dimanche 5 avril 2020

Masques : avec la pénurie, la loi de la jungle ! L’exemple de la région Nouvelle-Aquitaine


Pour ce genre de nécessité, vive la concertation, la centralisation et la planification !



A force d’entendre du gouvernement : les masques devraient arriver…, ne vont plus tarder…, arrivent très bientôt... les régions, départements, municipalités se mettent à passer eux-mêmes leurs commandes pour équiper les agents territoriaux : soignants et aide-ménagères qui interviennent à domicile, parfois auprès de patients suspectés ou diagnostiqués positifs.
         Le 23 mars dernier, le Conseil régional, les douze conseils départementaux de la Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole et l'agglomération de Pau, en ont commandé 2,7 millions auprès d'un intermédiaire basé en Gironde.
           Une autre commande d’un peu plus de 2 millions de masques chirurgicaux et 500 000 FFP2 a été passée par de plus petites communes.
                 Les présidents du Conseil Régional, départementaux et les maires ont évidemment réagi violemment à la demande de l’Etat que 80% des masques chirurgicaux et la totalité des FFP2 lui soient remis pour qu'il les répartissent dans les hôpitaux qui n'en ont pas suffisamment.
                Après une véritable bataille de chiffonniers, un accord a été trouvé : les masques seront répartis avec l'aval de l'Agence régionale de santé.... Jusqu’à la prochaine bataille, car il va en manquer toujours tragiquement.
              Dans cette société capitaliste ou rien n'est concerté, ni planifié, ni centralisé, des moyens pourtant élémentaires sont sacrifiés sur l'autel des profits de la grande bourgeoisie. Cette pénurie dramatique et la défiance due aux mensonges des gouvernants engendrent des rivalités écœurantes et un comportement d'un autre âge.... dans un des pays les plus riches du monde.
         Un système économique et sa classe privilégiée à renverser urgemment !!!

Argenteuil, masques, et publicité politicarde totalement déplacée


Vive les travailleurs du monde qui produisent et livrent

Une fois n’est pas coutume, voilà une photo copiée sur la page facebook de Georges Mothron.


Eh bien, elle nous a profondément choqué, en particulièrement la légende qui l’accompagnait : « J'ai réceptionné ce soir avec Xavier Péricat les masques commandés à la Région Ile-de-France pour, entre autre, le personnel et les médecins de nos CMS. Florence Portelli est venue nous les livrer. Merci à elle, à Valérie Pécresse et à la Région Ile de France. »

         C’est fou de se faire mousser en pareil cas. Comme si la vice-présidente du conseil régional et le premier adjoint avaient besoin de rompre leur confinement pour l’occasion, et le maire d’Argenteuil avait-il besoin d’être présent. Mais le pire est d’écrire « Florence Portelli » est venue nous les livrer ». Comme si c’était elle qui l’avait fait, comme si ce n’était pas les livreurs avec leurs petits salaires qui continuent à livrer, les employés de Roissy et de Chine à embarquer et débarquer les cartons, et après que des milliers de travailleurs chinois aient contribué à les fabriquer. Et après la photo, c’est qui s’est chargé de pousser les cartons, de les déposer ! Georges ? Xavier ? Florence ? Oui, les édiles n’ont rien fait pour les livrer !
         Nous reviendrons dans les jours qui viennent sur le fiasco de cette affaire de masques, sur le fait qu’heureusement en l’occurrence il y a eu un moment de bonne mondialisation, et comment l’État, par sa nature, a été long à l’allumage pour produire ces masques et autres matériels nécessaires ! Voir ci-dessus également.
Voilà l'essentiel qui suffit à soi-même

(À suivre donc)


Vous qui lisez ce blog, faîtes-le connaître à Argenteuil comme ailleurs !

samedi 4 avril 2020

Droit de retrait : à nous de décider collectivement si la sécurité est assurée ou pas


Les salariés du public menacés



La direction générale de l'administration et de la fonction publique a publié une note où elle réaffirme que les agents « ne peuvent légitimement exercer leur droit de retrait au seul motif d'une exposition au virus » si l'employeur a mis en place les protections nécessaires. Elle menace de retraits sur salaires et de sanctions disciplinaires ceux qui utiliseraient quand même ce droit.
         Mais qui juge que les protections sont suffisantes et adaptées ? Et qui décide du caractère vital de telle ou telle activité, nécessitant que des travailleurs sortent de chez eux ? L'employeur, et lui seul.
         Les travailleurs n'ont aucune raison de faire confiance aujourd'hui à ceux qui ont, hier, sabré les effectifs et moyens des services publics. Pour la protection de leur santé, ils sont les mieux à même de juger et à décider collectivement, sans subir la pression de la hiérarchie.

Ehpad : chronique d’une hécatombe annoncée


À la moindre crise, tout devait craquer



Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, le gouvernement s'est aventuré à donner, en plus du chiffre des victimes du Covid-19 dans les hôpitaux, celui des décès causés par le virus dans les Ehpad : 884 selon son comptage.
         Comme ce chiffre prend en compte à peine un quart des 7 500 établissements du pays et que le pic de l'épidémie n'est pas encore atteint, on peut craindre que ce bilan augmente beaucoup.
         Depuis des années, les travailleuses des Ehpad protestent, contre le manque de moyens pour traiter correctement les personnes hébergées en temps ordinaire. Et personne ne pouvait ignorer qu'à la moindre crise, tout craquerait. Mais le gouvernement et les groupes qui ont investi dans le secteur dit de l' « or gris » n'ont rien fait...

Cliniques privées : des actionnaires assurent leurs arrières. Quant aux agents… L’exemple d’une clinique à Bordeaux


Tester le personnel devrait être une évidence



Les cliniques privées prennent leur part de prise en charge du Covid-19. Et c’est parfaitement normal. Des personnels soignants aux agents de service, les salariés prennent des risques pour cela.
         Du côté des patrons, avant même de s’engager dans cette participation, ils avaient obtenu que l’État les garantisse contre la perte de revenus éventuelle due au ralentissement de leurs autres activités en leur assurant une allocation de l’URSSAF identique à celle que leur permettrait une activité normale.
         On voit que, quoi qu’il arrive, les patrons assurent leurs arrières contre toute perte éventuelle.
         Pour les soignants, il en va autrement. Maintenant que des malades de Mulhouse dans un état grave sont pris en charge dans la clinique Bordeaux-nord, le personnel est particulièrement exposé. Pourtant, la direction continue à opposer un refus à celles et ceux qui expriment la demande d’être testé ou testée au virus, s’ils ou elles ne présentent pas de symptômes.
         Au début, on nous disait de voix officielle que ce n’était pas justifié. Mais on sait maintenant qu’on peut être porteur et transmettre le virus sans présenter de symptômes, et que c’était juste une manière de cacher le manque de tests.
         Pour le reste, c’est à l’avenant. À mesure que les stocks de gants, de blouses et d’autres équipements de protection s’amenuisent, on a remarqué que les consignes de sécurité que tiennent les responsables de l’entretien aux agents de service rétrécissent également. Il paraît maintenant que les équipements complets ne sont plus nécessaires, que rien ne vaut un bon lavage de mains régulier ! Le gouvernement nous a fait le même cinéma en nous mentant sur comment se passer de l’indispensable.
         Alors on ne leur fait plus confiance, ni aux uns, ni aux autres. Le personnel ne veut pas ramener le corona à la maison. Et il lui faut les protections nécessaires !

Clinique privée : Journal d’un aide-soignant vacataire nouvellement embauché dans une clinique privée d’Ile de France


Il faut avoir le moral pour un salaire de misère


1ère journée :

J'ai commencé mes vacations Lundi matin dans un service de médecine interne. De mon domicile à la clinique, c’est très rapide, car il n’y a personne sur la route.
         Dans ce service, pratiquement toute l'équipe est en arrêt à cause du virus ! J’ai été très vite mis dans le bain ! Dès le matin on nous annonce aux transmissions qu'il y a eu trois décès dans la nuit ! La chambre mortuaire étant pleine, les patients sont encore dans leur chambre ! Ils y sont restés jusqu'à 16h00. Décédés seuls, sans aucun accompagnement ni même visite de la famille, Covid oblige…  
         Je suis accueilli par une infirmière et deux élèves aides-soignantes.
         Le service est plein. Il y a plusieurs patients infectés.
         L'infirmière a un sachet avec quelques masques FFP2 qu’elle distribue au compte-goutte : 1 pour la journée, pas plus !
         Une cadre passe tous les jours déposer les masques dans le service.
         Une sur-blousse pour la journée. Ce sont les deux élèves qui me prennent en charge et m'expliquent le fonctionnement du service.
         Il y a du travail en pagaille, les repas, les toilettes, les commandes à ranger, les aides aux collègues, faire informatiquement les commandes des repas des patients, et surtout faire les transmissions informatiques. La journée est bien remplie.
         L’ambiance est vraiment bizarre. On sent que les patients sont angoissés. Ils posent beaucoup de questions, et l'impression d’une chape de plomb sur la clinique. Les soignant sont hyper stressés, inquiets, et surtout ont peur de se choper le virus.

2ème journée

Je suis dans le même service que la veille. Le stress est palpable ce matin. Les soignants apprennent que plusieurs patients sont infectés. Du coup, il y a 4 patients en plus des 5 déjà infectés du Covid, soit 9 patients.
         Miracle, ce matin nous étions 8, 2 aides-soignants, 2 élèves AS, 1 étudiante IDE, 1 étudiant en  médecine , 2 infirmières .
         Franchement, quand il y a du personnel, tout va bien.

3ème journée

Aujourd'hui ça se corse. Je suis dans un service spécial COVID 19, une aille complète avec 12 patients infectés sur 25.
         Plusieurs patients sont en train de mourir seuls dans des chambres à deux patients. Je m'explique. Souvent, les patients en fin de vie sont installés seuls dans une chambre. Vu le contexte, pas d’accès à une telle chambre. Du coup, ils meurent dans une chambre avec un autre patient conscient. C 'est hallucinant.
         Un patient m’a supplié de demander au médecin de le transférer en réanimation. Ça fait vraiment mal au cœur de vivre cette situation.
         Pas de chance aujourd’hui, nous ne sommes que deux aides-soignants pour un service de 25 patients.  La cadre de santé est venue nous passer de la pommade dans le dos, mais elle n’a trouvé personne pour nous aider…
         Nous avons dû faire le choix de faire le minimum de toilette.  Même en faisant ce choix, nous avons été en retard pour distribuer le repas du midi ! Ce jour-là même, certains patients n’ont eu aucune toilette !
(Petite douceur d’une pizzéria qui a offert des pizzas au service COVID 19 et à d'autres services de la clinique)
         Franchement c'était une journée super galère.
         Cerise amère sur le gâteau si l’on peut dire. Vers 19h30, 2 cadres hygiénistes, 1 cadre sup, 2 cadres de la direction du siège de la clinique sont venus nous expliquer comment se servir de masques, des gants, des sur-blouses, et des sur-chaussons, tout en nous confirmant que nous n’aurions qu'un masque ffp2 par jour ! Qu'il fallait se laver les mains à chaque fois que l'on sortait des chambres, mettre les tabliers en plastique pour faire les toilettes… Bref, tout cela on le sait depuis 20 ans !
         À la fin de cette pseudo réunion qui s'est tenue dans un couloir, les deux cadres de la direction du siège ont menacé tous les paramédicaux (aides-soignants, infirmiers, agent de service hospitalier, vacataires) de sanction lourde s’il y avait manquement aux directives de la direction.
         A partir de samedi, j'attaque mes vacations dans le service de réanimation (14 vacations).
          J'ai oublié : pas de vestiaire pour les vacataires. je me change dans les toilettes du public.
         Je suis payé en tant que vacataire, je travaille 12 heures par jour.
         La moyenne pour un aide-soignant, c'est environ 115 euros la vacation de douze heures. Moins de 10 euros par heure.

Dominique MARIETTE, mon courrier du samedi, 18ème jour confiné… mais conscient de ce qu’il nous faut préparer. Et autres annonces…


Chèr(e)s ami(e), cher(e) camarade d’Argenteuil



D’abord j’espère que la période n’est pas trop difficile pour chacun. L’important durant ces moments est de rester en lien avec ses proches, ses amis, ses voisins.
         En tout cas, si vous êtes confronté à de quelconques difficultés, avec les amis, la famille, les voisins, cela m’étonnerait que nous ne puissions pas trouver de solution sur Argenteuil.
         Je voudrais aussi vous dire qu’il faut profiter d’une heure de marche dans le quartier. C’est ce que nous faisons chaque jour, ma compagne et moi, l’attestation dans la poche ! Une heure maxi chrono, et un kilomètre, foi de double-mètre.
         Lisez nos brèves, notre journal, et c’est gratuit, à partir de


         Et puis, faites-moi des commentaires sur ce que nous écrivons, donnez des informations, discutons du présent et de l’après.
         Et n’oubliez pas, dans « confinement » il y a « fin », et « qu’après la pluie, le temps est beau » (cf. La jeune garde)

                  Salut et fraternité, et bonne nouvelle journée de confinement,
                                                     Dominique

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Annonces que l’on m’a communiquées

Violences faites aux femmes, une information importante

Les victimes de violences conjugales peuvent désormais envoyer un message texte au 114, depuis ce mercredi 1er avril. Ce nouveau dispositif vient renforcer ceux déjà existants : notamment les appels au 3919.



 Approvisionnement

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Fruits et légumes, un commerçant du marché Héloïse chez lequel je m’achalande dans la vraie vie
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