jeudi 24 octobre 2019

Retraites, l’inquiétude du patronat et du gouvernement. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Retraites : le gouvernement joue la prudence

23 Octobre 2019

Alors qu’il avait annoncé par avance qu’il mènerait la démolition des retraites tambour battant, le gouvernement cherche désormais à temporiser.
Édouard Philippe se veut rassurant : « Je ne suis pas du tout le pied sur l’accélérateur », « on a beaucoup, beaucoup de temps encore », a-t-il lancé lors d’un débat sur les retraites. Ajoutant même que le système actuel « est et a été à bien des égards un bon système », « à peu près équilibré financièrement. » On en viendrait presque à se demander pourquoi il veut en changer. S’il maintient bien sa volonté de le transformer en système par points, et de remettre en cause les régimes dits « spéciaux », qu’on ne s’alarme pas ! Rien n’est tranché, tout sera négociable… La réforme pourrait même ne toucher que les nouveaux entrants sur le marché du travail, épargnant les salariés actuels. Elle ne serait donc pleinement appliquée que dans 45 ans.
Pas de quoi s’inquiéter donc, et se mobiliser ! Car ce qui inquiète le gouvernement, lui, ce sont les réactions du monde du travail. C’est même pour cela qu’il joue plus volontiers du pipeau que du bâton en ce moment.
Déjà, le mouvement des gilets jaunes avait obligé Macron à en rabattre au printemps dernier. La journée de grève très suivie des travailleurs de la RATP en septembre, peu de temps après l’annonce de la réforme, a eu l’effet d’un avertissement.
Elle est venue rappeler qu’il y a 24 ans, en novembre-décembre 1995, le gouvernement de l’époque avait été obligé de remballer sa réforme des retraites face à la mobilisation des travailleurs, dans les transports et au-delà.
Dans ce contexte, l’écho favorable rencontré chez les travailleurs par la date du 5 décembre l’oblige à redoubler de prudence. Appelée par plusieurs syndicats de la RATP et de la SNCF et reprise nationalement par la CGT, FO, Solidaires et la FSU, la journée de grève du 5 décembre pourrait marquer une étape dans la lutte contre l’attaque du gouvernement.
Et le fait que le gouvernement tente de désamorcer la colère ne peut être qu’un encouragement à la mobilisation pour tous les travailleurs.

                                               Jacques Le Gall (Lutte ouvrière n°2673)
 




Chili : explosion de colère dans un pays parmi les plus inégalitaires du monde


Chili : explosion de colère

23 Octobre 2019

Une augmentation du prix du ticket de métro de Santiago a provoqué une révolte populaire dans tout le pays. Le président Sebastian Piñera a reculé. Il a annoncé, le 23 octobre, des mesures en faveur des plus pauvres, dont l’augmentation de 20 % du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité.
Quand, pour la seconde fois cette année, Piñera a annoncé une augmentation du prix du ticket de métro de 800 à 830 pesos, la jeunesse des lycées et des facultés de Santiago s’est mobilisée. Le 7 octobre, elle a envahi les stations de métro, sautant par-dessus les tourniquets et bloquant la circulation des trains.
Or, dans cette capitale complètement saturée, le métro est utilisé chaque jour par trois millions d’usagers. Le coût du transport peut représenter 20 % du salaire ouvrier et près de 40 % de la pension de bien des retraités. Aussi la mobilisation des jeunes a tout de suite été populaire.
Et quand le gouvernement a envoyé la police dans le métro contre les jeunes, la colère a explosé. Le 18 octobre, une quarantaine de stations de métro ont été incendiées, ce qui a entraîné la fermeture de tout le réseau et un chaos général dans la capitale. Le soir même, le président Piñera instaurait l’état d’urgence, en application d’une loi sécuritaire datant de la dictature militaire de Pinochet (1973-1990). Le général Javier Iturriaga del Campo a déployé dix mille soldats dans la capitale.
Piñera pensait que les dégradations retourneraient l’opinion et que l’envoi de l’armée démobiliserait les manifestants. Il a obtenu le résultat inverse. Le déploiement des soldats dans les rues a réveillé le cauchemar de la dictature militaire. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Santiago, faisant retentir des cacerolazos, des concerts de casseroles, aux cris de « Dehors, les militaires ! »
Des manifestants brandissaient des photos de disparus de la dictature et saluaient le courage des jeunes qui avait effacé leurs propres peurs.
Les affrontements se sont multipliés, d’autres stations ont été incendiées, des bus brûlés, des entreprises privées envahies, comme l’immeuble de la société d’électricité Enel, succursale de Banco Chile, des supermarchés pillés, notamment ceux de l’enseigne nord-américaine Walmart.
La contestation s’est étendue aux communes autour de la capitale, puis à tout le pays.
Le samedi 19 octobre, Piñera, contraint de reculer, a annoncé l’annulation de la hausse du ticket de métro.
En même temps, le général Iturriaga annonçait un couvre-feu à partir de 22 heures.
Mais cette nouvelle provocation a rempli à nouveau les rues de manifestants : à Santiago, à Valparaiso, à Concepción, à Antofagasta et dans bien d’autres villes, où les incendies de bâtiments publics se sont multipliés.
Le couvre-feu a été étendu à de nombreuses villes, sans faire baisser la mobilisation.
Le 20 octobre, Piñera déclarait à la télé : « Nous sommes en guerre, contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne. » Sept manifestants étaient morts et 1 500 arrêtés mais, pour le président, les manifestants étaient de « véritables criminels ».
Le 21, la Confédération étudiante, le syndicat des mineurs de la plus grande mine de cuivre du pays, La Escondida, et le syndicat des dockers de Valparaiso appelaient à la grève générale. Du coup, la Centrale unitaire des travailleurs, la CUT, et diverses fédérations syndicales se sont réveillées. Muettes jusqu’alors, elles ont dénoncé l’état d’urgence et appelé à la grève pour le 23.
Il y a quelques semaines, le président Piñera avait vanté le Chili comme une oasis dans une Amérique latine en ébullition.
Son intransigeance a fait exploser toutes les colères. Un « papillon », un tract de la taille d’une paume de main, qui circule ces jours-ci, titré : «Ce n’est pas seulement le métro mais la dignité de toute une société», dénonce tout ce qui ne passe plus dans un Chili très inégalitaire : « La santé, l’éducation, le logement, les prix de l’électricité et de l’essence, le salaire des parlementaires, les détournements d’argent des militaires et l’impunité du patronat. »
La privatisation générale de l’économie, démarrée sous Pinochet, y compris le système de santé, l’éducation et les retraites, avec pour conséquences des soins très peu remboursés, des études supérieures où on s’endette pour des dizaines d’années et des pensions de misère et un salaire minimum 32 fois inférieur à celui d’un parlementaire : c’est tout cela qui vient d’exploser.

Les piteuses excuses de Piñera, présentées le 23 octobre, ne suffiront sans doute pas à satisfaire la population.

                                                Antoine FERRER (Lutte ouvrière n°2673)

 
                                                                                                              Reuters

Chili : un pays parmi les plus inégalitaires du monde

23 Octobre 2019

Selon un rapport de 2015 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Chili est le pays le plus inégalitaire parmi les 34 nations les plus riches de la planète. L’économie chilienne est une de celles qui ont le plus progressé en Amérique latine depuis les années 1980. Mais cette richesse est accaparée par la bourgeoisie. En 2014, les cinq familles les plus riches du pays, dont la plupart des membres préfèrent vivre en Californie, se partageaient 16 % du PIB, parmi lesquelles la famille Piñera, celle du président chilien dont la fortune personnelle est évaluée à plus de deux milliards d’euros. C’est ainsi que 180 000 Chiliens, les plus riches, disposent de plus du quart de la richesse nationale tandis qu’à l’autre bout neuf millions, la moitié de la population, n’ont que deux malheureux pour cent à se partager !

                                                                                                                  J.F.

Classement Seveso : salariés en danger de mort


Profits, sous-traitants, salariés non formés, danger pour tous !



L'enquête sur les causes de l'incendie de l'usine Lubrizol près de Rouen révèle que le sous-traitant chargé de la mise en fût des produits n'avait pas formé ses salariés. Pratiquement aucun d'entre eux ne connaissaient les risques liés à ces produits, pas plus qu'ils n'étaient formés à la lecture des fiches de sécurité. Un tel défaut d’information a probablement provoqué la mort de deux travailleurs dans l’explosion d’une usine à Dieppe en février 2018.
Donneurs d'ordre comme sous-traitants jouent avec la vie des populations, et avant tout avec la vie de leurs salariés.

AB-Habitat, Argenteuil-Bezons, que se passe-t-il concernant l’agence d’Orgemont ?


Les locataires ont besoin du maintien de l’agence de proximité

          

La directrice de l’agence d’Orgemont d’AB-Habitat, le bailleur « social » de logements historique de la Ville, vient de partir en retraite. Mais elle est partie non seulement sans être remplacée, mais le directeur de l’agence du centre-ville assure des fonctions d’intérim, et son poste n’a pas été mis en recrutement.
         Depuis un certain temps, des bruits ont couru sur la suppression elle-même de l’agence d’Orgemont, pourtant installée au cœur d’un quartier populaire, avec une fraction notable d’anciens, qui mérite toutes les attentions et un soin de proximité particulier.
         Le départ de la directrice et son non-remplacement, serait-il le premier pas vers cette liquidation ?
         Les locataires ne l’entendent pas de cette oreille.
         Une association du quartier, « Les amis de Joliot-Curie » vient de lancer une pétition. Comme de bien entendu, Lutte ouvrière-Argenteuil est solidaire de cette initiative. DM

Argenteuil, marché de la Colonie, deuxième incendie en cinq mois


Le marché de la Colonie a besoin de notre soutien

Le mieux est de lire le message qui nous a été transmis. Donc samedi au marché de Colonie. Nous y serons ! DM




mercredi 23 octobre 2019

SNCF : direction et gouvernement veulent faire porter sur les victimes le prix de leur politique


Vive la lutte des cheminots



La direction de la SNCF et le gouvernement ont mis toute la pression possible sur les cheminots pendant deux jours pour essayer de leur faire reprendre le travail.
Le premier ministre a parlé de « détournement du droit de retrait transformé en grève sauvage », alors que l’accident qui a mis le feu aux poudres montre à l’évidence les dangers quotidiens que la politique de réduction des personnels de la SNCF fait courir aux voyageurs comme aux cheminots.
Philippe a incité la direction de la SNCF à sanctionner les cheminots en lutte et à les poursuivre en justice. Comme si la direction de la SNCF avait besoin d’un tel encouragement pour envisager des mesures répressives ! Des menaces qui sonnent comme une provocation vis-à-vis de travailleurs qui ne font que défendre leur sécurité comme celle de tous les voyageurs.

Urgences des hôpitaux : la grève soutenue par la population ! Sans surprise...


Il faut des moyens, et encore des moyens !



Un sondage indique que 84 % de la population soutient la grève du personnel des urgences. Il n’y aura bientôt plus que la ministre Agnès Buzyn et le gouvernement dont elle fait partie pour ânonner que les problèmes des urgences ne sont pas une question de moyens, mais d’organisation...
La Santé publique, les chemins de fer, l’Éducation, bref tous les services publics sont systématiquement dépouillés par les gouvernements successifs, afin de continuer à gaver le grand patronat de subventions et autres cadeaux fiscaux.

Haïti : la colère persiste


La classe ouvrière, seule force capable d’offrir une perspective



Ce dimanche 20 octobre, comme à plusieurs reprises depuis plusieurs mois, les rues de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, ont à nouveau résonné des cris de colère d’une partie de la population réclamant la démission du président Jovenel Moïse. Au-delà de la corruption de l’équipe en place, c’est la pauvreté, la sous-alimentation, et le chaos permanent dans ce pays qui est à la racine de ce mouvement. Face aux démagogues de tous horizons que cette situation fait prospérer, la classe ouvrière est la seule force capable d’offrir une perspective à la société en la débarrassant des exploiteurs, de l’emprise des capitalistes et de toute la pourriture qui la gangrène.