie de la population.

Le collectif de défense des Rroms du Val d'Oise – Romeurope 95 s'inquiète des possibles dérives dont il pressent les prémices à bas bruit en cette période de crise sociale.

Aussi, nous ne pouvons pas accepter que cette situation perdure et nous pensons qu'il est impératif que les pouvoirs publics locaux et nationaux avec l'ensemble des associations et organisations de défense et d'aide réfléchissent rapidement à une meilleure prise en charge de la minorité Rroms en terme d'hébergement, d'éducation et d'accès aux soins et au travail.

Collectif de soutien aux Rroms du Val d'Oise - Romeurope 95

Contact presse : Jean-Claude Vitran - 07 83 15 28 79