vendredi 12 juin 2020

Argenteuil – Éducation : derrière la situation actuelle, des équipements insuffisants


Demain, retour à l’anormal


Selon les quartiers, les équipements scolaires de l’école primaire qui relève de la municipalité sont notoirement insuffisants.
         Ces dernières années, la population d’Argenteuil n’a cessé d’augmenter. De très nombreux programmes immobiliers ont été réalisés ou sont engagés sans qu’il y ait une véritable adéquation entre l’offre de moyens scolaires et l’augmentation de la population qui est la conséquence de ces nombreux programmes.
         Seul le nouveau groupe scolaire Simone Weil a été construit il y a deux ans sur la Ville, dans le quartier du Val Notre Dame sans que cela règle véritablement les besoins du quartier et diminue d’une façon notable les effectifs du groupe scolaire Ambroise Thomas.
         Dans le centre, la situation n’est guère meilleure. Il y a bien sûr le projet de la construction qui traîne d’un nouveau groupe scolaire rue Henri Dunant. Mais, les crédits affectés au titre de l’année 2020 pour cela viennent apparemment d’être reportés.
         Une situation bien sombre que les conditions actuelles de l’école liées à la crise sanitaire ne font que cacher… bien provisoirement.

L’espoir d’un autre fonctionnement d’école



Si les écoles qui ont été construites la décennie passée l’ont été selon des normes « environnementales », les écoles elles-mêmes continuent à fonctionner selon le fonctionnement que nous connaissons tous, et dans le cadre des difficultés de l’École des milieux populaires d’aujourd’hui.
         Il existe pourtant sur la Ville des enseignants qui voudraient innover, utiliser bien d’autres pratiques pédagogiques et de fonctionnement de l’école, comme cela se pratique déjà ici ou là dans quelques écoles d’Ile de France.
         La construction de la future école de la rue Dunant pourrait peut-être être l’occasion de la mise en place d’une telle école.

jeudi 11 juin 2020

États-Unis : un vaste mouvement contre le racisme et les violences policières. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine à paraître


États-Unis : un vaste mouvement contre le racisme et les violences policières

10 Juin 2020

Aux États-Unis, l’explosion de colère provoquée par le meurtre de George Floyd, le 25 mai dernier, s’est maintenant transformée en un mouvement massif. Des milliers de manifestations ont eu lieu dans des centaines de villes, y compris de petites communes peu habituées aux mobilisations politiques, parfois situées dans des États gouvernés par des républicains.
On a par exemple manifesté à Aledo, une bourgade texane de 5 000 habitants, ou à Palmer, 7 000 habitants, en Alaska. Les grandes villes ont parfois été traversées par des dizaines de manifestations différentes, rassemblant des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, y compris Washington, dont Trump avait promis de « dominer » les rues, en mobilisant l’armée. Pas plus que la police et la Garde nationale, le coronavirus n’a dissuadé les manifestants. Ceux-ci sont des Noirs mais aussi des Blancs, souvent des jeunes, qui se rassemblent surtout dans les centres-villes. Ils sont d’abord animés par le rejet du racisme et des violences policières. D’autres mots d’ordre, comme le rejet de Trump, émergent également.
C’est donc un véritable mouvement, avec ses contradictions mais aussi ses forces : des initiatives sont prises par d’innombrables anonymes, parfois des lycéens qui organisent une manifestation, conscients de faire partie de quelque chose qui les dépasse.
De nombreux manifestants veulent que la police soit contrôlée et réformée, voire démantelée et les policiers violents écartés. Le conseil municipal de Minneapolis a ainsi voté, contre l’avis du maire, le démantèlement de la police de la ville, pour le remplacer par un système de sécurité publique basé sur la population. Même si ce genre d’initiative aurait été impensable il y a quelques semaines, elle reste bien vague. Une revendication plus modérée est de diminuer drastiquement les financements dont bénéficie la police (« defund the police »), au profit de l’éducation, de la santé, de services chargés des troubles psychiques et de l’addiction aux stupéfiants.
Aux États-Unis, à la différence de la France, la police est très décentralisée, chaque autorité locale ayant sa propre force, et la police fédérale ne se chargeant que d’une minorité d’affaires. Quelque 10 millions d’arrestations ont lieu chaque année, le plus souvent pour des délits mineurs, comme l’utilisation de fausse monnaie, dont George Floyd était soupçonné. Les Noirs sont plus souvent arrêtés que les Blancs et ils sont surreprésentés dans les prisons.
Tous les policiers ne sont pas racistes ni violents. Mais la police, comme institution, agit violemment et impunément. Chaque année, elle tue plus de 1 000 personnes, souvent désarmées, et qui ont eu le tort d’avoir un geste malheureux, ou tout simplement d’être noires et de s’être trouvées au mauvais endroit au mauvais moment. Quasiment aucun policier n’est poursuivi. Mais des services de police ont déjà été « réformés », parfois plusieurs fois, sans changement fondamental. Le groupe trotskyste américain Spark relève ainsi : « Mais s’il y avait une manière de se débarrasser des policiers violents, l’institution policière resterait violente. La police a un rôle à jouer. Elle protège et elle sert la classe qui dirige une société basée sur des inégalités profondes… S’il n’y avait pas de coercition, pas de violence organisée pour mettre sous contrôle la population laborieuse, la minorité privilégiée ne pourrait monopoliser une telle part de la richesse sociale.
Pour servir cette classe exploiteuse, la police doit être séparée de la population, et elle doit user de la violence contre la population ou menacer de le faire. C’est sur cet obstacle que tous les efforts pour réformer la police se sont brisés.
De précédents mouvements ont revendiqué que la police reflète mieux la composition ethnique de la population », remarque Spark en ajoutant : « Aujourd’hui, des villes majoritairement noires comme Detroit, Memphis, Birmingham dans l’Alabama, et Oakland en Californie, ont des polices majoritairement noires. Dans certains cas, il y a peut-être moins de racisme patent. Mais dans chacune de ces villes, il y a toujours une violence organisée de la police. Et en fin de compte, cela signifie une violence raciste, avec des gens tués par des policiers, et qui n’auraient pas été tués s’ils avaient été blancs dans la même situation.
Le problème est donc plus vaste que celui de la composition de telle ou telle force de police, même si c’est un facteur aggravant. La police reflète directement la classe capitaliste qu’elle sert. Et, dans ce sens, elle doit être “démantelée”. » (7 juin)
Le mouvement en cours reflète la révolte contre les méthodes de la police, et aussi l’illusion qu’elle pourrait être plus respectueuse de la population et adopter des méthodes plus humaines. Mais, du fait de son rôle de défense de l’ordre social, elle ne peut guère changer et le mouvement se heurte à cette contradiction. L’avenir dira si au moins une minorité s’approche des solutions. Pour éradiquer les violences policières et le mépris qu’elles traduisent, il faut s’attaquer à la division de la société en classes, et finalement au capitalisme. Cette immense mobilisation a déjà le grand mérite de soulever le problème.

                                                       Michel BONDELET (Lutte ouvrière n°2706)

Manifestons le 16 juin : pour financer l’hôpital, il faut faire payer le capital


Manifestons le 16 juin : pour financer l’hôpital, il faut faire payer le capital !

10 Juin 2020

Alors qu’une longue séquence de parlottes s’est ouverte au ministère de la Santé, avenue de Ségur à Paris, autour de l’avenir de l’hôpital, des manifestations sont organisées dans tout le pays mardi 16 juin pour rappeler les exigences des travailleurs de la santé : des hausses de salaire et des embauches immédiates. Des travailleurs d’autres secteurs s’y joindront aussi.
Les discussions dans le cadre de ce Ségur de la santé sont programmées pour durer tout l’été et déboucher sur des propositions qui seront, ou pas, reprises dans le projet gouvernemental de loi de financement de la Sécurité sociale examiné à l’automne par le Parlement. Ce n’est donc pas avant janvier prochain qu’il y aura, peut-être, une quelconque réalité issue de ces discussions chapeautées par Nicole Notat, une ancienne dirigeante de la CFDT recrutée pour l’occasion par Macron.
Bien des discussions avenue de Ségur porteront sur la gouvernance des hôpitaux, sur le découpage géographique des territoires de santé, ou encore sur l’architecture administrative des Agences régionales de santé. Toutes ces questions sont secondaires, tant que l’étranglement financier que subit le système hospitalier depuis des lustres n’est pas remis radicalement en cause.
Chaque année, l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie, l’Ondam, proposé par le gouvernement et voté docilement par le Parlement, augmente bien trop peu en regard de l’inflation, et surtout en regard des besoins de santé de la population, dont une part toujours plus grande est âgée. En réalité les dépenses de santé couvrent de moins en moins bien les besoins.
Les résultats, tout le monde les connaît depuis longtemps : des structures hospitalières qui ferment, trop peu de personnel dans les hôpitaux et les Ehpad, des salaires trop faibles, du manque de matériel, etc. Les différents « plans hôpitaux » concoctés en catastrophe l’an dernier par la précédente ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sous la pression croissante des protestations du personnel hospitalier, n’y ont rien changé – la pénurie récente de masques, de gel, de lits, etc., en témoigne – car il manque le nerf de la guerre : le financement massif dont a besoin le système de santé.
Or les recettes de la Sécurité sociale, qui finance entièrement le système hospitalier, sont rognées constamment pour accorder au patronat toujours plus d’allégements de cotisations. La crise économique est une nouvelle occasion de faire reposer sur la Sécurité sociale une grande partie de l’aide apportée aux entreprises, dont les cotisations sont reportées ou carrément annulées. Son déficit devrait être multiplié par dix en 2020. De ce côté-là, il faut plutôt s’attendre à de nouvelles restrictions qu’à des largesses.
Il est significatif que le gouvernement lie la question de l’augmentation des salaires à l’hôpital à celle de l’augmentation du temps de travail. Autrement dit, il ne faut espérer ni embauches ni augmentation de salaire ; ou alors il faudrait que les hospitaliers se les paient eux-mêmes en travaillant encore plus. Les autorités veulent, comme avant, que les trous dans les plannings, créés par le sous-effectif, soient comblés tant bien que mal par l’épuisement au travail du personnel déjà surchargé.

Si les travailleurs hospitaliers et la population qui a besoin de se faire soigner veulent que les salaires augmentent significativement, que des lits ne soient plus fermés et que des embauches massives soient réalisées pour soigner dignement les malades et les personnes âgées des Ehpad, il faudra imposer que l’on prenne sur les milliards versés en dividendes aux gros actionnaires du Cac 40 et à quelques autres. C’est une exigence qu’il faudra faire entendre haut et fort, le 16 juin et au-delà.

                                       Lucien DÉTROIT (Lutte ouvrière n°2706)


Le 16 juin, mardi prochain, retrouvons-nous très nombreux de midi à 14 heures devant l’hôpital d’Argenteuil. Ce sera l’occasion comme nous le disons ci-dessus de manifester notre solidarité active avec les personnels de santé, mais aussi de discuter de la situation.


Augmentation du chômage : aggravation brutale de la situation


Tout le monde doit avoir un emploi qui permette de vivre



Le chômage a brutalement augmenté. Les statistiques de Pôle Emploi distinguent les « demandeurs d’emploi » sans aucune activité (catégorie A) ou ayant une activité réduite (catégories B et C). Jusqu’à présent, ces catégories ont servi à minimiser les chiffres, car travailler quelques heures dans le mois suffisait à changer de catégorie, et donc à ne plus être comptabilisé en catégorie A, souvent la seule commentée par la presse.
         Ces statistiques se retournent aujourd’hui contre leurs créateurs, car ce sont les chômeurs de catégories B et C qui ont fait exploser, d’un coup, la catégorie A, tandis que les catégories B et C baissaient. Cela correspond au renvoi d’intérimaires et aux mises en fin de contrat de salariés en CDD. Le nombre de chômeurs complets a donc augmenté partout, même là où aucun plan de licenciements n’a été annoncé.
         Au niveau national, l’augmentation de la catégorie A est de 700 000 en un mois.
         Tout le monde doit avoir un emploi qui permette de vivre. Il faut répartir le travail entre tous avec un salaire décent : travaillons moins, mais travaillons tous, et sans diminution de salaire !

Aéronautique : les milliards s’envolent, les emplois se volatilisent


Sauver l’emploi et les revenus des travailleurs du secteur.


Après avoir promis 8 milliards d’euros aux groupes du secteur automobile, et 18 milliards pour l’industrie du tourisme, le gouvernement annonce un plan d’aide de 15 milliards d’euros aux entreprises de l’aéronautique. Même si les avions de touristes ne décollent pas en ce moment, les profits de Dassault, Derichebourg, Safran, Airbus et même d’Air France, se sont, eux, envolés pendant des années.
         Pour ne pas avoir l’air de distribuer à fonds perdus l’argent public au patronat, le ministre de l’Economie, Bruno Lemaire, a annoncé qu’il demanderait des contreparties aux bénéficiaires du pactole. Voire ! En tout cas, il ne leur a pas demandé, et il ne leur demandera pas, de revenir sur les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qu’ils ont déjà prévus.
         Ce qu’il veut sauver, ce sont les profits des patrons, pas l’emploi et les revenus des travailleurs du secteur.

Argenteuil, la salle Jean Vilar sauve le conseil municipal :


Eh oui, un complexe toujours incontournable !

 
Spacieuse, aérée, lumineuse...

Avec une participation très réduite, le dernier conseil municipal d’Argenteuil de la mandature s’est tenu hier au soir.
        Prudence sanitaire oblige, il a fallu trouver un lieu idoine où ces messieurs-dames puissent avoir toutes leurs aides sans que l’on assiste à l’offensive des virus d’un bord contre celle des virus de l’autre.
         Et quel est cet espace idoine qui a, une nouvelle fois, joué les utilités incontournables pour résoudre le problème ?
         L’Atrium ? Vous n’y pensez pas !
         Non, seulement la salle Jean Vilar !
         En tout cas, le maire encore actuel et son prédécesseur y ont passé bien plus de temps hier qu’ils ne l’avaient sans doute jamais fait dans cette salle. Bref, ils ont eu la soirée durant tout le loisir de réfléchir à la nécessité de l’existence de cette salle,  à son utilité, et de voir comment entreprendre sa rénovation !

mercredi 10 juin 2020

Renault : Menaces contre les travailleurs



Répartir le travail, avec maintien du salaire !



Renault veut se débarrasser de 15 000 travailleurs, 4 600 ici, 10 000 à l’étranger.
         Les travailleurs du site de Maubeuge se sont mobilisés. Et un millier de personnes ont manifesté samedi 6 juin contre la fermeture annoncée du site de Choisy. Devant les premières réactions, la direction louvoie, modifiant ses annonces dans ses discours sans rien changer à ses objectifs globaux. C’est aussi la tactique de l’ensemble du patronat qui partout prend prétexte de la crise sanitaire pour s’en prendre à l’ensemble de la classe ouvrière.
         Pas question de subir cela ! S’il y a moins de travail, il faut le répartir entre tous, avec maintien du salaire. Si le rythme du travail est moins intense, tant mieux, mais tous ainsi garderont leur emploi. Cela diminuera la part des actionnaires ? Ils se sont déjà trop enrichis dans le passé. Ce sont les travailleurs qui créent les richesses, ce n’est pas à eux de payer pour une crise dont les capitalistes sont responsables.

Des inégalités sociales creusées par la crise sanitaire


S’intéresser au bas de laine… des très hauts revenus



Ministres et médias somment la population de dépenser les 55 milliards d’euros épargnés pendant la crise sanitaire pour soutenir le commerce et relancer l’activité. Mais qui détient un tel bas de laine ?
         Selon un récent sondage, ce ne sont ni les artisans et commerçants qui ont perdu 74 % de leur pouvoir d’achat, ni les chômeurs qui en ont perdu 59 %, ni les ouvriers 56 %, ni les employés 54 %, ni les jeunes 52 %. Une seule catégorie a été nettement épargnée, celle des hauts revenus : pour 75 % d’entre eux la crise a été indolore. Mais ce n’est pas à ceux-là que le patronat et le gouvernement entendent faire payer la crise.