jeudi 14 mai 2020

Argenteuil, commerces-marchés forains, une réouverture partielle et sans logique


Pas une question de distanciation physique, mais de distanciation sociale



Certains marchés forains d’Argenteuil rouvrent à partir de cette semaine. Mais non seulement tous ne rouvrent pas, et ceux qui recommencent ne permettent pas tous les étalages. Seulement l’alimentaire !
         Comme me l’a confié un commerçant de cet alimentaire solidaire de ses collègues : « Les autres peuvent crever ! »
         Il n’y a aucune logique dans tout cela, d’autant plus que l’organisation par exemple du marché Héloïse du 15 mars dernier avant confinement avait fait la preuve que la mise en place de la distanciation physique bien organisé fonctionne complètement. Cette expérience pouvait être reprise dès cette semaine sans problème.
         Le préfet du Val d’Oise et le maire d’Argenteuil décident en la matière. Ils ont la responsabilité de la situation actuelle de la reprise limitée des marchés. Mais ils sont si loin des préoccupations sociales des commerçants laborieux et des besoins des milieux populaires !
         Pour les commerçants, c’est une catastrophe, tout comme pour ces milieux populaires pour qui les marchés tels que celui d’Héloïse leur permettent d’acheter à bon marché. Et cette non-réouverture totale alors que la hausse des dépenses et la baisse des revenus liées au confinement les ont mis dans une situation intenable !
         Il faut la réouverture de tous les marchés !

Télétravail chez Axa - Nanterre : Avec le télétravail, l'offensive patronale


Échos de l’entreprise

Il n’y a pas de petits profits

    Depuis plus de deux mois, nous sommes quasi tous à être en travail à distance et cela va se poursuivre.
    Les frais d’électricité, de nourriture ont augmenté sans parler des frais Internet. La direction ne veut rien prendre en charge.
    Elle fait des économies sur notre dos. Le virus de la mesquinerie ne l’a pas quitté.

Nous ne pouvons pas tout faire

    AXA Prévention a fait une fiche sur les relations parents-enfants durant le télétravail. Nous y apprenons que le télétravail avec l’éducation scolaire et les tâches domestiques ce n’est pas simple et que nous ne sommes ni Wonder Woman ni Super man. Quel scoop ! Le conseil est de ne pas se mettre la pression.
    Chiche ! Alors tout doux sur le boulot !

Pas des philanthropes

    Trois DRH d’AXA invités en deux jours dans les médias. La direction ne cesse de répéter que près de 60 % d’entre nous avions un ou deux jours de télétravail par semaine avant la pandémie. Elle oublie d’expliquer que cette mise en place avait pour objectif d’économiser sur les mètres carrés en supprimant trois postes de travail sur dix. Et nous devons nous promener avec notre ordinateur portable pour trouver une place.
    Le télétravail c’est surtout une chance pour les actionnaires

mercredi 13 mai 2020

De la bourgeoisie ou de ses serviteurs, qui décide, qui donne les ordres ! Jean-Pierre MERCIER avant-hier sur France-Info : Pour sauvegarder les intérêts des travailleurs, il faudra s'affronter au pouvoir des actionnaires !

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Système de santé, hôpitaux, services publics…, quand bien des combats nous attendent


Masqués mais pas muets



Devant l'hôpital Purpan

Lundi, des hospitaliers rejoints par de très nombreux usagers, ont manifesté devant les hôpitaux Purpan, Rangueil et La Grave, pour dénoncer la pénurie chronique de matériel, le manque de personnel, de lits et de moyens dans la santé. D'autant que maintenant il va falloir rattraper deux mois de consultations, de soins, d'examens, d'opérations... qui ont été repoussés.
         Les problèmes n'ont pas disparu avec le confinement, la colère non plus.

Argenteuil comme ailleurs, vive les travailleurs !


C’est la classe ouvrière qui fait fonctionner la société


Chaque soir, dans le quartier, nous continuons à applaudir. Nous sommes quelques-uns à frapper dans les mains. Mais il n’y a pas que cela, le moment se termine par un tonitruant « Bravo à tous les travailleurs ».
         Oui, bravo au monde du travail, présent, passé et futur, de faire fonctionner la planète. Bravo à la classe ouvrière, celle qui « œuvre », même si cela déplaît à messieurs les bourgeois.
         J’ai eu envie de faire cette brève à la lecture de la Une du journal Le Parisien d’avant-hier.




         Non, ce n’est pas grâce à « eux » que ça redémarre. C’est grâce à eux que ça démarre, que ça marche, que ça redémarre quand il y a un souci.
         Et cette classe, avec toutes ses composantes, lorsqu’elle prendra conscience qu’elle peut faire fonctionner totalement la société, sans des actionnaires parasites qui récoltent le fruit du travail de tous, avec leurs serviteurs directs et indirects, alors là, c’est l’ensemble de l’humanité qui se retrouvera sur les rails, bien loin du fossé. DM

Télétravail, chronique d’un télétravailleur d’une entreprise prestataire de services informatiques


Quand le confinement donne des idées au patronat




Témoignage
« Dans mon entreprise, alors qu’aucun accord sur le télétravail n’avait pu être signé depuis des années, ce mode n’étant pas accepté par la direction internationale, nous avons été contraints par le confinement d’y passer du jour au lendemain.
         On aurait pu penser à un progrès, et bien, certainement pas.
         La direction désirant continuer plus que jamais à contrôler ses salariés, et ne disposant plus de « manager de proximité » pour le faire, vient de déployer un outil de contrôle de l’activité effectuée sur les ordinateurs de l’entreprise.
         En l’occurrence, il s’agit d’un outil qui a été présenté comme ayant pour objectif de contrôler la surcharge de travail des salariés en télétravail… mais en masquant bien sûr le fait qu’il peut aussi être utilisé à des fins négatives.
         La fiabilité de cet outil est très faible car il ne fait pas de différence entre le temps de travail effectif, le temps de pause, les temps de débuts et de fins, les tâches effectuées sans interactions sur le PC (car non monitorées). La mise en place d’un tel outil de contrôle est de manière évidente perçue comme un déni de confiance vis-à-vis des salariés. Cet outil de « tracking » n’apporte donc rien aux travailleurs hormis un sentiment d’être continuellement surveillés.
         A cela s’ajoute maintenant la directive de remplir quotidiennement les relevés d’activé qui étaient mensuels jusqu’à présent….
         Pour finir, la cerise sur le gâteau : pour se connecter, sous prétexte de sécurité la direction exerce une pression très forte pour contraindre les salariés à utiliser nos moyens personnels à titre professionnels (tout en disant bien qu’elle ne peut pas nous y obliger).
         Bref, travail à distance ou en « présentiel » comme on dit dorénavant, le capitalisme sera toujours… le capitalisme. »

Programme du CNR : tromperies d’hier et d’aujourd’hui


Depuis des années, la chanson répétée par nombre de militants de gauche et par certains syndicalistes est un air très nostalgique concernant le programme du Conseil National de la Résistance. Sa démolition est le leitmotiv de leur dénonciation des reculs subis depuis des décennies, et il s’agit pour eux de le donner comme référence aux combats de demain. La réalité de ce que fut le CNR est très loin des illusions que ses chantres diffusent à foison. Ce n’est certainement pas la référence que nous devons avoir en tête pour préparer nos combats nécessaires. L’article ci-dessous dans l’avant-dernier numéro de notre hebdomadaire revient sur ce sujet et remet les pendules à l’heure. DM


Le programme du CNR : tromperies d’hier et d’aujourd’hui

28 Avril 2020
Devant la crise sociale qui commence, la vague de licenciements déjà programmée, les milliards d’euros de cadeaux aux grandes entreprises qu’il faudra bien payer et les situations, comparables voire plus explosives encore, dans tous les pays du monde, les références au Conseil national de la Résistance (CNR) se multiplient du côté de la gauche, et pas seulement.
Du PCF au PS, de Mélenchon au porte-parole des Verts, le programme du CNR de 1943 est présenté comme le fondement d’une République sociale, parée de toutes les vertus et qui aujourd’hui encore pourrait tirer le pays d’un mauvais pas.
Le CNR et les gouvernements qui l’ont suivi voulaient d’abord éviter à la bourgeoisie française que la fin de la guerre ne débouche sur une crise révolutionnaire. Formé en 1943, fédérant les divers mouvements de résistance derrière De Gaulle, il voulait constituer l’appareil politique capable de prendre les rênes de l’État, une fois les armées allemandes parties et le régime de Vichy effondré. La bourgeoisie française, après avoir soutenu Pétain et fait ses affaires avec l’Allemagne, redoutait deux périls. D’une part, elle voulait garder son empire colonial en dépit de la volonté des peuples colonisés et de la concurrence américaine. D’autre part, unie en cela avec les impérialismes américain et britannique et la bureaucratie de Staline, elle voulait éviter une révolution sociale au sortir de la guerre et donc s’assurer de la continuité de l’État. Le souvenir de la période révolutionnaire de 1917-1920 était encore cuisant. Le CNR réalisait donc l’union nationale de tous les partis de conservation sociale, mis à part les débris accrochés à Pétain qui n’avaient pas su changer d’uniforme à temps. De Gaulle en était la figure de proue, le PCF l’appareil réel, fort du dévouement de dizaines de milliers de militants aptes à influencer la classe ouvrière.
Le CNR, gaullistes compris, ne pouvait pas promettre de revenir aux jours d’avant, c’est-à-dire à une troisième République vermoulue, qui n’avait tenu aucune des promesses de 1936 et s’était honteusement transformée en « État français » sous Pétain. Il ne pouvait évidemment que promettre des jours heureux, dire qu’il rognerait les dents du capital, qu’il assurerait la liberté de la presse, la retraite des vieux travailleurs et les assurances sociales.
Son programme économique comprenait la nationalisation des industries clés, de l’énergie, des transports, des banques. Faire repartir l’économie le nécessitait et puis quelle meilleure façon de racheter aux grands patrons les secteurs à la fois sinistrés et indispensables et de leur permettre de reprendre leurs affaires avec des capitaux frais dans des secteurs neufs ? Car les nationalisations furent payées rubis sur l’ongle.
Le CNR se transforma dès 1944 en gouvernement provisoire, avec des ministres du PCF et du PS, puis en gouvernement tout court après le débarquement du 6 juin et la progression des armées américaines. Grâce à l’union nationale, c’est-à-dire avant tout grâce au poids du PCF dans la classe ouvrière, la transition politique s’effectua sans difficulté. Les travailleurs furent remis au travail et durent serrer les dents pendant des années avant de retrouver, non pas des jours heureux, mais des horaires normaux, la fin des cartes d’alimentation et des hébergements provisoires. Non seulement l’ordre social ne fut pas ébranlé, mais les colonies restèrent aux mains du capital français, par le fer et par le feu en Algérie, en Indochine, à Madagascar, pour ne citer que les répressions les plus sanglantes.
Les concessions verbales contenues dans la constitution de 1946, le droit au travail par exemple, n’ont jamais changé quoi que ce soit au sort des travailleurs. Les concessions, bien maigres à l’époque, comme le statut des fonctionnaires, la place faite aux syndicats dans les institutions et surtout la Sécurité sociale sont en voie d’être détruites. En revanche la politique du CNR, c’est-à-dire essentiellement le ralliement des appareils ouvriers à la reconstruction du capitalisme, lui a remis le pied à l’étrier pour les décennies suivantes, avec leur cortège de calamités, jusqu’à la crise actuelle.
Alors, ressortir du placard aujourd’hui le programme du CNR, c’est proposer de recommencer ou de poursuivre la même politique pour toute une période, avec les mêmes résultats ou pire encore. Le système capitaliste a fait plus que son temps. On ne peut pas le rapetasser, il faut le renverser.

                                                       Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2700)

mardi 12 mai 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 11 mai 2020


Se méfier du gouvernement et du grand patronat comme du COVID-19 !



Le déconfinement, étape hautement délicate, est lancé, et le bricolage continue ! Contrairement au confinement qui s’est imposé dans l’urgence, le gouvernement a eu deux mois pour préparer ce déconfinement. À quoi ont-ils servi ? Pourquoi les autorités sanitaires n’ont-elles pas commencé à tester massivement la population ? Quels sont les dispositifs et les lieux proposés pour isoler les porteurs du virus ? On ne le sait toujours pas.
À Paris, pour les transports publics, au lieu de mettre plus de trains et d’assurer une fréquence plus soutenue sur les lignes bondées, les autorités se sont contentées de faire du cinéma en collant des stickers. Cela a très bien fonctionné… dans les rames vides ! Ailleurs, c’était évidemment mission impossible. Seuls restent effectifs le port du masque obligatoire et l’attestation professionnelle aux heures de pointe. Et là, on ne plaisante plus !
Le gouvernement ne distribue pas de masques gratuits. Mais il va mobiliser 20 000 policiers pour punir d’une amende de 135 € tous ceux qui n’en auront pas dans les transports. Contraindre, réprimer et étaler son mépris social : c’est bien tout ce que l’État sait faire !
Pour les écoles, tout se fait dans l’improvisation. Après avoir élaboré un protocole quasi militaire, le gouvernement se défausse sur les maires et les enseignants pour le mettre en œuvre. À eux de se débrouiller avec les moyens du bord et en réduisant le nombre d’enfants accueillis. Et de fait, seul un enfant sur six ou dix reprendra le chemin de l’école, mais les apparences de la « continuité pédagogique » sont sauves !
L’essentiel pour le gouvernement était de tenir le calendrier du déconfinement et de faire en sorte que tous les salariés reprennent le travail en dépit des risques qui continuent d’exister. Et le but est atteint.
Mais encore une fois, pour se protéger, les travailleurs n’ont aucune confiance à avoir dans le gouvernement et ils ont aussi à surveiller les conditions sanitaires mises en place dans les entreprises.
Un foyer de contamination a été repéré en Dordogne après des obsèques auxquelles participaient une trentaine de personnes ; un autre dans la Vienne, à la suite d’une réunion de préparation pour la réouverture d’un collège ; un troisième est apparu dans un abattoir de volailles en Vendée.
Il est difficile de croire que les grandes surfaces, les entrepôts ou les usines qui rassemblent et brassent des centaines de personnes n’aient pas connu de telles contaminations. Les cas suspicieux y sont-ils systématiquement détectés ? Y a-t-il, comme il se doit, enquête et dépistage des cas contacts ?
Nul doute que le grand patronat ne souhaite pas de publicité sur les cas repérés entre ses murs. Le gouvernement qui pousse à la reprise du travail n’y a pas non plus intérêt. Quant aux grands médias, ils se sont mis au diapason. 
Ensemble, ils se sont déchaînés contre les salariés ou les syndicats qui ont exercé leur contrôle sur les conditions de travail et demandé des comptes au patronat, comme cela a été le cas à Amazon et à Renault Sandouville. Les porte-voix patronaux les ont accusés de ralentir la reprise économique, voire d’être responsables des futures faillites. Ce sont des intimidations honteuses. On vient travailler pour gagner sa vie, pas pour la perdre !
Aujourd'hui, le grand patronat veut que nous acceptions sans discuter les conditions qu’il impose, quand bien même elles nous font courir un risque mortel. Demain, il nous demandera de travailler plus ou de sacrifier nos congés payés, une partie de notre salaire, voire notre emploi, au nom des nécessités économiques.
Mais ce qu’il présente comme des nécessités économiques n’a rien à voir avec l’avenir et le bien-être de tous. Il ne s’agit pas de l’intérêt général, mais des dividendes et des fortunes d’une minorité capitaliste. Des fortunes acquises sur le dos des travailleurs, contre leurs emplois, leurs salaires et leurs conditions de travail.
Dans cette société d’exploitation, la marche des affaires conduira toujours à faire passer les profits de la bourgeoisie avant la vie des travailleurs et l’avenir de la société. La domination de cette classe aussi irresponsable que parasitaire nous a conduits au désastre sanitaire. Demain, elle nous conduira aux licenciements massifs et à l’aggravation de l’exploitation. Alors, nous devons nous défendre.
Tant que la bourgeoisie dominera, elle nous mènera de malheurs en malheurs. Lui arracher le pouvoir et faire en sorte que les travailleurs dirigent la société dans l’intérêt du plus grand nombre est une nécessité.